Quand la gauche n’essaie plus
60 ans, faut pas battre en retraite !
Publié le 25 janvier 2010 à 13:00 dans Politique

Assez fainéanter ! Les vieux, au boulot !
21 janvier, jour anniversaire de la mort d’un révolutionnaire qui a réussi, Lénine, et d’un réformateur qui a échoué, Louis XVI. En ce frisquet après-midi de 2010, il y a grève de la fonction publique. Sarkozy : aujourd’hui quand il y a une grève, plus personne ne s’en rend compte, quand bien même le phénomène serait encore amplifié par l’assourdissant silence des médias.
Oui, décidément, ils n’étaient pas beaucoup à défiler, les fonctionnaires. Ces sales parasites qui islamo-marxisent les enfants immigrés à l’école, qui font semblant d’être débordés aux urgences des hôpitaux, qui rétablissent le courant illégalement pour les assistés mais mettent des semaines à réparer des lignes à près une tempête de rien du tout, ces facteurs qui ont le temps d’être leaders trotskystes et d’aller distribuer une lettre à affranchissement normal à une grand-mère cévenole, ces inspecteurs du travail que Darcos entend empêcher de faire respecter le code obsolète du même nom, ces policiers qui refusent de confondre la sécurité d’une nation avec une politique d’expulsion massive, bref, ces affreux ronds de cuirs semblent à bout de souffle, démobilisés, se trainant dans des cortèges étiques de refuzniks du tout-libéral. Il suffirait de presque rien pour que la bête meure, pour que cette corporation à qui le salariat français délègue la protestation sociale depuis 1995 soit enfin éliminée en tant que classe, libérant la perspective cavalière sur un monde sans usagers mais avec des clients, c’est-à-dire un monde que l’on ne partage plus mais que l’on consomme et que l’on consume.
Le pire, c’est que le coup de grâce, juste avant cette manif exténuée, est venu de la gauche, en l’occurrence de Martine Aubry qui a annoncé qu’elle ne voyait aucune objection à ce que l’âge légal de la retraite passe à 61 ans, voire à 62. Si elle voulait achever de désespérer Billancourt, elle ne s’y serait pas prise autrement. Signe indubitable qu’elle est par cette déclaration admise dans le club des gens avec qui “on peut parler”, le premier ministre1 a aussitôt salué cette évolution du parti socialiste et ce réalisme qui l’honorait.
Comme si c’était nouveau. Le Parti Socialiste est réaliste depuis 1983. Le refus de la sortie du SME et le virage deloro-doloriste furent sont Bad Godesberg.
Depuis, il est délégué par la droite pour réformer quand c’est trop difficile. C’est pratique, tellement pratique, une gauche qui n’essaie plus, une gauche qui gère les injustices, qui privatise (euh pardon qui ouvre le capital), qui dit “L’Etat ne peut pas tout”, qui dit “Mon programme n’est pas socialiste” et qui finalement perd les élections. Quelques mesures, souvenirs d’un surmoi progressiste, font encore illusion et forcent l’électeur, quand il n’appartient pas aux couches populaires, à se prendre par la main pour quand même aller voter “à gauche” : la réduction du temps de travail, les emplois jeunes, la CMU.
Oh, on les connaît les arguments de Martine Aubry qui, pour faire passer la pilule, déclare simultanément ou presque qu’elle est pour le vote des immigrés aux élections locales : le recul de l’âge légal de la retraite serait le seul moyen de sauver le système par répartition et il faut savoir composer avec le réel. Mais de quel réel parle-t-on, au juste, et depuis quand la politique a-t-elle renoncé, justement, à le changer le réel, à rompre avec lui, à le transformer, le façonner ?
Le seul réel qui tienne dans la France de 2010, c’est que la part des salaires dans le PIB à chuté de 10 % en vingt ans. À la louche, ce sont 200 milliards d’euros qui sont passés du travail au capital. On pourrait pourtant en faire des choses avec 200 milliards d’euros, non ? On pourrait, je ne sais pas, boucher le trou de la sécu, améliorer le système éducatif sans le privatiser, créer des postes dans les hôpitaux et tiens, pourquoi pas, financer sans trop de problèmes les retraites sans pour autant en reculer l’âge légal.
On apprend, en plus, (mais il faut prêter l’oreille dans le ronronnement des éditorialistes) que finalement, les Français sont au deuxième ou au troisième rang mondial en termes de productivité la plus élevée du monde et que la durée annualisée de travail est la plus importante en Europe.
Il est passé où ce gain de productivité, comme disent les économistes ? A-t-il servi à baisser les horaires hebdomadaires, à transformer l’argent en temps libre ? Depuis les 40 heures de 1936, on est royalement passé à 39 heures en 1981 et à 35 en 1997. Cinq heures de moins en trois quarts de siècle…
Il est assez amusant, tragiquement amusant, de voir opposer ce principe de réalité par le PS lui-même à toute volonté de transformation sociale. François Furet est passé par là, il y repassera sans doute. Heureusement que le Front Populaire n’avait pas eu ces pudeurs de jeune fille quand le comité des Forges hurlait à la mort pour quinze jours de congés payés qui allaient ruiner les entreprises françaises.
