“Quartier sensible”: de quoi cette expression est-elle le nom? | Causeur

“Quartier sensible”: de quoi cette expression est-elle le nom?

L’euphémisme qui accuse les flics

Auteur

Ingrid Riocreux

Ingrid Riocreux
est agrégée de lettres et auteur de "La Langue des médias".

Publié le 01 novembre 2016 / Médias Société

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Loin d'être anodine, la fortune médiatique de l'expression "quartier sensible" révèle un parti pris idéologique. Car cet anglicisme euphémise non seulement la réalité mais fait des policiers les responsables des agressions dont ils sont les victimes, à Viry-Châtillon et ailleurs.
police quartier senible banlieue

Des jeunes de Nanterre agressent la police, 2010. Sipa. Feature Reference: 00608014_000008.

La tentative d’homicide dont ont été victimes les policiers de Viry-Châtillon, cibles de cocktails Molotov destinés à les brûler vifs a donné lieu à de multiples articles convoquant les termes de « quartier sensible » ou, pour désigner la Grande Borne, de « cité sensible ». « Sensible », un adjectif que nous comprenons tous, sans jamais vraiment nous interroger sur ce qu’il implique.

Un anglicisme gênant

« Sensible », tel qu’on l’emploie dans l’expression « quartier sensible », est un anglicisme ; et un anglicisme trompeur. En effet, le terme revêt la signification qui est, en réalité, celle de l’anglais « sensitive ». Rappel pour ceux qui ne suivaient pas en cours d’anglais : le mot « sensible », dans la langue de Bob Dylan, est un faux ami qui signifie « raisonnable ».

En anglais, plutôt appliqué à des notions abstraites (a sensitive topic / issue), « sensitive » a été étendu à un emploi euphémistique dans des expressions comme « sensitive urban zones », traduction de nos ZUS. Un euphémisme (pour ceux qui ne suivaient pas en cours de français), c’est quand on dit les choses de manière atténuée pour faire passer la pilule (« non-voyant » pour « aveuglec»). ZUS est, en l’occurrence, un euphémisme qui évite de dire : « zones dangereuses » ou quelque chose dans ce genre. Tout comme la curieuse expression « zones de non-droit » évite de parler de « zones sécessionnistes » ou « hors-la-loi ».

Lisez la suite de cet article sur le blog d’Ingrid Riocreux.

 

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    • 3 Novembre 2016 à 8h01

      walkyrie dit

      Au vrai des terrains à racailles souvent manipulées par des gens de gauche. La source de tous nos ennuis terroristes. On y suit le parcours du parfait criminel en commençant par du racket à l’école, puis du trafic de drogues, puis de la vente d’armes de poing, puis d’armes de guerre, puis on passe faire un stage à l’étranger chez Khomeiny, al qaida ou l’état islamique. Puis on passe à l’acte.
      Les autorités françaises ne savent rien puisque la police a interdiction d’y faire des vagues. Nous sommes dans des ghettos institutionnalisés, hors république.
      L’apparition de ces verrues date de Mitterrand. Personne ensuite n’a fait quoi que ce soit pour éradiquer la maladie devenue cancer.
      Et les mêmes guignols reviennent aujourd’hui nous promettre la sécurité ?

    • 2 Novembre 2016 à 19h28

      Villaterne dit

      Aujourd’hui je me suis mis un sale coup sur l’ongle du pouce. J’ai un joli rat ! Il n’y a pas que des jolibert, il y a aussi de joli rat !
      Enfin tout ça pour dire que l’ongle du pouce est un quartier sensible !

    • 2 Novembre 2016 à 19h16

      Sancho Pensum dit

      Nouvelle crise de paranoïa ordinaire à Causeur…
      Après l’autre fada du Canada qui jugeait que l’emploi du mot radical pour l’islamisme visait à en amoindrir la noirceur, voilà Mme Ducreux qui vient nous expliquer que la dénomination des quartiers sensibles sert à culpabiliser les flics qui y interviennent.
      La psychiatrie française assiste impuissante à l’évolution pathologique du malade.

