Quand on est Küng, on est Küng
La vraie honte, c’est sa conception de la sexualité
Publié le 28 mars 2010 à 13:30 dans Société
Mots-clés : Religion

Il est frappant que ce prêtre passe auprès de la plupart des médias pour un oracle, une référence, quasiment un Père de l’Eglise. Les mêmes journaleux qui ne comprennent strictement plus rien à l’Eglise catholique (ceci a été nettement démontré par Bernard Lecomte dans son ouvrage Pourquoi le pape a mauvaise presse, DDB, 2009), et qui sont toujours prêt à « mettre sur la sellette » (allusion charmante à un supplice médiéval), nos pasteurs, nos évêques, nos cardinaux, et maintenant notre Saint-Père – les mêmes journaleux donc, dès lors qu’ils ont affaire à ce contestataire autoproclamé, sont immédiatement chapeau bas. Naturellement ils n’ont pas lu ses livres. Moi, j’ai lu le texte dans lequel il préconise (le granthéologien), pour remédier à ces déchirantes histoires de pédophilie, le mariage des prêtres.
Je dis : la conception de la sexualité humaine sur laquelle repose une telle proposition est une honte, est un avilissement, est une dégradation atroce de l’être humain. Vous êtes peut-être un granthéologien, M. Küng, bardé de diplômes et parfait rat de bibliothèque, mais vous n’en êtes pas moins avec toute votre grande culture un perroquet de l’idéologie dominante, un allié objectif des forces les plus puissantes, les plus secrètes et les plus répugnantes qui agissent dans les sociétés modernes pour réduire et anéantir cette miraculeuse merveille qu’est la sexualité.
Je vais traduire de façon grossière, je vais traduire de façon brutale, ce que nous a dit King Küng. Pardon à ceux que cela pourrait choquer. Mais ce n’est pas moi qui suis choquant. C’est lui. Il faut appeler un chat un chat. Ce que nous dit le granthéologien devenu la référence absolue de toute la cathophobie, c’est qu’il n’y a qu’à fournir une femme aux prêtres, afin qu’ils puissent tirer leur coup deux ou trois fois par semaine (ou davantage s’ils le veulent), et que comme ça, ils foutront la paix aux petites filles et aux petits garçons.
Ce que vous préconisez donc pour nos prêtres, Monsieur le Granthéologien, c’est une forme de la stabulation libre. En vous lisant, je me suis subitement rappelé cette scène, qui m’avait tant frappé adolescent, du grand péplum de Kubrick, Spartacus. A un moment, on voit Spartacus (Kirk Douglas) dans sa cellule d’esclave gladiateur. La porte s’ouvre. On fait entrer une femme. Les dresseurs, les lanistae, savent bien que ces hommes ont des envies sexuelles. Alors, on leur fournit des putes. Et Spartacus refuse. Il se met à hurler : Je ne suis pas un animal ! Vous, M. Küng, prêtre et théologien, vous êtes en train de dire à nos prêtres qu’ils sont des animaux comme les autres !
Remarquez bien, vous ne faites en cela qu’étendre au sacerdoce le mot d’ordre unique et mortifère qui est aujourd’hui proposé à tous : l’abjecte réduction de la sexualité à un besoin consommatoire que l’on peut satisfaire à peu de frais. Longtemps, il est vrai, la société chrétienne a gendarmé la sexualité ; elle lui a imposé des cadres, des limites, parfois tout à fait abusives ou absurdes, je le reconnais volontiers. La société libérale et marchande a trouvé mieux : l’autoriser. Allez ! Voilà la pilule ! Voilà la capote ! Voilà le sextoy ! Voilà les films (des fois que vous manqueriez d’inspiration !) Allez ! Baisez donc ! Une fois les couilles bien vidées et la fente bien bourrée, vous en serez débarrassés, de la sexualité !
