Réunification allemande
Tonton a-t-il eu tout faux ?
Publié le 09 novembre 2009 à 6:00 dans Monde
Mots-clés : Allemagne

François Mitterand et Helmut Kohl
La furie commémoratrice s’est déployée sans retenue dans les médias et l’édition à l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, au risque de provoquer dans le public une sensation de gavage. Cette surenchère médiatique part cependant d’un bon sentiment : comme il ne fait pas de doute que le 9 novembre 1989 marque symboliquement l’écroulement des régimes communistes en Europe et l’ouverture d’une nouvelle séquence historique, on doit faire le nécessaire pour marquer le coup.
Mais l’histoire ne se confond pas avec la mémoire, et cette dernière varie selon les peuples. Ainsi les Polonais éprouvent quelque frustration en constatant que l’on crédite leurs voisins allemands d’avoir infligé la blessure décisive au communisme soviétique, alors qu’ils peuvent faire valoir, à juste titre, qu’ils furent les premiers à avoir chassé le PC du pouvoir par des élections libres en avril 1989.
La mémoire populaire française de cet événement est celle de spectateurs et non pas d’acteurs de ce bouleversement historique. On avait bien conscience que la chute du mur allait tout changer en Europe, mais cela ne nous concernait, en tant que Français, qu’indirectement. A l’empathie spontanée ressentie pour des voisins qui se retrouvent rassemblés après des décennies de séparation succède une inquiétude relative aux conséquences d’une modification radicale de l’équilibre européen. L’Allemagne verrait sa puissance économique confortée par une prédominance démographique, avec 80 millions d’habitants alors que ses principaux partenaires au sein de l’Union européenne en comptaient entre 50 et 60 millions.
La suite a montré que ces craintes étaient pour le moins exagérées : l’intégration de la RDA au sein de la République Fédérale a plutôt été, dans un premier temps, un poids pour une Allemagne qui devait donner à ses nouveaux citoyens de l’Est un niveau de vie comparable à celui de ceux de l’Ouest.
Cette commémoration a fait ressurgir en France une polémique sur l’attitude de François Mitterrand dans la période cruciale qui va du 9 novembre 1989 jusqu’au 3 octobre 1990, date à laquelle fut solennellement proclamée, à Berlin, la réunification de l’Allemagne.
Pour les uns, il serait passé à côté de l’histoire en se montrant réticent, sinon plus, devant la perspective de la réunification allemande. Pour les autres, au contraire, son comportement pendant cette période a permis de faire en sorte qu’elle se réalise dans les meilleures conditions possibles pour l’avenir de l’Europe.
Il se trouve que j’ai été un observateur salarié de tous ces événements, comme correspondant du Monde en Allemagne entre 1987 et 1991. Cela m’autorise à formuler un jugement fondé non pas sur la mise en exergue d’un ou deux “malentendus” entre Mitterrand et Kohl entre novembre 1989 et janvier 1990, mais sur l’analyse d’une séquence un peu plus longue, qui commence par la visite d’Erich Honecker en RFA en novembre 1987 pour aboutir à ce fameux 9 novembre 1989.
Depuis son arrivée au pouvoir en 1982, le chrétien-démocrate Helmut Kohl s’est bien gardé de remettre en cause l’Ostpolitik de ses prédécesseurs sociaux-démocrates Willy Brandt et Helmut Schmidt : celle-ci consiste à nouer des liens économiques et culturels toujours plus étroits avec les pays de l’Est en général, et la RDA en particulier. C’est la théorie du Wandel durch Annäherung (le changement par le rapprochement) qui doit amener pas à pas les deux blocs à mettre fin à la guerre froide.
L’analyse qui prévaut à Bonn à la fin des années 80 est la suivante : l’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev au pouvoir à Moscou va provoquer une mutation interne radicale en URSS. On part du principe que le communisme ne va pas s’écrouler, mais qu’il aura la capacité de se réformer suffisamment pour se régénérer en se démocratisant de l’intérieur. Dans ce contexte, la RDA, que l’on crédite toujours de performances économiques supérieures à celles des autres pays communistes, devrait suivre le mouvement impulsé par Moscou, et se mettre au diapason d’une libéralisation politique et économique qui favorisera le rapprochement entre les deux Allemagnes.
Cette analyse est “vendue” par Bonn à tous ses partenaires, avec en prime l’affirmation que le régime de Berlin-Est est stable, en dépit des quelques mouvements dissidents qui se sont manifesté autours des églises protestantes de Berlin ou de Leipzig. On fait valoir que même ces petits groupes d’opposants ne demandent pas la disparition de la RDA, mais sa démocratisation.
