Les anciennes se rebiffent! | Causeur

Les anciennes se rebiffent!

Le salon Rétromobile ouvre la saison de l’auto de collection

Auteur

Thomas Morales

Thomas Morales
Né en 1974, Thomas Morales est journaliste indépendant et écrivain.

Publié le 05 février 2017 / Culture

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Voitures rétromobile mode vintage salon Paris

Chevrolet Corvette 1957 (SIPA : 00652351_000034)

La résistance s’organise. Partout en France, les clubs, les marchands, les garagistes, les galeristes, en somme, tous les passionnés de mécaniques anciennes, préparent ce rendez-vous incontournable du calendrier. Début février, tout le monde de la collection se rend à la Porte de Versailles pour communier sur l’autel des carrosseries d’antan. Ce manège enchanté réunit, à chaque édition, près de 115 000 visiteurs durant cinq jours. Chez ces irréductibles, à la fois défenseurs du patrimoine et esthètes d’un art de vivre, on fait fi de l’auto-phobie ambiante qui véhicule son lot de restrictions et d’oukases. No pasarán ! crient certains édiles municipaux qui n’ont décidément rien compris à l’attrait touristique de ces musées roulants. Le rêve de faire disparaître les automobiles de caractère du paysage urbain ne vaincra pas. Des frondeurs en Peugeot 404, Citroën DS ou Renault Dauphine veillent à ce que le plaisir de circuler demeure un droit inaliénable du conducteur. En pré-campagne présidentielle, les candidats devraient penser à ne pas trop snober cette « clientèle électorale ».

Du cockpit à l’isoloir

D’après le dernier rapport de la Fédération Française des Véhicules d’Epoque (FFVE) datant de février 2015, ils seraient 230 000 à posséder un ou plusieurs modèles affichant plus de 30 ans au compteur. Sur notre territoire, pas moins de 4 000 entreprises fabriquent ou vendent des produits et services ayant trait aux véhicules historiques, soit un chiffre d’affaires dépassant les 4 milliards d’euros. Un mouvement en marche qui pourrait peser dans l’isoloir. Les politiques, sans aucune culture industrielle et artistique, ont beau s’évertuer à leur mettre des bâtons dans les roues, les amoureux de la Nationale 7, de l’autodrome de Montlhéry ou du Grand Prix de Reims n’abdiquent pas. Le vieux moteur à explosion fait même des étincelles auprès d’un nouveau public.

Les « Youngtimers », ces voitures des années 80/90, attirent aujourd’hui des « têtes blondes » dans les rassemblements jadis squattés par les cheveux argentés. Les 205 GTI côtoient désormais les Simca 1000 et rebattent les cartes du milieu. Cet univers-là est bien plus mélangé, ouvert et vivant, que les raccourcis médiatiques laissent croire. L’enfermer dans une niche rétrograde serait une grave erreur d’analyse car ces milliers d’hommes et de femmes consomment, voyagent, échangent et participent à la bonne santé économique du pays en roulant ! Actifs ou retraités, citadins ou ruraux, riches ou modestes, ils sont tous garants d’une partie de notre mémoire. Ces historiens du volant mériteraient parfois les palmes académiques pour leur contribution à l’éducation des jeunes générations. Pourquoi n’enseigne-t-on pas au collège, l’âge d’or de la carrosserie française, par exemple ? Rétromobile est l’occasion unique de se retrouver entre amis, de penser aux futures escapades du printemps et de l’été, de fustiger les spéculateurs qui faussent le marché, de s’alarmer sur des législations toujours plus contraignantes, d’envier nos voisins britanniques et leur culte royal de la préservation et puis surtout de profiter du programme de cette 42ème édition.

Paris, capitale de l’auto… rétro

Pénétrer dans les Pavillons 1, 2 et 3 du Parc des Expositions, c’est ouvrir le garage aux souvenirs. Il y en a pour tous les goûts, toutes les époques et toutes les bourses. Rétromobile n’est pas qu’un salon de voitures rutilantes, « best of show » comme disent les américains. On y trouve des miniatures, des accessoires, des livres, une prestigieuse maison de ventes aux enchères, des sorties de granges, des associations, de grands constructeurs internationaux, des spécialistes de la restauration, des manufacturiers, des vendeurs de vêtements, des anciennes gloires des circuits, des camions, des engins militaires, des scooters, des plaques émaillées ou des sculptures. Dans cet inventaire à la Prévert, on y croise aussi bien l’amateur fortuné de Bugatti, prêt à débourser quelques millions d’euros pour s’offrir une folie des années 20 que l’électricien en retraite, monté de son Berry en Traction, à la recherche d’un enjoliveur. Depuis peu, les organisateurs ont relevé le niveau des prestations. Les stands ressemblent moins à une foire à la brocante qu’aux allées soignées du salon de Detroit ou de Genève. Le charme foutraque en moins, cette 42ème édition s’annonce d’ores et déjà comme un grand cru.

