Réflexions sur la question belge
Le royaume d’Albert II en soins palliatifs
Publié le 18 mars 2009 à 10:31 dans Monde
Mots-clés : Belgique
Comme beaucoup de gens, je me suis rendu récemment au Salon du livre. Mais comme le snobisme constitue un élément essentiel de ma personnalité, j’ai soigneusement évité celui qui vient de se tenir à la Porte de Versailles. Les chichis, mamours et petites vacheries susurrées en douce dans les cocktails des people germanopratins sont d’un vulgaire !
C’est donc avec la satisfaction intime et narcissique d’être dans la bonne tendance – et même d’être tendance – que je me retrouvai, début mars, à Bruxelles où se tenait la foire biennale du livre en français (l’autre année, c’est dans l’autre patois utilisé localement, le néerlandais, que les livres s’exposent). Les organisateurs de cette manifestation ont tout compris : une bonne foire du livre ne doit être envahie ni par un public trop nombreux, ni par une armada d’auteurs venus se montrer à leur fan-club de lecteurs et lectrices qui leur tendent, tremblants d’émotion, un exemplaire à fin de dédicace. Seuls des happy few, qui partagent avec moi le souci de faire partie d’une élite du goût et d’une aristocratie des comportements, s’étaient donc efforcés d’atteindre le fin fond le plus improbable de la capitale belge, les anciens entrepôts Tour et Taxis, zone portuaire qui se veut l’équivalent bruxellois du nouveau quartier parisien de la Villette. Disons, pour être charitable, que ce n’est pas tout à fait gagné.
La présence d’Elie Barnavi dans cette enceinte ne doit pas être mal interprétée. Si cet historien brillant et médiatique était là, c’est que son bureau est situé dans le même immeuble. Cela fait quelques années que cet Israélien vit à Bruxelles et travaille d’arrache-pied à persuader les Européens que l’Histoire rapproche les peuples de ce continent plutôt qu’elle ne les sépare. Il semblerait pourtant que ces mêmes peuples manifestent quelques réticences à adopter ce point de vue scientifiquement irréfutable, et se délectent toujours des récits de leurs romans nationaux respectifs ainsi que des préjugés xénophobes qu’ils véhiculent. Sa persévérance, digne de la célèbre maxime de Guillaume d’Orange “Il ne suffit pas d’espérer, etc.”. lui a valu, tout récemment, la reconnaissance de Bernard Kouchner, sous la forme de la cravate de commandeur de la Légion d’honneur, ce qui n’est pas rien1.
Ce salon, donc, avait pour lui d’être belge de chez belge, avec des auteurs belges parlant de tout et de rien, comme Pierre Mertens, Alain Berenboom (pour le tout) ou Amélie Nothomb (pour le rien), ainsi que quelques auteurs français s’étant récemment intéressés à la question belge.
Car il y bien, Mesdames et Messieurs, une “question belge”, comme il existait jadis une question d’Orient ou une question des Balkans. Comme elle ne provoque ni massacres, ni viols de masse, ni famines abominables, elle n’intéresse ni les ONG, ni les baroudeurs de l’info à gilet multipoches et écharpes de méharistes. Et pourtant, à une heure de train de Paris, un Etat est en train d’expirer, dans une longue agonie dont les râles sont si discrets qu’ils n’émeuvent pas des voisins accaparés par leurs problèmes de fin de mois.
On arrive, dans le conflit qui oppose Flamands et francophones au bout du bout du banc de la réforme de l’Etat. Lassés de devoir se traîner le boulet d’une Wallonie en longue maladie économique, les Flamands veulent divorcer, si possible à l’amiable, et sans payer de pension alimentaire. Leur préférence irait au maintien d’une fiction d’Etat belge et d’une monarchie d’opérette, mais si cela n’est pas possible, ils quitteront le Royaume, laissant Wallons et Bruxellois francophones le soin de se débrouiller par eux-mêmes dans ce monde cruel.
