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Quatre cent mille beaufs de gauche ?

Rue89 / Causeur : quatrième round

Publié le 11 octobre 2011 à 17:00 dans Politique

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Photo : Des idées et des rêves

Chaque semaine jusqu’à l’élection présidentielle, la “Battle” sur Yahoo ! Actualités confronte les éditos de Rue89 et Causeur sur un même thème. Cette semaine, Elisabeth Lévy contre Pascal Riché sur “Montebourg est-il le sauveur de la gauche ?”

Il faut rendre grâce à Arnaud Montebourg, ne serait-ce que parce qu’on lui doit un spectacle désopilant, ça n’arrive pas tous les jours. Les deux finalistes, qui jusque-là se signaient en entendant le mot « protectionnisme », resteront, grâce à leurs contorsions pour prouver qu’ils avaient toujours été proches des idées « d’Arnaud », dans les annales de la tartuferie politique. À entendre les « impétrants » et leurs fabricants de bobards respectifs, le petit Montebourg n’avait pas encore du poil au menton que Martine Aubry et François Hollande bataillaient déjà contre la mondialisation « néo-libérale ».

Dès dimanche soir, François Hollande évoquait « une France qui doit se faire respecter, y compris dans ses échanges » avant de s’adresser aux électeurs égarés sur le mode « je vous ai compris ». La maire de Lille, elle, ne s’est pas trop foulée, se contentant de chanter l’air de « la vraie gauche c’est moi ». Interrogée par Laurence Ferrari sur le succès de Montebourg, elle a sorti sa formule magique – le « changement » : le message du vote a-t-elle dit, c’est que les gens veulent « un changement profond et j’incarnerai ce changement. Il faut que ça change vraiment et que ça change enfin. Il faut un vrai changement de gauche. » Quelqu’un a dû lui faire croire qu’à chaque fois qu’elle disait « gauche » ou « changement », elle gagnait 100 voix. Quant à Laurent Fabius, qui s’est soudain rappelé qu’il avait été en 2005 le chef de file des « nonistes » de gauche avant de rallier le camp du « oui », il faut saluer sa performance dans le genre « je parle pour ne rien dire » sur RTL mardi matin : « les électeurs d’Arnaud Montebourg peuvent se retrouver dans la ligne de Martine sans que Martine ait à changer de ligne », a-t-il décrété. Elle est bonne celle-là.

Au passage, il est significatif que les commentateurs les plus favorables à la ligne de Montebourg, y compris à Causeur, admettent sans la moindre discussion qu’il se situe à la gauche du PS, comme s’ils avaient intériorisé l’idée que ce qui est bien est de gauche.

Tout le monde s’accorde à dire que le député de Saône-et-Loire occupe l’espace politique qui était en 2002 celui de Jean-Pierre Chevènement, mais on préfère oublier, comme le principal intéressé d’ailleurs, qu’il entendait précisément casser le rideau de fer de la vie politique française. C’est que pactiser avec l’ennemi – la droite- est un crime bien plus grave qu’avoir applaudi ou accepté les politiques dont on observe aujourd’hui les ébouriffants résultats.

S’il y a un enseignement à tirer de la primaire, il est pourtant que le clivage idéologiquement structurant n’est pas celui qui sépare la droite de la gauche mais celui qui oppose les adeptes de la raison mondialiste à ceux que, faute de mieux, on qualifie de souverainistes et qu’on trouve aussi bien à droite qu’à gauche, à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche.

Les deux nouveaux amis de « Démondialisator », amusant surnom inventé, me semble-t-il, par Marc Cohen, se trouvent être, l’une la fille de Jacques Delors, l’autre l’ex-chef de l’ex-courant deloriste. Comme il paraît que le nom de Delors ne dit rien aux moins de vingt ans, rappelons que ses héritiers le vénèrent comme le père-fondateur de la merveilleuse Europe qui est, comme le dit Alain Juppé, l’avenir d’une France condamnée par le sens de l’Histoire et qu’il a été l’un des plus ardents propagandistes du dogme libre-échangiste hors duquel il n’y avait point de salut – qui ne préfèrerait l’ouverture à la fermeture ?

Sauf distraction de ma part, on n’avait guère, jusque-là entendu Aubry et Hollande s’insurger contre la croyance selon laquelle la disparition des frontières était notre avenir inéluctable et radieux – il me semble même qu’ils ont participé avec ardeur à la traque des « hérétiques », régulièrement accusés de vouloir revenir au sombre âge des nationalismes. Bien sûr, ils n’aiment pas les délocalisations, les inégalités et les riches – ils sont de gauche, vous dit-on. Ce qui revient à détester les effets dont ils chérissent les causes.