Le BND, le service ouest-allemand de renseignements dispose bien d’enquêtes montrant que 75% des Allemands de l’Est interrogés lors d’un voyage en RFA étaient favorables à la réunification (ces voyages s’étaient multipliés après les accords Brandt-Honecker de 1971), mais ces informations ne sont pas divulguées aux partenaires occidentaux de l’Allemagne “pour ne pas les inquiéter” avoue aujourd’hui Hans Georg Wieck, le patron du BND de l’époque. Après la visite d’Erich Honecker à Bonn, le secrétaire général de la CDU, Heiner Geissler, évoque même l’idée d’une reconnaissance réciproque de la RDA et de la RFA comme états souverains.
Comme toujours, le réel refuse de se soumettre aux théories, mêmes les plus subtiles élaborées par les esprits les plus brillants. Celle des petits pas imaginée par les dirigeants ouest-allemands fut balayée en l’espace de quinze jours, entre le 9 novembre 1989 et la mi-décembre, où les manifestants de Leipzig, de Dresde et de Berlin-est sont passés du slogan “Wir sind das Volk !” (nous sommes le peuple) “Wir sind ein Volk”(nous sommes un peuple).
Kohl comprend alors que le mouvement vers l’unification est irrépressible, soutenu dans cette idée par Willy Brandt, qui s’oppose en cela à Oskar Lafontaine, le chef du SPD.
Le 28 novembre 1989, sans en aviser Paris ni Londres, Kohl présente au Bundestag un plan en dix points qui prévoit la constitution, à brève échéance d’une “ confédération” entre la RFA et la RDA, euphémisme pour annoncer une prochaine réunification.
George Bush père, bien briefé par l’ambassadeur américain à Bonn Vernon Walters1 donne son feu vert, à la grande fureur de Margaret Thatcher qui sera jusqu’au bout les deux pieds sur le frein de la réunification allemande. François Mitterrand, comme vont le révéler les archives du quai d’Orsay bientôt déclassifiées sur cette période, ne saute pas de joie devant cette accélération de l’histoire. Il préférerait en ralentir le rythme pour pouvoir influer sur son cours. Il est obsédé par la crainte de voir l’Allemagne réunifiée remettre en cause les frontières établies en 1945 (celles ci n’ont jamais été avalisées officiellement par la RFA). Kohl, au fond, n’est pas mécontent de ces réticences : cela lui permet de faire valoir auprès de la droite de son parti, celle qui réclame le retour à la mère patrie des territoires cédés à la Pologne, que sans une renonciation à ces prétentions, jamais les alliés de l’Allemagne ne consentiraient à l’unification du pays.
François Mitterrand n’a pas fait, comme certains l’y incitaient, le grand discours où il aurait donné sa bénédiction enthousiaste à l’unité allemande. Cette affaire, au fond, ne lui disait rien qui vaille, mais son réalisme lui dictait de ne pas s’opposer frontalement à une évolution qu’il n’était pas en mesure d’empêcher. Cela n’empêcha pas Helmut Kohl de verser une larme bien réelle lors des obsèques de Tonton à Notre-Dame de Paris.
- Vernon Walters, ancien sous-directeur de la CIA, est tout de suite persuadé que la réunification est inéluctable. ↩
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L'auteur
Luc Rosenzweig est journaliste.
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Saul dit
Jerome,
et pour finir, l’ armée rouge n’ a jamais subi de défaites en bataille rangée en Afghanistan ( comme les Français en Algérie, les ricains au Vietnam etc ).
après, l’ armée russe d’ aujourd’ hui ( bien qu’ elle ne soient pas non plus négligeable ) n’ a plus la meme puissance que l’ armée rouge des années 80.
pour les ricains et l’ Afghanistan, augmenter le nombre de troupes ne servirait à rien à long terme : sur le moment, elle réoccuperait du terrain ( ce qui n’ est pas la stratégie envisagée d’ ailleurs, celle ci consisterait, meme en cas de renfort à laisser les zones les moins peuplées mais les plus étendues, aux mains des talibans et de se regrouper sur l’ Afghanistan ” utile” ), mais si elle n’ obtient pas l’ adhésion de la population locale, alors c’ est voué à l’ échec..
rappelez vous le Vietnam, les ricains ont envoyés jusqu’ à 500 000 hommes, et ça n’ a servi à rien.