Un pays a beau être de taille réduite, proche de chez nous par la langue et par les mœurs, la compréhension des ressorts intimes de cette crise relève d’une science, mettons la belgologie, dont la complexité n’est pas moindre que ne l’était naguère la kremlinologie qui prétendait décrypter les mystères du pouvoir en URSS.
Un exemple ? D’accord, un exemple. L’un des principaux points de discorde entre les deux communautés est la scission de l’arrondissement électoral Bruxelles-Hal-Vilvorde. C’est le seul, de tout le royaume, qui rassemble, dans une même circonscription des francophones et des Flamands. Cela permet aux partis francophones de présenter des listes pour lesquelles voteront les locuteurs français vivant sur le territoire de la Flandre (environ 200.000) et aux Flamands de Bruxelles de voter pour des partis de leur communauté linguistique. Les dirigeants flamands, qui veulent bétonner comme future frontière d’Etat la limite linguistique tracée en 1962 veulent mettre fin à cette exception. Les francophones y sont farouchement opposés, car elle ne obligerait leurs ressortissants des communes de la périphérie de Bruxelles à voter pour des formations flamandes lors des élections législatives. Elémentaire, cher M. Beulemans !
Comme tout est à l’avenant, et que l’empilement institutionnel des “compromis à la Belge” ayant permis au royaume d’éviter l’éclatement au cours du dernier demi-siècle constitue aujourd’hui un brol2 où une chatte ne retrouverait pas ses petits, un peu de lecture est nécessaire à ceux qui souhaitent être en mesure de comprendre ce qui ne va pas tarder à survenir. Quelques ouvrages récemment parus offrent une description tout à fait convenable de l’agonie du royaume, même s’ils divergent sur la voie que devraient choisir les francophones lorsque les Flamands auront pris la poudre d’escampette. Le titre de celui que signe José-Alain Fralon La Belgique est morte. Vive la Belgique ! (Fayard) est explicite. L’ancien correspondant du Monde à Bruxelles fait le deuil douloureux de cette “Belgique de papa” qu’il a tant aimée, et où, français pied-noir déraciné, il avait retrouvé une petite patrie de rechange, française, certes, mais pas hexagonale. Il veut croire au maintien d’une “petite Belgique” limitée à la Wallonie et à Bruxelles qui conserverait les valeurs, les symboles, et le mode de vie du royaume mutilé.
Cette perspective est repoussée par deux Belges, des vrais, qui ont cru longtemps à la devise nationale “L’union fait la force”.
Le premier, Claude Javeau, professeur de sociologie à l’Université Libre de Bruxelles, essaie de répondre en 125 pages à cette question La France doit-elle annexer la Wallonie ? (Larousse). La position de l’auteur sur le sujet arrive en toute fin d’ouvrage, et ce serait casser le suspense que de la révéler ici. Le cheminement descriptif dans la société et l’âme des Wallons est mené avec un réel souci de pédagogie, car Javeau s’adresse en priorité à ces Français susceptibles d’accueillir de nouveaux compatriotes. Le journaliste Claude Demelenne, qui fut proche du PS francophone publie, lui, au Cherche-Midi un livre bizarrement intitulé Pour ou contre la Belgique française (sans point d’interrogation). Dès les premières pages de l’essai la cause est entendue : Demelenne est pour, tout pour comme Guitry était contre les femmes, tout contre. Et il dresse un catalogue implacable des maux dont souffrent la Wallonie et Bruxelles: corruption, clientélisme politique, inefficacité de l’administration, que seule une intégration dans la République française serait à même de soigner, sinon de guérir. Ne rions pas de la Belgique, car elle pourrait bientôt nous faire pleurer. D’émotion patriotique de retrouvailles si longtemps différées. Ce sera peut-être ringard, mais tant pis.
