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Qui veut gagner la Syrie ?

Ankara ne pense qu’à ça, mais Téhéran est sur les rangs

Publié le 30 août 2011 à 16:00 dans Monde

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Entrée dans son sixième mois, la crise syrienne se transforme en conflit de moins en moins feutré entre la Turquie et l’Iran. De terrain de rapprochement stratégique entre Ankara et Téhéran, la Syrie est en effet devenue une pomme de discorde entre ces deux puissances régionales aux intérêts divergents.

Grâce à la dynastie Assad, Damas constitue une courroie géostratégique essentielle permettant le développement de l’influence des mollahs iraniens au Liban via le Hezbollah, véritable « faiseur de rois » au pays du Cèdre. En outre, la capacité du parti de Dieu à frapper Israël avec ses projectiles à longue portée est l’une des armes stratégiques de l’Iran. En cas d’attaque contre la République Islamique, ses alliés libanais lanceraient une pluie de missiles – livrés par le régime iranien – contre l’Etat hébreu, l’obligeant à lancer une large opération terrestre pour faire cesser les tirs. Un tel conflit serait bien pire que l’opération Plomb durci contre Gaza ou la guerre libanaise de juillet 2006 car la Syrie pourrait s’y joindre, permettant ainsi aux Iraniens d’embraser toute la région.

Or, l’hypothèse d’une Syrie moins amicale voire hostile à la République islamique couperait les voies de communication entre Téhéran et Beyrouth et condamnerait le dessein libanais de Téhéran. Autrement dit, l’intérêt majeur de l’Iran est de maintenir le statu quo qui lui permet d’entretenir l’instabilité au Liban et dans la bande de Gaza, devenue la base de lancement des roquettes du Hamas. C’est pourquoi l’Iran participe activement à la répression de la contestation anti-Assad, main dans la main avec les forces de l’ordre syriennes restées fidèles à Damas.

Pour sa part, l’intérêt d’Ankara s’avère diamétralement opposé à celui de son voisin iranien. Puissance économique plutôt qu’idéologique, la Turquie cherche à assurer la stabilité régionale et à apaiser les conflits en cours afin de favoriser la croissance et le niveau de vie de sa population. C’est dans ce cadre qu’il faut replacer les avances d’Ankara en direction de Téhéran ces dernières années, notamment sur le dossier nucléaire, mais aussi la prise de distance turque avec Israël. Ces deux mouvements parallèles s’inscrivent dans une double stratégie : à l’extérieur, nouer de bonnes relations avec tous ses partenaires pour ouvrir les marchés et éviter les mesures de rétorsion (comme un soutien intempestif à la cause kurde) ; à l’intérieur attiser la fierté nationale et le rejet de l’Occident afin de garantir le succès électoral de l’AKP d’Erdogan.

Avant le « printemps arabe » les intérêts de Téhéran et d’Ankara semblaient converger : l’Iran et la Syrie jouaient la même partition dans le dossier kurde, ce qui permettait à la Turquie de concentrer son attention diplomatique et militaire vers l’Irak, arrière base traditionnelle des mouvements kurdes. La figure de proue du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Murat Karayilan, avait reconnu que la triple alliance antikurde (Syrie, Iran, Turquie), lui posait un grave problème stratégique. Le possible effondrement de ce front commun devrait donc permettre au PKK de dégager une marge de manœuvre perdue depuis quelques années.

Aussi, dès que les Turcs ont compris qu’Assad n’était plus capable de contrôler ses frontières et de tenir « ses » Kurdes, ils se sont empressés de préparer une alternative au régime baathiste, au moins pour limiter les dégâts. À ce raisonnement purement stratégique, il faut ajouter l’embarras d’un gouvernement démocratique qui se trouve du côté d’un dictateur face aux revendications libérales d’une population qui cite parfois la Turquie en modèle…

Il y a une quinzaine de jours, le ministre turc des affaires étrangères a été donc dépêché à Damas pour adresser en personne un dernier avertissement à Assad. Le président syrien lui ayant opposé une fin de non-recevoir, Ankara ne fait plus mystère de sa politique et encourage ouvertement la création d’un Conseil National de Transition à la syrienne, sur le modèle des insurgés libyens. Bien que la tâche soit ardue, les Turcs s’y attellent avec énergie pour endiguer le risque d’une libanisation de la Syrie et éviter que le futur régime syrien leur soit hostile.