nadia comaneci dit
A2 ailes, la Roumanie d’aujourd’hui s’est construite sur une escroquerie, il n’y a jamais eu de révolution, la securitate tirait sur d’autres membres de la securitate, les charniers de Timisoara venaient de l’hôpital du coin, les Ceausescu ont vite été liquidés au terme d’un procès bidon pour éviter qu’ils ne se mettent à déballer qui étaient vraiment leurs juges. Résultat la classe politique n’a quasi pas changé, même les plus jeunes ont gardé les bonnes vieilles habitudes d’antan, le pays est le plus corrompu d’Europe, les Roumains n’ont pour leurs dirigeants que mépris. Seul le président Basescu s’en tire, mais il a échappé à une demande de destitution de l’Assemblée qui le trouvait un peu trop “mains propres” sur les bords…
Avec la crise, de plus en plus de gens regrettent Ceausescu. C’est hallucinant, en un an, j’ai vraiment vu le discours changer et se radicaliser. Même si les roumains ne feront toujours pas de révolution…
Saul dit
Jerome, ( suite )
démoralisation amplifiée par les caractéristiques meme de la guerilla : guerilleros fondus dans la population, d’ où represailles aveugles contre celle ci ( ce qui est le but de toute guerilla ), ce qui entraine le discrédit de l’ armée régulière vis à vis de cette population mais aussi vis à vis du peuple dont est issu cette armée. peuple qui ne comprend plus alors pourquoi son armée se bat, + l’ usure du au temps qui passe…etc.. quand une armée et son peuple ne croient plus au bien fondé de leur guerre, meme si elle remporte des victoires militaires, alors elle perd tot ou tard sur le plan politique ( quand on n’ est pas motivé, on ne s’ accroche pas…)
le but d’ une guerilla est donc de ne pas remporter des victoires militaires ( c’ est meme un objectif plus que secondaire), mais de briser le moral de l’ ennemi et par là sa volonté de poursuivre la guerre.
la guerilla, c’ est une hydre…
Saul dit
Jerome,
“En fait, la guerilla n’a JAMAIS gagne la moindre guerre contre une armee reguliere”
je n’ ai jamais dit l’ inverse mais qu’ une guerilla n’ avait jamais été vaincue de manière totale, ce qui ne veut pas dire que la guerila a vaincu ses adversaires.
vous avez totalement raison sur le coté militaire, l’ ALN fut laminée par l’ armée française, les vietcong étaient défaits systématiquement ( l’ offensive du Tet, par ex, fut ressenti comme un échec total par les généraux vietnamiens ), les sovietiques eux memes ont battu à plusieurs reprises les moudjahidines. mais vous oubliez la dimension politique et psychologique propre à cette forme de guerre : bien qu’ une armée remporte des victoires sur le plan militaire face à une guerilla, elle n’ arrive pas à remporter la “décision” c.a.d que ceux d’ en face ne s’ avouent jamais vaincu. du coup, démotivation et démoralisation de l’ armée régulière pourtant victorieuse ( suite )
Elie dit
Sur le rôle de Jean Paul II, qui par son seul verbe ( on dirait du Saint -Jean), et sa présence, facilité la chute des cocos, arrêtons la légende urbaine deux minutes. Commençons par demander qui financait Solidarnosc, par qui les fonds passaient-ils.Les Rouges qui ne sous-estimaient pas la puissance du verbe mais ne réagissaient vraiment que par la violence que lorsque vraiment agressés ne lui aurait pas adressé un avertissement aussi sanglant et à 2cm près en 1981. Après il est plus allé en Afrique et en Amérique Latine se dégourdir les jambes le JP….
Rom1 dit
Euh, sur les frontières de l’Allemagne jamais officiellement reconnues par la RFA, la reconnaissance de la ligne Oder-Neiße par Willy Brandt n’était pas une reconnaissance officielle ?
Sinon, concernant la réussite économique du bloc communiste, la RDA (pourtant considérée comme un des pays les plus développés du bloc) était au bord de la cessation de paiement en 1983. C’est la RFA (avec l’aide d’une banque bavaroise) qui l’a alors sauvée de la banqueroute afin de maintenir la paix sociale, et en 1989, le service de la dette (les intérêts) mangeaient pratiquement tout le produit des exportations.
Les habitants de la RDA avaient un meilleur niveau de vie que ceux de l’URSS, mais le régime achetait la paix sociale à coup d’importations à crédit.
Odilon dit
@jerome, Saul
“sous Staline, les gens y mouraient par millions”
C’est parfaitement vrai, mais cela n’a pas provoqué la chute de l’URSS, et quand elle est tombée il n’y avait pas de famine. Ça montre bien que cette relation de cause à effet entre l’inefficacité économique (relative) et l’effondrement politique est faux.
Il est vrai que l’agriculture était désastreuse, mais l’URSS pouvait acheter du grain avec ses matières premières. La Russie d’aujourd’hui fait-elle autre chose?
