Armée russe: une renaissance toute relative | Causeur

Armée russe: une renaissance toute relative

Entretien avec le géopolitologue Pascal Marchand

Publié le 11 janvier 2016 / Monde

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Pascal Marchand est professeur de géopolitique à l’université Lumière Lyon-2 . On lui doit notamment une Géopolitique de la Russie (PUF, 2015).

Céline Revel-Dumas. Selon le New York Times, depuis 2006, les dépenses militaires russes ont été multipliées par cinq, passant de 10 à 52 milliards de dollars, un budget équivalent à celui de la France. Comment expliquer cette évolution ?

Pascal Marchand. Ces chiffres ne correspondent pas à ceux dont je dispose, mais de fait, le budget militaire de la Russie est presque équivalent à celui de la France. En revanche il ne représente qu’un dixième de celui  des Etats-Unis. N’oublions pas qu’entre 1992 et 2003 ce budget était ridicule. A l’époque, l’ancien président russe, Boris Eltsine, craignait que l’appareil militaire ex-communiste ne fasse un coup d’Etat (ce qui s’est d’ailleurs produit) et il l’avait donc négligé pour l’affaiblir. Pendant ces neuf années, aucune commande d’avion n’a été faite alors que les Etats-Unis en ont commandé une centaine par an. Ce n’est qu’à partir de 2000, deux ans après le krach boursier russe, que Vladimir Poutine a commencé à rattraper le retard russe et le premier nouvel hélicoptère de combat a été commandé en 2004 ! Le remplacement du matériel obsolète était devenu urgent.

Depuis 2006, à quoi ont été consacrées les dépenses supplémentaires de la défense russe ? S’agit-il d’investissement plutôt quantitatifs (plus d’hommes et d’armes) ou qualitatifs (améliorations technologiques) ?  

Les dépenses militaires ont crû significativement à partir de 2003-2006, l’essentiel étant alors consacré à de nouveaux équipements. Les effectifs de l’armée ne changent pas. Ils ont été réduits drastiquement depuis la fin du régime soviétique : en 1989, l’armée russe disposait de 5, 2 millions d’hommes contre 1.5 million en 1996 et seulement 800 000 hommes aujourd’hui. Cet effectif est d’ailleurs stable depuis un certain temps et Poutine ne souhaite pas l’augmenter.

D’ailleurs, même s’il est vrai qu’en termes de PIB, les dépenses militaires de l’ère soviétique étaient importantes, la « superpuissance » de l’URSS était surestimée. Et, même si  contrairement à Eltsine, Poutine a une bonne relation avec l’armée et il n’en a pas peur, il n’a pas non plus l’intention de revenir aux années 1980.

Les contraintes économiques liées à la baisse de prix de matières premières, du pétrole et du gaz ainsi que les sanctions de l’occident permettent-elles à la Russie de maintenir un tel niveau de dépenses militaires ?     

Sans doute. Les temps sont durs pour l’armée russe au point où plusieurs bases aériennes et bases de missiles n’ont pas pu payer leurs factures d’électricité en fin d’année… Il y a un vrai problème budgétaire.  Un programme pluriannuel lancé en 2007-2008 prévoyait l’achat de 600 avions en dix ans. Le parc aéronautique est actuellement de 1300 avions qu’il faut renouveler. 600 avions ce n’est donc pas beaucoup mais même cet objectif-là est compromis par les contraintes budgétaires.

De quel type d’armée la Russie souhaite-t-elle se doter ? Une armée équivalente à celle des Etats-Unis, à forte capacité de projection et intervention sur plusieurs théâtres d’opérations en même temps ?

L’idée de superpuissance pendant l’ère soviétique était surestimée et surtout, ce n’est pas le modèle de Poutine. À l’époque, l’armée rouge était adoptée aux besoins de l’URSS : faire face à l’OTAN ainsi qu’aux défis dans le Caucase et en Asie centrale. Ces missions nécessitaient  à la fois de nombreux effectifs, des équipements nucléaires et la fourniture en armes des « pays frères ». Aujourd’hui, il s’agit de protéger les frontières de la Russie et d’intervenir dans les pays voisins en cas de menace pour l’intégrité du territoire russe ainsi que – depuis 2008, la guerre en Géorgie et la « doctrine Medvedev » – dès lors qu’une minorité russe sera en danger, et ce malgré la souveraineté territoriale d’un Etat. ceci dit, dans le cadre de l’intervention en Syrie, la Russie a démontré sa capacité de mener un raid à partir d’une base à Mourmansk, plus de 13 000 kilomètres des cibles frappées, avec deux ravitaillements aériens. Ces capacités en ont surpris plus d’un !

