Quand on sonne les cloches à Richard Millet… | Causeur

Quand on sonne les cloches à Richard Millet…

Ce n’est pas l’angélus!

Auteur

Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli
Enseignant et essayiste, anime le blog "Bonnet d'âne" hébergé par Causeur.

Publié le 05 mars 2016 / Culture Société

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La question n’est pas de savoir si Millet a raison de dénoncer comme il le fait l’emprise de l’islam et le métissage. Le problème est qu’on lui interdise de parler.

Richard Millet en 2009 (Photo : SIPA.00572953_000009)

De Richard Millet, je ne sais pas grand-chose. Nous fîmes une émission ensemble chez Ardisson en 2005, je venais de sortir la Fabrique du crétin, et lui le Goût des femmes laides — un joli roman fort bien écrit sur un sujet somme toute assez peu labouré, sinon par Brassens dans une chanson moins connue que d’autres.

Puis il a disparu de mon radar jusqu’en 2012. Cette année-là, il publiait Langue fantôme, un pamphlet sur l’état assez peu littéraire de la langue littéraire actuellement en usage en France, suivi d’un (très court) Eloge d’Anders Breivik, éloge paradoxal qui lui servait de prétexte à fustiger cette Europe ouverte à toutes les migrations. Et non, comme ont voulu le croire tous ceux qui ne l’avaient pas lu, à célébrer le tueur norvégien.

Emoi dans Boboland ! Annie Ernaux se fendit aussitôt dans le Monde d’une tribune-pétition, co-signée par une foule d’écrivains connus (Le Clézio, dont Millet cultive une sainte horreur depuis vilaine lurette) et inconnus (tous les autres) réclamant la tête de l’imprécateur de ce vivre-ensemble que la rue de Grenelle, à la même époque, érigeait opportunément en totem de l’Education. Millet, qui vivait essentiellement d’un poste de lecteur chez Gallimard (à qui il a tout de même permis d’obtenir le Goncourt au moins en deux occasions, pour les Bienveillantes et pour l’Art français de la guerre) se trouva fragilisé, marginalisé, et confiné dans une léproserie. En attendant le prochain faux-pas qui permettrait de lui coller douze balles dans la peau et la tête dans la lunette de la Veuve.

Du coup, je m’étais intéressé aux écrits polémiques de ce garçon un peu trop chrétien pour moi, qui se la joue « hanté pénultième » selon le joli mot d’un critique, mais qui dit des choses justes sur l’état actuel de la littérature française (pas très loin de ce qu’avaient asséné en leur temps Pierre Jourde dans la Littérature sans estomac et Jourde & Naulleau dans leur Précis de littérature du XXIème siècle) et l’apocalypse molle dans laquelle on engloutit la langue, littéraire ou non — dans une déconstruction dont j’ai moi-même analysé la chronologie, les intentions et les effets dans Voltaire ou le jihad.

Sur ce, Millet, briguant manifestement la palme du martyre, a accumulé aux éditions Pierre-Guillaume de Roux ou Fata Morgana les petits essais assassins. Evidemment, la Bien-pensance Unique ne l’avait pas lâché, et il ne l’a pas lâchée. Ainsi, quand notre homme, dans un article publié dans la Revue littéraire et intitulé « Pourquoi la littérature française est nulle », a récemment tiré à vue le dernier livre de Maylis de Kerangal (qui ça ?), ex-signataire de la pétition Ernaud — une dame très bien du tout-Paris qui compte —, le petit peuple des écrivains en cour a supplié Antoine Gallimard de se débarrasser enfin du trublion… Tous (BHL en tête, qui ne s’en serait douté ?) ou presque tous — Sollers par exemple a intelligemment continué à dialoguer avec Millet, expliquant que « Richard Millet a eu un tort, celui de mêler à ses considérations sur la littérature des idées politiques, et des idées politiquement incorrectes. Elles ont permis à l’opinion, surtout l’opinion militante, se voulant extrêmement engagée, de l’accuser, avec des mots injurieux, d’être révisionniste et d’avoir écrit une immondice ; allant jusqu’à s’en prendre aux éditions Gallimard en s’exclamant : “Comment avez-vous pu publier une chose pareille ?!” Cette immédiateté de la réaction inquisitoriale, et je dirais même stalinienne, m’amène à dire que désormais, n’importe quelle interprétation peut avoir lieu sur des motifs « politiques » – je mets des guillemets – où on accuse d’emblée l’autre de racisme, d’ antisémitisme, etc., et je trouve que ça commence à bien faire. Pas vraiment parce que ça m’indigne « personne ne ment davantage qu’un homme indigné », a dit Nietzsche – mais parce qu’il y a une volonté d’éviter le débat de fond, c’est-à-dire ce que Richard Millet voit comme un désenchantement, un effondrement, une dévastation de la littérature, et sur quoi je suis en partie d’accord. » Pour avoir écrit ces lignes, il sera beaucoup pardonné à Sollers.

