Référendums : je vote oui !
Rue89 / Causeur : 20e round sur les référendums de Sarkozy
Publié le 24 février 2012 à 9:22 dans Politique
Mots-clés : Nicolas Sarkozy, referendum, Ve République

Photo : Pierre Metivier

Chaque semaine jusqu’à l’élection présidentielle, la “battle” sur Yahoo ! Actualités confronte les éditos de Rue89 et Causeur sur un même thème. Cette semaine, Gil Mihaely et Jean Matouk débattent des annonces de référendums de Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy est à ce jour le seul président de la Ve République à n’avoir jamais eu recours à un référendum national. En 2007, par ailleurs le même président a réintroduit par la fenêtre le Traité constitutionnel européen rejeté massivement par référendum en 2005. Qu’il propose donc depuis dimanche dernier de redonner la parole aux Français peut prêter à sourire. Mais après les sarcasmes — bien mérités — il faut se poser quelques questions sérieuses, et notamment la plus banale des questions de fond : est-ce que le référendum est bon ou mauvais pour la France ? Et ensuite, si la réponse est oui, quel candidat pourra le remettre en selle, celui qui a promis et risque de ne pas tenir parole ou bien celui qui est franchement contre ?
La Ve République est un marché de dupes. Sur fond de guerre d’Algérie et lassitude générale du régime des partis — la Quatrième — les Français ont opté en 1958 pour la stabilité et la gouvernabilité aux dépens de la représentativité et, disons-le, de l’équité. Le prix à payer pour ce compromis lointain est toujours supporté par de larges franges de la communauté nationale : d’importants courants politiques sont largement sous-représentés dans les institutions de la République, phénomène qui érode systématiquement la légitimité des pouvoirs élus. En revanche, la contrepartie est douteuse : avec deux cohabitations et des présidents élus par 20 millions de français qui n’osent plus bouger un orteil dès qu’un million de personnes descendent dans la rue, la capacité d’action de la Cinquième ressemble étrangement à celle de la Quatrième…
Or le constat d’une société en panne sèche est partagé par la plupart des Français et le besoin de réforme aussi. Mais comment faire ? Et bien en général on choisit de ne rien faire, pour ne pas froisser les polytechniciens, les agriculteurs, les magistrats, les familles nombreuses, les amis des bêtes, les non-fumeurs, etc. Pour être plus exact, il s’agit surtout de ne pas fâcher les porte-voix de ces groupes, qu’ils soient réellement représentatifs ou seulement autoproclamés. C’est bien pour ça qu’en l’état actuel des choses, on n’est pas près de voir le prélèvement de l’impôt à la source, la retraite par points, le code vestimentaire à l’école, la possibilité d’acheter de l’aspirine chez l’épicier du coin ou la taxe sur les déjections canines, toutes bonnes idées que nous risquons d’envier pendant quelques siècles encore à nos voisins européens.
D’où l’idée, pas plus bête qu’une autre, disons-le, de contourner par la voie la plus démocratique possible ces corps intermédiaires qui pensent, parlent et décident en notre nom. Certes le président et ses amis ont parfois des définitions assez éloignées de ce qu’ils appellent les « corps intermédiaires ». Certains sarkozystes à front bas ne visent explicitement que les syndicats ou les collectivités locales — et surtout celles de gauche. Les plus avisés n’oublient heureusement pas d’y ajouter le patronat, l’énarchie ou la magistrature.
La vision la plus large du problème s’impose. Car malheureusement, les corps constitués et les contre-pouvoirs qui fondent la démocratie française sont également en panne. Les syndicats ont de moins en moins d’adhérents et les médias souffrent d’un manque cruel de pluralisme. Laurence Parisot déclenche l’hilarité générale à chaque fois qu’elle s’exprime et Bercy est perçu comme l’ennemi public n°1 par tous les Français (sauf Bernard Tapie). Et après le jugement ubuesque condamnant un maire du Nord ayant giflé un voyou, qui croira encore que la justice est réellement rendue au nom du Peuple français ?
