Quand les bonbonnes font l’effet d’une bombe
Le but n’est pas l’explosion, mais l’exposition
Publié le 16 juillet 2009 à 17:40 dans Société
C’est donc le dernier chic ouvrier. Pour pouvoir se faire entendre, des salariés menacés de licenciement généralisé disposent devant leurs usines des bonbonnes de gaz, et menacent de tout faire péter si l’on continue de faire comme s’ils n’existaient pas.
Se faire entendre, oui mais de qui, hormis des riverains ?
Avant tout des médias, la bonne blague ! Télés, radios, journaux sont également formatés pour ne s’intéresser aux banlieues que quand les voitures brûlent, aux péquenots quand ils vidangent leur purin dans les jardins de préfets et aux étudiantes quand elles se prostituent. Du social, d’accord, mais seulement si le spectacle est compris, sinon on enverra plutôt les reporters stagiaires dans les squats de Montreuil, à la gaypride de Jérusalem ou au off des Francofolies.
Alors le prol, bon gars, fournit le show en bonus. Une bonbonne, même vide, ça fait une belle image, ça ressemble à une bombe, et pour cause d’étymologie commune, cette ressemblance est même visible à la radio.
La bonbonne de gaz, c’est la version d’été, light, de la prétendue « prise d’otage » qui a cours le reste de l’année. Et ça marche pareil. Les mêmes braves types de chez Nortel à Chateaufort qui demandaient en vain depuis des jours une entrevue avec leur direction, pour savoir au moins à quelle sauce ils allaient être virés, l’ont finalement obtenue après que l’opération butane a alerté les médias qui eux-mêmes ont réveillé les pouvoir publics, qui eux même ont dû trouver les mots pour convaincre le directeur de rentrer dare-dare de Saint-Jean Cap-Ferrat
Parce que maintenant, c’est comme ça. Certes, les gouvernements-castings et les annonces-showcases du président actent d’une démocratie du JT, où tout ce qui est important intervient aux alentours de 19h58, mais en corollaire, l’inverse est avéré : si on veut faire bouger les pouvoirs publics faut d’abord trouver un moyen de faire venir la télé, qui elle-même, etc….
Donc, la bonbonne c’est la voie royale pour se faire entendre des médias, de l’Etat et même du patronat. Les seuls qui resteront sourds à ce cri de détresse, parce que cela fait longtemps qu’ils se désintéressent totalement des travailleurs du secteur privé, ce sont, bien sûr, les syndicats. Pour que ceux-ci sortent de leur torpeur estivale et retrouvent les saintes colères de Vallès et Jaurès, il faudra attendre qu’on rouvre les négos annuelles sur le point d’indice dans la fonction publique.
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L'auteur
Marc Cohen est rédacteur en chef brèves de Causeur.
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slider dit
Précision importante pour pas que je passe pour plus niais que je ne le suis.
Je me demande toujours comment font ceux qui vote pour un candidats à la présidentielle parce que ‘ il va réduire le chômage” Mouarf!! comme si les politiques en avaient le pouvoir , ils sont employeurs?Je “m’étonne” qu’ils puissent “sauvé” des banques mais qu’il soient incapables de sauver des emplois, c’est tout.
dominique dit
L’article de Marc Cohen me semble assez différent sur le fond de la discussion. Si je devais résumé ce que j’ai compris de l’article, c’est : pour être entendu il faut passer à la télé, et pour passer à la télé, il faut du sensationnel… Sinon, tout le monde s’en tape le popotin, et on peut crever dans son coin.
A partir de là, deux pistes : 1- comment entendre la misère du monde, ou simplement les problèmes de ses voisins; ou comment être entendu sans être obligé de défrayer la chronique. et 2-comment justifier le sensationnel.
Il semble que la discussion s’oriente définitivement vers le 2, à l’exception de Pascal qui souligne, très justement selon moi, qu’en poussant un peu le bouchon, on en arrive à une justification du terrorisme. Et le problème, c’est qu’il y a toujours deux côtés. En Cisjordanie, on nous montre des palestiniens parqués sans liberté sans travail et avec à peine de quoi survivre, et même si on ne justifie pas le terrorisme, on en est déjà à “comprendre leur saine colère”. Dans le même temps en Israël bien sûr on nous montre des population civiles devant vivre sous la menace permanente de bombe. Bon, où est la vérité, où est la morale, où est la justice, la civilisation, arrêtez-moi je m’emporte…
Revenons à nos bonbonnes. Personne n’a encore été dire que le patron avait bien raison de vouloir virer cette clique de terroristes ? Je force le trait bien sûr: il faut quand même savoir respecter leur souffrance.
Mais respecter leur souffrance ne veut pas dire justifier leurs actes (je dis souvent à mes enfants que je les aime, mais que je déteste parfois ce qu’ils font, et non pas ce qu’ils sont…)
slider dit
J’ose une petite comparaison.
Les banques de dépôts ( qui après Brettons Wood ,si j’ai bien compris, devait se cantonner à un rôle qui n’était celui des banques dites d’affaires ) ont joués au poker menteur et se sont plantées .Le risque pour “l’économie réelle ” si beaucoup de ses banques se cassait la gueule , étant élevé, les états et les banques centrales, ont remis du charbon dans la machine ( charbon qui sort d’ou?).Si , cas improbable , cela n’avait pas été fait , les banques aurait -elles ( ont-elles?) utilisées le chantage à la bouteille de gaz?
