Une rentrée magique | Causeur

Une rentrée magique

L’enseignement à la sauce Harry Potter

Auteur

Laurent Cantamessi
co-anime le site http://idiocratie2012.blogspot.fr/

Publié le 08 octobre 2015 / Politique Société

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rentrée université Harry Potter

Pour la rentrée 2015, l’université d’Avignon, fondée en 1303 par le pape Boniface VIII a choisi de se placer sous le patronage d’Albus Dumbledore, directeur de l’école de Poudlard dans Harry Potter, pour vanter auprès de ses futurs étudiants la qualité de ses enseignements. « C’est ce que nous faisons qui détermine ce que nous sommes », proclamait une grande affiche dans le métro, indiquant bien que la citation n’a pas été puisée dans les œuvres complètes de Jean-Paul Sartre mais bien empruntée au personnage de JK Rowling. Confrontée elle aussi à une explosion du nombre d’inscrits en 2015, l’Université d’Avignon a donc fait appel à l’expertise du magicien de JK Rowling pour rassurer ses futurs étudiants sur leur avenir. Avec 65.000 étudiants en plus en septembre et François Hollande qui annonce l’objectif de 60 % d’une classe d’âge en master, il faudra en effet un bon coup de baguette magique pour gérer un afflux qui ira croissant en 2016 et 2017. En attendant de trouver la formule, le ministère recase les candidats où il peut, bien souvent aux dépens des projets d’orientation. Vous déterminerez qui vous êtes quand on vous aura casé où on peut…

Ce n’est pas la politique adoptée au lycée qui devrait rassurer les présidents d’université. Les résultats du baccalauréat ont été aussi bons que l’année précédente : 87,8% d’admis, soit 617.000 nouveaux bacheliers, dont 350.000 ont choisi l’université en septembre, où ils tenteront de s’accrocher malgré les amphis surchargés. Et la vague n’a pas fini de déferler puisque le ministère prévoit encore 27.000 élèves de plus en lycée cette année, et peut-être 29.000 en 2016. Parmi les nombreuses causes, notamment démographiques, on peut aussi souligner la quasi-disparition du redoublement au collège, qui contribue à gonfler plus encore les effectifs d’entrée au lycée. Une quasi-disparition officiellement actée par le décret du 20 novembre 2014 qui rend la mesure désormais « exceptionnelle ». Un redoublement ne pourra plus intervenir qu’en cas d’absence prolongée de l’élève, pour des raisons familiales ou médicales, ou à la demande des parents eux-mêmes, ou encore de l’élève majeur si ce dernier n’est pas satisfait de l’orientation proposée par le conseil de classe. Les professeurs d’université pourront ainsi continuer à se plaindre que le niveau baisse continuellement et que les effectifs sont pléthoriques, mais il s’agit, après tout, d’un marché assez équitable : les universitaires participent à la conception des réformes éducatives, les professeurs du secondaire confient en retour le produit de ces réformes aux bons soins de leurs collègues du supérieur.

L’autre jour, sur France Culture, l’émission « Répliques » d’Alain Finkielkraut recevait, à l’occasion de la rentrée des classes, François-Xavier Bellamy, auteur des Déshérités, ou l’urgence de transmettre (publié en 2014), Marie-Duru Bella, sociologue spécialiste de l’école, et François Dubet, également sociologue et spécialiste de l’école, tous deux auteurs de Dix propositions pour changer l’école, publié au Seuil en août 2015. Les trois intervenants étaient d’accord pour reconnaître qu’aujourd’hui plus personne ne nie la dégringolade générale du niveau des élèves, question encore presque taboue il y a vingt ans. C’est déjà un premier pas. Après cela cependant, la discussion opposait des arguments assez classiques : pour Bellamy, la nécessité de transmettre au centre de l’enseignement contre l’obligation, pour Duru-Bellat et Dubet, de partir « de ce dont l’élève a besoin ». Inutile de revenir ici sur ces arguments, on commence à être habitué aux conséquences de discours comme celui de François Dubet, qui préconise de « ralentir l’allure pour obtenir l’égalité de résultats plutôt que l’égalité des chances » : cette sorte de divinisation de la statistique achève elle aussi de tuer l’enseignement secondaire à petit feu. Ce qui frappait beaucoup plus, en écoutant cet échange, c’est l’impression très vive que François Dubet ou Marie Duru-Bellat, auteurs de nombreux rapports et membres de commissions d’experts pour la refonte des programmes, ne semblaient finalement pas avoir une idée très exacte de la réalité du métier de professeur : entendre François Dubet affirmer que « les enseignants ne corrigent pas les fautes de français dans les copies quand ils ne sont pas profs de français », ou Marie Duru-Bellat se demander pourquoi on ne s’intéresse pas à des matières nouvelles comme l’astronomie à l’école, laissait un peu pantois. Les profs sont invités constamment à réfléchir sur leur pratique – à se demander « d’où ils parlent », comme dirait Bourdieu –, mais qui donc enjoindra ces experts de l’école de se demander à leur tour « d’où ils parlent », eux qui semblent se situer  dans un espace-temps si éloigné des enseignants comme des élèves ?