Cette croyance aveugle avait en outre l’avantage de rejeter dans les limbes des classes populaires dont on ne savait que faire. Coup de chance, non contents de sentir mauvais sous les bras et d’être des arriérés incapables de s’adapter au monde nouveau, ces beaufs se sont jetés dans les bras du diable lepéniste. Bon débarras ! L’ennui, c’est qu’ils votent et qu’on peut difficilement être élu sans eux. D’où la popularité nouvelle de Montebourg : « C’est le seul qui puisse parler aux électeurs du Front national », m’a confié le patron de Libération, Nicolas Demorand. Qu’il apparaisse nécessaire de parler à ces brebis égarées jusque-là cantonnées derrière un improbable cordon sanitaire, voilà qui est incontestablement un progrès.

Ne nous emballons pas. Montebourg « sauveur de la gauche », c’est à voir. On peut compter sur le champion du PS, dès qu’il sera désigné, pour s’empresser d’oublier toutes les qualités qu’il trouvait ces derniers jours au bel Arnaud et à ses idées. Quant à celui-ci, sur le plateau de France 2, il a donné le sentiment de jouer la suite de sa carrière plutôt que l’avenir de la France – sans doute était-il de mauvaise humeur.

Reste que grâce à cette primaire si réussie puisque tous les médias le disent, les idées défendues par Montebourg et bien d’autres ont acquis une dignité nouvelle : il est désormais permis de les discuter. C’est peu et c’est beaucoup. Cela ne sauvera pas la gauche, ni la droite bien sûr, mais on ne voit pas bien pourquoi il faudrait les sauver. En revanche, cela réjouira tous ceux qui, au-delà de leurs différences, partagent la conviction que les gouvernants élus doivent et peuvent retrouver les capacités d’action sur le réel qu’ils ont volontairement abandonnées à une palanquée de mains invisibles. C’est ce que veulent les peuples: cela s’appelle la politique. Et c’est la seule chose qu’il faille sauver.

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  • 13 October 2011 à 14h40

    8899 dit

    Elisabeth Lévy, comme (presque) toujours, parle, et écrit, d’or.
    Au passage, une définition du “populisme” qui n’est peut-être pas inédite, mais qui vaudrait d’être opposée plus souvent à ses contempteurs, de telle sorte qu’ils en tirent des leçons: c’est un phénomène qui apparaît quand les partis politiques “traditionnels” entendent avoir non seulement le choix des réponses, mais aussi celui des questions.
    Olivier

  • 12 October 2011 à 12h06

    Saul dit

    la conclusion est très très bien vue
    “les gouvernants élus doivent et peuvent retrouver les capacités d’action sur le réel qu’ils ont volontairement abandonnées à une palanquée de mains invisibles. C’est ce que veulent les peuples: cela s’appelle la politique. Et c’est la seule chose qu’il faille sauver”

    mais ça me semble concerner aussi bien la droite que la gauche

    @ Ylx
    “Entendra-t-on bientôt l’arbitre des élégances socialistes nous expliquer que si il avait moins de travailleurs immigrés en France il y aurait plus de travail pour les travailleurs Français ?”

    j’en fais le pari…pas forcément Montebourg, mais tout ceux à gauche qui chercheront à se démarquer le plus possible de cette soi disant “gauche” socialiste : pour se faire entendre, et pour rentabiliser leur pêche aux voix, ils n’auront pas d’autres choix que d’adopter le point de vue majoritaire de l’électorat (on peut même le voir chez le Méluche, sur son blog il y a quelques mois, il avait mis une photo de lui tenant le drapeau tricolore, à l’occasion d’une commémoration : ça a causé quelque émoi parmi une frange de ses militants, ceux ci voyant là une dérivé “populiste”, voire nationaliste)

  • 12 October 2011 à 10h12

    ylx dit

    On n’a pas le temps de s’ennuyer en France !
    Je me souviens, il y a quelques mois à peine dans une émission du Service Public, Marine Le Pen avait été convoquée chez Mrs les Professeurs -les meilleurs spécialistes politiques et économiques du Service public et du Noubel Obs (c’est la même chose ? ah j’ignorais ) pour lui expliquer que sa copie était nulle, qu’elle n’avait rien compris et qu’elle ne serait même pas admise à redoubler !
    Et de lui expliquer (enfin c’était à ces pauvres Français égarés comme elle qu’ils s’adressaient ) , en prenant cet air désespéré qu’adopte le bon Professeur quand ils s’adresse à un élève : totalement nul : mais enfin le protectionisme c’est pas faisable, pas pensable, pas raisonnable, pas acceptable, pas envisageable, mais enfin réfléchissez un peu que diable !!
    Sur le deuxième sujet, la fin éventuelle de l’Euro, mêmes airs consternés. (et à ce moment MLP sort de son cabas de ménagère plusieurs ouvrages d’économistes disant, déjà, la même chose et les pose ostensiblement sur la table devant les professeurs gênés.).
    J’ai entendu hier sur France 3 un maître à penser de la Gauche disant “si l’Europe ne se protège pas , l’Euro bien entendu est condamné !!!!!).
    Entendra-t-on bientôt l’arbitre des élégances socialistes nous expliquer que si il avait moins de travailleurs immigrés en France il y aurait plus de travail pour les travailleurs Français ?
    Pendant ce temps toute la nomenklatura gauche se félicite que grâce à Montebourd le PS s’est enfin réconcilié avec l’électorat populaire.
    Que le spectacle continue !! Encore, encore, bis, bis !

