Et pourquoi pas Poutou? | Causeur

Et pourquoi pas Poutou?

Une vraie chance pour la gauche

Auteur

Jérôme Leroy

Jérôme Leroy
est écrivain.

Publié le 14 février 2017 / Politique

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Philippe Poutou NPA Benoït Hamon Jean-Luc Mélenchon François Fillon

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Il n’y a pas que la droite qui a besoin d’un plan B après les heurs et malheurs de François Fillon. La gauche aussi. Il est entendu que nous entendons par gauche, la gauche de gauche et certainement pas, selon l’assez étrange comptabilité médiatique, celle qui serait représentée par Macron ou Gérard Collomb. Il faut dire que du côté de la gauche, les choses se sont clarifiées depuis la primaire du PS où ceux qui se sont dérangés ont donné une large victoire à Benoît Hamon et ont clairement indiqué que le vallsisme, à défaut d’être un humanisme, est un libéralisme. Et le libéralisme, quoi qu’en dise un certain nombre de penseurs aujourd’hui, n’est pas franchement de gauche, même si on y ajoute l’adjectif libertaire.

Qu’est-ce qu’un libertaire ?

En fait un libéral-libertaire est plutôt un libertaire devenu libéral, c’est-à-dire qui n’a gardé de l’émancipation que ce qui constitue la satisfaction de ses plaisirs et l’extension indéfinie des droits individuels du renard libre dans le poulailler libre. Par exemple, le libéral-libertaire ou plutôt, donc, le libertaire-libéral ne voit aucune objection à l’expression des particularismes sexuels, religieux, régionaux, bien au contraire puisque chacun d’eux est conçu comme une niche potentielle pour pouvoir lui faire consommer les produits dont ils sont friands, burqas siglées par les grands couturiers, cours en langue régionale, parc de loisirs pour chouans genre Puy du Fou ou gestation pour autrui dans des usines à bébé à actionnariat éthique. En ce sens, il n’est pas faux de dire qu’Emmanuel Macron est, de fait, le plan B de François Hollande comme le disait récemment ici même Jean-Paul Brighelli. Mais Macron pourrait très bien être aussi, au point où on est, le plan B de LR tant par exemple, sa compatibilité idéologique avec NKM, l’UDI voire le juppéisme ne pose pas de problèmes majeurs.

Le paradoxe le plus flagrant reste que la gauche de gauche, soumise à ses vieux démons de la division et elle aussi passée à la moulinette de la personnalisation extrême induite par la Vème république, se retrouve divisée entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon et risque de faire rater une occasion historique aussi inespérée que paradoxale. En effet, les deux hommes additionnés, et encore augmentés du PCF et des écologistes, pourraient comme en témoignent les sondages, non seulement se retrouver au premier tour, mais même se retrouver en tête devant Marine Le Pen pourvu qu’il n’y ait qu’un candidat dans ce camp-là. Chacun pourrait alors prendre ses responsabilités au deuxième tour et nous verrions si le front républicain, comme on dit, fonctionne dans les deux sens puisque ces derniers temps, et notamment aux élections régionales de 2015, c’est plutôt à la droite qu’il a servi.

Une reine d’Angleterre trotskiste ?

Mais ne nous faisons pas d’illusion : malgré la très grande proximité des programmes de Hamon et Mélenchon (transition écologique, redistribution, décroissance soutenable) et à quelques nuances près comme le revenu universel, il est fort peu probable que l’un accepte de s’effacer au profit de l’autre. Dans ces cas-là, il faut résoudre la contradiction autrement. Ce pourrait être ni l’un ni l’autre, mais un troisième homme qui servirait de recours et saurait incarner, juste incarner une plate-forme de gouvernement. Il faudrait aussi que cet homme soit assez souple, aimable et sympathique pour empêcher que resurgisse l’image du partageux au couteau entre les dents.


Philippe Poutou: “Mélenchon, c’est ‘moi je’” par

C’est ainsi que Philippe Poutou, actuel candidat du NPA en quête difficile de ses 500 signatures, devrait avoir un rôle à jouer. En plus, comme il est ouvrier, cela éviterait de crisper les électeurs qui n’aiment plus les élites ? Ce n’est pas Poutou, par exemple, qui se tromperait sur le prix d’un ticket de métro ou d’un pain au chocolat. En plus, comme la gauche de gauche changera immédiatement les institutions pour passer à la VIème république dès qu’elle arrivera aux affaires, le rôle de Philippe Poutou serait pour la suite proche de celui d’une reine d’Angleterre trotskiste.

