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Pourquoi je ne ferai pas de discours

Publié le 15 décembre 2011 à 9:00 dans Brèves

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Allocution de Basile de Koch à l’occasion du cocktail-débat organisé par la Société d’Appréciation de Basile de Koch sur le thème : « Qu’en pensent les marchés ? »

Après réflexion, je ne m’exprimerai pas ce soir et pour trois raisons au moins.
D’abord parce que la crise, ses tenants et ses aboutissants sont un sujet compliqué.

Non que je craigne de me colleter aux difficultés économiques et financières que nous traversons ! J’en ai connu d’autres, ne serait-ce qu’à la maison.

C’est une question de responsabilité. Dans une situation complexe, parler simplement – et Dieu sait que je l’aurai fait pour vous – c’est prendre le risque de faire le jeu des populistes !

Tous les populistes, de Mme Le Pen à MM. Montebourg, Mélenchon et Poutou ! D’Emmanuel Todd à Jean-Jacques Bourdin !
Derrière la clarté apparente du discours s’avancent trop souvent les forces obscures en leur sinistre cortège. Je ne prendrai pas le risque de les rejoindre !

Et puis je ne prendrai pas la parole parce que, dans les circonstances actuelles, la dignité voudrait que je m’exprime en allemand et que j’en suis totalement infoutu.

Oui, il faudrait parler leur langue, la langue de Goethe et de Tokio Hotel, pour réaffirmer à nos amis d’outre-Rhin notre solidarité, dans ce climat délétère de germanophobie et d’anti-bismarckisme primaire.

Parce qu’enfin, on commence par parler français et puis on se met à parler de produire français comme Le Pen, d’acheter français comme Bayrou – et on finit par penser français comme Chevènement !

Troisième raison de ne pas m’exprimer ce soir : le patriotisme, tout simplement ! Parler, je me connais, ce serait aggraver encore l’inquiétude des marchés et par là, contribuer au plus grand danger qui menace la France : perdre son triple A !

Enfin, dernier avantage à ne pas prononcer de discours ce soir, c’est qu’il ne risque pas de déboucher sur un débat !

Tout débat tendrait naturellement à nous diviser, alors que la division est le contraire de l’Union plus que jamais nécessaire en ces temps d’épreuve pour l’Europe.

Surtout s’il s’agit encore et toujours des questions oiseuses agitées par les ennemis de l’Union, ces con-fédérés !

Est-il sérieux de débattre sur les abandons de souveraineté budgétaire indispensables non seulement pour sauver notre triple A, mais aussi pour rassurer les marchés ?

Qui sont-ils donc, ces Paléofrançais pour s’acharner contre ce bon accord difficultueusement trouvé, sous la houlette d’Angela et Nicolas, par les 26 Etats les moins lâches d’Europe ?

Voilà, mes chers amis, pourquoi vous ne m’entendrez pas ce soir.

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  • 15 December 2011 à 14h53

    Florence dit

    Oui, Isa, c’est exactement cela.

  • 15 December 2011 à 14h41

    Florence dit

    Je suis allée retrouver mes petits cahiers sur lesquels je notais tout ceci chaque jour jusqu’au début 2001.
    Pour mémoire le spread Bund OAT 10 ans , c’est-à-dire l’écart de taux entre obligations d’Etats, à échéance 10 ans, allemand et français, évoluait entre 0.13 et 0.15 % en janvier 2001.
    Presque 11 ans plus tard on en est à 1.36 % hier et 2.11%aujourd’hui.
    Ce qui objectivement est énorme.

    • 15 December 2011 à 14h47

      Florence dit

      je retire le 2.11 d’ujourd’hui car je me suis tromptée. Mais pour le reste c’est bon

      • 15 December 2011 à 14h50

        isa dit

        Merci Florence.
        nous sommes déjà dégradés depuis l’”erreur”, c’est ce que j’ai toujours pensé. un taux à plus de 3%, c’est plus être noté triple A.

      • 15 December 2011 à 14h51

        Florence dit

        Aujourd’hui , c’est 1.98 %

  • 15 December 2011 à 14h25

    Florence dit

    isa
    cliquez à gauche sur la croix violette et vous aurez le RU ( UK) sur le tableau.
    Les Etats-Unis , l’Allemagne et le Royaume uni sont dans un mouchoir de poche.
    La France est bien au-dessus car la perte du AAA est déjà dans les cours.

  • 15 December 2011 à 14h20

    isa dit

    Rien sur le Royaume-Uni, et vous voyez bien que c’est l’Allemagne qui bénéficie du plus faible taux d’intérêt.

