Présidentielle: le souverainisme d’abord! | Causeur

Présidentielle: le souverainisme d’abord!

4 des 11 candidats veulent rendre à la France son indépendance

Publié le 17 avril 2017 / Politique

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Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan en campagne. SIPA. 00801611_000013 / 00801640_000008 / 00801611_000013

Jamais, depuis Maastricht, autant de candidats à l’élection présidentielle n’avaient fait de la question de l’indépendance de la France à l’égard de Bruxelles un axe majeur de leur programme.

Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon ou encore François Asselineau. Parmi les onze prétendants à la magistrature suprême qui sont parvenus à obtenir les 500 parrainages nécessaires, quatre ont fait de la reconquête de la souveraineté de la France leur base programmatique. De fait, rarement le souverainisme n’aura obtenu pareille tribune lors d’une élection présidentielle en France et remis à l’ordre du jour un concept honni par la majorité des médias hexagonaux et les élites.

Même Fillon s’y met…

Pour autant, avec près de 45% du corps électoral séduit par les quatre candidats précités, force est de constater que la question de l’indépendance de la France en Europe interpelle les Français. Il suffit d’ailleurs pour s’en convaincre de jeter un rapide coup d’œil au classement des 10 meilleures ventes des livres politiques sur Amazon, que L’avenir en commun de Jean-Luc Mélenchon et Mon agenda de président de Nicolas Dupont-Aignan ne quittent pas depuis plusieurs semaines.

Même François Fillon, qui n’a pourtant jamais véritablement remis en cause les transferts de souveraineté aux institutions européennes, ne s’est pas fait prier lundi dernier à Nantes pour faire l’éloge du souverainisme, affirmant que « défendre notre souveraineté, c’est défendre l’idée que l’indépendance du peuple est aussi indispensable à nos concitoyens qu’elle l’est au monde ». Véritable résurgence gaulliste de la part de l’ancien dauphin de Philippe Séguin, ou obscur calcul électoraliste au moment où Theresa May adressait à Bruxelles sa lettre de rupture avec l’Union européenne ? Sans doute un peu des deux…

Toujours est-il que ce sursaut et cette critique à l’égard de Bruxelles interviennent dans un contexte européen marqué depuis plusieurs mois par un sentiment d’insécurité culturelle.

Inutile de rappeler ici que la crise migratoire, sur fond d’absence de frontières, a été perçue en France comme un symptôme des revendications multiculturelles, dans un pays où l’assimilation fait figure de socle inébranlable sur lequel repose l’unité républicaine.

Ainsi, si outre-Manche le succès du Brexit s’est construit sur l’idée selon laquelle la démocratie est indissociable de la souveraineté nationale, les Français assistent dans le même temps au dépérissement de leur État au nom d’un idéal européen galvaudé.

Vent debout contre Bruxelles !

Dans un sondage Elabe – Les Échos paru le 16 mars dernier, près de 60 % d’entre eux déclaraient d’ailleurs que l’influence de la France en Europe et dans le monde s’était dégradée au cours des cinq dernières années. Il faut dire aussi que les atermoiements du gouvernement sur les sujets majeurs comme la crise syrienne, ou le camouflet infligé par l’Allemagne lors de l’afflux des migrants, ont cruellement matérialisé l’atrophie de la parole diplomatique française sur la scène européenne et internationale.

En outre, comme l’écrivait Guillaume Bigot en décembre dans les colonnes du FigaroVox, « au vingtième siècle, c’est la toute-puissance de l’État qui a tué. Au vingt et unième, c’est l’impuissance de l’État et le débordement du politique par le religieux (islamisme) ou par l’économique (libéralisme) qui tueront ». Il est vrai que depuis un quart de siècle, la négation de la nation a conduit au délitement politique et social et n’a entraîné aucune amélioration significative des conditions économiques.

Tout le génie de Marine Le Pen, de Nicolas Dupont-Aignan et de Jean-Luc Mélenchon réside d’ailleurs dans cette capacité à refuser – du moins dans leurs discours – toute renonciation du pouvoir étatique face à Bruxelles et à structurer leur programme par une cohérence économique et politique en faisant de la souveraineté, bâtie autour de la nation, le seul et unique horizon possible et souhaitable dans le monde contemporain.