Il est assez amusant de voir que le programme de la gauche de la gauche (du PG au NPA en passant par le PCF) est “révolutionnaire” simplement parce qu’il reviendrait à un statu quo ante, c’est à dire au rapport capital/travail qui existait sous Giscard.
Pour le reste, il ne faut pas que cette gauche de la gauche ait pour autant peur de perdre son âme dans des alliances avec un PS tellement rose pâle qu’il donnerait bonne mine à la Dame aux Camélias. Il suffit qu’elle établisse le rapport de force en sa faveur, qu’on ne puisse pas se passer d’elle pour avoir une majorité. Et le meilleur moyen, c’est de se rappeler qu’elle n’est pas là pour gérer le monde et se soumettre au réel mais pour le faire changer de base, comme la contre-révolution libérale a su si bien le faire de son côté depuis trente ou quarante ans.
- Il s’appellerait François Fillon ↩
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L'auteur
Jérôme Leroy est écrivain et journaliste. Dernière parution, Le Bloc (Gallimard)
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ramon mercader dit
je l’ai pas dejà dit….
la martasse a brutalement nié avoir dit celà
elle a bouffé son chapeau/avalé des couleuvres/est venue à canossa
bref elle s’est débalonnée /parjurée
quoique en politique ce soit une 2ème nature
ça ne gêne pas j leroy
pas plus que les massacres de noirs chrétiens au nigéria
il est vrai que ce sont pas des noirs très importants ceux là
la preuve ; massacrés par des noirs tu parles d’une affaire ! on en voit tous les jours !
non seule compte la couleur de peau du coupable
et son origine
si c’est un leucoderme le coupable ; bingo !
si c’est un droitard ou supposé tel ; double bingo !
tiens un étudiant ça inspire la sympathie
enfin a priori
mais lorsque c’est un étudiant (en médecine) vénézuelien qui meurt plombé par la police et les milices de chavez en protestant contre le fermeture d’une télé d’opposition
pas un mot
normal ; un (futur)valet du grand capital et de la contrerévolution….
l’habitude est une seconde nature
Lanturlu dit
@ susheela :
27 janvier 2010 à 21:13
Oui, c’est vrai. je préfère aller écouter “Sangloter d’extase les jets d’eau, les grands jets d’eau, sveltes parmi les marbres.”
Ludovic lefebvre dit
Pauvres ouvriers se retrouvant avec des bourgeois débiles porteurs de valise pour parler à leur place.
Le népotisme, le voici l’ennemi du peuple !
D’ailleurs, on ne cause pas de l’ouvrier français dans cet article comme dans les autres.
Normal ce qui intéresse les propagandistes communistes ce sont leurs chers immigrés.
Prolétaires de tous pays, unissez-vous ! (Pour sauver les derniers ouvriers encore au PC en leur ouvrant les yeux pour qu’ils le fuient).
susheela dit
ça pleurniche, ça pleurniche…
K.Rignan dit
@ Ramon:
RETRAITE
“Je prendrai ma retraite au coeur des mimosas,
dans quelque port du Sud. Les joueurs de pétanque
m’inviteront à partager la pleine lune
qu’on lance comme un fruit contre les songes fous.
J’irai dormir à bord de ces bateaux minés
où l’équateur frileux se meurt à fond de cale.
J’enverrai chaque jour mon salut aux collines(*)
pour que des dieux nouveaux, sur un air inconnu,
chantent la fin du monde. Aux passants je dirai
que l’azur va tomber sur leur front, et qu’il faut
s’en défendre. Un cyprès pourra m’entretenir
de ses malheurs. J’insisterai qu’à l’hôpital
on prépare mon lit pour la vieille comète.
Je soignerai des mots menacés par l’oubli.
Alain BOSQUET (“Sonnet pour une fin de siècle”)
(*) Des collines avec des vignes, de préférence! (voir du côté de Collioure et Banyuls sur mer….ou de Pézenas).
…. Arrivé trop tard pour vous passer les paroles de Boby Lapointe! Mais il vous reste “ta katie t’a quitté/ ta tactique était toc…”, “l’ami zantrop” (Zantrop sur un fil à côté!?)… et le scaphandrier puisque vous parlez d’un port sur l’atlantique (au sud?)…
Quant aux tactiques vis à vis des retraites, il y a tant de non-dit!
hO-Chi-Binh dit
@ ramon mercader : Et pas un seul instant, tu t’es dit :”c’est un ballon sonde pour tester l’opinion et, vu le tollé, bah, elle fait comme si elle n’avait rien dit ou (variante) que ces propos ont été déformés, etc. ” ?
Lanturlu dit
Ramon,
Le mal est fait, le pli est pris et la camelote nous inonde, avec l’OMC derrière. Et ni la gauche ni la droite ne semblent s’en inquiéter. Le pari était de taille: inonder le marché domestique de produits bon marché afin d’alléger la pression salariale. Mais l’équation chaussettes contre centrales nucléaires ne fonctionne pas. La raison? Tout le monde n’est pas polytechnicien. Alors, qu’est-ce qu’on fait avec les autres? Ah, bah, l’intendance suivra, et la main invisible, négligemment posée sur le tiroir-caisse arrangeront les choses.