Oui, je suis mal poli. Mais je ne fais que dénuder ce que vous nous dites, M. Küng. Désolé. Mais vous, vous n’êtes pas mal poli, vous êtes infâme. Vous avez injurié nos pasteurs et vous nous injuriez. La sexualité humaine n’est pas ce que vous croyez. Je vous trouve bien mal renseigné ! C’est un étonnement ; c’est un mystère ; c’est un jardin secret ; c’est une merveille. C’est le plus beau don de Dieu à notre condition humaine.
Alors, des prêtres ont fauté. Gravement. Et moi, chrétien, j’en pleure. Il est indispensable, quand il est prouvé que cela a eu lieu, qu’ils en rendent compte à la justice humaine. Il reste, M. Küng, granthéologien, que votre dégoûtante proposition est une basse insulte à la dignité humaine.
-
L'auteur
François Taillandier est écrivain.
-
Plus










La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés
194Nos offres
1 an : 59 € ............................................ >
1 an : 34,90 € ....................................... >
Têtuniçois dit
Dans l’éducation nationale , les instituteurs pédophiles ont été condamnés par la justice , ce qui n’est pas le cas de nombreux prêtres pédophiles qui ont été déplacés d’un pays à un autre pour échapper à la justice .
BUSH a évité les foudres de la justice à un prêtre catholique pédophile américain qui avait abusé de 200 enfants .
Nul doute que le Vatican a dû marchander tout ça .
Têtuniçois dit
C’st la frustration sexuelle qui est la porte ouverte à la pédophilie , la zoophilie .
L’Eglise catholique encourage la frustration sexuelle .
Loulou dit
Moi, j’attends toujours que nos chers journaleux nous sortent une étude sur la pédophilie chez les imams ou les rabins. Parce que si j’en juge par les affaires de ces dernières années il me semble que la plupart des pédophiles arrêtés étaient mariés, donc le mariage n’est pas un antidote au dérapage pédophile, alors vous voyez où je veux en venir ? Imams ou rabins en contact régulier avec des enfants seraient ils tous d’irreprochables vertueux parce qu’ imams et rabins ?
Ou y aurait il plutôt des milieux ou le tabou est encore tel que c’est la loi du silence absolu sur ces problèmes ?
Et j’attends aussi que les journaleux en question (à ce propos bravo Mélanchon !!!) condamnent l’institution de l’Education Nationale en raison de la présence avérée de pédophiles et protecteurs de pédophiles en son sein.
Je vais attendre longtemps.
Ana Trella dit
Une réponse intéressante à cet article glanée sur le net :
http://eliasduparc.blogspot.com/2010/03/une-reponse-francois-taillandier-et-son.html
Porc dit
Référence : “Des souris et des hommes”.
Souris donc dit
@ Porc
Comment ça ?
Porc dit
Qu’importe qu’un homme soit noir ou gris s’il lève les souris.
Zantrop dit
à Bérénice :
« Si on croisait l’homme avec le chat, cela améliorerait l’homme mais sûrement pas le chat. » Twain a raison. Le chat ne peut pas être amélioré : il est parfait !
Trotte-ski dit
Encore un texte censuré, alors qu’il ne contrevenait pas à la netiquette.
Est-ce parce qu’il visait juste ?
Décidément, sur Causeur, on veut bien des opinions différentes si elles ne sont pas différentes.
Ce qui est sûr,c’est qu’il va lui aussi se retrouver sur Rue89 :-)
Têtuniçois dit
Non seulement ils tripotent les enfants mais ils ont en plus le culot de faire la morale à toute le monde !!!!
gloubiboulgour dit
@F Taillandier, écrivain
Voulez-vous dire impoli quand vous écrivez “mal poli”? Causons et vitupérons en français….
Munstead dit
Quanbd on est kûng on est küng et quand on est con on est con Monsieur Taillandier.Le célibat est un ‘vœu’ ou plutôt une mesure tardive de l’église pour réagir à la débauche de ses prêtres et éviter la dilution des biens écclésiastiques à l’occasion de mariages. Dans toutes les autres grands religions, les prêtres se marient et cela ne semblent pas poser de problèmes. Que certains aient peur de la sexualité c’est évident, que cette peur, ce rejet (appelé sublimation) soit imposé à des séminaristes dont la sexualité se réveillera un jour est une autre histoire.