C’est une perspective inquiétante en cette première rentrée de « l’après-Charlie » qui voit également l’arrivée des premiers profs titulaires issus des nouveaux ESPE, les nouvelles Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education, remplaçant les anciens IUFM, Instituts Universitaires de Formation des Maîtres, pardon pour ces acronymes ésotériques. Ces nouveaux professeurs seront chargés, comme leurs collègues plus expérimentés, d’assurer et d’encadrer le nouvel Enseignement Moral et Civique prévu par la réforme Belkacem. Le Bulletin Officiel du 25 juin 2015 précise que cet enseignement, qui s’adresse aux élèves et apprentis des lycées, CAP et centres de formation, a pour objectif de « renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté des citoyens » et la « volonté de participer à la vie démocratique », ainsi que de sensibiliser les élèves à leur « responsabilité morale et collective ». Face au rôle de plus en plus préoccupant joué par les réseaux sociaux dans la société actuelle et à l’école, on ne peut qu’adhérer à ces objectifs. Le philosophe Michel Serres avait beau s’extasier sur la « petite poucette » (l’ado qui pianote plus vite que son ombre sur un smartphone) et sur la merveilleuse possibilité offerte par Internet d’« externaliser notre mémoire » et « de poser notre tête sur la table » – sous forme d’ordinateur –, le docte savant a peut-être été un peu refroidi dans ses ardeurs technophiles en découvrant qu’Internet pouvait aussi servir à externaliser ses délires antisémites où à poser la tête des autres sur la table pour faire un selfie avec. Du coup, oui, il y a certainement urgence à ce que l’école se saisisse vite et bien de ces nouvelles problématiques et à ce que la communauté pédagogique réagisse.

Najat Vallaud-Belkacem pourrait cependant invoquer elle aussi le patronage de Dumbledore pour aider les personnels de direction et les professeurs à comprendre comment, et avec quels moyens, ce nouvel enseignement miracle va être mis en place. Car si l’idée est bonne sur le papier, elle paraît se réduire de manière inquiétante à un pur effet d’annonce dans la réalité. Préparé dans l’urgence, réalisé dans la précipitation, le lancement de l’EMC a laissé à plus d’un enseignant l’impression que la nouvelle innovation, doté d’objectifs aussi généreux que vagues, se réduisait finalement à un décalque de l’ancien programme d’Education Civique : Quel est le programme ? Qui fait quoi ? Comment ? L’impression qui domine en cette rentrée est celle, comme souvent, de l’improvisation et du bricolage. Les nouvelles troupes, les professeurs tout justes sortis des ESPE, ne paraissent pas forcément plus convaincus que leurs collègues : « On nous explique en résumé que l’on compte sur nous pour sauver l’école, c’est assez hypocrite », rapporte, dubitatif, l’un d’entre eux.