Comme nous l’avons vu avec Kamel Daoud, la pétition-indignée-fatwa est l’actuel substitut du couteau de boucher dans le Nouveau Totalitarisme de l’Impensée-Unique. Antoine Gallimard, qui a un côté anarchiste bourgeois, avait longtemps fait le gros dos devant les hurlements des pintades. Mais bon, Mme de Kerangal est un auteur-maison, il y avait comme une déloyauté à pointer sa vacuité tout en travaillant pour la rue Sébastien-Bottin — désormais rue Gaston Gallimard…
Aux dernières nouvelles, rapportées par Jérôme Béglé dans le Point, Millet prend la porte. Pas content, le bougre.

Qu’on me comprenne bien.

Comme Pierre Jourde qui a écrit sur le sujet des choses sensibles et définitives, je suis très loin de co-signer toutes les déclarations de Millet. Mais qu’un quarteron de littérateurs s’arroge le droit de demander sa tête me révulse. Que le trio infernal Louis/Lagasnerie/Eribon pense avoir le droit de dire qui doit vivre (les homos de gauche ?) et qui doit mourir (les hétéros de droite ?) me paraît symptomatique d’une époque qui faute de savoir se colleter au réel s’en remet encore une fois à l’idéologie : c’est vrai en littérature, en éducation et en économie, sans parler des affaires étrangères. La question n’est même pas de savoir si Millet a raison de dénoncer comme il le fait l’emprise de l’islam et le métissage — il y a dix mille manières de le dire. Le problème est qu’on lui interdise de parler — quoi qu’il dise. Qu’on lui interdise de vivre — quoi qu’il fasse. Que les petits marquis de la gauche (je reviendrai quelque jour sur ce que le Point, il y a peu, appelait finement « la gauche Finkielkraut ») profitent bien des micro-particules de pouvoir qu’ils pensent aujourd’hui posséder. Le retour de bâton pourrait être terrible, et je ne lèverai pas le petit doigt pour leur épargner la géhenne — comme dirait Millet qui pense Bible en main, Belzébuth m’en préserve !

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    • 9 Mars 2016 à 22h10

      Pig dit

      “la pétition-indignée-fatwa est l’actuel substitut du couteau de boucher dans le Nouveau Totalitarisme de l’Impensée-Unique”. Je trouve la dénonciation de notre auteur encore trop faible. Il s’agirait de dire enfin que ces pétitions ignobles sont rien qu’un message à l’Etat islamique : vous ne savez pas trop qui massacrer la prochaine fois ? Le voici. Il ne s’agit vraiment pas d’un substitut, mais de la désignation d’une cible au couteau de boucher. 

    • 9 Mars 2016 à 16h44

      Mademoiselle Prim dit

      Il est urgent de résister à la police de la pensée, plus que jamais présente dans notre pays.
       

    • 8 Mars 2016 à 7h42

      durru dit

      8 Mars 2016 à 0h50 Sancho Pensum dit
      Bah, Durru, d’autres procureurs ont bien tenté, ici, de condamner Ernaux, y compris à l’aide de fausses preuves.
      Ah, parce qu’il y en a eu ici qui ont demandé (voire décidé) le licenciement d’Ernaux? Pauvre langue française…
      Quant à l’obscur connard dont vous semblez vous être fait l’avocat [...]
      Décidément, la langue française et Sancho, ça fait deux. Voire deux et demi. Faudrait trouver la moindre preuve d’un début de commencement de défense de Millet dans mes interventions avant de venir sortir de telles inepties.
      Mais tout ça n’a aucune importance, le stalinien sait qu’il a toujours raison, alors tous les moyens sont bons pour le prouver. Sombre connard.

      • 8 Mars 2016 à 7h58

        isa dit

        Faible, Durru, très faible face au réquisitoire de Sancho.
        Excellent, Sancho.
        Juste un truc: qui qu’est paye pour défendre Millet?

        Puis autre chose: Annie et Maylis ont fait gagner bcp plus d’argent à Gallimard que l’inconnu Millet, donc l’argumentaire de Sancho est juste du début à la fin. 

