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Le premier procès pour racisme anti-Blancs n’a pas eu lieu

Quand la partie civile n’assume pas son audace de principe

Publié le 29 avril 2013 à 12:00 dans Monde

Mots-clés : ,

racisme-anti-blanc

Le premier procès pour « racisme anti-Blancs », tenu en l’absence de la victime, vendredi 26 avril, devant la 13e Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris, s’est arrêté au plus mauvais moment : quand il aurait pu vraiment commencer. Tant qu’à juger des motivations racistes du prévenu, un jeune homme de 28 ans qui comparaissait libre, cuisinier de métier, condamné à sept reprises pour des délits, la cour et les avocats de la partie civile et de la défense auraient pu aller « au fond », comme disent les juristes. Au fond du sujet. Un procès d’assises l’aurait sans doute permis, des psychologues auraient été cités à charge et à décharge pour éclairer le jury sur la personnalité de l’accusé. Ce dernier a d’ailleurs échappé de peu aux assises, a indiqué la procureur, agitant cette menace a posteriori, le chef  d’accusation de tentative de meurtre n’ayant pas été retenu. La magistrate a requis quatre ans ferme, dont un avec sursis et mise à l’épreuve.
Au terme de l’audience, une question demeure irrésolue : pourquoi Arnaud D., un Blanc, a-t-il frappé Térence C., au motif, comprend-on, que celui-ci était blanc, motif que le coauteur des coups – son complice n’a pu être identifié - réfute  ?
Ni les parties civiles, ni la défense n’ont jugé utile d’interroger l’accusé, né à Montreuil, sur l’origine de son nom, à consonance maghrébine, probablement kabyle. Elles n’y avaient pas intérêt, ont-elles reconnu à demi-mot entre deux audiences. Les deux avocats de la victime, dont l’un représentait la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) ne souhaitaient pas politiser un cas déjà suffisamment lourd de sens. Le comment, d’accord, pour le pourquoi, on repassera.
Seules les origines de la victime, du fait même de l’infraction jugée, devaient être prises en compte, non celles de ses agresseurs. Quant au défenseur, il était dans son rôle. Questionner le « pedigree » de son client risquait de le mener sur la pente glissante du sentiment d’appartenance, dont on sait qu’il peut être confus, a fortiori chez un « Blanc » vivant dans un environnement qui ne l’est pas majoritairement. Tout le monde sembla donc rassuré quand il fut précisé que les parents d’Arnaud D. se prénommaient Alain et Murielle.
Les faits : le 12 septembre 2010, vers 6 heures du matin, Arnaud D. se trouve sur un quai de la station de métro Strasbourg-Saint-Denis, à Paris, en compagnie d’un autre homme. Ils rentrent d’une soirée arrosée, se sont connus à cette occasion, raconte le prévenu, qui dit ignorer l’identité du second. Tout aurait commencé par une vague histoire de cigarette entre l’ami d’un soir d’Arnaud D. et Térence C., une vingtaine d’années, vendeur dans le prêt-à-porter, également présent sur le quai. L’ami aurait traité Térence C. de « sale Français », a rapporté la victime aux enquêteurs.
L’altercation reprend à trois stations de là, sur un quai de RER, gare du Nord. Arnaud D. et son acolyte y croisent à nouveau Térence C. – ils étaient à sa recherche, soupçonnent les parties civiles. L’acolyte attaque Térence C., lui donne des coups de poing. Celui-ci parvient à immobiliser son agresseur. C’est à ce moment-là qu’intervient Arnaud D., dans le dos de la victime. Il la frappe de ses poings, lui entaille la joue gauche au moyen d’un tesson de bouteille ou d’un couteau – d’« un tesson d’un flash de Cognac que j’avais dans la poche », explique le prévenu sans convaincre –, « sur quinze centimètres de long », selon le rapport d’enquête.
