Reine d’un jour
8 mars : j’achète toujours pas !
Publié le 09 mars 2010 à 9:38 dans Société

J’en conviens, c’est assez attendu mais chaque année, ça m’énerve. La journée de la femme, que l’on devrait plutôt appeler la journée du malheur des femmes, me flanque des boutons – ce qui est un comble. Je précise immédiatement que je n’aime pas que les hommes battent ou tuent leur femme, ni que leurs patrons les exploitent, ce qui devrait suffire à prouver que j’ai un grand cœur. J’ajoute que je ne crois pas que tout soit parfait sur le front de l’égalité. Mais le festival de propos convenus, de jérémiades inspirées et de communion compassionnelle, le tout noyé dans un flot d’aigreur et de ressentiment qui se déverse sur les méchants mâles qui nous gouvernent, me donne envie de prendre mes jambes à mon cou. Chaque 8 mars, le même message nous est délivré en boucle : nous sommes toutes des victimes. Ça, je n’achète pas. Et à l’exception des pleureuses qui se succèdent sur les plateaux et semblent tout droit sorties des livres de Muray, je ne connais pas une seule femme concrète qui achète.
“Où en sont les femmes ?” se demande gravement Le Monde à l’approche de cette centième édition. Je ne sais pas pourquoi mais je préférais entendre Patrick Juvet demander “Où sont les femmes ?” Comme me le souffle Miclo, “on ne nait pas femme, on le devient, d’accord. Mais ça ne me dit pas où sont mes escarpins”.
La précampagne du centenaire a commencé il y a deux ou trois semaines par la douloureuse question des femmes battues – au passage, on a oublié que 25 hommes mouraient chaque année sous les coups de leur tendre et douce. Puis on est passé à l’égalité dans le travail où, là encore, tout va mal : les femmes occupent les emplois précaires – alors que les hommes, bien sûr, jouissent d’une merveilleuse sécurité –, elles progressent plus lentement, ce qui n’a jamais rien à voir avec leurs propres choix ou avec les contraintes de l’entreprise, mais tient uniquement au machisme des dirigeants, lesquels privent ainsi la France de patronnes “compétentes, humaines, acharnées, instinctives” et j’en passe. “La crise aurait-elle eu lieu si Lehman Brothers s’était appelé Lehman Sisters”, s’interroge Le Monde, apparemment sans rigoler (je n’ai pas trouvé la réponse à cette devinette pêchée en « une » mais peut-être ma mauvaise humeur m’a-t-elle rendue inattentive). Comme chacun sait, les tueuses, les emmerdeuses, les chipies, les hystériques et les autres sont de pures inventions de la littérature – encore un mauvais coup des hommes. D’ailleurs, aucun des mauvais coucheurs qui peuplent la rédaction de Causeur ne m’a envoyé un bouquet de fleurs en hommage à mes trésors féminins de calme, de patience et de sérénité, sans oublier mon sens bien connu de l’organisation. Cela dit, comme chez nous, c’est tous les jours jour de la femme, rien n’est perdu.
Heureusement, il y a des entreprises qui aiment les femmes et aiment plus encore le faire savoir. Le Parisien célébrait hier ces bonnes élèves. Alors qu’elles font déjà de leur comportement exemplaire en matière d’écologie et de diversité un argument de vente, elles pourront désormais brandir leur féminisme.
De l’horreur au travail on a naturellement enchaîné sur l’oppression domestique. Il est vrai que dans ce domaine, les inégalités de la nature s’ajoutent à celles qu’ont générées des siècles de patriarcat. Une expérience scientifique simple à réaliser vous le prouvera : placez un homme et une femme dans un foutoir où les toiles d’araignée se fraient un chemin entre les livres ; ajoutez si possible un réfrigérateur qui n’a pas rencontré une éponge depuis des semaines et une baignoire douteuse, et observez lequel des deux cobayes craque le premier. Espérons en tout cas qu’une brigade des plumeaux opérant sous la responsabilité de la HALDE mettra bientôt fin à l’antique injustice qui continue de régner sur le front ménager. En attendant ce jour béni, étant contrairement à toutes mes congénères travailleuses et efficaces de nature feignasse (il faut bien que des exceptions confirment la règle) je me permets de vous envoyer, une fois de plus, à mon cher Muray :
J’aime la sociologue parfaitement hystérique
Parce que le partage des tâches domestiques,
À lire les plus sûres études statistiques,
Demeure depuis quinze ans complètement statique.