Force est de reconnaitre que la République s’étouffe et il faut prendre des mesures pour la faire respirer de nouveau à pleins poumons. Plutôt que d’asphyxier les corps intermédiaires — dont la plupart, tout sclérosés qu’ils soient, restent nécessaires — on peut penser qu’oxygéner le débat public par un recours intelligent au peuple qui aura comme conséquence une revitalisation de ces institutions. Souvenons-nous des conséquences des débat qui ont précédé et suivi le référendum de 2005 : D’une question de spécialistes, l’Europe est devenue en trois mois seulement l’affaire des citoyens, et c’est très bien comme ça.
Il ne s’agit donc pas de populisme bête prônant une impossible démocratie directe ou un péronisme remastérisé fondé sur un dialogue mystique entre le leader et « le peuple » mais d’un assouplissement intelligent de la démocratie française. Un ou deux référendums sur des questions importantes par quinquennat, ou peut-être même un peu plus, pourraient revigorer la vie démocratique et surtout redonner de la légitimité aux institutions républicaines. Quand les citoyens se sentent de moins en moins écoutés par la France d’en haut, les faire participer plus souvent et plus concrètement aux grandes décisions est une urgence.
Ainsi, au lieu d’infantiliser les français en en lui proposant que des gestes « citoyens » sur la nécessaire fermeture des robinets durant le savonnage des mains, le tri sélectif ou la Fête des voisins, il est temps de réhabiliter le geste citoyen par excellence: la libre expression du peuple souverain.
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L'auteur
Gil Mihaely est historien et journaliste.
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Saul dit
ben vu qu’on parle de moi, qu’on me prête certaines idées, et qu’en prime je me fais insulter, ça me semble un minimum de clarifier certains points, notamment historiques…
d’ailleurs marrant comment je l’obsède le crétin des alpes, peut pas s’empecher de parler de moi dans chacun de ses posts :-D
une ch’tite névrose ?
@ Isa
de rien
Fiorino dit
Cretin tu le dit à ton père. En tout cas t’a vraiment rien à foutre dans la vie, si non seulment tu contrôle tout mes posts (qui ne parlent certainement pas de toi sauf très rarement) après ta petite enquête bidon sur les multipseudos. D’ailleurs cette histoire de la colonisation turque sur chypre c’est moi qui la sorti parce que toi t’avais donné la faute au grecs à l’époque. Tu change d’opinion comme une girouette.
Fiorino dit
Au chypriote grec qui avait voté non. Et ils avaient raison.
Saul dit
c’est ça, c’est ça, j’ai toujours dit la même chose sur Chypre…
bouffon va…
.
Fiorino dit
Si non saul adopte la stratégie de Marine Le Pen, il ne me répond jamais, mais il peut pas s’empêcher de me citer dans ses messages, ou d”y répondre d’une façon ou d’une autre :-)
Bon je vous laisse à vos discours.
Fiorino dit
Si non saul ça ne fuse pas dans ma tête, simplement personne a cru en déhors de la France que votre position était dictée par la morale. Mais par des intérêts économique. D’ailleurs je veux dire si la guerre en Iraq n’avait pas eu lieu, Saddam aurait commencé à vendre son pétrole en euro, et je doute fort que vous seriez là à nous annocer la fin de la monnaie unique. Par rapport à aujourd’hui les US son résolument filoturcs, en tout cas l’ont été jusqu’à présent dans le dossier de chypre.
Saul dit
l’était tellement proUS le père Chirac qu’il s’est opposé à eux concernant l’invasion de l’Irak de 2003…
et me semble que c’est sarko, et non chirac, quia fait revenir la France dans le commandement integré de l’OTAN…
Quant au Kosovo, la KFOR est bien un commandement militaire de l’OTAN mais qui remplit le rôle de bras de la MINUK, l’administration de l’ONU au Kosovo.
et enfin je me réjouis de voir s’exprimer le racisme le plus crasse sous couvert de démocratie avec en prime une admiration sans borne pour le régime des colonels, exemple de démocratie comme chacun sait, responsable en premier lieu de la situation chypriote…
isa dit
Saul excusez-moi, je connais très mal ces problèmes geopos, pourriez-vous développer? Les liens entre l’ONU et le régime des colonels en Grèce?