        • 8 Mars 2016 à 9h06

          durru dit

          Combien de Goncourt, “Annie et Maylis”?
          Sinon, pour vous retrouver aux côtés de Sancho, vous la procureure stalinienne par définition, quoi de plus normal?
          Sans parler du fait que ni vous, ni Sancho, ne réagissez pas à mes questions, mais à mes analyses à vos propos. Drôle, n’est-ce pas?

        • 8 Mars 2016 à 13h44

          Sancho Pensum dit

          Merci Isa.

      • 9 Mars 2016 à 19h05

        Borgo dit

        Les fausses preuves qu’il dit le triste pensum ?
        Il a sans doute la comprenette perturbée… 

    • 7 Mars 2016 à 19h58

      C. Canse dit

      Monsieur Brighelli,

      M. Millet est viré parce qu’il est têtu ?  

    • 7 Mars 2016 à 16h15

      Fixpir dit

      À tous : vous vous fourvoyez complètement.
      Libre à chacun de discuter et de juger des qualités de tel ou tel auteur. Ou son positionnement politique. Vos discussions sont certainement intéressantes, mais elle n’ont rien à voir avec la question.
      En l’occurrence, cela n’a rien à voir. Vous êtes précisément dans la logique de Gallimard en ce qu’elle a de condamnable. Il y a là la question d’un salarié et d’un employeur. Soit le salarié fait quelque chose de répréhensible, et c’est à la loi de le punir, et, uniquement après, à l’employeur d’en tirer les conséquences. S’il n’a rien fait qui soit puni par la loi, c’est le code du travail qui doit s’appliquer, et lui seul. Dans le CT, il me semble bien que l’on peut licencier quelqu’un pour avoir dénigré son employeur. Je doute fortement que ce soit possible pour avoir émis une opinion politique ou critiqué les œuvres d’un collègue.

      Je serai un peu curieux d’entendre les cris de tout ce petit monde s’il arrivait un jour, d’extraordinaire, que le pouvoir change radicalement de mains.

      • 7 Mars 2016 à 16h52

        isa dit

        Ca doit être sympa de s’occuper des RH  chez Gallimard 

      • 7 Mars 2016 à 19h42

        Sancho Pensum dit

        Certes. Mais vous oubliez un élément : l’impact médiatique négatif que peut provoquer le maintien d’un responsable après une polémique au sein d’une entreprise. Millet n’est pas un ouvrier qui serre des boulons sur une chaîne des entreprises Renault. C’est un membre du comité de lecture de Gallimard. A ce titre, c’est un décideur, un juge (il décide qui peut être publié ou pas) et un représentant de cette vénérable maison. Ce qu’il dit, écrit ou fait rejaillit incontestablement sur l’image de Gallimard.
        I télé s’est séparé de Zemmour après ses propos islamophobes. Galliano a été viré de chez Dior pour des propos antisémites…

        • 7 Mars 2016 à 21h11

          durru dit

          Que c’est beau la bien-pensance… Et c’est combien de pertes sur le chiffre d’affaires les “propos islamophobes” de Zemmour ? Ah, pardon, c’est son licenciement qui en a provoqué, des pertes. Esprit d’entreprise bien-pensant, un comble!

        • 7 Mars 2016 à 21h53

          Fixpir dit

          L’argumentation se défendrait si les propos étaient clairement et sans argumentation possible
          condamnables. Comme je l’avais écrit antérieurement, s’il y avait eu décision de justice. Hors décision de justice, il s’agit juste de jugement sur des propos politiques. Si une maison d’édition n’est pas capable d’accepter quelques provocations, qui le fera? (aucune idée si les propos de l’individu sont du domaine de la provoc, je n’ai pas lu la discussion antérieure ; mais le fait qu’il y ait discussion est quelque peu troublant).
          Le précédent de M Zemmour est quel que peu troublant. Son éviction était scandaleuse, si celle-là est du même acabit, mon avis est fait. Ah, vous avez oublié la mise à pied de M Weil Raynal, aussi.
          Que n’ai je entendu, lorsque j’étais gamin, sur la nécessité de pluralisme et de liberté d’expression face à “l’état UDR”. Mais jamais à cette époque, la bien-pensance de l’époque n’aurait osé aller aussi loin.