- La rédaction de Causeur.fr, dont les liens d’amitiés avec Elie Barnavi sont solides et anciens, félicite chaleureusement ce dernier. ↩
- Brol : mot bruxellois signifiant bric-à-brac. Est devenu historique quand le régent Charles s’est exclamé “Il faut sauver le brol !” au moment de la crise monarchique de 1950. ↩
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L'auteur
Luc Rosenzweig est journaliste.
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Byronissime dit
A aucun prix un rattachement à la France: presque toutes nos Lois sont plus favorables pour les citoyens que les lois françaises (et je suis cela de très près). FRALON, lui ,nous a très bien compris o.k. pour un petit pays “Wallonie-Bruxelles”.
Je défends cependant la Flandre (je suis pure liégeoise…hélas): les plus belles villes : Bruges, Gand, la mer du Nord, Anvers d’une richesse culturelle extraordinaire, un port richissime et les habitants…BEAUCOUP plus courageux, MOINS assistés…je pense d’ailleurs prendre ma pension à la côte – en parlant le Flamand BIEN ENTENDU et c’est NORMAL! Nous sommes obligés e constater que par pure démagogie les Flamands prennent des positions fascistes et les socialo wallons nous ont menés à la ruine et à l’assistanat…
Fralon le constate lui-même: jamais l’Europe n’acceptera 2 capitales : Strasbourg et Bruxelles en France!
Pirée dit
Hommage à Ionesco :
Les Flamands sont truculents.
Un tableau de Van Rysselberghe, un poème de Maeterlinck sont truculents.
Je suis truculent.
Le couteau tue.
tof121 dit
Je pense utile de revenir à l’ouverture de l’article pour comprendre pourquoi le rattachement de la Wallonie à la France (et Bruxelles?) ne sera jamais populaire.
Quelle merveilleuse condescendance toute française (dirions-nous, nous autres Belges) ou parisienne (diraient 40 millions de Français)! Le site de Tour et Taxis, à 2km à vol d’oiseau de la grand place, en rénovation, y devient “le fin fond le plus improbable de la capitale belge”. Il est vrai que lorsqu’on s’aventure hors du périf jusqu’à rencontrer des populations parlant un “patois” nommé le néerlandais (langue officielle des Pays-Bas, de la Belgique et de l’Union européenne) on touche vite le fond du fin fond!
Bien sûr, dans ce trou, des gens de qualité comme Elie Barnavi ne peuvent demeurer que contraints et forcés. Les 50% de non belges résidant à Bruxelles sont ainsi des déportés prenant leur mal en patience dans l’attente de rentrer dans leur mère patrie qui, parfois est même le paradis (la France, bien sûr).
La Belgique, par ailleurs, est cette “petite patrie de rechange, française, certes, mais pas hexagonale”. Voilà donc la Belgique française et mère (patrie) de substitution, rien de plus!
Le Belge est le premier à se moquer de lui-même, à se dévaloriser de manière chronique, à se foutre royalement (!) de toute prétention à la grandeur, mais il admet avec difficulté que ce soit fait avec lourdeur par quelqu’un qui n’a même pas pris la peine de se pencher un tant soit peu sérieusement sur lui pour daigner voir ses défaut – qui pourtant se voient comme le nez au milieu de la figure. Quoi de plus merveilleux que Desproges disant que la Reine Fabiola n’est pas stérile mais a préféré n’avoir pas d’enfant plutôt que d’avoir un enfant belge! Quoi de plus pitoyable qu’un comique français (comme Coluche, par exemple), croyant pouvoir imiter “l’accent belge” (en fait, l’accent bruxellois) et livrant une pitoyable prestation juste bonne à amuser un public n’ayant jamais vu un Belge ni de près ni de loin.
Merveilleuse suffisance française permettant à des individus pensant représenter leur peuple de parcourir le monde en se donnant en exemple! La France de la Terreur, de Napoléon, de la Commune, du Second Empire, de Boulanger, de Pétain, de l’état d’urgence en Algérie, de l’oppression des langues régionales et de la question corse (entre autres choses) a bien des choses à apprendre à ses voisins, ces bouseux gérant discrètement, sans morts, sans guerre civile et sans panache la question d’une cohabitation dans un mouchoir de poche!
