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Renaud Camus, inventaire avant reconstruction

La culture française, c’est aussi l’égalité

Publié le 10 février 2012 à 17:25 dans Culture

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Renaud Camus, Autoportrait sur fond bleu, avril 2010

Renaud Camus, Autoportrait sur fond bleu, avril 2010.

Renaud Camus s’est souvent plaint − et à juste titre − que la critique, quand il lui arrivait de rendre compte de ses livres, fasse comme si ceux-ci ne s’inscrivaient pas dans un ensemble plus vaste, cohérent et visant à l’édification d’une manière de texte unique qui pourrait dire la totalité du monde, sa beauté et sa fragilité. Pour ma part, j’ai découvert Renaud Camus avec Roman Roi et, depuis, je n’ai jamais vraiment quitté la Caronie ni les abords du lac de Caresse. Son journal intime m’a accompagné depuis le début des années 1990 et m’a appris à fendre l’air, à goûter l’esprit des terrasses, à regarder un tableau, à comprendre qu’un certain fétichisme est une des formes les plus élaborées de l’amour de l’art, des villes et des corps.

Avec lui, je me suis désolé d’une vraie décadence dans les mœurs, la langue, les paysages. L’idéologie du « sympa » m’a écœuré comme l’odeur des mandarines du voisin de TGV. Je tiens, par exemple, L’Éloge moral du paraître pour un vade-mecum indispensable à l’honnête homme égaré dans un XXIe siècle uniformisé par l’idéologie petite-bourgeoise1 qui a imprégné toutes les couches de la société depuis trente ou quarante ans, chassant ce qui faisait le charme du monde ancien. Et comme Renaud Camus, je me sens étranger à ce monde où une xénophilie de galerie marchande et la triste figure universelle du touriste ont remplacé le cosmopolitisme heureux du voyageur.

[...]

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Le Grand Remplacement (Denis Reinharc éditeur).
Décivilisation (Fayard).

  1. « La dictature de la petite bourgeoisie », entretien avec Marc du Saune, (Privat).
  2. La Grande déculturation (Fayard).
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  • 14 February 2012 à 17h58

    ornoto.be dit

    Je lis cette chute comme un coup de Jarnac. Après cette délicate empathie, cette jolie prose toute en noble et intime compréhension, la condamnation gauchiste habituelle : oui mais en fait il se trompe, il a peur de l’Autre, et donc c’est un raciste, un xénophobe… Inutile de dérouler l’infecte chansonnette qui juge, condamne, exclu, comme toujours et en fin de compte, à gauche. Pas ragoûtant comme procédé.

  • 14 February 2012 à 11h22

    Pierre Jolibert dit

    Cher Jérôme Leroy,
    toute la maisonnée a été enchantée par votre article, qui nous a surpris, émus, touchés, et dûment impressionnés par l’ampleur qui s’offre au point de vue que vous adoptez, et tient à vous en remercier très chaleureusement.
    Pour moi en particulier, qui me félicite chaque jour d’appartenir corps et âme au Monde nouveau, je me permets d’ajouter, vous rejoignant entièrement quant au découpage réel des Âges (époques, Mondes, comme on voudra) [oui, ylx, les années 1950 me paraissent plutôt un plateau très statique à l'intérieur de l'Âge précédent, un accomplissement de mouvements antérieurs], que vous trouverez peut-être grain à moudre à ce propos dans le Journal de Travers (1976-1977).
    Et pour ce qui est de «la question qui nous occupe pareillement de l’identité de la France», ach so, tout tient en un jugement a priori :
    Frankreich ist ein Reich.