Réflexions sur la question métisse
Les parias de la double identité nationale
Publié le 19 avril 2011 à 17:00 dans Société
Mots-clés : Fabrice Olivet, Identité nationale, métissage

photo : site officiel de Yannick Noah
Il fut une époque où l’identité ne sortait jamais sans sa pièce ; dans le meilleur des cas, celui qui vous la demandait était un employé des Postes. Maintenant, elle traîne dehors en permanence, c’est à se demander si elle a un toit.
Noirs, juifs, demi-Noirs, demi-juifs, musulmans, Arabes, Arméniens, Corses, Céfrans, Souchiens, Rebeus, Renois, les races et les couleurs fâchent toujours, même pudiquement périphrasées d’identité.
[...]
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Article inédit
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Causeur n° 34Avril 2011

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62Sophie dit
Y a aussi des familles où on se crêpe pas le chignon….
On peut?
nadia comaneci dit
J’ai mal dû me faire comprendre.
Le métissage n’est certainement pas une fin en soi. Chacun fait ce qui lui plait, comme il lui plait.
Poser le métissage en “impératif” n’a pas de sens ! C’est totalement grotesque. Mais admettons et respectons le métissage, c’est , me semble t-il, le message de l’article. Les métisses que je connais le vivent souvent assez mal. C’est dommage.
C’est purement intellectuel, mais j’aime l’idée d’enfants d’Israéliens et de Palestiniens, de blancs et de noirs, de juifs et de chrétiens ou de musulmans. Il me semble qu’il est plus difficile de se taper dessus quand on a des racines multiples.
ça ne va plus loin que ça.
Un enfant sera toujours différent d’un autre, qu’il soit ou non métissé, même dans une fratrie. On se crêpe d’ailleurs beaucoup le chignon dans les familles… Donc le “tous pareils” n’a pas plus de sens. Et c’est tant mieux. Il serait bien triste un monde de clônes.
RotilBis dit
Guenièvre 19:47,
Je plussoie. Et je trouve curieuse cette idéologie du métissage.
Allez ! Tous pareils ! Z’êtes pas contents ?
Le meilleur des mondes et 1984…
Tous pareils, vous dis-je !
Villaterne dit
Tous pareils, tous pareils !
Vous n’avez pas vu mon beau-frère Raymond !
Je veux bien être pareil que Brad Pitt!
Mais à Raymond? Ah ça non !!
lol
RotilBis dit
Et, j’ai une question, pour relancer le débat… Mettons de côté l’idée loufoque de SPQR de la machine à tambour…
Quand nous serons tous métissées, qu’il n’y aura plus ni jaunes, ni noirs, ni bruns, ni pâles, ni rouges, ni des avec-des-yeux-en-forme-de-grain-de-riz, bref, une fois qu’on sera tous semblables, tous jetables, comment fera-t-on pour se métisser ?
nadia comaneci dit
Le métissage n’est pas une fin en soi, c’est un outil comme un autre, peut être plus drastique que les autres, pour combattre l’intolérance qui se cache ou ne se cache pas en chacun de nous !
RotilBis dit
Il me semble que la tolérance est l’aptitude, plus ou moins développée selon les personnes, à porter, ou supporter (tel autre, sa différence, la gêne qu’il nous occasionne, etc.)
Je ne suis pas certain que la formation des couples mixtes et le métissage soient une solution à l’intolérance.
Il ne me semble pas que l’amour doive être guidé par un but extérieur à lui-même, par des considérations de combat.
Enfin, je pense que gommer les différence n’amènera pas la fin de l’intolérance, mais cela abaissera au contraire le seuil de tolérance.
Je m’explique: dans une société civilisé, quelqu’un qui mesure 20 cm de plus qu’un autre, cela ne doit pas poser de problême (j’ai choisi volontairement un exemple neutre).
Si cela en pose, c’est qu’il y a de l’intolérance (aversion du petit pour le grand ou vice-versa ou les deux, il n’importe pas ici).
Imaginez un monde où la différence de taille possible sera réduite à 1 cm.
Dans un monde intolérant, ou chez des êtres intolérants, c’est ce centimètre qui deviendra la pomme de discorde.
Je tiens à précisez, Nadia, que je parle d’une façon générale, je n’ai rien contre le métissage. Mais je suis convaincu que lorsqu’on veut se crêper le chignon, métissage ou pas, on trouvera toujours un prétexte.
Guenièvre dit
Bonjour Nadia !
Je crois que cette façon de poser le métissage comme un impératif ou comme un idéal de fraternité est idéologique ou mythique. Le métissage idéalisé, valorisé, esthétisé n’est pas forcément salvateur ou libérateur et il ne signifie pas la mort des préjugés de culture ou de civilisation. Je ne pense pas du tout qu’une humanité métissée serait non-violente. Je suis plutôt d’accord avec R. Girard : « Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. »
Individuellement je n’ai rien contre le métissage bien sûr mais c’est une histoire d’amour laissée à la destinée ou la volonté de chaque individu, pas un outil, pas un concept politique général que l’on peut développer en opposition à l’exclusion, même si l’idée semble généreuse.