Cela ne nous priverait pas pour autant, lors des sommets internationaux, de prendre un vrai plaisir à voir ce que pourrait donner un sommet Poutou-Merkel, Poutou-Trump, voire, pour les amateurs de paronymie, un sommet Poutou-Poutine.

Espérons-donc, en l’occurrence, que la raison et le sérieux triompheront, cette campagne présidentielle sombrant dans le grand n’importe quoi, il faut bien l’avouer.

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    • 20 Février 2017 à 9h58

      Ganzo dit

      Poutou : we love you !

    • 19 Février 2017 à 14h05

      Hannibal-lecteur dit

      Voyons, Jérôme, avez-vous jeté un regard sur sa photo? Il a l’expression de celui qui assiste à son propre enterrement. Élire un pareil déconfit? 
      Vous n’êtes pas méchant. Votre argumentaire n’est donc pas du ‘second degré’ . Argumentaire si farfelu, qu’il confirme bien, a contrario, l’enterrement en question.  

    • 17 Février 2017 à 14h34

      Fioretto dit

      C’est pas la première fois que Leroy nous fait la promo de poutou. Cela montre que c’est un vrai ISLAMOGAUCHISTE pur et dur. Le NPA contrairement à LO a été de toute les complaisance avec les islamistes. Et maintenant ils attaquent LO pour leur texte contre l’islam. Les masques tombent.

      • 17 Février 2017 à 19h15

        Jérôme Leroy dit

        Ouais, pur et dur. Ahahahahahahahah! (et homophobe, en plus)

      • 18 Février 2017 à 21h43

        Armido dit

        Nous ne sommes toujours pas sortis du XIXème siècle. J’aime vos articles M. Leroy. Un Orléans.

    • 15 Février 2017 à 23h41

      GHMD dit

      Bof,même pas drôle cet appel à gros poutous pour faire sympa. Le redistribution à la Hamon, tout le monde comprend qu’il s’agit de faire exploiter la moitié besogneuse, celle qui fait des études sérieuses, par la moitié paresseuse, celle qui glande à la fac jusqu’à 30 ans, en fumant du canabis et qui vote Hamon. La gauche de gauche ? Illusion, démagogie, refus du réel, cynisme même, en ce qui concerne Mélenchon. Préférer de loin Marine Le Pen, si vous n’avez pas peur de vous battre pour des principes réellement républicains, plutôt que de vous abandonner à un sauve-qui-peut général, à une démission organisée, pour des motifs éminemment supérieurs, mais qui ne sauveront personne de l’africanisation de la société française, laquelle a été très bien préparée par les libertaires, libéraux ou pas.

    • 15 Février 2017 à 21h12

      C. Canse dit

      Je crois que vous vous trompez, Monsieur Leroy, E. Macron ne peut pas être le plan B de la droite car il est ami avec tous les “financiers” de gauche (?), ceux-là même qui, jadis, soutinrent S. Royal.
      D’où sort-il ? Il n’a jamais été élu, en tout cas.il est pote avec Hollande qui s’en sert en attendant de voir si Hamon remontera pour s’assurer, du moins assurer au PS, une place au 2ème tour, avec pour hypothèse que M. Le Pen fera trop peur et donc les suffrages se porteront sur le gauchiste.

      Hollande et ses potes préparent leur coup depuis un long moment, depuis le début de la dégringolade de F. H. dans les sondages… Et n’oubliez pas que le Président criait sa détestation de la finance, jolie farce, non ?
      Allez bonne soirée à vous, Monsieur Leroy. :-) 

    • 15 Février 2017 à 20h49

      francois.l dit

      Très bon article, moi qui comptais voter Hamon, vous m’avez convaincu. En plus, Pouton est un poissons, comme Fillon.

    • 15 Février 2017 à 19h17

      Terminator dit

      Moi, je l’aime bien Philippe Poutou, même si ses convictions politiques sont aux antipodes des miennes. Je crois que ce doit être à peu près le seul candidat potentiel sincère dans ses convictions en dehors de Marine Le Pen…

    • 15 Février 2017 à 16h47

      elvin dit

      Honte à Elisabeth Lévy ! C’est pas sympa de laisser Jérôme Leroy se ridiculiser comme ça. Même si c’est de l’humour, ça n’est pas drôle.

      • 15 Février 2017 à 19h48

        Jérôme Leroy dit

        En même temps, de la part de quelqu’un qui a le sens de l’humour d’une matraque à Aulnay sous-bois, ça m’en touche une sans bouger l’autre, comme disait le regretté président Chirac qui lui avait une vraie politique arabe.