Pour sortir de la crise, sortons de l’euro | Causeur

Pour sortir de la crise, sortons de l’euro

Dissoudre la monnaie unique : une idée qui s’imposera

Auteur

Jacques Sapir
économiste, spécialiste de la Russie.

Publié le 18 septembre 2013 / Économie

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Depuis la fin du printemps, un concert de « bonnes nouvelles » nous vient des pays d’Europe du Sud. La croissance reviendrait au Portugal et en Espagne, et même en Grèce. Les taux se maintiennent à un niveau considéré comme « raisonnable ». En bref, la crise de la zone Euro serait derrière nous. Pourtant, à mieux y regarder, on peut sérieusement douter de la réalité de ces affirmations.

Sommes-nous sortis de la Crise ?

Il y a beaucoup de manipulations, mais un peu de vérité dans ces affirmations. Commençons par le peu de vérité qu’elles contiennent. Oui, la crise est en train d’atteindre un plancher. C’est évident en Espagne où le chômage semble désormais stabilisé, quoiqu’à un niveau très élevé (25% de la population active). La crise ne semble plus s’aggraver ces derniers mois, mais ceci est loin d’être équivalent avec une sortie de crise. Ajoutons que des nuages plus que noirs s’accumulent à l’horizon : le crédit est toujours en train de se contracter (en particulier en Italie et en France), l’investissement se réduit toujours (et avec lui les perspectives de croissance future). Rien ne permet de dire que les pays d’Europe du Sud vont trouver dans les prochains mois le ressort d’une croissance leur permettant d’effacer la crise qu’ils connaissent. La perspective d’une nouvelle crise politique en Italie, venant s’ajouter aux difficultés économiques (notamment la montée des impayés dans le bilan des banques, indicateur très sûr d’une économie fragile), est une forte probabilité.

On peut d’ailleurs estimer que l’amélioration de la balance commerciale dans ce pays est liée à la chute des importations et non à une hausse des exportations. Compte tenu de l’importance de l’économie italienne, qui est la troisième économie de la zone Euro, il est donc clair que la zone Euro est loin, très loin, d’être tirée d’affaires.

Au mieux, la crise va durer au même niveau qu’aujourd’hui. Au pire, et c’est ce que l’on peut craindre quand on regarde l’évolution du crédit et de l’investissement, après cette pause provisoire, les résultats devraient recommencer à se dégrader dès la seconde moitié de 2014. D’ores et déjà, il est clair qu’il faudra un nouveau plan de sauvetage pour la Grèce d’ici la fin de 2013.

Ceci nous conduit aux manipulations, largement évidentes dans nombre de médias. On ne parle plus que de la « reprise » alors que l’ensemble des indicateurs reste très inquiétant. Il y a un consensus dans une partie de la presse, essentiellement pour des raisons politiques, qui conduit à proclamer ce retour à la croissance alors que tout le dément. On a eu un exemple de ces pratiques à propos des statistiques du chômage en France. Ceci est instructif, tant quant à l’état de certains médias en France que du point de vue plus général de l’attitude des élites sur ce problème. Alors que l’on continue de discuter de la crise de l’euro en Allemagne, en Italie et en Espagne, le thème semble avoir disparu en France.

La crise en perspective.

La zone Euro a souffert de plusieurs maux : l’absence de flux financiers massifs pour égaliser les structures économiques des pays membres ; une Banque Centrale indépendante calée sur une politique inopérante ; et une politique de déflation salariale initiée par l’Allemagne, s’apparentant à une politique de « passager clandestin »– aussi qualifiée « d’opportuniste » ou de « non-coopérative » – qui a exacerbé les tendances préexistantes aux évolutions inégales des salaires et de la productivité.

Il faut ici rappeler que la crise de la zone Euro ne date pas des années 2010-2011, mais qu’elle a des racines bien plus anciennes. L’introduction de l’Euro impliquait aussi une politique monétaire unique pour les pays de la zone. Or, tant les conjonctures économiques que les déterminants structurels de l’inflation –les problèmes de répartition des revenus, mais aussi la présence de chaînes logistiques plus ou moins sensibles à des hausses de prix susceptibles de se reporter – entraînent des taux d’inflation structurelle différents selon les pays. Cette situation résulte de la présence de rigidités importantes dans l’économie, qui invalident la thèse d’une « neutralité » de la monnaie.

Cependant, dans le cadre d’une monnaie unique, les divergences d’inflation ne peuvent être trop importantes en raison des problèmes de compétitivité interne à la zone. Un certain nombre de pays ont alors dû avoir une inflation inférieure à leur niveau structurel. Cela les a, par suite, conduits à avoir un taux de croissance inférieur à leur taux de croissance optimal (Italie, Portugal). De fait, ces pays ont perdu sur les deux tableaux : en compétitivité et en niveau de croissance.

Si l’économie européenne va de langueur en récession depuis 2000, c’est bien à cause de l’Euro. Le fait que l’Allemagne ait tiré son épingle du jeu confirme cela, tant en raison des avantages comparatifs spécifiques de ce pays que de la politique qui y a été menée depuis 2002 (les « réformes » Harz-IV). L’Euro est au cœur du problème de l’Europe. Il condamne la majorité des pays l’ayant adopté à la récession ou à la crise, comme en Europe du Sud. L’Allemagne a « exporté » vers ces autres pays entre 4 et 5 millions de chômeurs.