Bizarrement, nul n’a songé au sort de celles à qui leur mari refuse l’usage d’un chéquier, interdit le recours à un médecin homme ou impose le port d’une prison vestimentaire. Passons.
En même temps qu’on communie dans l’apitoiement, on célèbre les innombrables vertus et les multiples exploits de ces dames – cela doit être ce qu’on appelle l’inconséquence féminine. Certaines rédactions où on n’a pas la chance d’être dirigé par la main de fer d’une patronne, profitent de ce beau jour pour faire du rêve du gouvernement des femmes une réalité. Ainsi, le « Grand journal » de Canal + était-il hier, sous la houlette d’Ariane Massenet, exclusivement féminin, public compris. Il y avait de la gonzesse et j’en connais quelques-uns qui n’ont pas dû en louper une minute. Certes, j’ai eu un peu la trouille quand Marie Colmant s’est indignée qu’on laisse encore un sale type comme Zemmour s’exprimer. Ça prouve, a-t-elle dit, qu’il reste beaucoup de progrès à faire. Cher Eric, j’ai bien peur que pour toi, ce soit « camp de travail à régime sévère ».
Il y en a pour tous les goûts. Actualité Juive, qui publie par ailleurs une excellente interwiew de Guaino, annonce en une que la femme est l’avenir de la communauté. On attend avec impatience que Têtu proclame que les lesbiennes sont l’avenir des homosexuels.
Dans cet océan de niaiserie, j’ai tout de même déniché une bonne nouvelle. Sachez, mesdames, frangines et copine, qu’à l’occasion de notre fête, le site Sexy Avenue propose 20 % de réduction sur les sex-toys et la lingerie sexy. Une excellente façon de rappeler que l’un des points communs à une grande majorité de femmes n’est pas qu’elles vivent l’enfer mais qu’elles aiment les hommes. Même s’il arrive que les deux aillent ensemble – c’est l’un des charmes de la vie des femmes.
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L'auteur
Elisabeth Lévy est journaliste et essayiste.
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Sophie dit
Rackam,
permettez-moi de vous déniaiser. Les Bretons sont toujours un peu en retard et c’est ce qui fait leur charme, voyez Bécassine. Les Américaines, parisiennes de surcroît, sont, elles, aérodynamiques avec toujours une longueur d’avance. Normal donc que vous ne partagiez pas le même dico.
Donc lorsqu’ Expat dit qu’elle a progressé dans la salle de bain, ça ne signifie pas qu’elle est allée se laver les mains mais bien qu’elle a augmenté sa capacité pulmonaire pour tailler des pipes en apnée dans le jacuzi.
Bon, je sors. Je m’en vas me laver les mains, tiens!
expat dit
@ Rackam : je testais le novalanque
rackam dit
expat,
inutile de dire “j’ai progressé à la salle de bains”, il suffit d’écrire “je suis allé me laver les mains”…
expat dit
@ Rackam : get with it, j’ai progressé à la salle de bain.
rackam dit
expat,
avant d’aller voter toujours, après….
C’est comme avant de monter des meubles de cuisine, ou presque.
:)
expat dit
@ Rackam : la forme !
rackam dit
Ça s’excite ici
Cessons ces facéties
Où ça commence on sait…
Assez: l’heure des essais
Sobres, simples et français
S’avance, soyons prêts.
Expat se sauve, et sue
Souris susurre, déçue
Par une rime en “ouf”
Ça se finit en “plouf”.
expat dit
Moi, je me mets à courir tout de suite.