        • 7 Mars 2016 à 22h09

          durru dit

          Fixpir, vous n’avez strictement rien compris. Les procureurs en poste actuellement, ayant pleins pouvoirs de rendre leur justice (Mme Ernaux et son porte-parole ici, Sancho), ont décidé que R. Millet est coupable. A partir de là, toute condamnation est normale (et même souhaitable).
          Non, M. Weil Raynal n’est pas un bon exemple, il a dû être réintégré, il y a eu vice de procédure (le lynchage n’a pas pu aboutir à temps). Que voulez-vous, la société dans laquelle nous vivons n’est pas encore parfaite. Mais on y travaille. Dur.

        • 8 Mars 2016 à 0h50

          Sancho Pensum dit

          Bah, Durru, d’autres procureurs ont bien tenté, ici, de condamner Ernaux, y compris à l’aide de fausses preuves.
          Quant à l’obscur connard dont vous semblez vous être fait l’avocat, il a non seulement rédigé un pamphlet sous-titré “Bien fait pour votre gueule” sur le massacre de 77 norvégiens, mais plus récemment assassiné une de ses consoeurs, devant témoins. Voilà l’arme du crime :
          “Ce livre, qui aurait le goût d’un steak de soja sans le lard humanitariste dont il est bardé, témoigne du naufrage de la littérature française : le lecteur est prié d’acquiescer à cette infantilisation idéologique où les clichés se battent pour donner un texte si lisse qu’il ne diffère en rien des autres romans jetables qui se publient chaque automne. Les milliers d’imbéciles qui lisent Babyliss de Kerangal sont coupables d’entretenir une imposture et, à ce stade du désastre, l’illusion que la littérature contemporaine existe, alors qu’elle n’est que de la propagande recyclée dans une langue transgénique”.
          Reste à espérer que vos honoraires vous permettent d’oublier l’odeur nauséabonde qui vous environne.

        • 8 Mars 2016 à 9h12

          durru dit

          Sancho, je n’ai pas lu la prose de l’assassinée, je ne peux donc pas commenter le bien-fondé des propos cités. N’empêche qu’il y a un bon paquet d’”écrivains” contemporains que j’évite soigneusement, pour les raisons énoncés dans la citation, je comprends donc le concept. Il s’est trompé de cible? J’en sais rien et, honnêtement, après le lynchage auquel on vient d’assister, je ne veux même pas en savoir plus, je me suis fait une idée sur l’homme (enfin, la femme), plus besoin de regarder l’oeuvre.
          Remarquez encore une fois que je ne parle pas de Millet, dans le cas (très probable) où vous voulez m’accuser d’être son avocat.

    • 7 Mars 2016 à 15h25

      isa dit

      Je viens de lire l’intégralité du texte de Millet contre Kerangal, c’est effectivement d’une force inouïe.
      Ainsi que d’une méchanceté inouïe… Bref, des querelles qui ne concernent que les gens con- cernes( c’est de lui hein!). 

    • 7 Mars 2016 à 12h35

      saintex dit

      Si j’ai bien compris les deux interventions de Sancho, Ernaux est un écrivain qui ne sait pas s’exprimer. Elle veut dire des bonnes choses mais n’a pas de talent, pas de précision, pas d’application. Par conséquent, si ses propos ne sont pas traduits par Sancho, les méchants peuvent s’en emparer pour lui nuire et la discréditer.
      A l’opposé, Millet est un écrivain qui sait parfaitement le sens de ce qu’il écrit. Et comme c’est un pervers souterrain, il dit exactement le contraire de ce que les mêmes méchants pensent. Heureusement l’interprète de Ernaux, spécialiste de la pensée sous-jacente, nous éclaire.
      Tout cela parce que M. Brighelli parle de procès d’intention, une illustration en somme.

      • 7 Mars 2016 à 20h37

        Sancho Pensum dit

        Non, vous n’avez pas compris. Ernaux sait parfaitement s’exprimer. Mais vous n’avez pas compris le sens de son propos. Ou pas voulu le comprendre.
        Mes extraits, plus complets que ce qui avait été précédemment livré, étaient destinés, entre autres choses, à rappeler que pour comprendre le sens d’un texte, il ne faut pas s’arrêter à une phrase – sortie de son contexte, comme on dit – mais prendre du recul et voir plus large.
        Vous avez confessé n’avoir pas lu le pamphlet de Millet. Avez-vous seulement ouvert Les Années de Ernaux ? Ca me parait un minimum si vous voulez entamer une discussion un peu réaliste ou sérieuse sur le sujet.
        Vous ne feriez pas un bon lecteur chez Gallimard.