Merci à la France de nous aider à voir que les Flamands sont malgré tout nos compatriotes! Je crains qu’il ne faille attendre bien longtemps pour pouvoir pleurer dans les bras l’un de l’autre, “d’émotion patriotique de retrouvailles si longtemps différées.”
Pour ce qui est du rattachisme, c’est certainement le mouvement politique le moins populaire en Belgique francophone.
Enfin, Bruxelles semble se réveiller, elle qui mène actuellement un processus démocratique – les Etats généraux de Bruxelles – mobilisant plus de 100 chercheurs universitaires et des milliers de citoyens dans une réflexion sur leur avenir.
http://www.etatsgenerauxdebruxelles.be/
http://www.brusselsstudies.be/
Hélas, nulle barricade à l’horizon!
Pirée dit
Monsieur Xavier,
je crois me souvenir qu’en 1695, sur ordre de Louis XIV, le maréchal de Villeroy bombarda Bruxelles avec des boulets incendiaires et qu’en 1794, le citoyen Carnot, Organisateur de la Victoire, se vanta à la tribune de la Convention d’avoir, « en deux mois, tiré soixante millions de la Belgique ».
Cityen Yanka,
Charles Quint s’adressait en Espagnol à Dieu, en français à ses amis, en italien aux dames et en allemand à ses chevaux. Est-ce à dire qu’il ignorait le flamand ? Que nenni : il ne manquait pas de répondre en cette langue aux pompeux compliments qu’il recevait lorsqu’il visitait une ville thioise. Philippe II, en revanche, était faible en français.
En Pologne russe, avant quatorze, on parlait français entre gens de bonne compagnie, allemand aux fournisseurs, russe aux fonctionnaires subalternes (impopulaire engeance) et polonais aux domestiques.
Je préconise le latin à la messe (merci, très saint Père), le français à table, l’anglais dans la correspondance commerciale et le néerlandais pour empêcher les francophones indiscrets de comprendre ce qui ne les regarde pas. Les francophones ont des oreilles, qu’il ne faut pas couper en pointe, traitement réservé aux bergers allemands.
Or, que lis-je sur la toile ? Le Vlaams Belang émet de la propagande « dans votre langue ». Encore une histoire belge. La langue du voisin serait donc un moyen de communication et non d’excommunication. Dont acte.
Mais enfonçons le doigt dans la plaie : les incongruités des trous du cul expriment une vieille rancœur sociale : en 1815, les personnes instruites, depuis le bourgeois de Gand jusqu’au roi Guillaume Ier des Pays-Bas, étaient plus francophones qu’autre chose. Mais fais ce que je dis, pas ce que je fais : ce prince qui cultivait l’impopularité comme d’autres les tulipes voulut faire du néerlandais la langue officielle dans les Flandres. Entendons-nous : la langue savante usitée au nord, qu’un mien copain appelait encore « l’hollandais », et non un quelconque parler populaire. Au XIX°siècle, surtout dans les milieux anticléricaux, les gens éduqués, donc francophones, ont souvent manqué à la charité envers les rustres, tous patoisants, peu important que leur dialecte fût flamand ou picard. Mais en pays flamand, il en est résulté un ressentiment durable contre les francophones en général et les fransquillons en particulier. En 1968, à Louvain, on put entendre non seulement « Walen buiten », mais encore « bourgeois buiten ». Une version à demi néerlandophone de « Sois fier, ouvrier ». Je ne garantis pas pour autant que tous les étudiants flamingants de Louvain, en mai 68, aient été en mesure de prouver une filiation prolétarienne. Il y avait sûrement, parmi eux, des fils de notaire qui, après s’être rendus intéressants dans les amphis ou dans la rue, rentraient chez papa-maman où l’on parlait français à table.
