Renaud Camus: “En France, il y avait un peuple, maintenant il y en a deux” | Causeur

Renaud Camus: “En France, il y avait un peuple, maintenant il y en a deux”

2017, dernière chance avant le Grand Remplacement?

Publié le 03 avril 2017 / Politique

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Renaud Camus. Photo: BALTEL/SIPA

Ces deux-là n’étaient pas partis pour se connaître et encore moins pour se parler. Comment le juif séfarade, devenu activiste pour faire éclater la vérité surl’affaire Al Doura, aujourd’hui élu à Neuilly, et l’écrivain aristocratique retiré dans son château du Gers auraient-ils pu se rencontrer? Le hasard a pris les traits de Daniel Pipes. Ce conservateur américain qui organisait, avec l’aide de Karsenty, un voyage d’études en Europe, avait demandé à rencontrer Camus. « Je ne le connaissais pas, j’ai été ébloui par sa pensée qui ne ressemble à aucune autre », raconte Karsenty. Les réticences de son entourage l’ont convaincu qu’il fallait faire connaître l’oeuvre de Camus à des gens qui, souvent, n’avaient entendu parler de lui qu’à travers les polémiques qu’il suscite. Dans ce livre, où il a choisi de s’effacer pour laisser toute la place ou presque à son interlocuteur, Camus revient sur quelques-unes de ses idées-forces, comme le Grand Remplacement, et livre de nombreuses analyses sur l’actualité. Une excellente occasion de découvrir ou redécouvrir un écrivain majeur, sans se soucier des trépignements de ceux qui préfèrent interdire que réfléchir. EL

Le Grand Remplacement

Le Grand Remplacement est un nom pour un phénomène historique, sans doute le plus important et le plus dramatique qui soit survenu à notre pays et à notre peuple au cours de leur histoire commune, c’est-à-dire le long d’une quinzaine de siècles au moins : le changement de peuple, justement, avec le changement de civilisation qu’il implique nécessairement. C’est la réalisation dans les faits de ce qui, chez Bertolt Brecht, était une boutade : si le gouvernement n’est pas content du peuple, il n’a qu’à en élire un autre.

…/…

Qu’est-ce que le Grand Remplacement ? Eh bien le simple fait que sur un territoire donné il y avait un peuple, un simple peuple, bien malaxé par les siècles, bien uni par son sentiment d’appartenance, sa culture, son art de vivre et sa longue histoire partagée ; et qu’en une génération à peine sur le même territoire il y a deux peuples, si ce n’est d’avantage, qui se le partagent plus ou moins harmonieusement — plutôt moins que plus.

…/…

On peut dire ainsi que dans la situation politique ou plutôt historique française contemporaine, et sans doute européenne, il y a quatre sortes de protagonistes :

– les remplacés récalcitrants, c’est-à-dire les indigènes qui, comme moi, ne tiennent pas du tout à faire l’objet d’une colonisation,

– les remplacés consentants, qui ne voient pas où est le problème, au propre et au figuré,

– les remplacistes, qui organisent ou qui laissent faire le changement de peuple, et qui sont encore le pouvoir, peu ou prou,

– et enfin les remplaçants, les nouveaux ou futurs maîtres, autrement appelés selon les sous-périodes chances pour la France ou sensibles (parce qu’ils habitent et animent les « quartiers sensibles »).

Il est à noter que beaucoup de remplaçants, surtout parmi les plus jeunes, assument tout à fait cette qualité et relèvent même avec orgueil, pour la confirmer fièrement, l’expression de Grand Remplacement. Oui, disent-ils, c’est bien ce qui se passe, et tant mieux. Mais autant ils s’affichent volontiers remplaçants, autant ils ne sont pas du tout remplacistes. Au contraire, ce sont de farouches identitaires: ils sont fiers de leur héritage ethnique et culturel, de leurs traditions, de leur religion, de leur vision du monde. Nos identitaires et eux s’affrontent, mais au moins ils se comprennent parfaitement. Ils se font de l’appartenance la même idée — qui d’ailleurs fut longtemps la seule à avoir cours, pour tout le monde.

…/…

Ces univers construits sur le mensonge sont incroyablement fragiles, en effet. Ils peuvent s’effondrer en quelques mois, quelques semaines, parfois quelques jours. Un simple éclair de vérité sous leurs voûtes peut les faire s’abattre comme château de cartes. Il suffit que quelqu’un parle, et surtout soit entendu.

Les sociologues

Je les appelais aussi les niveau-montistes : à propos de l’École, ils avançaient par exemple, formule que plus personne n’oserait reprendre aujourd’hui tant elle ferait rire (à travers les larmes), que le niveau montait — moyennant quoi, à force de niveaux qui montent, nous nous retrouvons avec un système scolaire complètement effondré, qui n’enseigne plus que

[...]