        • 7 Mars 2016 à 21h12

          durru dit

          Pas grand monde ferait un bon lecteur chez Gallimard de nos jours. Ce qui veut dire que la faillite peut être (très) proche.

      • 7 Mars 2016 à 22h13

        saintex dit

        Je n’ai pas vu des extraites plus complets mais une interprétation. Le fait que les propos de Mme Ernaux nécessitent d’être étoffés par une interventions extérieure signifient sans tergiversation qu’elle n’a pas été claire.
        Ce disant, je ne remets pas en cause votre interprétation. Quoique minoritaire elle n’en est pas moins valide. Mais ma remarque l’est tout autant.

        • 8 Mars 2016 à 0h25

          Sancho Pensum dit

          Saintex, n’aggravez pas votre cas. On dirait que vous n’avez jamais vu de phrase isolée de son contexte à qui on fait dire n’importe quoi – dans le cas présent, l’ami Fioretto en avait même conclu que Ernaux s’était réjoui du 11 septembre.

          Au cas, cependant, où vous seriez suffisamment jeune ou immature pour ne pas avoir cotoyé, jusqu’à aujourd’hui, un tel procédé, je vais prendre un exemple qui vous concerne : “Millet (…) est un pervers souterrain”.
          En toute logique, les adorateurs de Millet, qui pullulent sur ce site, devraient vous tomber dessus. Si vous avez besoin d’aide, vous savez où me trouver.

        • 8 Mars 2016 à 9h12

          saintex dit

          T’es beau tu sais !

    • 7 Mars 2016 à 10h39

      isa dit

      Bien évidemment que je ne nie pas la nécessité d’écrire l’Histoire, Guenievre.
      Mais nous parlions d’œuvre littéraires et. au sujet des nazis, je n’ai par exemple pas aimé du tout le livre de Little ” les Buenveimlantes”( m’étonne pas que ce soit un choix de ce Millet), parce qu’à un moment pourquoi ne pas rentrer dans la logique du fou? Parce qu’il y a tant de gens intelligents qui y sont entrés!
      Oui, expliquer peut être justifier.
      De la même façon je ai pas supporté le fil ” salafistes” qui nous fait entrer en plein dans la logique des salafistes sans recul, sans voix off, bref insupportable. Du genre le spectateur sera assez intelligent pour…
      Eh bien rien n’est moins sur,
      D’autre part il est avéré que des khagneux sont tentés par la Syrie.

      D’ailleurs, tout le problème est la: comment faire pour a la fois lutter contre les populismes ( qui viennent autant de l’extreme- droite sur de la ” gauche radicale” avec des propositions comme le tirage au sort  et le nouveau fascisme qu’est l’islamisme? 

      • 7 Mars 2016 à 10h50

        Guenièvre dit

        Voir plus bas ma réponse Isa.On a le droit de ne pas aimer et de juger que certains écrits peuvent être mal reçus et dangereux. Mais tant que cela ne contrevient pas à la Loi on doit pouvoir tout écrire.

        • 7 Mars 2016 à 10h54

          isa dit

          Je n’ai pas parlé de loi, Guenievre, je ne m’ériger pas en Tribunal, je donne mon avis.
          Quant à Ernaux et De Kerorgen, hormis que leurs idées sont à l’opposé de celles de Millet, il leur est rentré violemment dedans en les tenants pour des sous- merdes, elles se vengent, c’est humain.
          Puisqu’il est si génial que ca, il n’a qu’à publier à compte d’auteur, il vendra bien avec déjà puis les fans qu’il a ici.

        • 7 Mars 2016 à 11h20

          Fioretto dit

          @ Isa
          Je suis globalement d’accord avec toi. Simplement il y en a marre des ces pétitions de cette manie de se mettre à dix contre un. Surtout que la Ernaux n’est pas complètement une oie blanche si elle a trouvé vachement sympa le 11 septembre. Si non parseval d’habitude fouineur comme pas possible pas très efficace sur ce fil pour trouver l’article d’Ernaux.

        • 7 Mars 2016 à 15h50

          Fixpir dit

          Fio, z’avez pas tout lu sur le fil, semble-t-il !