Dans ma comparaison , je pose la question : Les délocalisations, les fermetures d’usine pour cause diverses et variées , ne font elles pas peser , elles aussi , un risque élevé sur l’économie ? Cout social ,entre autre?
Les banques ont elles plus de légitimité a être sauvées que les emplois? je croyais, naïvement ,que tout était lié ( les maillons d’une même chaine )
Pascal dit
Vous savez Saul,
ce sont ces mêmes braves salariés,victimes de patrons voyous..toussa…toussa,qui seraient les premiers à crier à la défense du droit de propriété ou à une atteinte à leur droit de propriété privé,si un malotru menaçait de faire exploser leur pavillon avec une bonbonne de gaz.
BArry dit
Les gars, il s’agit d’un problème institutionnel. Impossible de régler le problème, sans volonté politique : elle a été bizarre, la social-démocratie, en France.
candide dit
SLIDER :C’est arrangé ,ils n’ont pas eu besoin de la chambre amicale euhhh….décidemment j’ai des problèmes sur cette chambre , je veux dire chambre ARBITRALE , ça y est j’y arrive enfin .
De plus , ils lui ont permis de vivre décemment en tant que consultant de leur grande organisation .
Le salaire ?
Vous m’en demandez de trop !
Le peu que je sais c’est ,par mois ,plusieurs fois le smic mensuel ou annuel là aussi je l’ignore!
Mais est-ce si important que cela ?
BArry dit
@Saul:
il fallait bien que je rebondisse!
Saul dit
Pascal :
ok ce n’ est pas excusable, mais compréhensif quand meme…
et oui, ce n’ est pas digne d’ un état de droit ou d’ un esprit civique. mais le comportement de ces patrons-voyous l’ est il ? je sais que vous n’ etes pas d’ accord avec ça mais on ne peut pas regarder qu’ une seule facette…..
sinon que croyaient vous qu’ ils puissent faire ?
se laisser faire ?
Pascal dit
C’est vrai ça:Où sont passés les syndicats dans cette affaire et dans d’autres du même type?
C’est pourtant leur boulot de servir d’intermédiaires et d’amortisseurs dans ce genre de négociation entre les salariés et leur employeur.
Ca éviterait d’en arriver au chantage à la bonbonne de gaz et à une forme de terrorisme pour régler le conflit social dans l’entreprise.
Je regrette,mais les méthodes employées par ces salariés ne sont pas un progrès de l’Etat de droit,ni de l’esprit civique en France.
On m’objectera probablement:”Oui,mais le comportement de patrons-voyous est déjà une forme de violence faite aux travailleurs…donc, ils ne font que se défendre”.
Pas d’accord.
Saul dit
Fred (lou lepreux) :
correction, l’ article de Cohen, c’ est “létalité mon oeil ! “
Saul dit
Fred (lou lepreux) :
allez voir aussi sur les fil de ” l’ oreillette” et dans les breves, celui de “causeur” et “armes non létales” ( ou titre approchant, de Marc Cohen )
c’ est tordant XD
L’Ours dit
Nadia,
merci de cette information sur notre législation!
Effectivement, on sait faire des lois en France. Les appliquer, c’est un autre problème!
Saul dit
BArry :
à mon avis le post de Ludovic pour Nadia est à prendre au second degré…..
BArry dit
Finalement, après lecture, je crois que ça s’applique à vous aussi.
BArry dit
Désolé Ludovic, je m’adressais à marchenoir mais j’ai été censuré. C’était au sujet de son délire sur l’africanisation du langage.
BArry dit
Crétin!
BARBArry dit
Marchenoir, je t’imagine embroché, tournant au-dessus d’un feu ouvert et servi avec une pomme de pin dans le cul, c’est joli et ça rendrait hommage à nos beaux paysages nordiques. Tu n’es pas sans savoir que les recettes sont adaptées en fonction des ingrédients disponibles. Et puis c’est français et sensé, bref ça devrait passer!
Ludovic Lefebvre dit
Merci pour l’info cher David.
Parce qu’en plus se faire humilier par une pute de bas étage ou un quéqué était gratuit ? Les cons ayant participé à cette indignité télévisuelle ont donc mérité leur sort à la Feydeau sauce techno. Et moi, je les aurais mis sur une galère ou dans un bagne.
Ma chère Nadia,
Je ne veux pas aller à l’Est plus loin que Strasbourg. Au delà, des blonds crasseux aux dents paires absentes vous coupent le doigt au sécateur en riant aux éclats. Les seuls lieux de la défunte U.R.S.S où je suis d’accord pour me rendre sont Nice et Monaco. Tant pis pour la gastronomie, le terroir et le pouvoir d’achat. Et puis ces gens ne sont pas français donc forcément un peu cons.
Vous êtes, bien sûr, l’exception.
slider dit
Ou en est l’histoire de Denis Gautier-Sauvagnac?
Saul dit
Nadia,
“…arrangent parfaitement et le pouvoir et les fonctionnaires.”
non, pas d’ accord avec toi, ça n’ arrange meme plus les fonctionnaires. le syndicat, c’ est comme la mafia, il ne protège plus que ses encartés ( et encore ! de moins en moins vrai…). pour moi, ils sont achetés ( et/ou à jeter ).