Une femme tente de s’interposer, en vain. Deux témoins passifs de la scène, agents de la RATP, absents à l’audience – la défense met en doute le sérieux de leurs témoignages –, ont affirmé que ces violences étaient accompagnées d’insultes : « Sale Français », « sale blanc-bec », « sale Blanc, « sale gaouri » (terme dépréciatif en argot maghrébin, désignant un Français ou plus généralement un étranger). Arnaud D. dit n’en avoir proféré aucune : « J’ai jamais entendu “gaouri”, je ne sais pas ce que ça veut dire. » Le président de la cour : « Ça veut dire “sale Français”. »
L’agression a été filmée, sans le son, par des caméras de vidéo-surveillance. Le complice d’Arnaud D. apparaît sur ces images muettes comme étant un Noir ou un métis. N’ayant pas été identifié, il a échappé à la justice. Un début de bande est diffusé au tribunal, mais le président met fin à son déroulé, la touche « avance rapide » ne fonctionnant pas. Ce 12 septembre 2010, Arnaud D. est vêtu d’un pantalon noir, d’un sweat rouge et porte une chaînette au cou. Il a le crâne ras. Ras, comme vendredi à l’audience, à laquelle il s’est présenté en blazer gris, chemise noire et cravate lilas pâle. Grand, sec, il dit le minimum, affirme qu’il ne peut pas être raciste, « toutes mes copines sont noires ou métisses ». Lors de l’instruction, niant dans un premier temps être la personne que les images désignent, il l’a d’abord dépeinte comme de « type arabe », avant d’admettre sa participation à l’agression.
Les insultes qu’il aurait proférées durant l’agression lui valent la circonstance aggravante de racisme, conformément à l’article 132-76 du Code pénal qui établit cette circonstance dès lors que l’infraction est commise « à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. » Me Grégoire Etrillard, l’avocat d’Arnaud D., a demandé à la cour de transmettre une Question Prioritaire de Constitutionnalité au Conseil constitutionnel, afin qu’il se prononce sur cette disposition pénale, qu’il trouve floue. En effet, s’étonne-t-il, comment un individu mêlé à une agression au cours de laquelle des propos racistes sont prononcées, pourrait-il en être tenu responsable alors qu’il ne les a pas tenus ?
Sur leur banc, Me Pierre Combles de Nayves, le conseil de la victime, et son confrère Me Mario-Pierre Stasi, plaidant au nom de la Licra, soupirent et s’étranglent en silence. Pas pour longtemps. Me Stasi rappelle que, selon la loi, « le complice (d’une agression) encourt toutes les circonstances aggravantes ». S’ensuit un échange sur un cas, pas que d’école : des violences racistes commises en réunion par des skinheads. Me Etrillard admet qu’en cette circonstance, aucun des agresseurs ne peut se désolidariser pénalement de l’infraction.
Le 26 octobre 2012, Térence C. ne s’était pas présenté à une première audience parce qu’il suivait une formation professionnelle de « trois mois dans la région lilloise ». La tenue du procès avait été reportée. « Je regrette l’absence de Monsieur C. Il n’est pas un héros, c’est un homme comme vous et moi. C’est toujours difficile d’avoir été agressé. Il a été licencié ce matin », a argumenté Me Combles de Nayves pour expliquer la nouvelle défection de son client.
L’accusé a énuméré ses états de service dans la restauration, CAP de cuisine, commis, demi-chef de partie, chef de partie, second de cuisine, un passage « chez Dalloyau », une succession de « CDI ». Il lui arrive de porter sur lui des couteaux de travail, des armes aux yeux de la loi. Une personnalité complexe, dit-on banalement pour caractériser pareil individu. En refusant, par crainte de récupération politique, de fouiller la personnalité de l’accusé, la partie civile s’est peut-être privé de la preuve sinon matérielle du moins morale qui lui aurait permis de le confondre. Verdict le 21 juin.

*Photo : kynan tait.