Souris donc dit
Aaaouahhhh, tous ces étourdissants serpents sifflants, Sophie, Expat, Nadia, Claudine au s, au s, au sec, au secours ! Qu’est-ce qui manque dans le coin ?
Antoninus Lucretius dit
Je tiens à signaler à certaines médisantes que Zigonet est un site d’une haute tenue intellectuelle tout ce qu’il y a de respectable. Rien que le nom; Zigonet. Cà fait tout de suite érudit. Cà saute aux yeux, voyons !
Eux au moins, ils ne font pas dans le salace, comme ces salauds de séducteurs qui susurrent des secrets soyeux aux servantes soumises, soudain si surprises de tant de sollicitude sexuelle qu’elles se font prendre par derrière avant d’avoir pu dire ouf.
La fin, çà rime pas, mais c’est ce qui se passe, hein, finalement..
rackam dit
Souris,
zigonet, c’est un site très sérieux, la preuve:
http://fr.news.yahoo.com/55/20100312/tod-enqute-les-coureurs-auraient-une-vie-17baed7.html
On s’en serait douté, sinon à quoi sert de courir?
Mais les fous des stats sévissent au stade, au saut du lit, à la moindre secousse, ils sondent et consignent, signent et ressassent, surgissent, en survêt, et saisissent les instants, les insistants, les assauts, les lassos, les lasses et les lascives. Salaces et soupçonneux, ils sapent le sexe à la serpe et faussent la course en sac.
Souris donc dit
@ Antoninus !
bravo pour vos références, zigounet.com, l’infini à la portée des caniches.
Antoninus Lucretius dit
J’ai trouvé çà aux nouvelles sur Yahoo:
http://fr.news.yahoo.com/55/20100313/tod-les-hommes-fidles-auraient-un-qi-plu-17baed7.html
Il semble donc que les hommes intelligents sont plus fidèles que les autres..
Hélas, mon mauvais esprit a comme d’habitude réagi au quart de tour.
“Mais non, imbécile, m’a-t-il dit. les hommes intelligents se font juste moins piquer que les autres quand ils trompent leur chère et tendre, vu qu’ils sont plus malins”…
Ah lala. Des fois le matin je me regarde dans la glace et je me demande: “t’as pas honte?”
Et mon mauvais esprit me répond: “Euuhhh… Non.”
Bon. P’tit dèj.. Atchâo.
expat dit
@ Rackam : tu frôle la discrimination là. Je vais appeler la Halde ! je suis une simple étrangère comme tant d’autres dans ce pays. J’ai le droit à mes fautes. Nan !
rackam dit
Sophie dit: “je répérerai ma ordinature quand tu corrigerai ta française langage”.
expat répond “pas de fougueule de tage ou je appelé la Halde, les G.I.’s et Halliburton.”
Sophie rétorque” sont bien foutus au moins tes Mickeys?”
expat dit
@ Sophie : yes yes yes sur tous tes postes. C’est vrai que ton esprit nous manque ! à quand la repération de ton ordi ???
Sophie dit
@ expat 9 mars 2010 à 20:38
” On n’a pas besoin de vous les gars ! ”
Besoin? Non. Mais envie………
Sophie dit
@ Lady 9 mars 2010 à 14:39
“Il n’y aura d’avenir que l’un dans l’autre”
Je plussoie……
Souris donc dit
Oh, bonjour Sophie, quelle joie de vous retrouver ! Sans vous, voyez à quel point ils nous ont harcelées ici, et pas toujours finement.
On vous attend ! Votre expertise serait utile ! Et votre façon de dire les choses. Jérôme Leroy m’a confié qu’il se languissait.
Sophie dit
Yes, quelques minutes volées sur l’ordi de Mon Chéri pour vous dire que je vais bien, que vous me manquez et que pour faire un couple heureux, c’est archi simple, il suffit de ne rien prendre au tragique. D’ailleurs on n’a pas le temps pour une tragédie, la vie est trop brêve. Tout au plus une saynète comique. Il faut savoir dans quelle pièce on joue et bien jouer!