  • 11 October 2011 à 21h57

    kacyj dit

    Quatrième round de la Battle : le français est-il si pauvre que Yahoo ne puisse nous pondre autre chose que du vocabulaire de boxeurs.

    Cela dit, pour une fois, je dois dire que je trouve l’analyse de Rue 89 bien plus pertinente que celle de Causeur (contrairement aux trois premiers épisodes). Montebourg n’est pas un futur envisageable 
    En outre, j’ai adoré cette phrase : “et ma consoeur de Causeur Elisabeth Lévy semble raide dingue de lui.” 

    • 11 October 2011 à 22h32

      eclair dit

      avec le pataques qui arrive avec la dete grce qui vas très probablement être annulée à hauteur de 60%
      la répercussion sur les banques. les autres états qui vont vouloir faire de m^me.

      La slovaquie qui veux pas du FESF. On les comprend un organisme qui vas pouvoir forcer les états à cracher au bassinet à les poursuivre en justice s’ils ne paient .
      Et une immunité totale à ces membres.
      c’est beau la démocratie  

      • 12 October 2011 à 9h42

        kacyj dit

        Je n’ai pas bien compris pourquoi vous avez appuyé sur le bouton mais poursuivons le HS, en lien avec un autre échange, en signalant la parution d’un décret(app. loi du 16 juin 2011) qui renforce le contrôle du niveau de français exigé des postulants à la nationalité française en modifiant la méthode d’évaluation. Cela me semble autrement plus important que la durée de résidence en France.

    • 12 October 2011 à 7h50

      isa dit

      D’accord avec vous, Kacyj .

  • 11 October 2011 à 18h34

    Alpheratz51 dit

    Vous avez remarqué ? Montebourg, sur la photo, a la banane !
    On dirait un rocker sortant du Golf Drouot le blouson de cuir en moins. 

    • 11 October 2011 à 19h33

      rackam dit

      Et le type qui le photographie de dos (??!!??) ressemble au tueur albinos de  ce nase de Dan Brown. Si jamais Ar. Bourg a le petit doigt levé, c’est un envahisseur. J’appelle David Vincent.

    • 12 October 2011 à 8h20

      isa dit

      Il a même le melon!

  • 11 October 2011 à 18h17

    vingtras dit

    Tout cela est bien dit… Mais un moment (de Télé) me hante : c’était sur la 5, à l’heure de C dans l’air. Madame Bacqué a terminé l’émission en disant (je résume et sublimine) : tout cela est-il sérieux ? le bel Arnaud est l’élu des “Ventres jaunes” qui exportent de la volaille de Bresse et du vin de la Côte chalonaise… et il a bien l’intention de continuer… donc il ne va pas fâcher sa clientèle… en se faisant fermer des barrières par “réciprocité”.

    • 11 October 2011 à 18h23

      agatha dit

      Moi aussi j’ai tiqué à cette remarque faussement anodine de R. Bacqué. Et je me suis dit que les convictions politiques affichées sont parfois peu de chose…

    • 12 October 2011 à 8h17

      Jacques de Guillebon dit

      Mme Bacqué cherche à se rassurer elle-même et à salir ce qu’elle ne comprend pas.

  • 11 October 2011 à 18h16

    agatha dit

    E Lévy, texte très intéressant.
    Souligner que les champions auto-proclamés de l’ouverture aux autres et du vivre-ensemble passent leur temps à construire des murs pour cacher les divergences, et à établir des cordons sanitaires pour éviter la contagion, est judicieux.
    A un autre niveau, pointer du doigt le vilain petit canard, c’est ce qu’essaient de faire certains journalistes à votre égard, dans l’émission d’Hondelatte le soir sur RTL.
    Sans finesse particulière, ils affichent leur dédain pour vous-même et vos idées. Ainsi, ils éclairent d’une belle lumière l’image flatteuse d’eux-mêmes qu’ils présentent au monde. Au moins le croient-ils alors même qu’ils démontrent une certaine bassesse.
    Je vais les citer, c’est le moment : il s’agit d ‘Eric Naulleau (d’habitude, je l’aime bien) et de Nicolas Demorand (d’habitude, je l’aime pas).
    Heureusement que, sorties du cirque médiatique, la pensée et la parole sont libres! Mais ne le dites pas à Naulleau et Demorand, ils seraient déçus.