Je ne me montre pas virulent en appelant trous du cul ces malotrus. D’autres les traitent de nazis. Des Wallons, la plupart du temps. Pas la crème. « Cheveux longs, idées courtes ». Ennemis du pape et du roi, de la propriété et de l’héritage. Moins que des trous du cul, des trous de jet d’eau. Je suis même tombé sur un site républicain où l’on conteste le label au Vlaams Belang ; à l’époque du Vlaams Blok, j’ai pourtant vu maintes fois des graffiti revendiquant une république flamande.
Il faudrait déporter ces ringards agressifs, que je crois, de nos jours, peu nombreux, à Saint-Germain-des-Prés, vêtus de jeans et d’une chemisette à carreaux, comme en 1950.
1950, époque de la question royale : en 1951, les troubles perpétrés par l’extrême gauche wallonne contraignirent à l’abdication un roi rappelé sur le trône à la suite d’une consultation populaire à laquelle participèrent ceux qui votèrent contre. On put à juste titre parler d’arrogance wallonne.
Les flamingants n’ont pas toujours eu tous les torts.
Avis à tertous :
On appelle patrie la terre des ancêtres. J’arbore de naissance la nationalité française mais la Belgique est ma patrie.
xavier dit
Mais enfin sérieusement que représente le mouvement rattachiste? Je dis pas qu’en cas de prise d’indépendance des flamands, l’idée ne gagnerait pas en popularité auprès des wallons et des bruxellois mais de là imaginer qu’une majorité de francophones soient saisis de l’envie de devenir français, je crois qu’on y sera jamais. Si les flamands se sentent flamands et pas belges très bien mais les francophones se sentent définitivement Belges, pas Français! Les kermesses, les fritkots, le cinéma, ça paraît superficiel mais ça compte auss, je ne crois pas qu’on puisse trancher sur le fait que ça ne suffit pas pour constituer une culture!
Yanka dit
La Belgique est un état composé de deux grandes communautés linguistiques : française et flamande. Si la Flandre devient indépendante, c’est la mort de la Belgique. Une petite Belgique composée de la seule Wallonie avec peut-être Bruxelles est un non-sens. Un pays appelé Wallonie est une absurdité : il n’y a pas d’identité wallonne à proprement parler, et surtout pas de culture wallonne. Il n’y a pas non plus, côté wallon, de volonté d’aller de l’avant, de s’assumer autrement que sous la forme d’un conservatoire d’une Belgique morte : la fameuse Belgique de Papa, ses kermesses joyeuses, son folklore populaire, son Expo de 58, ses baraques à frites (fritkots), son Congo, ses frères Dardenne, ses Justine Henin et Kim Clijsters, ses Eddy Merckx, ses Adamo, ses Annie Cordy, ses moules, son roi des cons. La Belgique est une carcasse de gnou que les vautours flamands ont dépecé, et elle se croit vivante encore !
Belge je suis, Belge ne mourrai-je.
Tant pis.
Tant mieux.
Amen.
L’Ours dit
Xavier,
je ne le nie pas, je suis un peu obsédé par cette question!
C’est parce que je considère qu’on la sous-estime alors qu’elle est extrêmement grave. On la balaye d’un revers de main, dédaigneusement mais avec beaucoup de coupable couardise. La plupart font comme si elle n’existait pas, les plus courageux cassandre disent qu’elle est dangereuse pour l’avenir, et puis il y a les haineux (ben forcément, ça ne peut pas être des types biens) comme moi, qui disent qu’on est déjà dedans !
Vous dîtes que c’est un dégueulis.
C’est vrai! Ce n’est pas très ragoûtant ce que je régurgite nauséeusement. Moi-même, je n’y ai aucun plaisir, et même beaucoup de dégoût.
Ce n’est déjà pas très agréable de ramasser les poubelles, d’autant qu’il y aura toujours des gens comme vous pour cracher sur les éboueurs du monde comme il est, du haut de leur immaculée et tellement lucide bonté!