Ouvrez grand les yeux, Rétromobile célèbrera : les 70 ans de Ferrari en exposant huit modèles emblématiques de la marque, notamment une Barquette 166 Mille Miglia qui a remporté les premières 24 Heures du Mans de l’après-guerre en 1949 ainsi qu’une 250 LM en provenance de la collection Schlumpf et une 250 GT Berlinetta ; les 90 ans du titre de champion du monde des Grand Prix décroché par Delage avec la présence de 6 modèles rares, les 40 ans de l’apparition du Turbo en Formule 1 chez Renault et ses déclinaisons routières (R5, R18, R9/11, Alpine V6, R21 2 litres, etc.), une exposition de motos 100 % française dont un exemplaire de 1871 produit par Louis Guillaume Perreaux (premier deux roues motorisé et commercialisé au monde) et une Louis Blériot de 1920 ; un Prototype Chausson CHS, une microcar révolutionnaire développée secrètement en 1942 dans les usines réquisitionnées par l’armée allemande ; une vente orchestrée par Artcurial Motors et agrémentée de quelques pièces exceptionnelles comme cette Delahaye 135 Compétition Roadster carrossée par Figoni & Falaschi de 1936 estimée entre 1,2 et 1,8 millions d’euros ou une Cadillac Series 62 et une Harley-Davidson Softail appartenant à Johnny Hallyday au profit de l’association La Bonne Etoile et des dizaines d’autres surprises, des Mercedes d’exception en direct de Stuttgart, une flopée de Porsche 356 et 911, d’aguicheuses italiennes (Alfa, Lancia, Maserati, etc…), des Ford Mustang gavées de chevaux. Enfin que les anglophiles se rassurent, des Jaguar, Bentley et Austin-Healey, il y en aura à la pelle !

Sa majesté, l’authentique Aston Martin DB5 de James Bond dans Goldfinger ou la très exclusive DB4 GT Zagato seront de la partie. Une journée à Rétromobile équivaut à une sortie dans un parc d’attractions, une visite au musée, une pause dans une bibliothèque, une virée dans les Hunaudières et un Tour de France de nos plus belles régions.

Rétromobile, Salon international des voitures de collection – du 8 au 12 février – Paris Expo Porte de Versailles – Pavillons 1, 2 et 3 – Horaires : Mercredi 8 février (10h-22h), Jeudi 9 février (10h-19h), Vendredi 10 février (10h-22h), Samedi 11 février (10h-19h), Dimanche 12 février (10h-19h) – Tarif : 18 € par personne -Gratuit pour les moins de 12 ans – www.retromobile.fr

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    • 6 Février 2017 à 6h43

      FM Arouet dit

      J’aime les voitures anciennes. Je déteste les religions. Faire de la voiture ancienne une religion avec ses rites, ses manifestations sacrées, ses messes, ses exclusions,ses intégristes (voir plus bas le courrier des lecteurs où on trouvera plus bas quelques exemplaires gratinés), quelle horreur !

      • 6 Février 2017 à 13h18

        Sancho Pensum dit

        Il y a dans la voiture un condensé de toutes les connaissances humaines, de la thermodynamique à la résistance des matériaux, en passant par l’électronique et l’électricité… Je ne sais pas s’il existe une loi scientifique découverte par l’homme qui ne s’exprime pas dans l’automobile. A part peut-être la théorie de la relativité, du fait des limitations de vitesse.
        Avec les voitures anciennes, une dimension supplémentaire survient : celle de l’art !
        La voiture est un concentré de la vie. Si Dieu existe, il a surement la forme d’une bagnole. Alors un peu de respect que diable !

    • 5 Février 2017 à 14h44

      Syagrius dit

      Bien d’accord avec vous!
      Et j’ajoute que la bagnole, surtout si elle est grosse et chère, est un excellent outil pour emmerder les socialistes et au-delà tous les gens plus ou moins imprégnés de marxisme, en ce compris les Verts, car elle est un pied-de-nez aux adeptes du “vivre-ensemble” et du “collectif”, qui nous enjoignent de choisir, pistolet sur la tempe, entre le vélo ou les transports en commun. Si j’en avais les moyens, j’adorerais circuler dans Paris avec la sublime Corvette de la photo, à cramer 20l/100 en polluant comme un régiment de chars, rien que pour croiser les regards haineux de ces connards.

      • 5 Février 2017 à 15h22

        enfer dit

        Je le fais de temps en temps, dernièrement pour aller marier une nièce à Paris, Linz-Paris par la Suisse enneigée…En C2, pour entendre éructer un ignare à un feu “apprends à régler tes carbus”…Le pauvre ne devait pas connaitre le son du sublime ralentis du big bloc Corvette….!
        Et là c’est le pied intégral….
        20l…Vous êtes bien optimiste mon cher…

        • 5 Février 2017 à 16h50

          Syagrius dit

          Ah, heureux homme! Le modèle 1969, avec des échappements latéraux berce mes rêves. Du Mozart!… Comme disait la pub Chevrolet de l’époque: What else?…
          Ceci dit, maintenir la grosse bête sur une route enneigée exige certainement un certain doigté auquel nos petites autos pasteurisées ne nous préparent guère…Bravo d’y parvenir!!