Najat Vallaud-Belkacem a dû elle-même aborder sa grande réunion de rentrée avec en tête le mauvais souvenir de sondages estivaux donnant les trois quarts des Français hostiles à sa réforme et un autre montrant que 21% seulement des enseignants se disent prêts à voter pour le PS à trois mois des régionales. La ministre a donc répété les mantras d’usage, qui ont descendu tous les échelons hiérarchiques, pour rappeler que le ministère avait à cœur de continuer à faire de l’école républicaine un ascenseur social et un lieu de formation des futurs citoyens. Le politique est en cela assez semblable au prof, en ce que son métier consiste pour une bonne part à répéter inlassablement les principes qui doivent rentrer dans les crânes des électeurs, des administrés ou à plus forte raison de ses fonctionnaires. Et tant qu’ils n’ont pas compris, on recommence, comme avec les élèves. Les pédagogues et spécialistes de l’éducation gagneraient certainement à observer les politiques qu’ils côtoient : cela leur permettrait certainement de se faire une meilleure idée du métier. A la radio, face à un François-Xavier Bellamy qui démontrait que nous nous obstinons à persévérer, de réforme en réforme, dans une logique qui a fait depuis trente ans la preuve de son échec, François Dubet répondait qu’on vit désormais dans un monde d’images et qu’il faut faire avec, qu’il convient aussi de « briser le carcan disciplinaire » et qu’évidemment de nombreux enseignants, encore dans l’Antiquité, n’ont pas encore bien compris la valeur des nouveaux projets pédagogiques… Répéter, on vous dit. Il faut toujours répéter.

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    • 11 Octobre 2015 à 4h51

      salaison dit

      A-BRA-CA-DA-BRA !!!!!
      …….
      non, rien ne se produit…. ce sont toujours les socialistes !… 

    • 10 Octobre 2015 à 21h26

      la pie qui déchante dit

      Najat-Vallaud Belkacem veut réformer les manuels ;
      Dans valeurs actuelles )…

      Partant de ces constats, Najat Vallaud-Belkacem a décidé, dans un communiqué publié mercredi, qu’elle s’attaquerait aux stéréotypes de genre dans les manuels scolaires, expliquant que les nouveaux programmes, issus de la très contestée et décriée réforme du collège, allaient être une « occasion importante pour améliorer les manuels et ainsi prévenir les discriminations et stéréotypes qui alimentent les inégalités entre les élèves ». Une décision appuyée par le journal L’Humanité « L’étude tombe à pic car les éditeurs vont recevoir les nouveaux programmes. Ils auront un an pour s’y conformer. » Les éditeurs n’ont donc qu’à bien se tenir.;;;

      • 10 Octobre 2015 à 21h30

        la pie qui déchante dit

        ainsi , il ne faudra plus dire :”" c’est un bouc émissaire”" , mais “”c’est une chèvre émissaire “”

        • 10 Octobre 2015 à 21h50

          Parseval dit

          Non, un « bouquet missaire ».
          C’est comme ça que parlent les jeunes surdoués du numérique qui selon i-diogene piochent avec un suprême discernement dans le savoir incommensurable du web.

        • 10 Octobre 2015 à 22h34

          Patrick dit

          Un bouquet [de] misère !

    • 9 Octobre 2015 à 13h03

      Parménion dit

      “les universitaires participent à la conception des réformes éducatives”
      non :
      “Des universitaires…”.
      Ce n’est pas exactement la même chose. 

      • 9 Octobre 2015 à 13h38

        salaison dit

        voila une réflexion qui a le mérite d’être claire!
        (pour ceux (et celles) qui savent lire évidemment!) 

      • 10 Octobre 2015 à 19h55

        la pie qui déchante dit

        c’est tout à fait vrai… cette conception murement réfléchie est réservée à une certaine élite …

      • 11 Octobre 2015 à 10h17

        la pie qui déchante dit

        c’est la conception pour autrui …

        Ce qui fait peur , c’est le temps qu’il va falloir pour tout reconstruire …une fois qu’ils auront été virés …

    • 9 Octobre 2015 à 10h22

      la pie qui déchante dit

      il paraitrait , aux dernières nouvelles que NVB s’attaquerait à la réécriture des contes pour enfants … Ainsi , Blanche Neige n’aurait plus 7 nains mais un seul ,pour respecter la parité …

      • 10 Octobre 2015 à 10h03

        Vert Gallois dit

        Pas des nains, malheureux! Des personnes à verticalité contrariée.