Dimanche dernier, le président iranien a décroché son téléphone pour évoquer la question syrienne avec le premier ministre turc. Selon la presse iranienne, Ahmadinejad a mis en garde Erdogan contre toute ingérence occidentale dans des problèmes devant être réglés de manière « islamique ». Si Erdogan n’a pas fait de commentaires, les échanges entre Turcs et Américains nous en disent davantage sur les positions des uns et des autres.

Ces dernières semaines, la Maison blanche a clairement défini les règles d’une éventuelle intervention « à la libyenne » : que le peuple concerné sollicite une aide militaire extérieure et que les États-Unis n’y aillent pas seuls. Dans la crise syrienne, il est de plus en plus clair qu’Ankara s’emploie à remplir le cahier des charges américain. Parallèlement, l’offensive massive que mène l’armée turque contre le PKK au nord de l’Irak sous-entend un accord tacite avec Washington dans le cadre d’une stratégie commune vis-à-vis de la Syrie. Téhéran qui n’est pas aveugle, ne restera pas longtemps les bras croisés.

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  • 4 September 2011 à 13h24

    Dio Gêne dit

    L’Allemagne, l’Égypte, l’Arabie Saoudite, la France, les Usa, la Chine et en général tous les assoifés du pétrole…

  • 2 September 2011 à 13h01

    saintex dit

    Tant que j’y suis, je viens de trouver cette définition.

    Grégaire et terrestre, dodu, de taille moyenne, à petite tête cornée et à queue courte et pendante.

    La fin explique probablement les cornes. N’empêche, c’est dur !!!

  • 2 September 2011 à 2h58

    Sophie dit

    Bon, ben on va être nombreux à sécher sous le porche de saintex! Visiblement, y a de la place, il a l’habitude.

    Dooouuuucement saintex!

    • 2 September 2011 à 12h24

      saintex dit

      65 millions de Britatunniques, rien que pour vous !

  • 1 September 2011 à 20h04

    Saul dit

    je vois qu’il n’y a pas la même vision d’une europe unie :
    certains disent union librement consentie entre partenaires librement choisis etc.
    mais n’est ce pas au départ le regroupement de la “famille” européenne ?
    et comme on ne choisit pas sa famille…
    rappelez vous, c’est comme ça qu’on nous a imposé certains mendigots de l’est, en nous culpabilisant à mort, comme quoi on les aurait abandonné derrière le rideau de fer patin couffin (perso, aucune mauvaise conscience à avoir, vu que la plupart de ces pays étaient des alliés de l’Allemagne et membre de l’Axe, j’estime à la limite qu’ils l’avaient bien cherché)

    @ Saintex
    assez d’accord avec votre 18h20.
    je mets un bémol sur la rupture continentale avec l’Amérique, si elle est efféctivement geophysique (forcément), il s’agit quand même au départ d’une transposition du modèle societal européen sur un autre continent. Après il est vrai qu’ils ont fait un p’tit peu à leur sauce, mais ça vient quand même bien d’cheu nous

    “Sans compter que ces salauds ont brûlé Jehanne D’Arc… ;)”

    et Fachoda ! Sainte Helène ! Mers el Kébir !
    la liste serait longue. Ah les fumiers….
    aussi, partant du principe “les ennemis de nos ennemis sont nos amis”, soutien inconditionnel à ces petits cons d’émeutiers de GB :-D

    • 2 September 2011 à 12h32

      saintex dit

      Tout de même, que les Américains, de bas en haut et de haut en bas, soient majoritairement d’anciens Européens ne change pas le fait que l’océan suffirait, si besoin était, pour qu’aucun de demande l’adhésion à l’UE.

      • 2 September 2011 à 12h43

        eclair dit

        2015
        le marché transtlantique entre l’UE et les USA.
        Avec harmonisation des fiscalités entre les deux rives.

      • 2 September 2011 à 12h52

        saintex dit

        Un jour viendra où l’on verra ces deux groupes immenses, les Etats-Unis d’Amérique et les Etats-Unis d’Europe, placés l’un en face de l’autre, se tendant la main par dessus les murs, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie.