Accessoirement, j’ai été tripoté pendant un an par les aumoniers de mon lycée et j’aurais vraiment préféré éviter de leur servir de défouloir.
L’Ours dit
Odilon,
tout à fait d’accord avec votre 16:11
fabien dit
@souris donc
A lire les publications en question, on est face à un travail scientifique sérieux, où les hypothèses sont pesées et comparées.
S’il y a simplification, c’est de ma part, parce que les commentaires d’un article ne sont pas le lieu pour des grands excursus méthodologiques.
Si ce n’est dans mon premier poste volontairement provocateur, j’ai essayé de rendre la part de flou qu’il y a sur les chiffres (mais le 0,2% à 1,7% est déjà une indication). Ainsi, pour le nombre de jeunes ayant fait l’objet d’abus, les différentes enquêtes citées par shakeshaft vont de 1% (American Humane Association NCPCA, 4% chez Bithell) à 60% (Wishnietsky).
A défaut de donner des indications précises et positives, ces chiffres donnent déjà à réfléchir. C’est encore l’histoire de mon prof de sport, à propos duquel, en lisant les articles, je me suis demandé ce qui lui avait valu cette réputation.
Et encore une fois, les mentalités ont –heureusement- largement changé durant les 30 dernières années.
Lady dit
“Le véritable fondement du célibat ne peut être contenu que dans la phrase: “Dominus pars” (mea) – tu es ma terre. Il ne peut être que théocentrique. II ne peut signifier être privés d’amour, mais il doit signifier se laisser gagner par la passion pour Dieu, et apprendre ensuite, grâce à une présence plus intime à ses côtés, à servir également les hommes. Le célibat doit être un témoignage de foi: la foi en Dieu devient concrète dans cette forme de vie qui a un sens uniquement à partir de Dieu. Placer sa vie en Lui, en renonçant au mariage et à la famille signifie que j’accueille et que je fais l’expérience de Dieu comme réalité et que je peux donc l’apporter aux hommes”
B.XVI
On est loin de la vision limitative de l’homme par le Kung, pauvre Kung
Odilon dit
Cette focalisation sur la question sexuelle est complètement à côté de la plaque. Le scandale n’est pas qu’il y ait des prêtres pédophiles. Il est naïf de croire que le voeu de chasteté puisse transformer un homme en saint quasi-égal à Dieu (Il n’a jamais eu besoin de se reproduire, ce tricheur). Le scandale est que ces pédophiles soient couverts par leur hiérarchie, au mépris du droit de leurs victimes.
Bérénice dit
@ Zantrop
Mark Twain va dans le sens de la SPA :
Si on croisait l’homme avec le chat, cela améliorerait l’homme mais sûrement pas le chat.
Zantrop dit
« et quelques uns ici se livrent à l’enculage de mouches. » (Souris donc dixit)
C’est intolérable : Après la pédophilie, la zoophilie !
J’en appelle immédiatement à la SPA
Odilon dit
Si on a le droit d’appliquer la castration chimique aux pédophiles condamnés, pourquoi ne l’applique-t-on pas aux prêtres? Après tout, c’est compatible avec leurs voeux.
Porc dit
Il y a environ septante ans, l’âge légal suisse avait été fixé à 16 ans. Je crois, sans en être certain, qu’il a récemment été relevé à 18. En France, il a été relevé en 1945 de 13 à 15. Mais quand il s’agit de photos, c’est 18, si bien que vous avez le droit de faire ce que vous n’avez pas le droit de photographier. Au Vatican, c’est 18 (signé Benoît XVI). Bref, il semble qu’on aille vers une unification à 18 ans. A titre de comparaison, le droit de vote, en France, est passé de 21 à 18 ans.
Il appartient aux psychologues et aux sociologues d’analyser ces données.