        • 10 Octobre 2015 à 14h52

          la pie qui déchante dit

          merci , …
          il faut me pardonner , je ne sors plus assez .

          pour l’info : elle ne me fait pas rigoler car elle est vraie …

          jusqu’où iront ils / on disait que la connerie avait ses limites ???

    • 9 Octobre 2015 à 6h39

      Nolens dit

      60% d’une classe d’âge en Master, Bigre !!!
      Alors qu’un tas de métiers n’arrivent pas à recruter.
      C’est vrai que l’école n’a pas la vocation de préparer à la vie professionnelle (elle n’a pas à former des esclaves du patronat) mais de préparer un citoyen à faire la queue à Pôle Emploi.
      On se prépare des lendemains qui pleurent. 

      • 10 Octobre 2015 à 10h06

        Vert Gallois dit

        Mais faire la queue c’est toute une technique!

        • 10 Octobre 2015 à 14h55

          la pie qui déchante dit

          exact … quand on a la technique , on ne chôme plus…. exemple ???
          … je l’ai sur le bout de la langue …

    • 8 Octobre 2015 à 23h07

      la pie qui déchante dit

      on nous parle constamment de la fuite des cerveaux …

      pourquoi NVB est restée ???

      • 9 Octobre 2015 à 9h35

        Fixpir dit

        C’est la bonne question. On brade une vraie z’intellectuelle pour exportation.
        Politico se plaignait récemment de la disparition des intellectuels Français. Apparemment, ils ne connaissent pas notre ministre.

    • 8 Octobre 2015 à 21h56

      EvaristeG dit

      Il ne faut pas se moquer d’une université qui fait sa publicité en citant un héros de roman pour adolescents. D’ici quelques années, cette même affiche dans le métro portera une citation de Oui-Oui.
      Sinon, il me semble que Michel Serres ne parlait pas de “petite poussette” mais de “petite poucette” car elle tient son téléphone dans les deux mains et pianote prestement de ses deux pouces.

      • 9 Octobre 2015 à 9h16

        Nolens dit

        Homophone n’est pas synonyme. Le texte est rectifié, preuve que l’auteur lit les commentaires.

        • 9 Octobre 2015 à 23h41

          Cantamessi dit

          En effet, il les lit et il remercie Evariste et son oeil exercé. 

      • 10 Octobre 2015 à 15h01

        la pie qui déchante dit

        Par contre si je dis :
        “” le petit ,(ou la petite , pour faire plaisir à NVB) sur le pot s’efforçait “”
        que peut-on en déduire : …
        …le petit (ou la petite poussait …

    • 8 Octobre 2015 à 20h12

      saintex dit

      Marie Duru-Bellat se demander pourquoi on ne s’intéresse pas à des matières nouvelles comme l’astronomie à l’école.
      Des fois c’est tout de même très drôle.
      En plus on a un spécialiste à Causeur qui a révolutionné le parallèle en le décintrant comme avant Copernic. La révolution est en marche, la révélation est en cours et la dévaluation est encore.

      • 8 Octobre 2015 à 23h05

        la pie qui déchante dit

        ;)))

        je ne vois pas de qui vous parlez…

      • 9 Octobre 2015 à 9h25

        C. Canse dit

        À Saintex

        : D

         Ex-ce-lllent !  

    • 8 Octobre 2015 à 19h17

      Carantec dit

      Réunion de rentrée dans un lycée de l’ouest parisien :
      Les professeurs de mathématiques, physique et sciences naturelles nous ont expliqué comment le nombre d’heures hebdomadaire de leur enseignement avait été raboté (seulement  4 heures en maths, 3 en physique dont 2 de TP, idem en SVT) :
      L’année (peut-être sous Châtel) où avait été expérimenté le passage de l’histoire au bac en fin de premiere, il avait fallu dégager des heures de sciences pour alimenter l’étude de celle-ci.
      Depuis, l’histoire est à nouveau planchée en fin de terminale, et pourtant, le nombre d’heures dévolues aux maths-physique-SVT n’a pas retrouvé son niveau précédent… 

    • 8 Octobre 2015 à 17h06

      Naif dit

      et oui et bientôt nos écoles ressembleront aux madrassas pakistanaises. C’est peut être pour cela que le gouvernement a besoin d’autant de réfugiés. ils faut bien des experts du fanatisme pour former nos cadres de l’enseignement qui vivent au moyen âge. Allons courage il vont bien finir par se rencontrer !!