      • 2 Novembre 2016 à 19h37

        mogul dit

        Mais elle vous a quand même laissé sortir…

      • 6 Novembre 2016 à 6h30

        FM Arouet dit

        C’est une bien grande erreur que de penser que la connotation des mots importe peu ou n’a guère de sens. Elle en dit beaucoup, autant qu’un lapsus freudien
        Le titre de l’article nous fatigue par cette nième référence à Badiou, l’archéo. Badiou, aux oubliettes.

    • 2 Novembre 2016 à 10h07

      persee dit

      Le “petit franchouillard médiocre” demande à François pourquoi faire des africains des “messieurs PLUS” ? lors des guerres mondiales , les hommes se font tuer et servent de chairs à canons , toutes catégories confondues . Regardez les noms sur les monuments aux morts ,toute la jeunesse français a été décimée, la courbe démographique après guerre le montre bien ; Il est pitoyable et malhonnête de vouloir faire des sénégalais , marocains ou annamites la figure christique du sacrifice et de la rédemption française. la quasi totalité des historiens ont ainsi condamné la fausseté du film indigène . Et de plus cela enlève tout mérite et toute dignité aux combats de ces soldats . Bref c’est dégueu !

      • 2 Novembre 2016 à 12h17

        François dit

        Persée, pas des “messieurs plus” néanmoins, pourquoi des “messieurs moins” Tout le monde a besoin de respect et d’estime de soi.
        D’ailleurs sans Churchill, les Amerloques et accessoirement… De Gaulle, ce n’est pas la France libre qui aurait sauvé notre pays.

    • 2 Novembre 2016 à 3h38

      bu2bu dit

      A bah c’est sur Francois, sans les tirailleurs Sénégalais on aurait perdu la premiére guerre mondiale, sans les marocains on serait toujours bloqués en Italie pendant la deuxiéme, et sans l’immigration Africaine on n’aurait ni routes, ni hôpitaux, ni rien.
      Heureusement qu’on est informés par Libération, le Monde, BFM TV, le Nel Obs et France Télévision, sinon on ne comprendrait pas la réalité du monde…..

      • 2 Novembre 2016 à 12h23

        François dit

        bu2bu, engagez vous dans les “tirailleurs Français”, allez risquer votre vie (ce ne sont pas les théâtres d’opération qui manquent) et au retour (si vous revenez), on minimisera votre rôle en vous priant de la fermer.
        Ces types se sont battus (souvent enrôlés de force) pour un pays qui n’est pas le leur et en prime il faudrait leur expliquer qu’ils n’ont servi à rien ?
        (C’est ce que vivent des centaines de milliers de GI revenus de la guerre dans une indifférence générale, voire pire, étant rejetés par leurs propres compatriotes)

    • 1 Novembre 2016 à 20h28

      kelenborn dit

      Je ne comprends pas pourquoi Riocreux, une fois de plus, n’est-ce-pas- comme disait JMLP nous parle de quartiers sensibles en ergotant comme d’habitude
      Ces quartiers ne sont pas sans cibles puisque les cibles, ce sont les flics!

    • 1 Novembre 2016 à 17h31

      Patrick dit

      C. Canse dit – 1 Novembre 2016 à 13h41
      Quand (si ?) les migrants quitteront Paris y mettront-ils le feu ?
      C’est “Paris brûle-t-il” version 2016 ?

      • 1 Novembre 2016 à 19h12

        C. Canse dit

        Patrick

        Excellent. 

        • 1 Novembre 2016 à 20h04

          François dit

          C Canse, autant j’ai apprécié d’apprendre que votre gamin avait eu son bac à 16 ans 1/2 avec mention, autant, à lire certains de vos commentaires je finis par me demander si dans son éducation et ses résultats, il y eu un UV humanisme…

    • 1 Novembre 2016 à 17h27

      Patrick dit

      ZUS est, en l’occurrence, un euphémisme qui évite de dire : « zones dangereuses » ou quelque chose dans ce genre
      On pourrait les appeler ZUT, Zones Urbaines Terroristes !

    • 1 Novembre 2016 à 16h52

      MGB dit

      Quant à la photo des casseurs ci-dessus, j’ai le doigt sur la gâchette qui me démange. La gâchette (1) de mon jeu video, bien sûr !