L’option d’un fédéralisme européen, outre les problèmes politiques qu’elle introduit, se heurte à l’ampleur des flux de transferts que l’Allemagne devrait consentir au bénéfice des pays de l’Europe du Sud. L’Allemagne supporterait en effet 90% du financement de la somme de ces transferts nets, soit entre 220 et 232 milliards d’euros par an (ce qui équivaut à 2200 à 2320 milliards sur dix ans), entre 8% et 9% de son PIB. D’autres estimations donnent des niveaux encore plus élevés, atteignant 12,7% du PIB. Il convient donc d’en tirer toutes les conséquences : le fédéralisme n’apparait pas comme une option réaliste pour les pays de l’Europe du Nord et en premier lieu pour l’Allemagne. Il est sans objet de la présenter comme une possible solution.

La dissolution, seul horizon raisonnable ?

L’ampleur de la récession qui frappe de nombreux pays annonce un retour de la crise. La solvabilité des États n’est plus garantie. L’effondrement des ressources fiscales dans de nombreux pays constitue un accélérateur de la crise. Cette situation témoigne bien de la présence de défauts structurels dans la conception et dans la mise en œuvre de la monnaie unique. Ces derniers, trop longtemps niés ou minimisés, sont aujourd’hui en passe d’être reconnus

Une dissolution de la zone Euro ne serait pas une « catastrophe » comme on le prétend souvent, mais au contraire une solution salvatrice pour l’Europe du Sud et la France. C’est ce que montre l’étude « Les Scénarii de Dissolution de l’Euro », publiée au début du mois de septembre. On peut y lire, suivant les différentes hypothèses étudiées, non seulement l’effet très bénéfique des dévaluations sur l’économie française, mais aussi sur celles des pays aujourd’hui ravagés par la crise, comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne. Bien entendu, suivant les hypothèses retenues, à la fois sur le caractère plus ou moins coopératif de cette dissolution mais aussi sur la politique économique suivie, les estimations de la croissance divergent. Au pire, il faut s’attendre à une croissance cumulée de 8% la troisième année après la fin de l’Euro et au mieux une croissance de 20%. Pour l’Europe du Sud, la croissance cumulée est en moyenne de 6% pour l’Espagne, de 11% pour le Portugal et de 15% pour la Grèce dans l’hypothèse la plus défavorable pour ces pays. Une première leçon s’impose alors : la dissolution de la zone Euro ramènerait la croissance dans TOUS les pays d’Europe du Sud et provoquerait une baisse massive et rapide du chômage. Pour la France, on peut estimer la baisse du nombre de chômeurs de 1,0 à 2,5 millions en trois ans. Par ailleurs, cela rétablirait l’équilibre des régimes de retraites et de protection sociale. Dans le cas de la France, ce retour à l’équilibre serait très rapide (en deux ans). Il aurait des effets importants sur les anticipations des ménages dont l’horizon serait dégagé des inquiétudes que font peser des réformes à répétition. La consommation augmenterait, et avec elle la croissance, même si on ne peut estimer cet effet. Cette dissolution redonnerait à l’Europe du Sud sa vitalité économique, mais serait aussi profitable à l’Allemagne, car une Europe du Sud en expansion continuerait de commercer avec son voisin du nord après un réajustement des compétitivités.

Les inconvénients seraient très limités. Compte tenu des taxes, l’impact d’une dévaluation de 25% par rapport au Dollar sur les prix des carburants ne provoquerait qu’une hausse de 6% à 8% du produit « à la pompe ». L’Euro disparu, les dettes des différents États seraient re-libellées en monnaie nationale.

Une telle politique imposerait aussi des contrôles des capitaux dans chaque pays. Notons que c’est déjà le cas à Chypre ! Ces contrôles, outre qu’ils contribueraient à définanciariser ces économies, limiteraient considérablement la spéculation et permettraient aux Banques Centrales de viser des objectifs de parité. Une fois ces parités atteintes, un système de fluctuations coordonnées des monnaies, comme du temps de l’ECU, pourrait être mis en place. Historiquement, ce qui a sonné le glas de ce système a été la spéculation monétaire. Celle-ci supprimée, ou fortement réduite, le système pourrait à nouveau fonctionner.

De la « monnaie unique » à la « monnaie commune » ?

Cette idée attire un certain nombre de personnalités politiques. Et elle est loin d’être absurde, bien au contraire. En fait, une monnaie commune aurait dû être adoptée dès le début.

De quoi s’agit-il donc ? On peut imaginer que le système monétaire européen reconstitué que l’on aurait à la suite de la dissolution de l’Euro débouche sur une monnaie commune venant s’ajouter aux monnaies existantes, qui serait utilisée pour l’ensemble des transactions (biens et services mais aussi investissements) avec les autres pays.