    • 8 Octobre 2015 à 16h40

      kersablen dit

      Les lois de la république doivent être respectées, en particulier celles contre la fuite fiscale destinées a protéger les sources d’enrichissement des hauts fonctionnaires.

    • 8 Octobre 2015 à 16h21

      Aide-calfat dit

      “Viser l’égalité des résultats” : Cela fait froid dans le dos. D’ici qu’on empale dans la cour du collège Rosa Parks tous les pauvres gosses dont la vivacité d’esprit aura dérogé à la saine morale républicaine… Parents, si vous en avez la possibilité et les moyens, tâchez d’éviter cet enfer à votre progéniture.

      • 8 Octobre 2015 à 17h21

        Kov666 dit

        Effectivement on est chez les fous; le pire c’est que presque tout le monde ne trouve rien à y redire, soit que les esprits sont ramollis depuis longtemps soit parce qu’on a abdiqué; à partir du moment où l’éducation est prise dans la toile de crétins marxistes rien de bon ne peut en sortir…

        • 8 Octobre 2015 à 19h09

          Carantec dit

          Et dire que l’ Apel n’a rien trouvé à redire…
          Il n’y a plus que l’option du précepteur à la maison… 

        • 8 Octobre 2015 à 22h24

          Fixpir dit

          @Carantec
          Je ne suis pas du métier, mais il me semble que l’enseignement privé a vu “autonomie” quelque part, et que, du coup, ils ont signé des deux mains.

          C’est vrai que, s’ils ont une certaine autonomie dans l’attribution des heures, les consignes du ministère …

      • 8 Octobre 2015 à 22h30

        Fixpir dit

        J’étais il y a 25 ans responsable de parents d’élèves PEEP sur une ville de banlieue parisienne. J’avais vu un numéro de prof d’Allemand, également parent d’élève déléqué FCPE (et membre de la cellule locale du PC) nous expliquer pourquoi une mesure était mauvaise car elle augmentait les résultats des meilleurs, alors qu’ils fallait les diminuer pour les ramener dans la difficulté moyenne.

        J’avais cru rêver, nous y sommes.

        D’un autre côté, tous ceux qui ont voté à gauche ont été prévenu. Qu’ils n’aient pas entendu est de leur responsabilité.

    • 8 Octobre 2015 à 15h26

      JeanBart dit

      En passant, la première leçon de géo de mon fils en CM1 est un précis des bienfaits de l’étatisme et de la centralisation sur l’organisation du territoire.
      Factuellement, 2 fleuves sont cités, et jamais les mots département, région, préfecture ne sont mentionnés en 5 pages. Le reste, c’est du blabla sur les services publics gratuits dispensés généreusement par un Etat bienveillant, y compris dans les campagnes arriérées, et sans lesquels il n’est de bonheur possible.
      Bref, hormis la Loire et le Rhin, ce cours pourrait provenir directement des programmes cubains ou soviétiques si ce n’est qu’on y précise que les centres commerciaux sont un progrès pour l’humanité (les ronds-points éclairés aux néons moches y sont-ils associés ?). Comme quoi, le marxisme-léninisme avait des limites que la social-démocratie triomphante franchit sans coup-férir.

      Hallucinant.

    • 8 Octobre 2015 à 15h10

      Kov666 dit

      « renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté des citoyens » : cette phrase n’a aucun sens, elle démontre admirablement la perte de nos valeurs, de notre identité. Une communauté de citoyens ne signifie rien en soi. On est toujours citoyen de quelque part. D’un lieu. On est citoyen français, ou allemand ou belge. Mais on n’est pas citoyen. Evidemment les pédagogistes ne voudront jamais accoler le mot qui fâche à celui de citoyen : français ! la seule citoyenneté qu’ils admettent est celle de citoyenneté du monde ! C’est à dire de partout; c’est à dire de nulle part !

      • 8 Octobre 2015 à 15h20

        telemac dit

        Tout à fait. C’est à dire de “partout, c’est à dire de nulle part”…un peu comme lorsqu’on dit “on”, c’est à dire “tout le monde, c’est à dire personne !”