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    publié dans le Magazine Causeur n° 103 - Mars 2017

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    • 8 Avril 2017 à 9h56

      joke ka dit

      Merci Mr Camus d’essayer de nous ouvrir les yeux, c’est courageux
      pas facile d’être insulté,vilipendé,traité de facho, néo réac rappelant les “heures les plus sombres…”quand vous faites un simple constat ,celui que font des milliers de nos compatriotes au quotidien …
      le déni méprisant de nos dirigeants est d’autant plus scandaleux qu’ils font le même mais nous rabâchent le contraire (sauf en confidence à des journalistes,bien sûr entre “intelligents complices”)

    • 6 Avril 2017 à 9h39

      Pierre Jolibert dit

      en cela les deux hommes ne sont pas si différents qu’on pourrait croire.
      (à propos de Trump et Obama)
      C’est vrai on croyait qu’il y avait continuité, mais on n’est jamais au bout de nos surprises.
      Sous le coup de l’émotion Trump s’est mué en Avenger humanitaire reprochant à Obama d’avoir reculé devant sa propre ligne rouge anti-armes chimiques. Ils vont être contents ses sympathisants qui s’époumonaient à vanter l’alter ego de Poutine qui intervient rarement mais sûrement. Souviens-toi, la trumpmania.
      (Mais après tout c’est peut-être une ruse de plus, de la dissimulation, de la tequila, de la Realpolitik voilée par les larmes.)

      • 6 Avril 2017 à 13h42

        saintex dit

        De la tequila ? Mais M. Jolibert, vous allez vous prendre une fatwa si vous versez de l’alcool sur la pierre noire.

        • 6 Avril 2017 à 14h11

          Pierre Jolibert dit

          :) voire pire : les fatwas hostiles c’est seulement des répliques aux menaces, et c’est vous qui allez en encourir une pour avoir seulement imaginé un truc pareil.
          (est-ce qu’il n’y avait pas des projets d’aspersion de villes au LSD dans les milieux pop britanniques des années 60 ?)

        • 6 Avril 2017 à 22h49

          saintex dit

          Ca, ça me rappelle un chef-lieu de canton de l’Ariège où les gendarmes avaient jugé bon pour l’élévation morale d’une jeunesse turbulente.
          Je ne sais pas si ça a iiiiinnsspirez fortement les dealers, mais pour l’élévation des oiseaux qui sont malencontreusement passé dans le quartier ce jour là, ça a été très contre-productif.

        • 6 Avril 2017 à 23h12

          Pierre Jolibert dit

          Vous me donnez le 5ème d, qui manquait : dépénalisation en ruinant les dealers.
          Mais cela n’enlève rien à l’horreur en Syrie hélas.

      • 7 Avril 2017 à 10h18

        Pierre Jolibert dit

        La tequila est dure à avaler pour certains (lien vu en bas de page) :
        http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/04/07/35003-20170407ARTFIG00069-le-fn-decu-par-donald-trump-apres-les-frappes-sur-la-syrie.php
        il est vrai que tout ça mis en lien avec la non-rencontre à la Clump Tower il y a quelques mois, ça commence à faire.

    • 5 Avril 2017 à 14h21

      lafronde dit

      Combien de Nations en France ? Une Nation c’est un ou plusieurs peuples qui partagent un même système de lois et de Gouvernement, même fédéral. Or nous avons en France TROIS ! systèmes de lois différents.

      D’une part un système importé, la loi coranique, la Charia. Loi immuable et indiscutable d’Allah, irrémédiablement (car venant du Diable ?) étrangère au pays. Raison pour laquelle notre République doit devenir fédéraliste, pour couper à la racine l’allié de l’Islamisation, la démographie immigrée.

      D’autre part nous avons depuis la Révolution deux systèmes législatifs en concurrence. Le Droit libéral, celui des droits-libertés, celui de notre Déclaration des Droits de 1789. Celui qui défend la Liberté et la Propriété, dans l’Egalité en Droit.

      Le denier système est la Législation progressiste, son Constructivisme et ses droits-créances. Ce système progressiste fur au pouvoir sous la Révolution, avec son apogée sous la Terreur. Puis lors de la Commune de Paris, Après sous la IIIe République avec on anti-cléricalisme. En mai 1968, puis sous la Ve lors des quinquennats socialistes.

      Le Peuple français est donc déjà en Guerre civile intermittente depuis 1789. Mai 1968 et le socialisme mitterrandien ont ravivé ces fractures.