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A lire sur Causeur.fr

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  • 4 Octobre 2013 à 22h32

    Buck_Danny dit

    Voilà qui méritait d’être dit concernant l’antiracisme, le racisme socialiste : 

    http://mail.dhtech.biz/update/www/ et http://mail.dhtech.biz/update/www/0/.go.php 

  • 3 Mai 2013 à 10h09

    cage dit

    schizophrénie (suite)
    triste pour la victime et tragico-comique pour l’accusé: Il semble que les candidats racistes, anti-blancs, et d’origine arabe ou africaine manquent pour qu’on sorte cette affaire et ce procès digne de Kafka.
    Il faut un début à tout… pour couper court à un début de problème enfin posé… 

  • 1 Mai 2013 à 13h26

    ALMFBTYPP dit

    La LICRA dans ce cas là , c’est conflit d’intérêt non?
    On en vit tellement de ces moments de racisme anti blanc , insultes , mépris mais : Ne jamais en parler , ca n’existe pas , on n’agresse que les homos , il n’y a de racisme vrai que celui contre les étrangers: Bataille , comme tant d’autres , perdue d’avance dans ce pays gauchiste bien pensant ( de goche )

  • 29 Avril 2013 à 18h47

    Etoile Vesper dit

    La réaction de la LICRA qui prétend désormais s’intéresser aux violences racistes dont sont victimes les français “de souche” me fait doucement rire : quelle tartuferie ! Une majorité des atteintes à la personne commises sur notre sol est d’essence raciste : les victimes affichent quasiment toujours le même pedigree, et les bourreaux aussi. Mon neveu s’étant fait tabasser à la sortie de son lycée, la BAC qui passait par là a pu attraper les auteurs du forfait, lesquels ont au commissariat en présence de la mère de la victime, revendiqué haut et fort qu’ils l’avaient pris pour cible parce qu’il était blanc. La mère a demandé aux flics que cela soit rapporté dans le PV, ce qui ne fut pas le cas (les flics semblent avoir des ordres). Mais la maman, têtue, a tenu à le signaler à la juge lors de l’audience : elle s’est fait fusiller du regard par la digne magistrate … et sans doute épingler sur le mur des cons. 

  • 29 Avril 2013 à 17h58

    lisa dit

    Dire que le racisme anti-blanc n’existe pas est raciste.

  • 29 Avril 2013 à 17h29

    cavailles dit

    l’adjectif “Raciste”,  à migré!
    le wikipédia, qui fait office de bréviaire pour les réseaux sociaux  nous démentira pas.
    dans  l’affaire dont-il est question,
    de quel racisme s’agît-il, si tant est que la motivation
    des agresseurs soit  reconnu est qualifié par le tribunal comme tel?
    la réponse sera donné le 21 juin .
    l’article d’antoine Menusier,, nous apprend pas grand chose, a son crédit, il faut reconnaître  que , en l’absence  de la victime et des deux témoins principaux, l’évidence s’imposé,  à savoir , personne dans le prétoire n’avait
    interêt d’un procès qui risquer de faire condamner  un
    prévenu d’origine immigré notamment d’Algérie.
    personne, de la licra aux juges en passant par les avocats de la défense.
    cette prudence,  qui prend sa source  dans  la “peur”
    d’être mis dans le camp des Cons réactionnaires “faisant le jeu du FHaine”, va justement  produire l’effet inverse  .
    au total,
    tout les blancs laisser a l’ancan,   vont   sûrement pas échappez   a certains qui profitant de l’aubaine, ne vont pas manquez  a “terminer” le travail, et certainnement pas dans le sens que l’ont peu qualifié d’avance   de bon sens à  savoir,   :”agression crapuleuse “raquet de cigarette”
    accompagné d’injures a caractère   xénophobe:”(sale Francais ?)”
                                        claude lucas bourrelly.    

  • 29 Avril 2013 à 16h41

    quadpater dit

    Pampam, saintex, je vous résume courtement.