      (1) Pardon, la queue de détente, comme disait mon adjudant de compagnie en 1973 sans savoir combien cette jolie expression technique peut prêter à confusion

      • 1 Novembre 2016 à 20h51

        la pie qui déchante dit

        ouiiii!!!

        de même qu’il ne fallait pas dire une douille mais un étui ….souvenirs souvenirs …

    • 1 Novembre 2016 à 16h45

      MGB dit

      Moi le Français ordinaire, le souchien, ce pelé, ce galeux que les libéro-libertaires qui nous gouvernent voudraient bien faire disparaître parce qu’il ne pense ni ne vote comme il faut, je me demande pourquoi tous ces migrants ne sont pas renvoyés chez eux avec toute la publicité qui s’impose.
      Ils se sont imposés à nous, et certains osent parler de leurs droits ! Je me moque comme d’une guigne de leurs conditions de vie : qu’ils partent.

      La tradition de brûler, c’est les gens du voyage qui brûlent la caravane où l’un des leurs est décédé. Erzatz de bucher funéraire.

      • 1 Novembre 2016 à 19h53

        François dit

        Ils ne sont pas renvoyés chez eux parce que si vous vous déplacez en voiture, vous constaterez qu’au bord des routes ce sont eux qui travaillent à les réparer comme hier ils étaient en usine à la construire pour vous permettre de vous rendre chez votre mémé pour l’assurer de votre affection.
        Avant-hier ils vidaient vos poubelles et quelques décennies auparavant ils versaient leur sang dans une guerre Européenne qui ne les concernaient pas.
        J’espère qu’ils se moquent comme une guigne de votre point de vue, ou sinon qu’ils vous feront ravaler votre morgue comme votre hargne de petit franchouillard médiocre.

        • 2 Novembre 2016 à 11h34

          golvan dit

          @ françois
          Au bord des routes, en France, là où je vis, ce sont des autochtones qui travaillent, idem pour ramasser les poubelles.
           

        • 2 Novembre 2016 à 11h49

          Surbranĉa Birdo dit

          Entre les deux guerres mon grand-père était ingénieur des Travaux Publics dans ce qu’on appelait alors les colonies. Là-bas il était chargé de de construire des ponts et des routes, c’est-à-dire qu’il passait son temps à tracer des plans, à calculer des charges etc. Comme l’a fait remarquer René Dumont dans « L’Afrique noire est mal partie », un jour des noirs se sont dit : « S’amuser à faire des dessins et à gribouiller sur du papier tout en restant bien à l’ombre et au frais dans un bureau, on peut le faire aussi bien que lui ! » Le résultat est qu’il y a près de quarante ans un Africain disait à ma mère, tout consterné : « Si votre père voyait dans quel état sont maintenant les ponts et les routes qu’il a faits ! » François a le même niveau d’intelligence que ceux qui ont remplacé mon grand-mère dans son bureau : il voit quelques noirs travaillant sur les routes (avec des blancs, j’en vois aussi) ; il ne voit pas toute la pensée qui est derrière et qui constitue l’essentiel.

        • 2 Novembre 2016 à 12h12

          François dit

          Magnifique Surbranĉa Birdo
          Et bien moi, mon père était gouverneur de région du Maroc entre deux guerres et il a tout fait pour apporter à ces populations ce que notre culture avait de positif (Institutions, Ecoles, barrages, routes ect…
          J’y suis né, viré avec ma famille alors que j’avais 3 ans et nous sommes revenus en France.
          Ce ne sont pas eux qui ont sauvé la France, ni même les Français pour répondre aux glorieux défenseurs de la patrie s’exprimant sur ce fil, mais Churchill, les Américains et De Gaulle… en force d’appoint…comme les tirailleurs Sénégalais.
          Cela étant, ce n’est pas le sujet. Ils ne nous ont pas invité à les coloniser, mais on l’a fait. Utilisés et là je vous le confirme à titre personnel pour avoir dirigé trois établissements de 1978 à 1982 comprenant 1 600 travailleurs immigrés qui bossaient dans nos usines (Renault, Peugeot entre autre) Ils ne faisaient chier personne et c’était à Aulnay sous bois et aux Mureaux.
          Maintenant, je vais vous faire plaisir Surbrança. Lorsque je suis retourné au Maroc en 1972, à 18 ans, tout le monde (les aînés) regrettaient les Français…

        • 2 Novembre 2016 à 17h46

          MGB dit

          @ françois
          Vous devriez regarder un peu plus loin que le bout de votre nez