      Quelle confiance avoir avec un gauchiste qui nie l’insécurité, qui nie le fardeau de l’immigration des droits-créances, qui nie la Liberté d’Opinion sur l’immigration ? qui nie le risque de l’islamisation ?

      Aucune confiance envers cet adversaire politique ne reconnait pas votre Liberté d’expression, votre liberté de sécession d’une Société hostile, qui vous traite en ennemi.

      Or celui qui nous oblige à rester désarmé et inactifs face aux maux de l’immigration-invasion c’est le progressisme et ses fanatiques, bien plus dangereux pour nous que les islamistes.

      Le pire ennemi n’est pas l’étranger, mais le traître.

      Il n’y a pas de solution centralisée à cette tri-partition : conservateur/progressiste/islamiste.

      Une solution ? La subsidiarité !

      • 5 Avril 2017 à 20h40

        i-diogene dit

        Mon pôv Lafronde,

        Tu vis dans un monde virtuel cauchemardesque, peuplé de monstres sanguinaires..:
        - Arrêtes la jaja, ça ira mieux..!^^

        • 5 Avril 2017 à 23h15

          lafronde dit

          Vous avez la mémoire courte. Combien de morts à Paris 2015 et Nice 2016 ? Qui nous emp^che d’être armés pour défendre notre famille ? Qui autorise ces tueurs à venir chez nous ? Qui laisse faire les insurrections musulmanes dans les banlieues ? Qui les gave d’assistanat à vie ? Qui leur dit que le français est raciste ? (Ce qu’ils interprète en infidèle à trucider par le jihad.) Tous ces maux sont causés en premier lieu par le Gouvernement, sa Majorité, ses soutiens Presse et Syndicat de la Magistrature.

          La République progressiste est l’antichambre de la République islamique. Le progressiste (Macron) est l’idiot utile de l’islamiste (Erdogan)

          Faut sortir de vos medias convenus ! Allez donc sur Riposte Laïque, Sur fde souche, sinon lisez . La Presse subventionnée cache les auteurs de crime, pour mieux les excuser. Avant les criminels s’appelaient momo, maintenant c’est vladimir !

    • 5 Avril 2017 à 11h03

      plouc dit

      nous sommes maintenant sous occupation musulmane et africaine !!!

    • 5 Avril 2017 à 4h05

      Livio del Quenale dit

      “En France, il y avait un peuple, maintenant il y en a deux”
      -
       c’est un de trop

    • 4 Avril 2017 à 15h01

      golvan dit

      Il y a toujours l’érudit de service, toujours protégé par son statut social des affres de la rencontre inopinée avec le barbare moyen, qui vient nous éclairer à la lumière de sa connaissance des mouvements de populations du passé.
      Et l’érudit de service nous explique qu’il y a toujours eu des mouvements de populations et que s’y opposer fait de vous un beauf moyen et xénophobe.
      La toute première différence entre ce bon vieux temps et notre présent, c’est que ce sont les élites sociales des pays industrialisés qui organisent ces mouvements de populations, dans le but évident de détruire toute forme d’organisation sociale endogène qui pourrait s’opposer au projet de ces “élites” quant à leur propre enrichissement. Il convient donc de mettre en concurrence les ouvriers occidentaux et ceux des pays émergents dans une logique d’ouverture des frontières, mais jamais évidemment le personnel de la haute administration, ou de la fonction publique, ou les politiciens pour lesquels les bienfaits de la protection des frontières existent toujours…
      La comparaison avec un passé lointain, censée nous faire accepter un mouvement “naturel” des populations migrantes, qui sont en réalité des populations déplacées, est donc une belle imposture et une belle escroquerie intellectuelle de la part d’escrocs qui veulent faire applaudir sa propre disparition par une population française qui apprend qu’elle est xénophobe malgré les milliards d’argent public prélevés sur son travail et déversés par tombereaux entiers sur des populations débarquées en France sans aucune nécessité économique sauf celle de peser sur les salaires à la baisse.
      A titre personnel, quand je lis un sociologue planqué au CNRS ou équivalent vanter les charmes de l’immigration à coup d’érudition hors sol j’ai envie de lui coller mon poing sur la gueule.
      Mais entre compatriotes bien sûr, aucune xénophobie là-dedans.

