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Que faire de la Russie du camarade Poutine ?

Il est naïf de croire que seuls les intérêts comptent

Publié le 28 août 2008 à 16:28 dans Monde

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Ainsi, pour la première fois depuis la chute du communisme, la Russie a envoyé ses chars contre un pays souverain dont le malheur est d’être, comme la Pologne, plus proche d’elle que de Dieu. Que la maladresse impulsive de Michael Saakashvili l’ait fait trébucher plus vite que de raison dans le piège tendu de longue main par Moscou ne change rien au constat brutal que partagent tous les commentateurs : Russia is back, en effet. Plutôt que de nous en indigner, ou en même temps, essayons de comprendre ce que cela signifie.

Pour Moscou, cela signifie que la parenthèse ouverte par l’implosion de l’empire soviétique est close. Les tenants de la realpolitik s’imaginent naïvement que, dans les relations entre les peuples, seuls les intérêts comptent, et que lesdits intérêts sont rationnellement définis. Ils oublient au passage que les intérêts des États passent par le prisme des passions des hommes qui les dirigent. L’intérêt bien compris de la Russie de Poutine, c’est la puissance, la restauration de la puissance ensevelie sous les décombres du mur de Berlin. Or, ce noble dessein passe, à l’intérieur, par la mise au pas de la société russe, à l’extérieur, par la pacification, au sens romain, de son “étranger proche”. Dans cette optique, dès lors qu’il prétendait échapper à cette logique, Saakachvili, fût-il la réincarnation de Metternich, n’avait aucune chance.

Pour l’Occident, la signification de ce retour de la Russie sur la scène du monde est une triple menace. Energétique d’abord, puisque la finlandisation de la Géorgie est censée mettre l’oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan), et, avec lui le pétrole et le gaz de la Caspienne, sous la coupe russe. Régional ensuite, puisque le sort des Géorgiens a évidemment valeur d’avertissement pour les autres anciens de son glacis. Mondial enfin, puisque Moscou a non seulement tracé à leurs frais les limites de sa sphère directe d’influence, où elle entend agir sans concurrents, mais encore a signifié à son adversaire américain qu’il la trouvera sur son chemin partout où ses intérêts sont en jeu, notamment au Proche et au Moyen-Orient. Quelque peu masqué par la crise du Caucase, un axe Moscou-Téhéran-Bagdad-Damas se met discrètement en place. Si ce n’est pas la Guerre froide, cela en a tout de même les apparences. Sauf une : il n’y a plus de rivalité idéologique entre les blocs. On se console comme on peut.

Or, face au danger, l’Occident montre tous les signes de sa débilité coutumière. Saignés par cinq ans de guerre en Irak, impuissants à imposer la paix au Proche-Orient, impopulaires comme jamais et empêtrés dans une interminable campagne électorale, les États-Unis sont condamnés aux gesticulations symboliques. L’Europe est divisée comme à son habitude. La “nouvelle” tremble de peur et pousse à la fermeté, la “vieille” a peur de trembler de froid et freine des quatre fers. Il faut dire que plus du tiers du gaz allemand, le quart du gaz italien et 20 % du gaz français proviennent de la Russie, et que la demande va croissant.

Que faire ? D’abord, réfléchir, ensuite, arrêter une politique cohérente et s’y tenir. Le “retour” de la Russie était inévitable. Ce n’est pas lui qui fait problème, mais la nature paranoïaque du régime russe actuel. Aussi bien, il importe de ne pas exciter cette affection en l’alimentant par des actes dont l’urgence n’a rien d’évident. Ainsi, s’il n’y a aucune raison d’interdire à jamais la porte de l’OTAN aux États successeurs de l’empire soviétique, il n’est pas nécessaire de se dépêcher. En passant soit dit, l’Alliance aurait eu bonne mine si, ayant accepté la Géorgie en son sein, elle avait prouvé à la face du monde son incapacité à respecter sa propre charte en restant les bras croisés face à l’agression russe. Mais, dit-on à Tbilissi et à Varsovie, c’est précisément parce que la candidature de la Géorgie a été différée lors du sommet de Bucarest que les Russes, qui ne comprennent que les rapports de force, ont osé. Je ne suis pas convaincu. Ils y seraient allés de toute façon. C’est bien plutôt parce que personne n’avait l’intention de mourir pour Tbilissi que la candidature géorgienne a été différée.

Cela dit, ce n’est pas parce qu’il ne faut pas provoquer inutilement le paranoïaque qu’il faut lui passer toutes ses lubies et invoquer ad nauseam une “humiliation” bien réelle, certes, mais qu’il s’est infligée à lui-même après l’avoir fait trop longtemps subir aux peuples soumis à son empire. Dans le rapport de force qui l’oppose à l’Occident, et à condition que celui-ci se ressaisisse, la Russie n’a pas que des avantages. Il faut savoir qu’avant l’envolée des prix des hydrocarbures l’immense Russie disposait d’un PIB inférieur à celui des minuscules Pays-Bas. Corrompu, écartelé entre le premier et le tiers-monde, dépourvu de classe moyenne digne de ce nom et régnant sur des peuples qui se regardent en chiens de faïence, la Russie est un colosse aux pieds d’argile, qui n’exporte pour l’essentiel que du combustible fossile et des armes. Or, l’Occident n’a pas besoin de ses armes, et les Russes ne sauraient inhaler leur gaz ni boire leur pétrole. Déjà, les milieux économiques russes s’inquiètent de l’image agressive de leur pays, les investisseurs se font rares et la Bourse a fortement chuté. La force militaire seule ne fait pas la puissance d’un pays, l’or noir non plus.

