Regarder la France tomber

Le déclin, une mythologie française

Publié le 29 juillet 2010 à 18:00 dans Politique

Mots-clés :

Anne Louis Girodet

Anne Louis Girodet, La Révolte du Caire, le 21 octobre 1798.

Un sondage, récemment paru dans le Journal du dimanche, nous a appris la nouvelle : 7 Français sur 10 estiment que la France est en déclin. L’Agence France Presse s’est aussitôt fait fort de colporter la « mauvaise » nouvelle et, dans les rédactions, les plus belles intelligences du pays se sont affairées à l’envoyer directement au marbre, rajoutant ici et là quelques trémolos d’affliction.

De la crise économique à la nullité de nos footballeurs en Afrique du Sud, des « affaires » qui font les titres des gazettes aux fortes chaleurs qui en épuisent les lecteurs : rien n’incite vraiment à l’exaltation patriotique quand le vague à l’âme gagne tout un peuple. Mais l’idée de déclin n’est pas seulement liée à la conjoncture et à la morosité ambiante : elle est profondément enfouie dans l’esprit français comme la part secrète de ce que nous sommes. Elle nous constitue : être français, c’est, d’abord, se penser en déclin. L’idéologie française est une manière de théologie négative.

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  • 30 July 2010 à 15h33

    maurau dit

    Merci François Miclo pour ce papier d’une grande pertinence et d’une belle intelligence.

  • 30 July 2010 à 13h37

    zenaztec dit

    Pffff mal à la tete heureusement que je vais trouver une femme HOT en moins de 3 minutes

  • 30 July 2010 à 12h07

    causeur49 dit

    Peut on en conclure que 7 Français sur 10 sont amateurs de foot?

  • 30 July 2010 à 0h32

    Libero dit

    Athée – je crois que Dieu n’existe pas et c’est tout – j’ai pourtant aussi très mal à ma France, celle de mes oncles communistes et des calvaires devant lesquels se signait ma grand-mère. La République est cette sorte de religion laïque à laquelle je veux encore croire. Oui : croire. Sans partage de “valeurs” (appelez ça comme vous voulez) c’est le peuple lui-même qui se délite. Peut-être n’avons-nous pas encore accompli la révolution mentale nécessaire ; celle qui nous aiderait à cessez de jouir de cette insupportable autoflagellation qui paraît désormais nous empêcher de nous demander ensemble : de quoi sommes-nous capables ? Et non plus – dans des ricanements sadiques : de quoi ne sommes-nous pas encore coupables ? Bonnes vacances quand même Messeigneurs !

  • 29 July 2010 à 22h34

    expat dit

    @ rackam : B comme bidouiller
    B comme Bad
    B comme Bed where I am going now.
    B comme Bonnes vacances !

  • 29 July 2010 à 21h53

    redrackam dit

    expat,
    B.
    B comme Bien sûr.
    B comme Ben y a pas de mal.
    B comme Bonsoir.
    Comme Be happy.

  • 29 July 2010 à 21h48

    expat dit

    @ Rackam : voilà pour ‘peccamineuse”
    :A. −[En parlant d'un inanimé] Qui est de l’ordre du péché; relatif au péché. Synon. coupable, répréhensible. Acte peccamineux; pensée peccamineuse. Le mot hystérie ne résout rien (…). Quels sont les tenants et les aboutissants de cette maladie peccamineuse (Huysmans, À rebours, 1903, préf., p.XI). Souffrir pour un bien supérieur un détriment dans sa propre personne, ou dans ce que l’on aime, n’est pas peccamineux, mais méritoire. Si le supérieur prescrit un acte défendu par Dieu, alors, oui, obéir serait un péché (Maritain, Primauté spirit., 1927, p.64).
    B. −Rare. [En parlant d'une pers.] Qui est enclin à pécher, capable de faire le mal. Synon. peccable (théol.), faillible, fautif (vx); anton. impeccable (théol). Suspecte et peccamineuse, ma grand-mère, toujours au bord de faillir, était retenue par le bras des anges, par le pouvoir d’un mot (Sartre, Mots, 1964, p.25).
    − [P. méton.] Nature peccamineuse de l’homme. Dans cette oeuvre (…) le moi de Renan (…) domine, un moi dont la rêverie prétend s’intégrer à l’âme du cosmos, transcender sa condition peccamineuse (Massis, Jugements, 1923, p.92).

    Alors tu te situes où là ? Mon Dieu le français (faut dire le latin en fait).

  • 29 July 2010 à 21h41

    redrackam dit

    expat,
    merci mais j’attends Alpin, tout en pensant que, comme moi, il a pu poster sur ce fil tant qu’une petite main peccamineuse l’avait laissé sur un mode ouvert… donc j’attends en vain.
    J’ai déjà copié le texte de Miclo, l’ai envoyé ici où là, mais pas trop loin.
    Même si je me doute qu’il sortira sur des sites “post-fascistes” qui ne l’auront pas bien lu.
    Juste avant de partir, quelle aubaine de lire et méditer ça!

  • 29 July 2010 à 21h30

    expat dit

    @ Rackam : “J’ai dans l’idée cent prolongements à son texte fort et bien écrit.
    Risquons-en un.”
    On attend les 99 autres ! Au boulot !