      • 4 Avril 2017 à 15h44

        Leucate dit

        Population de la Gaulle à la chute de l’empire romain d’Occident quand Clovis 1er, rois des francs saliens et ripuaires, patrice des romains, devient roi : 12.200.000 habitants (il y en avait 6.700.000 quand Caesar conquit les Gaules)

        Lorsque Charlemagne devient empereur d’occident en 800, La population était retombée à 8.800.000 habitant. Les invasions avaient dépeuplé les villes dont beaucoup deviennent des bourgs et des villages tandis que les citadins partent survivre à la campagne où pas mal meurent.
        La Renaissance carolingienne, suivie de la renaissance du XII° siècle va repeupler les villes, l’instruction repart (les écoles diocésaines à l’origine des premières universités) ainsi que les arts et l’architecture monumentale – romane d’abord, puis “gothique”.

        En 1348, à la veille de la Grande peste européenne, la France comptait 20.200.000 habitants.
        On peut considérer que ce chiffre représente la population que le sol pouvait nourrir avec les immenses progrès techniques du Haut Moyen Age comparés aux méthodes encore archaïques de l’Antiquité gallo-romaine.

        Ce chiffre de 20 millions d’habitants ne sera retrouvé qu’à la fin du règne de Louis XIV et ce malgré les conditions climatiques très rudes du cycle climatique froid qu’on a appelé “petit âge glaciaire” ou encore “minimum de Maunder” dont nous sortons pour entamer une nouvelle période tiède ou chaude.

        De toutes façons, les invasions se traduisent soit par un recul de civilisation qui peut durer un certain temps avant le redémarrage soit par sa disparition pure et simple (les invasions arabes) et son remplacement par une autre civilisation.

        • 4 Avril 2017 à 16h37

          golvan dit

          @ leucate
          Oui, nous sommes d’accord.

      • 4 Avril 2017 à 22h55

        Pierre Jolibert dit

        Les faits ci-dessous sont simplement assortis des opinions de leurs premiers compilateurs (voir notamment l’homme de la fin du XIXème tout content de pouvoir célébrer les avantages du christianisme, mais aussi d’une démocratie locale qui devait ravir les extrémités de la droite de l’époque à la recherche de tout ce qui pouvait ennuyer le régime républicain) sans aucune opinion explicite mienne.
        Mais il y a notamment une opinion possible que les érudits sur qui on tombe toujours doivent passer leur temps à dire, mais qui n’est pas encore présente sur ce fil alors qu’elle correspond à quelque chose qui tient à coeur à l’auteur ci-dessus, donc autant que je la souffle : cette civilisation, incarnée dans de fortes collectivités épaulées du pouvoir royal, qui se permet sur un ton dominateur et sûr de soi d’accueillir des individus (au nombre très très très très limité si vous voulez Martini) dans un contexte très très très très violent et en vertu de règles coutumières qui n’attendent même pas je ne sais quelle Renaissance juriste pour être fondées sur je ne sais quel droit antique écrit (mais ces barbares médiévaux sont d’un toupet !), cette civilisation se caractérisait par un truc entièrement nouveau : tout le monde avait un nom de famille après son prénom. C’est ça la grande révolution égalitaire de l’Occident. On se cassait la gueule facilement mais en disant son nom avant.

        • 5 Avril 2017 à 11h22

          golvan dit

          @ Pierre Jolibert à 22h55
          On sent bien que vous voulez dire quelque chose mais on ne comprend pas quoi, tellement vous êtes confus.
          C’est tout-à-fait l’érudition hors sol de l’érudit de service qu’on rencontre effectivement “toujours”, mais que personne n’écoute.

        • 5 Avril 2017 à 18h01

          Pierre Jolibert dit

          C’est que je ne veux pas répondre à tout non plus.
          Leucate met de l’Aristote à propos des cités grecques (et notamment la fameuse Sybaris, qui est donc apparemment une colonie née de deux cités mères principales) et de leurs divisions.
          Moi du coup je mets de la matière 1ère à opinions sur un sujet semblable : les divisions au sein de l’Aragon du XVème siècle en regard des territoires voisins relevant de la monarchie française.
          Si je suis hors-sol, je vois mal en quoi Leucate l’est moins (ou si vous pensez qu’il l’est autant, que ne le lui avez-vous dit ?).
          Je peux vous dire quelque chose de fort clair pour moi : je ne crois pas, contrairement à presque tout le monde, qu’Aristote soit un philosophe occidental. Aristote est un philosophe grec (ancien). L’Occident c’est quelque chose de plus tardif (ça commence vers l’an mille, entre autres avec les patronymes fixes pour tous, etc.).
          C’est clair, non ? et pourtant personne ne va m’écouter, rassurez-vous.