        • 7 Mars 2016 à 16h01

          Fixpir dit

          Isa, souffrez que l’on fasse la différence entre votre avis (et celui de diverses personnes), d’un côté et la loi et la morale, d’un autre.
          Avis certes exprimé de manière péremptoire, comme cela vous arrive “ici ou là”.
          L’expulsion d’un employé pour dissidence politique, moi, je veux bien (formule toute faite, non, je ne veux pas, même pour ceux avec qui je suis en désaccord), mais il me semble que, pour reprendre des expressions peut être un peu galvaudées, que ce sont des pratiques rances qui nous rappellent les pires heures de notre histoire etc …
          Bref, des trucs que l’on ne ferait pas si l’on était de gauche … once upon a time.
          Car tout cela semble clair. M Millet n’a pas remis en cause son employeur, mais des collègues.

        • 7 Mars 2016 à 16h55

          isa dit

          Fixpir, il insulte cette nana, c’est pas juste de la dissidence politique. Dans ce cas, si c’est seulement ca, il ramassera un paquet aux Prud’hommes.

        • 8 Mars 2016 à 9h15

          durru dit

          Isa, c’est Sancho qui écrivait que dire la vérité n’est pas une insulte, il me semble.

      • 7 Mars 2016 à 11h00

        Lector dit

        le tirage au sort des élus ? ça vient de la République de Platon… drôle de populisme !

        • 7 Mars 2016 à 11h10

          isa dit

          Pour vous, non, pour moi oui.
          Je ne prétends détenir aucune Vérité, je tente d’exprimer un point de vue.
          Je ne veux pas ” gagner”, je voudrais chercher et trouver des solutions aux fascismes qui viennent ou sont déjà la ( l’islamisme de la terreur).

        • 7 Mars 2016 à 11h17

          Lector dit

          justement, si vous aviez étudié le fascisme autre que politique, tel que cela a été fait, i.e. ce que nos structures administratives, systèmes, recèlent de fasciste, et/ou la corruption qu’elles permettent, vous reverriez votre point de vue.

        • 7 Mars 2016 à 11h21

          isa dit

          Oui, pour moi vous confondez corruption et fascisme.
          Qu’y a- t’il de plus complexe que d’éviter les fascismes alors que l’argument de la corruption revient éternellement?
          Et qu’il est évidemment vrai! Voir toutes les merveilleuses lois comme le non- cumul des mandats… Pour 2017. 

        • 7 Mars 2016 à 11h29

          Lector dit

          pas du tout, je distingue ces deux éléments (qui peuvent néanmoins converger). Comme vous pourriez le savoir si vous aviez lu, sociologues, philologues, historiens et psychanalystes qui ont étudié le fascisme structurel.

        • 7 Mars 2016 à 11h37

          isa dit

          Voulez– vous parler uniquement de William Reich?
          Il y a très longtemps que je l’ai lu, me souviens plus très bien.

          La différence pour moi c’est que le fascisme s’institutionnalise et que la corruption est souterraine. 

        • 7 Mars 2016 à 11h55

          Lector dit

          et pas seulement de Wilhelm Reich dont vous n’avez rien retenu. Enfin tant pis.

        • 7 Mars 2016 à 11h57

          isa dit

          .

    • 7 Mars 2016 à 0h43

      Sancho Pensum dit

      Richard Millet, niveau 1 :
      - Je voudrais qu’on garde à l’esprit que je n’approuve pas les actes commis par Breivik, le 22 juillet 2011, en Norvège

      • 7 Mars 2016 à 0h45

        Sancho Pensum dit

        Richard Millet, niveau 2 :
        - Je constate que la dérive de Breivik s’inscrit dans la grande perte d’innocence et d’espoir caractérisant l’Occident, et qui sont les autres noms de la ruine de la valeur et du sens. Breivik est, comme tant d’autres individus, jeunes ou non, exemplaire d’une population devant qui la constante dévalorisation de l’idée de nation, l’opprobre jeté sur l’amour de son pays, voire la criminalisation du patriotisme, ouvrent un abîme identitaire qu’accroît le fait de vivre une fin de civilisation dont on n’imagine pas qu’aucun autre continent puisse en incarner le miracle, puisque les nouveaux maîtres du monde, de Doha à Rio, et de Hong Kong à Bombay, et de Sydney à Singapour, ne peuvent en proposer que la version technologique, c’est-à-dire la conversion de l’individu en petit-bourgeois métissé, mondialisé, inculte, social-démocrate – soit le genre de personnes que Breivik a tuées et qui fait pourtant de lui autre chose que ce qu’Enzensberger appelle un « perdant radical », puisqu’il a agi seul, et non en accord avec un programme terroriste, ses actes étant au mieux une manifestation dérisoire de l’instinct de survie civilisationnel