      • 8 Octobre 2015 à 19h24

        Carantec dit

        Oui, ce vocable “citoyen du monde” est grotesque.
        Tout le monde l’a à la bouche alors meme que quantite de pays sont désormais impossibles à visiter sous peine de quantité de déboires, voire de risquer sa peau.

        Je suis horripilée par ces parents qui se font mousser dans les dîners en ville en s’extasiant sur la mobilité de leur progéniture.

        En fait de dialogues inter-culturels, celle-ci se contente de passer d’une ville-monde à une autre, ce qui ne demande pas une grande capacité d’adaptation.

        • 10 Octobre 2015 à 10h13

          Vert Gallois dit

          J’aime surtout citoyen utilisé en adjectif. Un impôt citoyen par exemple. Tout ça me fait froid à la nuque. Revenez, taille et gabelle, vous qui n’étiez pas citoyennes.

    • 8 Octobre 2015 à 14h59

      eclair dit

      c’est du nietzsche inversé

      • 9 Octobre 2015 à 9h20

        Nolens dit

        Peut-être, mais du vrai Kafka.

    • 8 Octobre 2015 à 14h29

      thierryV dit

      Tant que l’accent ne sera pas mis sur le mérite et le travail , on ne sortira pas de ce lent suicide .

      • 11 Octobre 2015 à 10h51

        la pie qui déchante dit

        bougez pas …
        on va supprimer ces mots là , qui entrainent des inégalités sociales insupportables …
        A force de supprimer des mots , les français vont devoir s’exprimer par grognements …

    • 8 Octobre 2015 à 14h15

      Kov666 dit

      Article non dénué de pertinence qui démontre s’il le fallait encore que notre civilisation a perdu la tête et que désormais le leitmotiv n’est que celui de la fuite en avant. Cela ne marche pas ? allons-y encore plus fort semble être le seul crédo admissible. Ce monde est bien celui du déni de la réalité (réalité qui sera reportée à une date ultérieure selon l’excellent diagnostic de P. Muray) c’est-à-dire celui de la magie. Période qui voit les idées socialistes dominer sans partage. car il n’y a pas de socialisme sans pensée magique.

      • 8 Octobre 2015 à 14h33

        telemac dit

        On pourrait aller plus loin à propos du diagnostic de Philippe Muray, et son fameux livre “Le XIXème siècle à travers les âges” où il développe la thèse de l’alliance du socialisme et de l’occultisme : Harry Potter le sorcier ?

        • 8 Octobre 2015 à 14h48

          Rattachiste dit

          On aurait vu Hollande se signer sur la tombe d’Allan Kardec…

        • 8 Octobre 2015 à 14h58

          Kov666 dit

          Tout à fait; avec Harry Potter la boucle du socialisme est bouclée. Ainsi, si une citation d’un personnage magique est amusante, elle est en réalité cohérente. Quand Simon-Bolivar dit “si la nature s’oppose à nous, nous la combattrons et la forcerons à obéir” nous nageons en pleine pensée socialiste magique (c’est un pléonasme). Le socialiste éprouve de la fureur devant le réel; le réel qui refuse de se plier à sa volonté. C’est la raison pour laquelle quand il est trop visible que le réel ne se couche pas devant les injonctions socialistes il faut maquiller la réalité par la novlangue. La répétition de la marche en avant devient ainsi idéologie de la transformation.

        • 8 Octobre 2015 à 19h29

          Carantec dit

          “Le premier effet de ne pas croire en Dieu, c’est de croire à n’importe quoi” Avait écrit Émile Cammaerts, et avec d’autres mots Chesterton…
           

    • 8 Octobre 2015 à 14h13

      Rattachiste dit

      Une université faisant référence dans sa promotion à cette sous-merde anglo-saxonne devrait amener la saine réaction de limoger sans retard son responsable.

      Le ridicule ne plus assez, fusillons pour médiocrité !

    • 8 Octobre 2015 à 14h08

      Habemousse dit

      « il convient aussi de « briser le carcan disciplinaire » »

       Il y a encore un carcan disciplinaire ? Ben mon colon …