        • 5 Avril 2017 à 20h22

          Schlemihl dit

          Pierre Jolibert

          Il y a quelque un qui vous écoute . Oui , bon sang , Aristote n’ est pas un occidental , une civitas n’ est pas une cité , la democratia n’ est pas la démocratie , le populus et le demos ne sont pas le peuple , Sparte n’ était pas fasciste , Athène n’ était pas démocratique etc etc

          Une objection : l’ Occident ça commence peut être dès le 4ème siècle , quand apparait la distinction des pouvoirs temporels et spirituels . Dioclétien était peut être encore un magistrat , mais Théodose est un empereur médiéval , ils ne sont pas de la même époque . Ca n’ était pas évident , surtout avec le protocole

          Les contemporains n’ ont pas vu de grande différence , mais tout était changé . L’ Antiquité était finie … définitivement ( ? ) sur la rive nord de la Méditerranée . Je crois qu’elle dure encore sur la rive sud . Enfin appelez ça le Haut Moyen âge ou l’ Antiquité tardive ou le Trou Noir , n’ empêche qu’ on ne gouverne plus en 400 comme en 200 .

          Nous ne sommes pas des Grecs anciens , et il ne s’agissait pas à Sybaris ou Carthage ou n’ importe ou de changement de population . Il s’agissait d’admettre dans un corps de prêtres ( les citoyens ) des gens dont les Dieux ne voulaient pas parce qu’ils n’ étaient pas nés de citoyens en mariage légitime ;

          Quant à admettre dans les fermes les ateliers ou à la ville des esclaves thraces grecs phéniciens italiotes ou perses , ça ne gênait personne .

        • 5 Avril 2017 à 23h21

          Pierre Jolibert dit

          Schlemihl,

          comme vous vous êtes chargé (selon une habitude récente) de parler des changements de Noms propres sur les terres plurimillénaires (hier à 13 h 02) je n’ai rien dit là non plus.
          Mais l’exemple polyvalent des Espagnes du XVème siècle, en plus de ces minces flux d’esclaves dans les 2 sens, permet aussi de glisser l’air de rien que tiens il y a des mudéjar, plus tard bel et bien obligés de se convertir et plus tard encore de partir, certes, mais donnant à réfléchir sur le maintien des populations à travers changements politiques, conversions et autres vicissitudes (votre § sur la Sicile fait vite penser au Guépard et à la réception par le prince, avec beaucoup de soupirs, de l’envoyé de Turin et ses projets de développement).
          Aussi mon objet n’était pas forcément de dire que “l’histoire n’est qu’une série de migrations et de métissages” comme l’a interprété Henry Martini plus bas.
          Ah, quant à la périodisation, les objections sont nombreuses. Les difficultés sont considérables, je ne suis pas de taille à les lever. Je m’en tiens à des croyances (je ne crois pas au Moyen Âge, etc.)

        • 6 Avril 2017 à 20h01

          Schlemihl dit

          Ma foi Pierre Jolibert , il y a des régions ou la population est stable et d’autres ou elle se transforme sans arrêt . L’ Islande a gardé à peu près la même population depuis mille ans , pas la Pannonie devenue Hongrie , ni la Sicile ni la Crimée .

          Ce n’ est pas parce qu’ une chose dure depuis mille ans ou dix mille ans qu’elle va continuer . Les îles Andaman ont conservé la même population depuis la préhistoire , mais ça se termine . Le juifs d ‘ Irak en 1940 pouvaient dire : il y a des juifs ici depuis Nabuchodonosor ( 2529 ans ) , en 2017 je ne sais pas si il en reste une dizaine

          je ne sais pas du tout ce qui va arriver en Europe occidentale . Nous pouvons disparaître et être aussi oubliés que les Paphlagoniens . Les Islandais aussi .

        • 6 Avril 2017 à 20h06

          Schlemihl dit

          PS Moi non plus je ne crois pas au Moyen âge , mais il y a eu une antiquité qui est finie ( pour nous ) , une histoire contemporaine avec des gens que nous comprenons à peu près ( depuis la fin du 17ème siècle en France )

          Entre les deux ….. il est sur que ce n’ est ni antique ni contemporain .

          J’ai l’ impression que le 20ème siècle est incompréhensible pour beaucoup de jeunes . Dans les moeurs , en 1960 , on était … au 19ème siècle .

        • 6 Avril 2017 à 22h31

          Pierre Jolibert dit

          Mais c’est que les habitants de la Paphlagonie font tout ce qu’ils peuvent à travers les âges pour se faire oublier !
          Il n’y aurait pourtant pas inconvénient à ce qu’on continue à utiliser ce nom pour désigner la région : un peu comme les montagnes de M. Zeghidour (voir entretien précédent et article de Gil Mihaely) qui révèlent pas mal de constances sur plus de 2 millénaires.