Unis dans la diversité

Affirmer toutefois que le concept de souveraineté défendu par ces candidats est identique, reviendrait à nier des différences fondamentales qui relèvent du clivage politique traditionnel droite-gauche. Si pour le Front national la souveraineté nationale est structurellement liée à l’identité fondée sur des valeurs culturelles communes, le candidat de la France insoumise préfère parler d’une « France universaliste », dans laquelle le pouvoir de décision serait donné à « chaque citoyen, qu’il soit de nationalité française ou détenteur d’un titre de séjour ».


Clash entre Jean-Luc Melenchon et Marine Le Pen… par CNEWS

Il y a entre ces deux candidats aux accents souverainistes un clivage socio-politique entre une « nation ethnie », fondée sur les racines chrétiennes de la France, et une « nation peuple », qui retire sa légitimité dans le libre déploiement des droits. Au centre de ces deux conceptions antinomiques de la nation demeure toutefois notre modèle républicain basé sur le concept d’État-nation, concept de plus en plus dévoyé sous les coups de boutoir des communautarismes, des transferts de souveraineté et du pouvoir désormais exorbitant des multinationales.

Une situation que dénonce depuis longtemps Nicolas Dupont-Aignan, rappelant que la France ne fut jamais aussi grande que lorsqu’elle sut seule influencer les grandes orientations du monde à travers sa culture et ses idées.

De fait, à l’heure où américains et britanniques renouent avec le protectionnisme en jouant sur la fibre patriotique, où la souveraineté nationale apparaît comme le seul garant légitime de l’indépendance de la nation, l’ensemble des candidats précités ont au moins un même mérite, celui de défendre un projet politique permettant à la France de s’affirmer de nouveau comme un État décidé à redevenir maître de son destin.

Et si en 2017, le souverainisme cessait enfin d’être un gros mot voué aux gémonies d’un glorieux passé ?

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 18 Avril 2017 à 19h57

      Carambar dit

      Fox23 (11h53), je vote pour vous. 
      Causeur me déçoit beaucoup sur cette campagne présidentielle. 
      Ça sent la paresse, la facilité, le réchauffé, le désodorisant people.
      En fait j’ai la curieuse sensation que toute la presse est perdue en ce moment et qu’elle remplit sa vacuité en effets, raccourcis et approximations méprisants, il faut continuer à faire du chiffre, et je suis d’avance curieux de voir comment elle va retomber sur ses pattes devant des résultats surprenants, il faut continuer à faire du chiffre, surprise qui, ça ne va pas manquer, feront que certains affirmeront que cette élection est une loterie, alors qu’il s’agit du résultat des mouvements mystérieux et souterrains de millions de décisions convergentes vers un isoloir. Un profond mélange d’analyses, d’espoirs, de convictions, de réalités, de souffrances et aussi de croyances… qui fera que le résultat, l’élu légitime nous représentera, nous ressemblera. 
      Regardons maintenant la colère de ceux qui croyaient que l’Amérique ressemblerait à la classe cool d’Obama, leur prix Nobel de la Paix.
      Mais ceux qui la connaissent et la réfléchissent un peu savent qu’elle ressemble en réalité à Trump, W Bush…
      Et qu’elle va mal. Il est temps de s’écarter d’elle.
      Et nous, nous ressemblons à Hollande, c’est terrible, à Sarkozy, à Chirac… Des narcisses fainéants.
      Historiquement, la France aussi ne va pas bien, ça commence à se voir, non?
      Continuons à nous enfoncer dans la crise, il est urgent de ne rien faire ! 

      • 19 Avril 2017 à 10h16

        Hannibal-lecteur dit

        Fox dans une diatribe inutile se plaint de l’absence de la photo d’un inutile et vous “votez pour lui” …inutilement. À part être aussi inutiles que les récents indignés de ce benêt de Hessel, vous vous complaisez dans l’urgence de ne rien faire, sauf des critiques…y compris la çritique de ne rien faire ce qui est paradoxal.
        En fait et hors toute polémique, les ” petits ” candidats ne se rendent même pas compte du paradoxe qu’ils représentent eux-mêmes : en ” polluant ” le vote par la dissémination des voix de braves pékins, ils faussent le jeu de la désignation des seuls concurrents à niveau. C’est une dėformation de la démocratie qui se justifie elle-même au contraire au nom de cette même démocratie. Ce seul paradoxe suffit à démontrer leur ineptie, à tous ces ” petits ” qui se grandiraient considérablement si au stade ultime , ayant réussi grâce à la campagne à faire connaître leurs idées, ce qui était leur seul objectif plausible, ils se désistaient pour le candidat de leur choix. Là et là seulement s’avérerait leur amour de la démocratie. 