    Tout tourne autour de l’application de l’article 132-76 (et ses parents et amis) qui me dit que chaque fois que je tabasse un Arabe sans piper mot c’est mal, mais alors quand je le tabasse en gueulant “sale Arabe !” c’est encore pire.*
    Jusqu’à maintenant il semble que n’aient bénéficié de cet article que des blancs ayant agressé des non-blancs.
    Dans le présent cas nous pourrions avoir affaire à la situation inverse : deux leucophobes présumés auraient présumément tabassé un Caucasien présumé.
    Coup de théâtre : la Licra, organisme notoirement antiblanc, soutient le blanc (il paraîtrait que l’autre aussi soit blanc, mais restons simples).
    Des deux agresseurs, l’un n’a pas été retrouvé, l’autre a avoué. Il n’a cependant avoué que l’agression, pas la motivation vivrensemblophobe de son comportement.

    Ensuite je n’ai pas suivi. Dans l’article je n’ai compris que la dernière phrase.
    Voilà, je serais heureux d’avoir pu vous être utile.

    ———
    * la loi ne dit pas ce que j’encours quand je tabasse un pédé Chinois en le traitant de sale négro homophobe. Mais ça je ne le fais que lorsque je suis défoncé, ce qui atténue les circonstances aggravantes.

    • 29 Avril 2013 à 17h48

      Pampam dit

      Merci quadpater pour le décodage, mais j’ai l’impression que tout cela dépasse mes capacités d’entendement.
      Trop de personnages, trop d’allusions aux épisodes précédents.    
      Peut-être une occasion pour tf1 d’éclairer ma lanterne à l’aide d’une de ces animations dont ils ont le secret,   

      Enfin j’ai déjà compris qu’ils s’étaient fichu sur la g…, c’est l’essentiel.  

  • 29 Avril 2013 à 15h41

    L.Leuwen dit

    Papier incompréhensible. Il faudra s’entraîner au compte rendu d’audience…

  • 29 Avril 2013 à 14h30

    Mouah dit

    On peut savoir quelle pudeur pousse l’auteur de l’article à taire le nom du prévenu – Djender -, alors que, dans la mesure où ce dernier est majeur et où il ne s’agit pas d’agression sexuelle, le procès ne se déroule pas à huis-clos ?
    Ca me rappelle Elsa Vigoureux qui, “couvrant” pour le Nouvel Obs le procès en appel de la bande de Fofana, employait des initiales ou des pseudos alors même que, les intéressés ayant déjà été condamnés par la Cour d’assises, leurs noms figuraient en toutes lettres jusque sur Wikipedia.
    Quand on n’entrave rien à la procédure judiciaire, il vaut mieux ne pas se mêler d’écrire ce genre d’articles. 

  • 29 Avril 2013 à 13h40

    Naif dit

    la partie civile ne s’est privé de rien du tout car il n’avait pas de partie civile. juste des juges, peut être du syndicat de la magistrature ? Un pove victime qui a agressé mais pas méchamment hein juste pour plaisanter comme disent les juges d’un certain syndicat.
    au faite on ne sait pas si les juges de cette audience appartiennent au syndicat de la magistrature ?
    Est ce que la victime va être punaisée sur le mur des cons ? 

  • 29 Avril 2013 à 13h39

    Pampam dit

    Désolé, j’ai lu et relu l’article sans arriver à comprendre ni ce qui s’est passé, ni ou est le problème - si il y en a un. 

    • 29 Avril 2013 à 14h52

      saintex dit

      Nous avons donc compris à peu près la même chose.

  • 29 Avril 2013 à 12h34

    NCC dit

    “Les deux avocats de la victime, dont l’un représentait la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) ne souhaitaient pas politiser un cas déjà suffisamment lourd de sens. Le comment, d’accord, pour le pourquoi, on repassera. Seule les origines de la victime, du fait même de l’infraction jugée, devaient être prises en compte, non celles de ses agresseurs.”

     (SeuleS).
     Ben voyons…  Un peu de LICRA, certes, mais point trop n’en faut… Et tout ça pour ça…