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Quand Paris ne vaut plus une messe

Conversation sur la conversion

Publié le 05 décembre 2011 à 14:21 dans Société

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La conversion de Paul. Image : Lawrence OP.

À la fin d’un entretien passionnant mené dans le cadre de son émission Répliques, Alain Finkielkraut interrogeait le philosophe Pierre Manent sur la notion de conversion, religieuse ou intellectuelle, qui constitue, selon ce dernier, rien moins que le propre de l’Occident. Pierre Manent décrit, à la fin de son ouvrage intitulé Le Regard politique, cette « confiance dans la force de l’âme » que manifeste la conversion. Rester soi-même tout en devenant tout à fait autre, c’est le miracle qu’accomplit Rome lorsqu’elle devient chrétienne. La conversion est une possibilité de l’âme humaine que seule la civilisation occidentale a vraiment explorée. Dans les autres civilisations, explique Pierre Manent, la conversion est souvent interdite, car changer de religion revient, au fond, à perdre son être. Il faut donc que l’âme occidentale ait en elle-même une confiance hors du commun pour acquiescer à cette sorte de transsubstantiation d’elle-même. Malgré l’étiquette de « réactionnaire » dont on l’affuble parfois en compagnie d’autres excellents auteurs (dont Alain Finkielkraut), Pierre Manent n’est peut-être pas si loin, dans cette définition du propre de l’Occident comme simple disposition de l’âme, de ceux qui veulent substituer à la vieille et hypothétique « identité occidentale » le pur geste de l’ouverture à autrui.

Dans le texte qui nous est ici donné à lire, Alain Finkielkraut analyse le projet de nombre d’intellectuels occidentaux qui veulent aujourd’hui, selon les termes du philosophe catholique, homosexuel, et homme politique de gauche italien Gianni Vattimo, réduire « presque totalement » notre identité « à écouter ses hôtes et à leur laisser la parole ». Une identité définie par un geste d’ouverture, cela semble être une contradiction dans les termes. L’antique disposition à la conversion de l’âme occidentale serait-elle une vertu chrétienne devenue folle, selon le mot fameux de Chesterton ?

[...]

Cet article est issu de Causeur magazine n ° 41.

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  • 6 December 2011 à 11h46

    Mangouste1 dit

    L’Ours,

    “Il reste l’abandon de la croyance. Celui vers l’athéisme ou l’agnosticisme. Dans quoi les classer?”

    Mais dans les mêmes cases, bien sûr. 

  • 5 December 2011 à 17h42

    Alpheratz51 dit

    Le plus douloureux, c’est la conversion euro-dollar !

  • 5 December 2011 à 17h32

    L'Ours dit

    Je ne le garantis pas bien sûr, mais j’ai la conviction que tout type de conversion est presque toujours dû à l’amour aveugle et parfaitement idiot, parfois à l’intérêt, et encore plus rarement à un cheminement profond et raisonné.
    Dans le premier cas, c’est comme les femmes amoureuse d’un mec qui les bats. Elles se convertissent à lui et s’aveuglent de tout, et ça peut durer des années, voire une vie. Idem pour les sectes, même les pires. Rien n’y fait! Le cerveau est ankylosé, et même si la personne vient d’une famille équilibrée, le pas est franchie puis l’emprise trop forte. Toujours dans le premier cas, il y a aussi ceux qui voyagent pour la première fois, et cette première fois les a mené vers le pays Land. Et voilà que pour eux, Land est le paradis sur terre, rien n’est plus beau, leurs habitants sont géniaux et plus rien ne vaut à part le pays de Land. Ils ne sont jamais allé ailleurs, mais qu’importe? 
    Dans le second cas, il y a la conversion par intérêt. Malher pour diriger l’orchestre de Vienne, telle fille au judaïsme par amour pour son futur époux, etc.
    Enfin il y a les vrais conversions, non dues à un miracle ou un mirage, mais à un long cheminement intérieur, un cheminement fait de connaissance.
    Il reste l’abandon de la croyance. Celui vers l’athéisme ou l’agnosticisme. Dans quoi les classer? 

  • 5 December 2011 à 15h51

    Fiorino dit

    @ Florentin Piffard
    “selon les termes du philosophe catholique, homosexuel, et homme politique de gauche italien Gianni Vattimo, réduire « presque totalement » notre identité « à écouter ses hôtes et à leur laisser la parole ». ”

    Non pas ça s’il vous plaît. Gianni Vattimo a fait carrière sur son homosexualité en politique, après il a pris le chemin de l’antisionisme obsessionnel en déclarant même qu’il commenceait à croire au prorocol des sages de sion. Il a été à la pointe du boycott du salon du livre de Turin où l’invité d’honneur été Israël. J’ai bien aimé quand Umberto Eco lui a fait remarqué au sujét du boycott des universitaires israéliens s’il aurait aimé d’être boycotté en tant que prof d’université dans ses nombreuses interventions aux USA en tant qu’italien à cause de Berlusconi. Non franchement je ne sais pas où vous êtes aller chercher cette phrase, mais Gianni Vattimo est sans doute un des pires antisionistes qu’on a en Italie. Au moins qu’il n’ai pas changé d’idée de façon totalement opportuniste (c’est une habitude chez lui). Il nous a même sorti que le proletariat aujourd’hui c’est les musulmans. Les partis de gauche lui ont a juste titre préférées Mercedes Bresso pour l’investiture aux régionales du Piemont et c’est pour cela qu’il s’est mis dans la gauche antisioniste en regrettant qu’on lui ait préféré une “femme au foyer”.