Elie dit
Les bourgeois s’autocongratulent avec la chute du mur pour mieux masquer leur désespoire alors que leur modèle économique qui était censé être la fin de l’histoire (quelle prétention) se casse la gueule. Quand je vois la gueule de tous ceux qui commémorent ce grand jour, je préfère rester chez moi. Heuresement qu’on a Védrine( ” le début de la démesure”) ,Zizek( ” Derrière le mur, les peuples ne rêvaient pas de capitalisme” cf le monde d’aujourdh’ui) pour remettre un peu les choses en perspectives.Le pire étant la réaction de Robert Hue qui n’en finit pas de se renier tel Saint Pierre
jerome dit
En Afghanistan, il y a tres peu de troupes. Il faudrait le triple ou plus pour mener une vraie campagne. Mais la il s’agit juste de volonte politique. Parce que ca coute de l’argent et des vies humaines. Mais la victoire *militaire*, si on veut bien en payer le prix, est atteignable. Sauf que personne n’est pret a depenser des milliards, a voir des centaines de morts de son cote et des dizaines de milliers de l’autre.
Donc oui, l’armee russe, deuxieme du monde soit-disant, representant un pays de 140 millions d’habitants, se fait battre par un petit groupe de montagnards moyen-ageux, c’est pas fameux.
Et ca n’a pas beaucoup change. L’armee russe est juste capable de battre des pays minuscules (Tchetchenie, Georgie) et uniquement en massacrant et detruisant tout sur son passage.
jerome dit
” vous oubliez que la guerilla, comme forme de guerre, n’ a jamais pu etre vaincu par une armée conventionnelle.”
On entend souvent ca et c’est completement faux. En fait, la guerilla n’a JAMAIS gagne la moindre guerre contre une armee reguliere.
On a des tas d’exemples du contraire a commencer meme par des exemples a priori contraire comme l’Algerie (victoire militaire francaise totale et absolue), le Vietnam (ecrasement complet et total du la guerilla vietcong). Israel a evidemment ecrase la guerilla palestinienne. Le Hezbollah est une armee reguliere, pas une guerilla et, contrairement a ce qu’on raconte dans les journaux, a pris une raclee en 2006 – rappelons que la victoire du Hezbolah a l’epoque avait consiste a toujours exister apres la guerre.
Saul dit
@ Jerome,
assez d’ accord avec votre dernier post ( décidément ! ),
mais pas pour “Meme son armee, sans l’arme nucleaire, etait ridicule”.
vous prenez l’ exemple de la Tchetchénie, mais vous oubliez que la guerilla, comme forme de guerre, n’ a jamais pu etre vaincu par une armée conventionnelle.
pensez à l’ Afghanistan actuel, la 1ère armée du monde ( l’ US ) a beaucoup plus de soldats que les soviétiques à leur époque ( 80 000 soldats sovietiques pendant la guerre d’ Afghanistan, ou plutot la 1ère guerre d’ Afghanistan? ), et pourtant les ricains ne controlent plus qu’ un tiers du territoire afghan.
dans une guerre conventionnelle ( meme sans l’ atome ) l’ armée rouge était redoutable et crainte par ses adversaires. on ne peut qu’ émettre des hypothèses bien sur, mais il est fort à parier que l’ armée rouge aurait foutu une raclée aux armées américaines et européennes dans ce type de guerre..
Saul dit
sur Mitterand, finalement ses réticences à la “réunification” ( annexion plutot..) s’ inscrivent dans une constante de la politique française depuis François 1er : tout faire pour garder l’ Allemagne parcellisée, que celle ci ne soit qu’ une expression géographique et non un état uni.
@ Odilon,
meme si vous avez raison pour les réalisations soviétiques, l’ URSS était à bout de souffle et a en fait explosé en plein vol dans sa compètition avec les USA.
mais, et ça rejoint ce que dit Eureka, on ne le percevait pas encore, du moins un tel état de décrépitude et en effet personne ne s’ imaginait que l’ URSS allait disparaitre meme dans les jours suivant cette “grande catastrophe” ( pour paraphraser quelqu’ un d’ ici.. : ) ) du 9 nov 89
@ Laborie
“l’Histoire…pardon..”
vous avez rectifié de vous meme…merci : )
jerome dit
“Il ne suffit pas de l’affirmer, jerome. Ce désastre total a quand même été la deuxième puissance militaire mondiale, et a envoyé le premier homme dans l’espace. Économiquement, on a vu pire.”
La Coree du Nord est un desastre, sa population meurt de fin et survit a peine, pourtant elle a l’arme nucleaire et des capacites technologiques et ballistiques avancees.