        • 19 Avril 2017 à 10h43

          C. Canse dit

          Hannibal-lecteur

          Tout citoyen éligible peut se présenter ; à lui de trouver les fonds et mettre en place l’infrastructure nécessaires à sa campagne. Les divers candidats ne “polluent” en rien le vote, ils exercent leur droit. 
          Ce sont les sondages qui polluent, comme vous dites, au point que l’électeur, exaspéré par le gouvernement en place ou ses avatars les rejetant en bloc, va se résoudre à voter “utile” afin de s’assurer une alternance.
          Les sondages et parlotes des bavards des médias sont, eux, les “pollueurs” ; ils gagnent leur vie au minimum quand, nous, électeurs ne sommes pas contraints à les lire.
          Dénier le droit à tout citoyen éligible de se présenter à une élection est contraire aux principes français sinon pourquoi avoir soutenu Fillon ? 

        • 19 Avril 2017 à 10h59

          C. Canse dit

          Les sondages et les parleurs polluent car ils n’informent pas mais promeuvent un candidat et donnent le sentiment de dicter son choix à l’électeur.

    • 18 Avril 2017 à 13h09

      eclair dit

      tiens me semblait que cheminade était contre l’ue.

    • 18 Avril 2017 à 11h53

      fox23 dit

      A2lors là, ras le bol, et c’est directement à Causeurs que ça s’adresse !

      Une fois de plus, et vous n’arriverez pas à me faire croire que c’est un malheureux concours de circonstances, le titre est clair: 4 candidats… et comme par hasard 3 seulement ont droit à une photo.
      Ça s’appelle de la censure et devient comique quand on la dénonce chez les autres. C’est surement aussi un hasard si le seul qui n’est pas en photo, François Asselineau, est le seul à s’engager vraiment vers cette sortie et en indiquant de quelle manière parfaitement légale.
      Son nom n’est cité qu’une fois dans l’article et les vidéos sont réservées bien sur aux tenant du music-hall. Vous privilégiez les 3 marionnettes qui, au-delà de leur grande gueule ne ferons rien ! L’amuseur mélenchon renégociera quoi ? Menteur patenté, il sait qu’il n’y a rien à négocier, pourquoi continue-t-il d’enfumer les électeurs, sinon pour ne pas bouger si élu ?
      Préférer l’extrème-droite que vous brocardez par ailleurs montre le niveau de vos contradictions, la mise en évidence d’un homme qui a aussi des casseroles aux basques démontre que vous avez choisi votre camp, sans toutefois avoir le courage de l’afficher clairement, celui de l’immobilisme.
      Continuons à nous enfoncer dans la crise, il est urgent de ne rien faire !

      • 19 Avril 2017 à 10h00

        Hannibal-lecteur dit

        Hé bé, fox trotte, quelle belle diatribe, pour quoi ? pour le portrait d’un inutile? Il est urgent en effet de faire une belle diatribe qui est exactement…ne rien faire!

    • 18 Avril 2017 à 7h19

      QUIDAM II dit

      Un peuple libre est un peuple qui n’obéit qu’aux lois qu’il s’est lui-même données : la liberté et la souveraineté marchent la main dans la main.
      Or, depuis des décennies, l’UE décide pour les peuples au nom d’un « intérêt supérieur de l’Union »… qui n’est jamais celui des Français, mais celui d’autres pays, ou encore celui de grands intérêts économiques privés.
      Le renoncement à la souveraineté consentie par nos dirigeants, non seulement est un renoncement à la liberté politique de la France mais encore préjudicie à l’intérêt des citoyens français.

    • 18 Avril 2017 à 4h36

      Bataille de France dit

      Cette video n’est pas dans le sujet de l’Article , mais le gars est tellement sympa dans sa démonstration:

      https://www.youtube.com/watch?v=56hLRvsWbCA

    • 17 Avril 2017 à 23h03

      Bataille de France dit

      Depuis qu’il y a l’Europe qui apprends l’Allemand, qui apprends l’Italien…tout le monde apprends l’anglais et nous nous engouffrons avec joie dans la culture unique, celle de j’en veux pour mon argent, dussè-je y laisser mon âme. La vie est quand même plus excitante quand on a un passé, une façon de vivre, des valeurs, de la culture…même si c’est sans le gros frigidaire qui fait des glaçons.

      • 19 Avril 2017 à 10h20

        Hannibal-lecteur dit

        Ouille ouille, apprendre plusieurs langues c’est se morfondre dans une “culture unique” ? Hé bé, j’aurais cru le contraire…