  • 11 October 2011 à 17h57

    Thalcave dit

    Bravo. Ce serait top que la politique tiennent en lisière l’économie comme le veulent les peuples. Encore faudrait il que les peuples soient assez avisés pour choisir de bons représentants. Que dire de l’OMC qui a admis en 2001 un très gros Dragon, la Chine, en lui offrant des débouchés colossaux sans protection ni droits de douane sans lui imposer en échange, au minimum, la convertibilité de sa monnaie le Yuan. Avec les excédents commerciaux monumentaux que lui permettent ses bas salaires (et sa soif légitime de croître et d’égaler sinon de dépasser les pays dits développés), il n’était difficile de prévoir que son insertion dans l’économie du Monde allait bousculer et déséquilibrer gravement beaucoup de pays industrialisés. L’exemple des petits dragons, le Japon, Taïwan, la Corée (du Sud!) était dans toutes les mémoires. On a compris que les échanges ne sont pas toujours win win comme disent les ortho-libéraux. Le Japon vendait à l’étranger mais n’achetait rien (sauf des foulards, des sacs et des parfums, pas de quoi muscler une industrie tournée vers les produits innovants du futur). On a vu que les déséquilibres infligés à la balance commerciale des USA n’ont cessé qu’à la suite d’un bras de fer qui a produit une considérable revalorisation du Yen japonais en 1984. C’est à ce moment que les Japonais qui avaient fait l’économie des dépenses de recherche et développement industriels en pillant sans retenue leurs brevets de leurs concurrents occidentaux, ont du expatrier leurs usines aux USA et en GB (le porte avion pour inonder l’UE), dénommés alors des transplants. Cette redistribution des cartes s’est conclue par l’explosion d’une bulle financière au Japon dans les derniers jours de 1989 sur laquelle s’est greffée une dépression dont le Japon ne s’est toujours pas remis 20 ans après. Fallait-il recommencer en 2001 avec la Chine. Oui ont clamé en chœur les politiques dont vous souhaitez la main mise sur l’économie. Le directeur de l’OMC à l’époque était non pas Mr Pascal Lamy ex chef de cabinet de Mr Delors à la Commission européenne mais Mike Moore homme politique Néo-Zélandais qui ne devait pas être dépourvu de conscience sociale car, après une première expérience en tant qu’imprimeur, employé dans le secteur de la boucherie, ouvrier dans la construction, travailleur social et chercheur dans le domaine syndical, il était devenu Premier Ministre en 1990 et chef de l’opposition Travailliste en 1994.
    Ni son successeur, le Thaïlandais, Supachai Panitchpakdi, ni le suivant Pascal Lamy n’ont admis que cette entrée de la Chine sans la contrepartie de la convertibilité du Yuan chinois qui est le seul facteur de rééquilibrage des déséquilibres commerciaux mondiaux en rendant automatiquement plus chers les productions chinoises tant que leurs excédents ne sont pas résorbés.
    Ces excédents cumulés année après années, placés en bons du Trésor US à très faible taux ont créé d’immenses liquidités quasi-gratuites dans les systèmes financiers US et Européens les poussant à des investissements de plus en plus hasardeux.
    Est ce ue sont ces politiques avisés que vous nous souhaitez? N’ont ils pas été le jouet des patrons de multinationales plus malins qu’eux dont le principal souci était de s’assurer durablement des ateliers à bas coût de main d’œuvre en Chine et en Asie dans les pays dont les monnaies sont administrées en se chevillant au dollar (le peg)?
    Le drame aujourd’hui c’est que les politiques n’ont plus le monopole de la violence légitime, notamment en matière économique, qu’ils ne pourraient plus aujourd’hui déclencher l’équivalent du Sherman Antitrust Act de 1911 qui a brisé le monopole de la Standard Oil, et last but not least qu’ils n’y comprennent plus rien.

    • 11 October 2011 à 18h07

      Thalcave dit

      Post Scritum : Pour être moins catégorique, je dois reconnaître que certains politiques qui comprennent l’économie, pourraient essayer de l’infléchir. Mais ce ne sont pas ceux qui sont élus à cause de leur franc parler qui est indispensable.
      Voir le cas Mendès France, éjecté pa

    • 11 October 2011 à 18h08

      Thalcave dit

      par De Gaulle du gouvernement en 1945 puis par la Gauche en 1955!

  • 11 October 2011 à 17h13

    L'Ours dit

    La mise en perspective des contradictions de la gauche est un petit bijou!