Mais, qui a cassé le vase de Soissons? C’est pas moi M’sieu…
Bonjour à Souris, et bien des choses chez vous.
Philantrope dit
@ Bérénice2
Je suis impressionné par la pertinence de votre réponse et ne peux que m’incliner devant votre ouverture d’esprit qui malheureusement peut cacher la vacuité d’une pensée de girouette.
ramon mercader dit
@ souris donc & lanturlu
et tiens ce matin il fait grand soleil sur la rade et le port
ça vaut tous les neuilly du monde !
et même plus !
bon ça s’active pas trop ( crizékonomik ou bien syndicats prédateurs…..nul ne sait) mais ça redemarrera
puisque par définition la mauvaise monnaie chasse la bonne
puisque les biens de consommation à bas coût de production chassent les articles de qualité
faudra bien que l’on continue à importer de chine
ramon mercader dit
@ souris donc & lanturlu
et plaf !
oui plaf !
l’article de leroy tombe à plat
il s’écrase comme une merde de chien sur le trottoir ( le crottoir comme disait mon dernier lorsqu’il était petit et qu’il mettait le pied dans une crotte de chien )
on vient d’apprendre ( spéciale courtoisie de france cul) qu’on s’était gourré que tartine de brie n’avait jamais ( non JAMAIS) remis en question la retraite à 60ans non jamais qu’alliez vous penser
non non jamais
seulement elle prennait acte du fait que de plus en plus de gens la prennaient plus tard
et oui plus tard
remarque lorsque le cerveau suit lorsque les muscles sont encore bons et surtout surtout lorsque le spectre de ces jours sans rien foutre se profile …….hein …..on peut réfléchir
mon pap’ a fait de l’aide juriditionnelle gratuite ( mais il a vite craqué je vous raconterait ça une aut’fois)
je connais un vieux gynéco qui fait de l’écho anténatale gratos pour les défavorisées (aux abris ! )
mais dans l’ensemble c’est “prend l’oseille et tire toi”
ramon mercader dit
@ benoit
mille merci l’ami
ça va me remémorer ma jeunesse
pas que j’ai connu bobby
mais je l’ai écouté
sur un vieux tépaz
@ sophie
voui ma douce
ça va mieux
@ souris donc & lanturlu
je ne réside pas à marseille même si j’y suis né
et ma mère aussi avant elle
et aussi….
jusqu’en 1848
avant ça……ça fusillait beaucoup chez les austro-hongrois
mais vous le saviez déjà
bref massaliotte de naissance je réside sur l’atlantique
un thalassocrate en somme
ou un thalassophile
Benoit dit
Et hop Ramon!
Ce soir au bar de la gare
Igor hagard est noir
Il n’arrête guère de boire
Car sa Katia, sa jolie Katia
Vient de le quitter
Sa Katie l’a quitté
Il a fait chou-blanc
Ce grand-duc avec ses trucs
Ses astuces, ses ruses de Russe blanc
Ma tactique était toc
Dit Igor qui s’endort
Ivre mort au comptoir du bar
Un Russe blanc qui est noir
Quel bizarre hasard se marrent
Les fêtards paillards du bar
Car encore Igor y dort
Mais près d’son oreille
Merveille un réveil vermeil
Lui prodigue des conseils
Pendant son sommeil
Tic-tac tic-tac
Ta Katie t’a quitté
Tic-tac tic-tac
Ta Katie t’a quitté
Tic-tac tic-tac
T’es cocu qu’attends-tu ?
Cuite-toi t’es cocu
T’as qu’à, t’as qu’à t’cuiter
Et quitter ton quartier
Ta Katie t’a quitté
Ta tactique était toc (x2)
Ta Katie t’a quitté
Ote ta toque et troque
Ton tricot tout crotté
Et ta croûte au couteau
Qu’on t’a tant attaqué
Contre un tacot coté
Quatre écus tout comptés
Et quitte ton quartier
Ta Katie t’a quitté (x 4)
Tout à côté
Des catins décaties
Taquinaient un cocker coquin
Et d’étiques coquettes
Tout en tricotant
Caquetaient et discutaient et critiquaient
Un comte toqué
Qui comptait en tiquant
Tout un tas de tickets de quai
Quand tout à coup
Tic-tac-tic driiiing !
Au matin quel réveil
Mâtin quel réveil-matin
S’écrie le russe blanc de peur
Pour une sonnerie
C’est une belle sonnerie.
Sophie dit
Le moral remonte un peu, mon Ramon?
ramon mercader dit
@ souris donc et lanturlu
cliqueti cliqueta fait le clavier
un peu comme dans la chanson de bobby lapointe
“hier soir
au bar
de la gar’du nord
un grand russe blanc
complètement noir
…………………..
pasque sa katy
sa jolie katia
vient de le quitter
tic tac
tic tac
t’es cocu t’es cocu
……………”
ma reconnaissance éternelle à qui retrouvera les paroles originales
expat dit
@ Béret : oui je pense que je vais me mettre à jouer au loto. C’est la seule solution. Good Luck !