        Victor Hugo – Congrès de la Paix – 1849

        Se lançant des peaux de bananes

  • 1 September 2011 à 15h46

    Sophie dit

    Ca a l’air de bien marcher la grappa…

  • 1 September 2011 à 15h21

    rackam dit

    saintex,
     faites gaffe, les activités de chambre d’hôtel mènent au pire

    • 1 September 2011 à 15h38

      saintex dit

      Dans les prisons de Nantes
      Lom dilididom dilidi lom dilidilidom…

      Puisque vous êtes breton et parlez d’hôtel, qu’il y a ici plein de Belges, c’est à Rennes dans un coinceteau, et à Dinan de Belgique dans je ne sais plus quel château, que j’ai eu le plaisir de voir débarquer du personnel dans ma chambre pendant que je me livrais à un simulacre de repeuplement de la France.
      J’aurais peut-être du constituer une haie de déshonneur (sabre au clair, bien sur) pour conspuer des perverses voyeuses.

  • 1 September 2011 à 11h09

    rackam dit

    saintex,
     vous regardez trop la tv, surtout pendant les pubs, votre maîtrise de la langue s’en ressent, et ce, même si vous citez Francis Blanche. Le correcteur orthographique du site est épuisé par vos posts fantaisistes, la normalisation souffre, Sophie s’affole, bref: ressaisissez-vous. Sinon le redoublement est assuré, en ZEP, dans le 93.

    • 1 September 2011 à 15h08

      saintex dit

      En fait, je n’ai pas la télé. Je ne la regarde donc que depuis des chambres d’hôtels et je me consacre à l’essentiel.
      Le type d’émissions créatives, fantaisistes, gaies, dynamiques.. la publicité en somme.
      Est-ce que Villiers le Bel dans le neuf cinq peut convenir ?

  • 1 September 2011 à 10h53

    saintex dit

    Sophie,

    Le Petit Prince, seigneur des Petits Lu et donc Suzerain de Maistre Rackam, n’imagine pas,il bosse. Il combat des dragons pour que les enfants soient en pleine forme à la récré.
    Acessoirement, ignorant permanent, il demande comme candide, et insiste jusqu’à ce que le Père Noël lui souffle la réponse dans le conduit auditif de la cheminée.
    Quelquefois il passe ses nuits à jouer au yam’s en buvant de la grappa ou du rhum et gagne un lot qui est vareuse et que vous semblez appeler vounique. Je ne suis pas sur de l’austrogaffe mais vous mé plaît si je me trompe.

    A part ça, comment ça va la vie ?

  • 31 August 2011 à 22h35

    Mangouste1 dit

    Saul,

    Merci de nous avoir détaillé votre position : elle se tient et finalement, je suis assez d’accord avec vous, constatant comme vous l’échec de la recherche d’un ciment assez fort pour réellement unir les pays de l’UE – l’héritage religion commun entre catholiques, orthodoxes et protestants ayant été rejeté. Nous attendrons donc qu’un Alexandre le grand de passage viennent souffler sur le château de cartes qui s’est construit devant nous.

    En attendant, laissez-moi vous faire un petit compliment : parmi tous les intervenants, vous avez incontestablement la plus longue. 
     

    • 31 August 2011 à 22h36

      Mangouste1 dit

      … réponse, bien entendu.

  • 31 August 2011 à 21h04

    Sophie dit

    Ecarlate… tunique

    Non, mais dites, donc! Je ne vous ai pas permis de me tutoyer!

    Sophie LXIX

    PS : Non, mais! Mais qu’est-ce qu’il s’imagine, le p’tit prince?

    • 1 September 2011 à 15h11

      saintex dit

      Et c’est comment le 96 en romain ?

  • 31 August 2011 à 18h57

    saintex dit

    Sophie III

    Sophie III parce qu’il y avait eu la tunique en une, puis une seconde réponse en II, et aussi parce que vous le valez bien.

    N’empêche que la dernière personne à m’avoir traité de critère foireux sèche actuellement sous le porche. Non mais !!!

  • 31 August 2011 à 18h43

    ylx dit

    Sophie,…”Il s’agit d’une union, on s’unit avec qui on veut. Et avec qui veut de nous.”…
    Voilà le “bon sens près de chez nous”.
    1- il n’est pas certains que les “européens d’Europe” tiennent à voir entre la Turquie dans l’UE 2 -il n’est pas certain que les dirigeants actuels de la Turquie y tiennent, maintenant qu’il entrevoient la perspective (cf GM) de retrouver leur statut de grande-puissance moyen-orientale Car pour de nombreuses raisons l’Iran ne fait pas le poids face à la Turquie (dynamisme insolent de son économie, population, régime politique, niveau d’éducation de ses élites, etc).