Pirée dit
L’extrême-gauche wallonne n’a jamais fait preuve d’agressivité. Notamment, à propos de la question royale.
françoise dit
Oui, Xavier, mais il faut remarquer que les nationalistes (pour ne pas dire plus) flamands font preuve d’une agressivité qu’on ne voit pas du côté francophone. Les Bruxellois font preuve d’une telle passivité, qu’il sera facile aux flamands d’imposer leurs petites lois discriminatoires, petit à petit, sans faire beaucoup de vagues (la théorie de la grenouille plongée dans l’eau tiède). Vous avez eu connaissance de grandes manifestations francophones à Bruxelles pour refuser un éventuel rattachement à la Flandre ? Les Flamands sont très forts pour pousser leurs pions, ils savent très bien où ils veulent aller, ce qui n’est le cas ni de la Wallonie, ni de Bruxelles, qui espèrent toujours le le consensus mou finira par l’emporter.
Pirée dit
Dans le quartier des Marolles, on parle un savoureux patois, dont quelques expressions, tirées de Tintin, parurent, devinez où, dans le Supplément Littéraire du Times. Comme il faut, n’est-il pas?
Le néerlandais est une langue, non des moins littéraires.
On recommande aux débutants : “Parlez-vous belge?”, par Michel Carly et Jacqueline Lempereur, éditions d’Orbestier, 2008.
Une critique : les auteurs ont tendance à écrire avec le petit doigt en l’air : bistouille et carbistouille pour bistoule (non, pas biloute) et carbistoule.
Une mise en garde : ils sont outrancièrement anti-flamingants.
Une mise au point : nous autres, Flamands, parlons néerlandais ou, plus ésotérique, dialecte, quand nous ne voulons pas que les unilinguistes comprennent.
Xavier dit
Si les Flamands veulent leur indépendance qu’ils la prennent mais sans Bruxelles évidemment, qui reste peuplée à 90% de francophones. Les flamands ne le feront pas car c’est aussi, n’oublions pas, leur vache à lait puisqu’ils y travaillent! Que feraient-ils si on les taxait à la source plutôt que sur le lieu de résidence?
Les nationalistes flamands ont beau faire de Bruxelles leur Jérusalem, y construire leur parlement régional (hors de la Région Frandres donc), renforcer l’apartheid linguistique pour emm… les francophones de la périphérie, ils ne peuvent pas faire grand chose de plus!
PS merci L’Ours d’élever le débat chaque fois que vous le pouvez avec votre petit dégueulis quotidien de monomaniaque “la question musulmane est partout”
trunfio demetrio dit
un bon article et des bons commentaires …
mais au delà de tout cela je vois dans cette crise belge le futur qui se dessine pour l’europe des cabris … si toutefois elle parvenait à être une entité politique, cette europe du capital cabristique !!!
VinZ dit
La part francophone des habitants de Bruxelles s’est accrue avec l’immigration marocaine.
Il y avait eu un article du Figaro l’an dernier, qui expliquait que la capitale de l’Europe serait majoritairement musulmane dans 20 ans
Pascal dit
Attendez,côté gaulois,on peut régler la question belge,une fois pour toutes.
On commence par un rattachement de la Wallonnie à la France,en respectant la légalité bien sûr,par exemple avec un plébiscite à 99,99% favorable à l’Anschl…au rattachement.
Ensuite,on pousse une petite charge jusqu’à Bruges et on commence l’occupation de la Flandres…mais une occupation intelligente,attention!
On alterne la carotte et le bâton avec les flamands.
Côté bâton,suppression du Tour des Flandres,mais maintien de la Flèche Wallonne et de Liège-Bastogne-Liège.
Côté carotte,maintien du double affichage Flamand-Français sur les panneaux de signalisation.
L’Ours dit
Joaozim et Jardidi,
vous avez bien entendu raison, disons que je faisais un peu de provoc, car quand on parle du problème Wallons / flamands, on occulte toujours cet aspect des choses et ce n’est pas très courageux!
Christophe Borhen,
j’aime le miel, je n’aime pas le mielleux!