Il faut donc établir des règles de jeu claires, comme au temps de la Guerre froide. Et d’abord, dans l’urgence, celle-ci : la prétention de la Russie à se tailler une zone-tampon en Géorgie est inadmissible. L’Occident ne fera certes pas la guerre pour la contraindre à s’en aller ; mais elle doit payer de son entêtement de sa place au G8, où elle n’est de toute manière entrée que par effraction.

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  • 10 September 2008 à 16h32

    Chris du Fier dit

    Elie Barnavi assure que depuis l’ implosion de l’ URSS c’est la première fois que la Russie a envoyé ses chars mater un agresseur extérieur..

    C’est bien, c’est beau…

    Mais quid de ce bel Occident avec les USA à sa tête ?…. Combien de fois depuis la fin de la guerre froide les avions de l’ OTAN ont bombardé des populations civiles en Europe et ailleurs.

    Mr. Barnavi, en avez-vous fait le décompte (je parle – of course – des dégats collatéraux, comme ils disent)..?

    Allons, allons.. un peu de pudeur quand même avant de dénoncer la barbarie de Poutine et Medevedev..

  • 9 September 2008 à 11h39

    Pascal dit

    Alice,
    j’allais vous dire à peu près la même chose,mais vous m’avez devancé.

    J’aurais volontiers poursuivi avec vous un échange aussi puérile que stérile,mais comme la ligne éditoriale de ce salon recommande d’éviter le hors-sujet,vous comprendrez que…

    Je vous embrasse quand même(en tout bien,tout honneur).

  • 9 September 2008 à 0h00

    Alice dit

    Pascal,
    Il suffit, petit bourgeois à l’esprit étroit ! Je ne m’amuse plus avec vous.
    Ludovic Lefebvre,
    Pourquoi prenez-vous parti pour ce personnage aussi peu «craquant». Il m’avait semblé, à lire quelques-uns de vos «posts», que vous étiez plus exigeant. Que vient faire ici un tel argument : partouze à la Défense ? Mon pauvre ami, ce genre de défouloir, c’est bon pour les vieux de 68 ! Moi, je suis une jeune adepte de 69 ! Restez dans votre campagne !

  • 8 September 2008 à 0h51

    Ludovic-Lefebvre dit

    Avec Alice, nous apprenons que les bourgeois n’ont pas de sexualité (heureusement qu’il reste l’adoption, sinon nous n’en aurions plus), que pour être épanoui sexuellement, il faut exposer son cul et ses pratiques sexuelles dans un salon en ne se faufilant même pas dans l’alcôve. Les gens pudiques, discrets, gracieux n’auraient donc qu’une libido fantoche.
    Espérons qu’il n’y a pas trop de monde pour croire de telles billevesées, l’idée de croiser des milliers de gens, par exemple, à la Défense à poil en train de forniquer ne m’enchante guère, me révulse même dans l’idée.
    Comme nous le démontre entre autres Béart fille, Marceau, Marie Trintignan quand on ne peut montrer son talent ou ses réflexions parce qu’ils sont absents, on montre alors son cul et on fait passer cela pour de la liberté ou de l’art.

  • 5 September 2008 à 13h31

    Pascal dit

    Ne vous frappez pas Michael : vous êtes en train d’assister à un échange d’arrière-garde entre la dénommée Alice et moi-même.
    A part nous deux,l’échange n’intéressera personne d’autre,alors suivez le conseil d’Alice :allez voir ailleurs des échanges plus intéressants.

    @ Alice

    Vous venez de me rendre,sans le savoir,un fier service: vous m’avez démontré que Pascal ,comme prénom ou comme patronyme s’écrivait avec un “P” majuscule.
    Quant à ma “syntaxe vacillante”,comme vous l’appelez,je l’adopte car je n’en ai pas d’autre.
    Cette remarque,en passant ,signe bien le fat qui n’hésite jamais à accabler de tout son mépris(de classe),les fautes d’orthographe ou de syntaxe des autres quand son argumentation se fait étique.
    Alors,un bon mouvement Alice,avouez la grande bourgeoise que vous êtes,au lieu de reprocher à Michael son esprit petit-bourgeois,comme l’hôpital se moque de la charité.

    Comme je ne peux pas vérifier sur pièce la qualité de votre derrière,je laisse ceux qui vous baisent,comme vous dites,le vérifier à ma place. Et si vous vous faites baiser par des analphabètes,évitez de leur faire prendre les Pascal pour des Blaise.

  • 4 September 2008 à 14h21

    Alice dit

    Michael, passez donc votre chemin ! Si vous placez vos enfants dans une «garderie» semblable à celle que semblez découvrir ici, je vous conseille de les en retirer au plus vite. Cela dit, je trouve, quoi que vous en pensiez, que j’ai placé mes fesses à une assez belle hauteur… Vous êtes un «cul coincé». Mes origines lointaines m’ont heureusement épargné d’éprouver vos pruderies de petit bourgeois. Ciao !