        • 7 Mars 2016 à 0h47

          Sancho Pensum dit

          Richard Millet, niveau 3 :
          - Dans cette décadence, Breivik est sans doute ce que méritait la Norvège et ce qui attend nos sociétés qui ne cessent de s’aveugler pour mieux se renier, particulièrement la France et l’Angleterre ; loin d’être un ange exterminateur, ni une bête de l’Apocalypse, il est tout à la fois bourreau et victime, symptôme et impossible remède. Il est l’impossible même, dont la négativité s’est déchaînée dans le ciel spirituel de l’Europe

        • 7 Mars 2016 à 7h27

          isa dit

          Ah oui!
          Il ne justifie pas Brevnik, dixit Villaterne!
          Ben si.
          Bon, tout cela est horrible.
          Je ne comprends pas pourquoi Causeur prend fait et cause pour les écrits ignobles de ce type.
          Ou alors c’est une confirmation sup pour démontrer que Causeur est tombé du côté obscur de la force.

        • 7 Mars 2016 à 8h19

          Villaterne dit

          Non il ne le justifie pas !
          Il l’explique !
          Après libre à chacun d’approuver ou réfuter son explication !

        • 7 Mars 2016 à 8h29

          isa dit

          Vals a donc bien raison: expliquer c’est déjà justifier.

        • 7 Mars 2016 à 8h40

          Villaterne dit

          Pour moi c’est là une phrase stupide !
          Quand vous expliquez comment et pourquoi les nazis ont lancé la solution finale, vous la justifiez ??

        • 7 Mars 2016 à 8h42

          isa dit

          Quand on cherche à expliquer les raisons d’un acte, oui.

        • 7 Mars 2016 à 8h50

          Villaterne dit

          On ne sera donc pas d’accord
          Expliquer les raisons d’un acte c’est avoir fait l’effort de comprendre pour en définir les ressorts ! Impossible de lutter efficacement contre sans ce préalable !

        • 7 Mars 2016 à 10h04

          isa dit

          “Expliquer” la solution finale, Vil, c’est évidemment reprendre des arguments nazis pour faire comprendre: quand vous faites comprendre, vous justifiez. 

        • 7 Mars 2016 à 10h28

          Lector dit

          ben voyons ! Klemperer en étudiant et dévoilant, c’est-à-dire en expliquant la LTI justifierait la novlangue nazie. W. Reich justifierait le fascisme en cherchant à comprendre ses ressorts ?! Faut-il être stupide pour penser de la sorte !

        • 7 Mars 2016 à 10h29

          Guenièvre dit

          Isa, revenir aux fondements aux racines de l’idéologie nazie qui ont conduit à la solution finale c’est un travail d’historien. Et c’est ce que font les historiens pour tous les événements : chercher les causes proches ou lointaines qui y ont conduit. Si on ne comprend pas comment on en est arrivé là il est illusoire de dire : “Plus jamais ça !”.
          Maintenant Millet n’est pas historien et son explication est emprunte d’une idéologie de pureté qui est contestable.

        • 7 Mars 2016 à 10h45

          Guenièvre dit

          Et puis dans ce billet Brighelli ne prend pas “fait et cause ” pour Millet. Il dit bien qu’il ne le cautionne pas. Seulement il dénonce cette sale manie actuelle de ” faire des listes” pour montrer du doigt et réclamer la tête d’un auteur avec lequel on n’est pas d’accord. On doit pouvoir tout dire, y compris des horreurs, ( là je sais que l’on n’est pas d’accord ). Je préfère que l’on dise des horreurs que l’on est en droit de dénoncer avec une argumentation plutôt que l’on interdise en pratiquant une épuration.

        • 7 Mars 2016 à 11h56

          Fioretto dit

          @ Villaterne
          Il y a aucune explication dans l’acte des tuer innocents. Si non l’idéologie nazie ou islamiste. 

        • 7 Mars 2016 à 14h13

          Villaterne dit

          Fioretto
          Expliquer c’est faire connaître la raison, le motif, la cause de quelque chose, ce qui ne signifie pas l’adouber ou la justifier !
          Je vous rappelle que c’est là le travail de la défense dans un procès ! Allez-vous prétendre que les avocats justifient les actes atroces des meurtriers qu’ils défendent ?
          Votre phrase Il y a aucune explication dans l’acte des tuer innocents est stupide !