    • 4 Avril 2017 à 13h02

      Schlemihl dit

      Quidam

      La Sicile antique était peuplée de Sicanes Sicules Elymes Morgètes  …. les colons grecs subjugent et surtout hellénisent les indigènes . Quand les Romains font la conquête de la Sicile et prouvent leur bon droit en prenant Syracuse et en tuant Archimède , la Sicile est grecque . Elle le restera jusque au 8ème siècle , soit mille ans , jusque à la conquête arabe .

      En Anatolie les nombreux peuples ont presque tous disparus : Thyniens Bithyniens Phrygiens Galates Arméniens Grecs Lydiens Lyciens Mysiens Cariens Ciliciens SidétiquesIsauriens Cappadociens Paphlagoniens … il restent des Lazes et peut être des Mèdes , si ils sont les ancêtres des Kurdes .

      Au Tibet les Tibétains sont en train de disparaître au milieu de l’ indifférence générale .

      On ne trouve plus de juifs dans le monde arabes et bien peu dans le monde musulman , ce qui ne fâche personne .

      Les Allemands ont disparu de tous les territoires à l’ est de l’ Oder , Prusse orientale jusque à Koenigsberg , Silésie jusque à Kattowitz , tout près d’ Oswiecim . On dit aussi Auschwitz . Les empereurs austro hongrois étaient ducs d’ Auschwitz . Ca fait un déplacement d’environ 9 millions de personnes .

      Les Polonais de Galicie …. ou sont ils ?

      Au fait ou sont les juifs de Salonique Galicie Podolie Volhynie Bielorussie Pologne Lituanie et d’autres endroits ?

      Qu’est il arrivé aux anciennes populations de la Crimée ( Taures Goths Tatares …? ) il reste des Tatares je crois mais … le sujet est délicat je n’ insiste pas .

      L’ Europe n’ est pas à la veille d’ incidents de ce genre . Mais on est sur le chemin qui y mène et ça n’arrive pas qu’aux autres . 

      • 4 Avril 2017 à 14h31

        QUIDAM II dit

        J’ai oublié de rappeler qu’un les chrétiens d’Irak (un million) ont fui leurs foyers, et que l’invasion par la Turquie du nord de Chypre (en 1974, opération Attila) a chassé 200.000 Chypriotes grecs qui sont progressivement remplacés par des Turcs d’Anatolie…

        • 4 Avril 2017 à 14h36

          Martini Henry dit

          Il faut également évoquer le cas du Kosovo, berceau serbe, devenu albanais. Avec les inévitables conséquences qui s’en suivirent.

      • 4 Avril 2017 à 15h23

        netrick dit

        Les Celtes de Bretagne, Ecosse, Irlande, Galles, Galice et Cornouailles sont toujours là ! ( J’en fait partie ! )

    • 4 Avril 2017 à 13h00

      keg dit

      Avant c’était les goths et par le jeu d’égo nous sommes devenus différents et deux. Si cela n’est pas une multiplication, je ne m’y connait plus… Où s’arrêtera notre disparition?

      http://wp.me/p4Im0Q-1CF

    • 4 Avril 2017 à 12h35

      Pierre Jolibert dit

      Leucate toujours, et son idée : Aristote et ses contemporains n’auraient jamais imaginé qu’une cité grecque accueille des réfugiés perses ou autres. Eux peut-être pas, incapables de prévoir les effets des succès du petit Alexandre, mais qu’est-ce qui a pris un siècle avant à l’imagination d’Eschyle de concevoir avec ses Suppliantes une tragédie sur l’accueil à Argos des Danaïdes venues d’Egypte ?
      Le texte ne semble pas mis en ligne sur Remacle, notre fournisseur officiel en sources anciennes ; de toute façon je laisse le soin à de vrais hellénisants de capter à leur profit un texte qui dû être utilisé cent fois à des fins politiques sur les questions d’hospitalité et tout ça, j’imagine notamment par l’écurie Vernant avec sponsors de Derrida.
      Je préfère fournir de le matière à opinion avec des faits absolument passionnants et plus proches de nous dans le temps et l’espace :
      http://www.persee.fr/doc/hispa_0007-4640_1956_num_58_3_3497_t1_0374_0000_2 (ceci pour le contexte des faits eux-mêmes que je vais mettre en dessous)

      • 4 Avril 2017 à 12h42

        Pierre Jolibert dit

        Donc, comme les Espagnols du Levant prenaient le dessus sur les Italiens en Méditerranée, dans un contexte de montée en puissance parallèle des Ottomans et de piraterie et course généralisée, des mouvements humains non négligeables en résultaient.
        Et cela nécessitait une prise en compte politique :
        http://www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_1950_num_62_12_5805
        comment en effet gouverner une population dont la pluralité va croissant ? même les très plurielles Espagnes, habituées, innovent en la matière.
        Mais lisez particulièrement la fin de l’article (p. 327) sur les effets indirects dans la France de l’époque, étant donné que les esclaves en fuite, quand ils ne cherchent pas à rejoindre les Etats majoritairement musulmans de la rive sud, goûtent particulièrement la législation moderne des Capétiens sur l’esclavage.