      • 5 Février 2017 à 15h36

        Sancho Pensum dit

        Bah, si vous pensez qu’on doit les restrictions de circulation aux socialistes, vous n’avez rien compris. L’ancêtre des ZCR s’appelait ZAPA et avait été mis en place par l’équipe Fillon.
        La gauche avait bien pressenti le caractère injuste de la mesure et après avoir supprimé  les ZAPA, les a mis en œuvre en… changeant juste le nom. 
        Que voulez-vous, l’air du temps n’est plus à l’amour de la bagnole et sur ce point, tous les partis s’entendent comme larrons en foire. 

        • 5 Février 2017 à 16h57

          Syagrius dit

          Vous voyez juste, il s’agit bien de l’air du temps. Eh bien l’air du temps, il me donne des boutons et marcher au pas avec Big Brother qui me dit comment je dois éternuer, en attendant qu’il m’informe de la manière de baiser conforme, ce n’est pas mon truc. Et comme le disait je ne sais plus qui:”Celui qui ne marche pas au même pas que la foule, c’est qu’il entend un autre tambour”.

      • 5 Février 2017 à 22h52

        ZOBOFISC dit

        La seule, l’unique cause de la pollution est la surpopulation.

    • 5 Février 2017 à 9h58

      Habemousse dit

      Il y a au moins une raison pour autoriser et défendre ce genre de manifestation, c’est la préservation du savoir faire requis pour faire de ces vieilles carcasses rouillées des objets rutilants et pétaradants.

      Puisque l’école n’assure plus ce genre d’enseignement ou très mal et à une vitesse qui interdit aux ânes de prendre des notes, il faut bien que le populo prenne son destin et celui de ses folies en main.
      Bravo à ces manifestations qui apprennent, à des néophytes pour la plupart, le métier de carrossier et celui de mécanicien dans la plus grande humilité, sans délivrer nul diplôme ni brevet, pourtant mérités.

      Sans oublier celui d’historien dont la patience et la ténacité sont ses moteurs.

      A quand une exposition des premiers ordinateurs et téléphones mobiles pour réapprendre l’électronique ?

      L’artisanat d’art a de l’avenir à l’école de la rue, l’inventeur de la roue qui tourne peut-être fier ! 

    • 5 Février 2017 à 9h21

      clark gable dit

      Encore un truc de gros beaufs tout ces termes techniques concernant leur chére bagnole
      Moi je connais tout juste la marque de mon véhicule ignorant méme mon immatriculation , faudra que je me décide a la regarder un jour !

      • 5 Février 2017 à 9h53

        Ananias dit

        Faites notre éducation. Dites nous ce qui ne fait pas “gros beaufs”.

        • 5 Février 2017 à 13h12

          clark gable dit

          Regardez mes films et faites ensuite comme moi , vous verrez de suite comme vous vous sentirez au dessus des autres !

      • 6 Février 2017 à 9h21

        Habemousse dit

        « Encore un truc de gros beaufs »

        Supprimez le travail des mains et vous supprimez l’envie de créer ; je n’apprécie la voiture que comme un automate docile qui va où on lui demande d’aller et je sais bricoler le strict minimum pour vivre confortablement dans ma maison, n’empêche, tous ces gens qui s’affairent autour d’un bout de ferraille pour le faire renaître s’aèrent l’esprit et la réflexion : chacun son jardin et liberté pour tous !

        Je suppose que la présence d’un garagiste à certaines périodes de votre existence ne vous gêne pas plus que ça ?

        Ce que vous n’aimez pas, je suppose, c’est l’ostentation avec laquelle quelques uns présentent le résultat de leur travail en l’étalant un peu trop : ils ne dépassent pas la proportion habituelle des beaufs dans les autres catégories de la société, même celle des « intellectuels ». des journalistes et des autres, il faut faire avec !

         Et puis M. Moralès ne parle pas de ces gens là.

    • 5 Février 2017 à 7h07

      Charles Lefranc dit

      Ne le dites as a Hidalgo ; je roules dans Paris en mercédes 560 , 1988 , et je n’ ai même pas acheté la vignette crit’air .

      • 5 Février 2017 à 9h54

        Sancho Pensum dit

        Bah, si vous tenez encore 1 an, vous n’aurez plus qu’à passer votre véhicule en collection et vous ne serez plus emmerdé par cette autophobie larvée.

        • 5 Février 2017 à 19h03

          Charles Lefranc dit

          Larvé l’ autophobie d’ Hidalgo ? Pulvurélente , haineuse , pathologique , pleine du ressentiment de la puritaine devant une jeunesse insouciante . Hidalgo va recevoir un joli boomerang , le jour ou son alter-égo MLP prendra l’ élysée . Encore 5 ans , voire moins avec Macron , et le Panzer sera de rigueur dans Paris.