*Photo: wikicommons.

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    • 18 Janvier 2016 à 10h56

      myxtar2008 dit

      А вот что пишут Украинские СМИ по вашей статье!!!
      !http://joinfo.ua/politic/1144801_InoSMI-Armiya-Rossii—eto-fiktsiya-samom-dele.html

    • 16 Janvier 2016 à 14h51

      salaison dit

      !…… “chiche”!…..????

    • 12 Janvier 2016 à 15h04

      salaison dit

      “méthode Russe : > > Avez-vous remarqué que l’on n’enlève jamais de Russes comme otage ? … En voici la raison : > > > > Il y a quelques années, un diplomate russe fut enlevé au Moyen Orient par des terroristes islamiques qui réclamèrent une rançon contre libération … > > Moscou se fendit d’un ultimatum laconique : > > > > “Vous avez 48 heures pour relâcher notre homme”. > > > > Bien entendu, les djihadistes se gardèrent d’obtempérer. > > > > Dans les jours qui suivirent, la police russe déclencha une de ces opérations dont avait le secret les vétérans de l’ex KGB : Elle arrêta une vingtaine de militants islamiques connus dans différentes villes du pays. > > Après quoi Moscou adressa une nouvelle mise en demeure aux ravisseurs : > > > > “Rendez-nous notre diplomate ou nous vous expédierons chaque jour la tête de l’un de vos complices entre nos mains, et ce, jusqu’à ce que vous vous exécutiez”. > > > > L’agent fut relâché après l’envoi du quatrième colis. > > > > Depuis, plus un seul ressortissant russe n’a été enlevé par de quelconques terroristes, où que ce soit sur la planète. > > > > En ce qui concerne les actes de piratage au large des côtes somaliennes il en va de même. > > S’appuyant sur une loi du XVIIIème siècle, tout pirate qu’ils arrivent à attraper est exécuté sur l’instant. > > Il y a une vidéo qui circule sur Youtube et qui montre un bateau de pirates arraisonné par des commandos russes. > > La preuve étant actée par la détention d’armes automatiques : Kalachnikov, mitrailleuses, … > > > > Les pirates sont enfermés dans la cale, l’embarcation est chargée d’explosifs. > > Ils repoussent le tout à 300 m et font partir les charges … plus rien. > > Depuis les pirates n’arraisonnent plus les bateaux battant pavillon Russe. Comme disait G.Brassens :”quand on est con, on est con !” mais…… est ce vrai “tout ça” ?…..

    • 12 Janvier 2016 à 11h44

      salaison dit

      ce n’est pas parce qu’un est dit “géopoliticien”
      qu’il a forcément raison !…..
      (il a surtout pour mission de dire  que “ça a évolué”  et que forcément il a eu tort !……….. ainsi “ça passe mieux”.
      ça me fait penser aux économistes , qui ont tort la plupart du temps !…..
      mais qui passent leur temps à démontrer  que les temps ont changé (ou qu’ils ont eu raison à une époque)……

      je comprends difficilement qu’ils ne se lancent pas dans la politique car ils sont aussi menteurs!  (mais ils sont payés par nos sous…..!) 

    • 11 Janvier 2016 à 16h58

      Pathfinder dit

      Comparer les dépenses militares de la Fédération Russe, ou de n’importe quel pays, à ceux des USA est tout simplement ridicule. Le budget de ces derniers est égal à celui des 14-15 pays suivants réunis (…)
      http://www.globalfirepower.com/defense-spending-budget.asp 

    • 11 Janvier 2016 à 16h53

      Fixpir dit

      Juste une remarque en passant, qui n’est pas focalisée sur le sujet de l’article. A propos de comparaison des dépenses de défense entre différents pays.

      Les matériels militaires, contrairement aux outils industriels ou aux produits grand-public, sont essentiellement produit dans le pays concerné. La production n’est pas totalement mondialisée.

      Or le coût de fabrication US, Français, Russe, ou Chinois, sont quand même fondamentalement différents. Quand vous dépensez un dollar en Chine, vous avez nettement plus de temps d’ingénieur, et, surtout, d’ouvrier de production que lorsque vous dépensez un dollar en France.

      Il me semble donc que la simple comparaison de budget consacré à la défense n’est pas tout à fait suffisant pour se faire une idée comparative des puissances militaires.

      • 11 Janvier 2016 à 18h30

        IMHO dit

        C’est évident, me semble-t-il .