      • 4 Avril 2017 à 12h47

        Pierre Jolibert dit

        La législation capétienne (ou celle des communautés souveraines imprégnée du même esprit) s’apprécie encore plus sous la plume d’érudits moins récents :
        http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k104350x/f1.image
        Voilà, il y a de quoi nourrir absolument toutes les opinions ; ces liens vous sont gratuitement fournis par l’émission l’Esprit de Clocher, sur la chaîne France-Cul-terreux.

      • 4 Avril 2017 à 14h19

        Leucate dit

        Où qu’est la bonne Pauline ? .. ou plus exactement la Politique d’Aristote ?
        ici: http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/politique8.htm
        Comme vous voyez, c’est bien du Remacle

        Si notre civilisation greco-latine a survécu en Occident lors de l’effondrement de l’empire romain de Ravenne, c’est que les envahisseurs germaniques qui créèrent les royaumes barbares de l’Antiquité tardive – la période qui va de la fin de l’empire d’Occident en 476 jusqu’à la Renaissance carolingienne à partir de 768 – avaient été christianisés par l’Eglise. Certains germains “fédérés” (alliés de Rome) plus anciens, tels les francs, avaient été installés dans l’empire alors qu’il était encore puissant et lui fournissaient des généraux et des hauts fonctionnaires.

        En Orient, il y avait l’empire romain d’Orient qui avait reconquis l’Italie (l’exarchat de Ravenne), la Sicile, le sud de l’Espagne et l’Afrique du Nord (sur les vandales)

        Plus tard, l’Eglise latine évangélisa les peuples du Nord à partir du IX° siècle, les faisant rentrer dans notre civilisation: les vikings anglais qui, à leur tour, évangélisèrent les vikings danois et suédois, les slaves tchèques et polonais, les magyars.
        De son côté l’Eglise grecque évangélisa les slaves mitoyens à l’empire d’orient, les serbes, les bulgares et enfin les principautés des vikings Rous orientaux (Novgorod, Kiev, Vladimir Souzdal) leur apportant l’écriture (l’alphabet grec adapté à leur langue, le “cyrillique” des missionnaires Cyrille et Méthode) et les faisant également rentrer dans notre civilisation.
        Au X° siècle, l’ensemble de l’Europe occidentale et orientale était chrétienne, ne restaient plus que les baltes et les finlandais qui furent christianisés plus tardivement.

        Inversement, les invasions arabes des provinces de civilisation ancienne de l’Empire d’Orient de langue grecque les firent basculer dans une autre civilisation – changement de religion, d’écriture et de langue.

        • 4 Avril 2017 à 14h29

          Martini Henry dit

          À la gare elle pisse et fait caca, non?

        • 4 Avril 2017 à 15h15

          Leucate dit

          a la gare de Passy …

          “ils ne prirent pas la ville, car attendre et espérer sont toujours de mauvais conseil” – Xenophon.

          “ouk élabon polin alla gar alpasin élpis éphê kaka”

        • 4 Avril 2017 à 22h33

          Pierre Jolibert dit

          Ce sont les suppliantes d’Eschyle que je cherchais et ne trouvais pas chez Remacle.

      • 4 Avril 2017 à 14h29

        Martini Henry dit

        Il est bien sûr absolument stupide d’imaginer que les peuples se sont bâtis à l’abri de tout mélange et de tout mouvement. L’histoire de l’humanité n’est qu’une histoire de migrations et de métissages, hormis chez quelques peuples absolument protégés par leur environnement difficile.
        Il n’es reste pas moins que les mouvements de populations se sont aujourd’hui développés comme jamais, à un rythme absolument inconnu jusqu’alors et surtout, surtout, que nous sommes en période d’expansion démographique absolument folle!
        Il est idiot d’imaginer que l’on peut figer les choses un jour, il est, selon moi, indispensable d’envisager de limiter cette croissance démographique et ces mouvements de populations dûs à ces insupportables déséquilibres économiques dont les peuples ne sont pas responsables.