    D’autre part, je voudrais bien savoir comment Standart and Poor’s a dégradé nOTRE note immobilière de 5 à 10%.

    Tout cela sans ces explications à idéologie souverainiste qui me gavent.
    C’est difficile, j’avoue…

  • 15 December 2011 à 14h16

    isa dit

    Ah vous voyez, pas si simple!

  • 15 December 2011 à 13h53

    SPQR dit

    @Isa,

    parce qu’il n’y plus qu’une maigre correlation entre note et taux d’interet a 10 ans.
    USA, UK n’ayant deja plus leur AAA, ont des taux plus faibles que l’Allemagne (AAA), laquelle a un taux plus faible que la France (AAA)…

    Donc ca ne mangerait pas forcement de pain de le perdre. A son grand dam, Sarkozy a mis un point d’honneur a essayer de le garder pour en faire une preuve “tangible” de ses succes face a la crise, un peu comme la tete de Kadhafi, toutes proportions gardees!

    Quant au message rassurant d’un economiste qui pourrait vous redonner le sommeil, il va falloir se faire une raison: on sort un peu du domaine de la raison et la science economique perd la son label “Science”… Mais patience dans une decennie, quelques experts survivants viendront vous dire que ce qui est arrive ne pouvait faire autrement qu’arriver parce que!

  • 15 December 2011 à 12h58

    isa dit

    Sieur Basile, vous êtes un homme sage et pondéré (et rigolo, en plus), dites-moi pourquoi je n’ai plus de Kaplan ici?

    Franchement, les politiques essayent en ce moment de nous faire croire que ce n’est pas grave de quitter le triple A alors que cela va nous amener à emprunter à des taux d’intérêt enocre plus élevés.
    de plus, ils nous avaient justifié toutes les politiques d’austérité par la nécessité de garder ce triple a.
    de plus, l’euro baisse, ce qui est une excellente nouvelle, donc empêcher notre note de baissser.

    Sans idéologie, on pourrait avoir une réponse d’économiste à toutes ces questions?

  • 15 December 2011 à 11h32

    L'Ours dit

    “Tous les populistes, de Mme Le Pen à MM. Montebourg, Mélenchon et Poutou ! D’Emmanuel Todd à Jean-Jacques Bourdin !”
     J’en ris encore!

    • 15 December 2011 à 12h00

      isa dit

      Moi aussi, j’adore, mais sérieusement;

  • 15 December 2011 à 11h24

    yoyofonfon dit

    Quelle sagesse…quelle hauteur de vue.
    Voici l’homme responsable qui manque à la France.
    DE KOCH PRESIDENT !!!

  • 15 December 2011 à 11h11

    Patrick dit

    Ah on ne vous “entendra pas ce soir” ?

    On aurait pu intituler ce billet :
    Ceci n’est pas un discours

  • 15 December 2011 à 11h02

    Marie dit

    Excellent billet Basile!

  • 15 December 2011 à 10h53

    Bibi dit

    Eh, vous oubliez: “le silence est d’or” et le metal jaune ces jours-ci vaut pas mal beaucoup!

  • 15 December 2011 à 10h42

    Lady dit

    En ces temps troubles, les mots, discours et raisonnements ne peuvent effectivement pas dire grand chose…Ne reste plus qu’à penser et agir en appui sur ce qui nous reste de convictions et de valeurs sûres. Surtout, résister à la tentation de rejoindre la folie de ce monde!…Ne pas désespérer, tant qu’il y aura des hommes (des vrais, pas des post-humains)…

  • 15 December 2011 à 10h38

    Florence dit

    J’aime beaucoup .

  • 15 December 2011 à 10h24

    Alpheratz51 dit

    C’est bien, nous avons encore du Koch en stock !

  • 15 December 2011 à 10h15

    laborie dit

    et…

     Pour réagir face à la baisse de confiance contextuelle, il serait bon de caractériser la majorité des stratégies s’offrant à nous, de toute urgence.

    • 15 December 2011 à 10h16

      laborie dit

      Ou…

       Vu cette rigueur intrinsèque, il ne faut pas s’interdire d’arrêter de stigmatiser certaines alternatives s’offrant à nous, pour longtemps.

  • 15 December 2011 à 10h14

    laborie dit

    Pour réagir face à la baisse de confiance contextuelle, il serait bon de caractériser la majorité des stratégies s’offrant à nous, de toute urgence.

  • 15 December 2011 à 10h10

    saintex dit

    Pourquoi, il y a une crise ? De quoi ?