Saul dit
aucun Isa, il s’agit de deux questions distinctes que notre ami des alpages a comme à son habitude amalgamé tellement ça fuse dans sa tête.
Sur le Kosovo : sur le plan juridique, c’est un bel imbroglio assez inédit. le conflit a opposé les Serbes (alors encore Yougoslaves au sein de la RFY) à l’OTAN qui a mené une campagne de bombardements..
ou plus précisément 5 membres de l’OTAN, (USA,GB, Allemagne, Italie, France), un autre membre s’étant officiellement opposé à cette décision de l’OTAN ! (il s’agit de la Grèce).
Suite à ce conflit, l’ONU a été chargée de l’administration territoriale du Kosovo (la MINUK). et pour ce faire, l’OTAN a constitué et mis à sa disposition une force terrestre, la KFOR, qui est donc sous les ordres de l’ONU…force otanienne qui a comporté par ailleurs des forces de pays non membres de l’OTAN, comme les Russes…
bref c’est assez emmêlé
Sur Chypre : en 1974, Chypre était un Etat indépendant constitué un peu à la “libanaise”, c.a.d que les postes politiques étaient institutionnellement donnés à tel ou tel membre selon son appartenance communautaire.
Ainsi le président de la république était forcément un Grec, le Vice-Président était un Turc etc.
Dans les faits, il existait une prédominance de la majorité grecque sur la minorité turque.
cette situation engendra tensions et heurts entre les deux communautés tout au long des années 60, qui aboutirent à une politique de discrimination et de ségrégation vis à vis de la minorité turque.
En 1974, le régime grec des colonels (qui était le soutien traditionnel des nationalistes chypriotes grecs) initia un coup d’Etat effectué par la Garde Nationale Chypriote (chypriote grecs) contre le président Mgr Makarios, jugé trop mou.
le but des conjurés était de proclamer l’Enosis, c.a.d la réunification de l’ile à la Grece.
La Turquie réagit alors en envahissant la partie nord de l’ile, sous pretexte de protéger la communauté turque chypriote.
La Turquie légitima son intervention armée en s’appuyant sur le traité d’indépendance qui prévoyait que si la constitution chypriote était menacée, alors les puissances garantes (de l’indépendance), c.a.d GB, Turquie et Grèce avaient le droit d’intervenir militairement.
techniquement les Turcs avaient raison, le coup d’état menacait manifestement la constitution et l’indépendance chypriote.
Mais en réalité, la Turquie trouva l’occasion d’occuper la partie nord de l’ile, afin d’agrandir son territoire, même si une “république turque” a été proclamée et pour rendre ceci irréversible a fait venir un grand nombre de Turcs d’Anatolie afin de modifier la composition démographique (En Turquie, vous pourrez voir des cartes du pays montrant la partie nord de l’ile comme si elle était partie intégrante de la Turquie).
la situation perdura et aboutit à une recomposition démographique sur les deux parties de l’ile, le sud devant purement grec, le nord purement turc.
En 2002, Kofi Annan proposa un plan de réunification, sur la base d’un état fédéral.
la partie turque l’accepata, mais la partie grecque la refusa pour les raisons suivantes : pas de retour des réfugiés grecs dans la partie nord, présence militaire turque toujours prévue pour un temps dans cette partie, et surtout garanties institutionnelles accordées à la partie turque, qui empechait aux Grecs de dominer institutionnellement…..
Saul dit
j’oubliais : pour les Colonels, l’Enosis était un moyen de redonner un nouveau souffle à leur régime alors de plus en plus au bout du rouleau (un peu comme les Malouines pour la dictature argentine).
l’invasion turque, qui fit échouer parmi d’autres conséquences le coup détat de la garde nationale chypriote, fut l’origine directe de la chute du régime des colonels.