L’URSS n’a pas ete tres differente avec des hauts et des bas. A certains moments, dans les premieres annees avant la NEP, et sous Staline, les gens y mouraient par millions, aussi bien a cause du regime lui-meme que de la faillite economique.
Sur la fin, c’etait moins pire mais rien ne marchait, tout tombait en ruine, et l’URSS etait un gigantesque village Potemkine.
Meme son armee, sans l’arme nucleaire, etait ridicule. On a vu comment les Tchetchenes (a peine un million de personnes, sous-developpes) ont mis en deroute l’armee russe en 1994-1996 avant que celle-ci ne se reprenne (a peine).
a2lbd dit
ahh Nadia, que voulez vous, nous sommes tous prisonniers de notre subjectivité forgée à partir de l’amas des expériences multiples au feu de notre capacité de raisonnement.
Quelles infâmes crapules ces Ceaucescu. Quel dommage qu’en 45/46 Joukov n’est pas tenté de faire subir à Staline le même sort. Au fond aujourd’hui, est ce que la manip est si importante ? En quoi a-t’elle influé sur le potentiel de la Roumanie ?
eureka dit
Personne ne l’a vu venir cette chute. Aucun stratège, aucun géo-politique. Quand on écoute les interventions de l’époque, les gens semblaient dans l’expectative, surtout lorsqu’on réécoute la conférence de presse de l’est-allemand ayant annoncé l’ouverture de la frontière.
La date du 9 novembre est une date très symbolique pour l’Allemagne. C’est d’ailleurs pour cela que ce n’est pas la date de la fête nationale allemande (Création de la République, Putsch de Munich, Création des SS, Nuit de Cristal). Mais dans la liesse d’aujourd’hui qui s’en souvient ?
Ceci dit si cette chute, sur le plan humain était une bonne chose, l’était-elle sur le plan géo-politique ?
nadia comaneci dit
A 2 ailes, Mitterrand avait fait la guerre, il était d’une génération qui se méfiait fort des délires de grandeur allemands. Lesquels avaient tendance à renaître de leurs cendres. On peut comprendre sa réticence.
Je pensais vraiment le mur éternel, on se disait jamais les Soviétiques ne lâcheront. Vous savez, le mythe de la boite de Pandore… Quand la Roumanie a enfin basculé, la dernière des dernières, à Noël 89, vous n’avez pas idée de l’extase qui s’est emparée des Français d’origine roumaine. Y retourner enfin. Nous n’avons appris la manip que longtemps après. Ce n’était pas une révolution mais le PC qui faisait sauter les Ceausescu. La plupart de ses chefs sont encore là.
Lady dit
Ce n’est pas évidemment de la capacité d’un homme de forger le destin du monde, mais de celle de Celui qui est avant lui!
Clappique dit
“l’économie de marché n’est pas le meilleur ou le plus mauvais système économique, il n’y en a simplement pas d’autre!”
Qu’il est doux de lire certaines choses qui devraient être des évidences!
a2lbd dit
même compliment que GPS.
Ce qui me frappe toujours dans ces analyses, c’est la croyance qu’ont certains de la capacité d’un homme, ou d’un groupe d’homme à forger le destin. C’est là le premier stigmate du culte du chef au dépend de l’intelligence collective. Or l’histoire le prouve amplement, chaque fois que l’intelligence collective abdique en faveur de la supposée prescience d’un individu, l’humanité se retrouve en danger.
Le responsable politique de pays démocratiques est comme un manchot devant jouer une partition à quatre mains au piano. Il doit composer avec d’autre pour la réaliser et se réserver les touches qu’il estime fondamentales.
Personne, ni Mitterrand, ni Kohl, ni Gorbatchev ni Bush ou Thatcher n’a été au commande des changements de 1989. Mitterrand a superbement joué la partie concernant la ligne Oder Neisse. En revanche il a manqué pas mal de touches dans l’accueil du bloc de l’Est à la table de l’Europe.
L’Ours dit
mpolo,
le système libéral ne connaîtra pas de chute!
Il ne peut connaître que des crises, voire des crises graves, il peut mener à des aberrations passagères comme celles que vous décrivez et qui le font ressembler non plus au libéralisme mais au communisme, il peut connaître aussi des révolutions menées par des idéologues idéalistes et qui de toute façon aboutiront à plus ou moins long terme à la venue au pouvoir de dictateurs puis à la faillite!
Je répèterais ma thèse autant fois qui le faudra:
l’économie de marché n’est pas le meilleur ou le plus mauvais système économique, il n’y en a simplement pas d’autre!