        • 5 Avril 2017 à 18h33

          Pierre Jolibert dit

          Encore une fois (voir au-dessus) je n’ai pas voulu donner d’opinion.
          Mais tant qu’à faire j’ai qu’à la donner en gros : je suis entièrement favorable à une limitation des migrations en tout sens qui prendrait son sens dans des limitations de même intensité : une déprise démographique plus générale (comme vous donc) / une décroissance économique / un goût affirmé pour la descension sociale ou à défaut pour la stabilité / une déflation culturelle : les 4 d, quoi.
          Pour prendre un cas qui mélangerait les 4 d : tel lieu retiré manque de médecins (une de mes obsessions) ? qu’on y en poste de force de la sortie de la fac (d4) plutôt que d’embaucher des étrangers (d1) surtout si les honoraires sont moindres(d2) et moindre le prestige(d3). Mais comment espérer une réforme spontanée de la société en ce sens ? et comment croire que les gens supporteraient une coercition imposant ce qu’ils ne feraient pas spontanément ?
          En tout cas les discours hostiles à l’immigration mais qui veulent qu’à part ça personne ne souffre (genre les grévistes guyanais, mais enfin je n’ai pas trop fouillé pour voir de quoi il retourne exactement) et que tout peut rester tranquillou comme devant à la suppression près de cette variable (l’immigration) m’ennuient autant que ceux qui lui sont favorables.

    • 4 Avril 2017 à 12h02

      Bagrat dit

      C’est la plus grande catastrophe qui va marquer ce 21 eme siècle . Il va falloir resister par tous les moyens et bientôt par les armes. Rien n’est encore inéluctable

    • 4 Avril 2017 à 11h24

      Martini Henry dit

      Allons Warboi… Pourquoi associer “émolliente” à “démocratie”? Quelle idée de vieille chose ramollie ayant abdiqué toute énergie vitale! La démocratie athénienne était-elle émolliente? Allons, un peu d’exercice vous fera retrouver un ventre plat et ferme et vous redonnera confiance en une démocratie véritable: celle de citoyens conscients de ce qu’ils sont, responsables de l’avenir de leur patrie, de leurs enfants et du monde et avec le fier sentiment d’avoir encore prise sur les choses. De vouloir les plier à leur volonté. De leur imprimer la marque de leurs valeurs et de leurs désirs. À mille lieues de ce que vous appelez démocratie qui n’est qu’une vaste parodie d’hommes vides et atones qui vont voter comme on va au supermarché, en tâtant d’un air vague et triste de vieux fruits blets et sans saveur. Pauvre petite chose…

    • 4 Avril 2017 à 9h58

      Arsenelupin dit

      Un grand remplacement qui va faire du bien:celui du stalino- moustachu de la CGT !!!!! En attendant celui de l’homme au stalino-rictus de Médiapart !!!!

    • 4 Avril 2017 à 9h11

      QUIDAM II dit

      Le “Grand Remplacement” est une perspective qui peut paraître loufoque et produite par un esprit paranoïaque mais, dans l’Histoire, fois à d’autres époques et sous d’autres climats, ce grand remplacement a eu lieu.
      Avant la conquête et la colonisation arabes, l’Afrique du nord était exclusivement peuplée de Berbères christianisés (avec une certaine proportion de juifs et de païens) : s’il reste des Berbères, en revanche, presque tous les chrétiens ont été chassés, ainsi que 800.000 juifs, en butte à l’hostilité de leurs compatriotes, quelques fois mêmes à des mesures discriminatoires dans la deuxième moitié du 20° siècle. Aujourd’hui, il n’y a plus aucun juif et quasiment plus de chrétiens en Afrique du nord.
      Quand les Arabes ont conquis et colonisé l’Egypte, les pyramides (construites par les ancètres des Coptes devenus chrétiens sous la domination de Rome), avaient déjà deux mille ans. Quant à Alexandrie, fondée mille ans plus tôt par les Grecs, elle était peuplée peuplée exclusivement par des Chrétiens et des Juifs.
      Il n’y a quasiment plus aucun chrétien en Turquie (sur le territoire de l’antique empire byzantin), notamment après les massacres hamidiens de la fin du 19° siècle, le génocide des Arméniens en 1915, et l’expulsion des Grecs d’Anatolie en 1923.
      Le Proche-Orient était exclusivement chrétien et juif avant la conquète de Jérusalem.
      Aujourd’hui, il ne reste plus que trois poches de résistance à l’exclusivisme arabo-musulman, relancé en 1928 par la création des “Frères Musulmans” : les Coptes en Egypte, les Maronites au Liban (ils étaient majoritaires jusqu’au milieu des années 70 du 20° siècle), les Juifs en Israël.
      L’impérialisme et le colonialisme ne sont pas ceux que l’on croit habituellement…