  • 31 August 2011 à 18h34

    ylx dit

    Sophie,…”Il s’agit d’une union, on s’unit avec qui on veut. Et avec qui veut de nous.”…
    Voilà le “bon sens près de chez vous”.
    Car il n’est p

  • 31 August 2011 à 18h20

    saintex dit

    Saul,

    D’accord avec votre vision des empires antiques, quoique par moments un peu déviante, mais pour le plaisir de la légèreté, je suppose.
    D’accord aussi avec le fait que les pays baltes nous sont étrangers.
    Mais il se trouve que ce sont justement les derniers pays d’Europe à avoir été christianisés. Des barbares qui effrayaient les Chevaliers Teutoniques et des modernes qui croient encore qu’un lutin est caché dans chaque maison, ça a un côté “pas d’cheu nous”.

    En revanche l’argument de l’Amérique ne tient pas. Il y a tout de même une indiscutable rupture contientale.
    Aussi, même si ceratins empreurs n’ont pas toujours eu tous les pouvoirs, l’Europe qui commence à la fin de Byzance voit trois puissances s’affronter, trois monarques, Henry, Charles et François, chacun d’eux sachant qu’ils jouent dans un jeu permanent d’équilibre, l’avenir de ce qui se construit.
    Et dans bien des cas, y compris pour la colonisation des Amériques, Rome donne l’arbitrage et peut contruire ou défaire les alliances.

    Il est vrai que la réforme luthérienne a changé la donne, y compris culturellement, appliquant à des pays et leurs économies une révolution identiqque à celle de Bernard de Clairvaux.
    Or justement, ce que nous voyons le plus fréquemment dans les problèmes de l’Europe est cette opposition entre catholiques et protestants, deux mondes. Est-il utile, et surtout raisonnable d’y ajouter un monde musulman.
    Avec ce dernier, la France a toujours entretenu de nombreuses relations, depuis la principauté d’Antioche, le Royaume Franc de Jérusalem jusqu’à Bonaparte en Egypte, le mandat français au liban…. Mais être européen ne signifie nullement renier ses relations.

    La réforme anglicane est plutôt opportuniste, et après tout, elle concerne les Britanniques. Et alors là, je suis partisan total du Grand Charles, pas d’Angleterre dans le Marché Commun. Ils n’y sont que pour le contrôler ou en tirer avantage. D’ailleurs, quand ils parlent de l’Europe, ils ne s’incluent pas dedans.
    Sans compter que ces salauds ont brûlé Jehanne D’Arc… ;)

  • 31 August 2011 à 18h15

    Sophie dit

    Sur le fond (!) je suis d’accord avec vous saintex, le galvaudage des mots a dévalué le lexique et, de fait, on ne s’unit pas n’importe comment et il convient de bien savoir avec qui on s’unit.

    Mais si, pour une raison X ou Y, ou XX XY, voire XY XY pour faire plaisir à Fiorino, nous ne souhaitons pas nous unir avec tel ou tel, je pense qu’il est ridicule et dangereux de se cacher derrières des critères plus ou moins foireux et qui montrent très vite leurs limites ou leurs non-sens.

    Sinon, pourquoi Sophie II ?????

  • 31 August 2011 à 18h00

    saintex dit

    Spohie II,

    On s’unit avec qui on veut. Cela n’empêche pas que les mots ont un sens, ni que la sémantique des conséquences.
    C’est justement la dérive des mots qui permet de faire glisser les concepts.
    Au départ, les femmes et les hommes s’unissaient dans le mariage, puis les homosexuels se sont unis dans le pacs.
    Maintenant, tout le monde veut se marier, et tout le monde veut devenir européen.
    N’empêche que si on est pas prévenu à l’avance des moeurs du conjoint, on courre au-devant de grandes déconvenues.

    Il n’est pas important, il est essentiel de savoir qui nous sommes avant de nous marier.

    Qui vient de dire qui a dit, “gay gay marions-les” ? Fiorino, sors de là-derrière (!).
    Je sais, j’abuse et Fiorino ne milite pas pour cette cause.