        • 7 Mars 2016 à 20h20

          Sancho Pensum dit

          Dans le pamphlet de Millet, justification, explication ?…
          Ni tout à fait l’un, ni tout à fait l’autre. Quelque chose, quelque part, entre les deux. Ce qui s’en approche le plus, c’est, pour reprendre l’expression de Saul, un peu plus bas : “bien fait pour votre gueule !”.

    • 7 Mars 2016 à 0h13

      Sancho Pensum dit

      Annie Ernaux, niveau 1 :
      - On se souvenait d’un autre 11 septembre et de l’assassinat d’Allende. Quelque chose se payait.Il serait temps ensuite d’avoir de la compassion et de penser aux conséquences

      • 7 Mars 2016 à 0h14

        Sancho Pensum dit

        Annie Ernaux, niveau 2 :
        - D’un seul coup la représentation du monde basculait cul par-dessus tête, quelques individus fanatisés venus de pays obscurantistes , juste armés de cutters, avaient rasé en moins de deux heures les symboles de la puissance américaine. Le prodige de l’exploit émerveillait. On s’en voulait d’avoir cru les États-Unis invincibles,on se vengeait d’une illusion. On se souvenait d’un autre 11 septembre et de l’assassinat d’Allende. Quelque chose se payait. Il serait temps ensuite d’avoir de la compassion et de penser aux conséquences

        • 7 Mars 2016 à 0h21

          Sancho Pensum dit

          Annie Ernaux, niveau 3 :
          - D’un seul coup la représentation du monde basculait cul par-dessus tête, quelques individus fanatisés venus de pays obscurantistes , juste armés de cutters, avaient rasé en moins de deux heures les symboles de la puissance américaine. Le prodige de l’exploit émerveillait. On s’en voulait d’avoir cru les États-Unis invincibles,on se vengeait d’une illusion. On se souvenait d’un autre 11 septembre et de l’assassinat d’Allende. Quelque chose se payait. Il serait temps ensuite d’avoir de la compassion et de penser aux conséquences. Ce qui comptait, c’était de dire où, comment, par qui ou quoi on avait appris l’attaque des Twin Towers. Les très rares à ne pas en avoir été informés le jour même conserveraient l’impression d’un rendez-vous manqué avec le reste du monde. Et chacun cherchait ce qu’il était en train de faire juste à ce moment où le premier avion avait touché la tour du World Trade Center, que des couples s’étaient jetés dans le vide en se tenant par la main. Il n’y avait aucun rapport entre les deux, sinon d’avoir été vivant en même temps que les cinq mille êtres humains qui allaient mourir mais l’ignoraient le quart d’heure d’avant. En nous souvenant, j’étais chez le dentiste, sur la route, chez moi à lire, dans cet ahurissement de la contemporanéité on saisissait la séparation des gens sur la terre et notre lien dans une identique précarité. Et l’ignorance où l’on était en regardant un tableau de Van Gogh au musée d’Orsay de ce qui se passait à cette seconde à Manhattan était celle du moment de notre propre mort. Cependant, au milieu de l’écoulement insignifiant des jours, cette heure qui contenait à la fois les tours explosées du World Trade Center et un rendez-vous chez le dentiste ou le contrôle technique d’une voiture était sauvé

        • 7 Mars 2016 à 0h22

          Sancho Pensum dit

          Annie Ernaux, niveau 3 (suite et fin) :
          - Le 11 septembre refoulait toutes les dates qui nous avaient accompagnés jusqu’ici. De la même façon qu’on avait dit “après Auschwitz on disait “après le 11 septembre”, un jour unique. Ici commençait on ne savait pas quoi. Le temps aussi se mondialisait.

      • 7 Mars 2016 à 8h00

        isa dit

        Complique tout cela, merci de tout remettre en contexte, Sancho.
        Je vais relire ” les années”. 

    • 6 Mars 2016 à 19h12

      laborie dit

      ” la décision de la Cour suprême chilienne est sans appel : l’ex-président Salvador Allende s’est bien suicidé lors du coup d’Etat du 11 septembre 1973. Réfugié dans le palais présidentiel de La Moneda, encerclé par les forces putschistes dirigées par le général Augusto Pinochet, Allende s’est donné la mort.
      En savoir plus sur
      http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/01/07/chili-la-cour-supreme-conclut-au-suicide-de-salvador-allende_4344307_3222.html#MIJdBPwjczrUclX9.99

      On peut se poser la question sur les raisons du suicide car à la face du monde se rendre lui aurait permis de faire face au putschistes.

      • 6 Mars 2016 à 19h13

        laborie dit

        et pour la gauche un assassinat ça a une autre gueule qu’un suicide…