(et pour le plan Annan, euh c’est peut être pas 2002, mais peut être 2000 ou 2004,j’ai un doute, vous vérifierez…)
Fiorino dit
C’est qui serait assez normal qui dominent institutionnellemnt étant largement majoritaires parmi les autocthonoes, c’est comme si en France on decideait d’un coup de donner le même pouvoir institutionnel au dom-tom par rapport à la France métropolitaine.
Fiorino dit
C’est chirac qui a mis le forces françaises sous commandement de l’otan au kosovo, le fait de faire revenir la France dans le commendement integré c’est la suite logique de cette politique.
isa dit
Merci beaucoup, Saul.
Fiorino dit
Saul mais l’opposition à la guerre n’a eu aucune incidence sur la guerre elle même, par contre ou il pouvait s’opposer aus US notammment sur l’entrée des pays de l’est ne s’est pas opposé. Chirac a fait une politique pour les gens comme vous qui se limitent à l’image, aux choses supérficiels, à faire croire qu’un beau discours à l’onu va rendre sympa la France (à qui au fond? aux indigènes de la République?) Sarkozy est dans le concret.
eclair dit
@saul
effectivement j’étais dans l’erreur.
Je n’ai jamais cru à ces promesses je l’ai toujours vu comme un atlantiste sans doute pour ça que ces promesses là dessus ne m’avaient pas marquées.
http://www.politique.net/2008040801-afghanistan-soldats-francais.htm
Fiorino dit
C’est vrai que chirac qui a fait rentrer les pays de l’est envoyé les troupes françaises sous comandement de l’otan au kosovo lui il était pas atlanitste. Il ne suffit pas de s’opposer à une guerre sans résultat, dans les dossier stratégique chirac (qui a donné un coup de pouce à la turquie avec schoroeder) s’est montré bcp plus atlantiste. En plus saul est les usa sont sur la même ligne ils passent leur temps à discrediter les chypriotes grecs. Les usa ont menacé plusieurs fois les chypriotes grecs s’il n’acceptaient pas le plan de paix. Tout comme saul fait la pu pour les turcs sur ce site.
eclair dit
@fiorino
Les pays de l’est c’était un deal avec l’allemagne qui voulait l’entrée des pays de l’est
Pour le kosovo c’est l’ONU qui est intervenu pas l’OTAN.
C’dest des casques bleus les français au kosovo. Faudrait apprendre vos classiques pour le coup.
chirac n’était pas un atlantiste. On peut dire beaucoup de chose mais un atlantiste non.
Fiorino dit
Et non eclair ils sont sous commendement de l’otan au kosovo les forces françaises, tu parles d’un deal avec l’allemagne, un deal qui a bénéficié à l’allemagne et aux usa. D’ailleurs la position usa et allemande est la même pour le kosovo: antiserbe. Donc chirac dans tout cela a été le dindon de la farce.
Fiorino dit
L’échec des négociations de Rambouillet sur le conflit opposant les Albanais du Kosovo et les autorités de Belgrade mène en mars 1999 à une intervention militaire de l’OTAN, l’Opération Allied Force. Le 9 juin 1999, l’Alliance atlantique et le gouvernement yougoslave signent un accord militaro-technique signalant le début du retrait des troupes serbes de la province. Le 10 juin, le Conseil de sécurité adopte la résolution 1244 entérinant l’accord et appelant entre autres au déploiement d’une présence internationale de sécurité incluant une participation substantielle de l’OTAN. Les militaires de la KFOR sont déployés dans la région le 12 juin 1999 au même moment que la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo
http://www.operationspaix.net/70-operation-kfor.html
eclair dit
@fiorino
C’est des casques bleus. L’otan sert d’organe de commandement serte mais c’est des casques bleus.
En afhanistan c’est pas des casques bleus.
Fiorino dit
Eclair j’ai parlé de commandement non? En tout cas moi j’aimerai bien un article de causuer sur la bosnie-herzegovine, il se passent des choses la bas, les dignitaires musulmans bosniaques veulent supprimer les deux entités pour gouverner sur tout le monde, alors que les croates voudraient leur autonomie. Peut-être qu’une alliance serbo-croate se dessine.