Cette dissolution de la zone Euro, si elle résulte d’un acte concerté de la part des pays membres, devrait donner naissance à un système monétaire européen (SME) chargé de garantir que la nécessaire flexibilité des changes ne tourne pas au chaos. Si un tel système est mis en place, il aurait nécessairement des conséquences importantes sur le système monétaire international.

Ce système correspondrait en réalité à l’existence d’une monnaie conçue comme une unité de compte venant s’ajouter aux monnaies nationales existantes. Cette situation serait très propice à la résurrection de l’Euro, mais sous la forme d’une monnaie commune

Ceci donnerait à l’Europe à la fois la flexibilité interne dont elle a besoin et la stabilité vis-à-vis du reste du monde. Un « panier de monnaie » étant intrinsèquement plus stable qu’une monnaie seule, cette monnaie commune pourrait devenir à terme un puissant instrument de réserve, correspondant aux désirs exprimés par les pays émergents des BRICS.

La dissolution de l’Euro, dans ces conditions, signerait non pas la fin de l’Europe comme on le prétend mais bien au contraire son retour gagnant dans l’économie mondiale, et qui plus est un retour qui profiterait massivement, tant par la croissance que par l’émergence à terme d’un instrument de réserve, aux pays en développement d’Asie et d’Afrique.

Retrouvez l’article dans sa version originale sur le blog de Jacques Sapir.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 19 Septembre 2013 à 20h17

      demaquilator dit

      Avec ces même état obèse , avec les mêmes partis, mêmes sénateurs, mêmes hauts fonctionnaires des hauts administration d’état , …. avec cette même armée d’asistés pour qui aucun énarque ne saura leur trouver un emploi productif, avec ces caisses d’allocations , cmu, etc, je ne vois pas comment la sortie de l’euro changera quelque chose .
      Aucune réforme de la retraite … Rocard l’a dit sous Mitterrand, mais il n’a pas osé la faire . Comme lui, tous ces autres ministres et gouvernements successifs .
      En 35 ans les dirigeants de la France se sont assis sur le même balançoir , fait les mêmes gesticulations , mêmes promesses … Rien n’a bougé , malgré cette alternance “républicaine” .
      Demandez vous plutot pourquoi , seuls ces syndicats de la fonction ultra protégée, n’ont jamais changé de cap ! Curieux, non ? Le monde a changé radicalement durand ces 35 ans, pas eux .
      Nous avons une oligarchie du pouvoir digne du XIX e siècle . Hélas .

    • 19 Septembre 2013 à 14h47

      jirofar dit

      N’en déplaise aux bourgeois, et aux imbèciles :
      - sortir de l’euro c’est mettre fin à l’union européenne
      - mettre fin à l’union européenne c’est raviver immédiatement l’immense méfiance à l’égard des allemands (et sinon se livrer pieds et poings liés à leurs démons)
      - c’est la guerre le plus tot possible pour piller les riches en Europe de la part des pauvres d’Europe ou d’ailleurs. Et des états policiers partout.

      En fait mettre fin à l’Euro pour soigner l’économie c’est comme interdire les tracteurs pour soigner le chomage. Débile et inutile.

      C’est comme les commerçants qui se mettent à tirer sur les voleurs. Je dis pas qu’ici ou là ça ne fera pas du bien … mais fondamentalement quand on a en face de soi des mafia armées de Kalach, jamais ce sera en vente mème surveillée, qu’on a plus de 40 ans et qu’en face ils en ont moins de 20… c’est une bataille qu’il vaut mieux ne pas commencer.
      Mais vous inquiètez pas… la “protection” se fera par les amis de l’ami Berlu .
      http://www.mafias.fr/category/sacra-corona-unita-et-mafias-des-pouilles/page/2/

    • 19 Septembre 2013 à 9h58

      choucroute dit

      je cite : “our la France, on peut estimer la baisse du nombre de chômeurs de 1,0 à 2,5 millions en trois ans”

      ah s’il suffisait de sortir de l’euro pour créer 2,5 millions d’emplois en 3 ans ! comme lorsque nous avions encore le francs, l’epoque béni des années 80/90 et du plein emploi.

    • 18 Septembre 2013 à 19h36

      ylx dit

      Le discours sans cesse répété de M. Sapir contre l’Euro , économiste marxiste et fier de l’être, relève d’une stratégie politique bien précise. ( Ce que j’avance je l’ai lu en clair sur le blog de M Sapir dont Causeur fournit l’adresse , fort opportunément).
      Pour M. Sapir, communiste grand teint (d’un rouge indélébile), la contrainte de l’Euro est un obstacle insurmontable pour l’instauration d’un régime communiste en France auquel Sapir aspire. Donc pour préparer le grand soir, il faut d’abord passer par la suppression de l’Euro …( ses collègues communistes ne sont pas tous d’accord avec lui, eux disent , réalisons le grand soir d’abord, et on se débarrassera vite fait de l’Euro ainsi que d’un certain nombre d’autres choses gênantes. Il faut donc prendre les arguments “economiques” de M. Sapir avec des pincettes. Chez ces gens-là on est pas à un mensonge près.
      Ceci étant dit, je suis partisan de la fin de l’Euro, mais pas pour les mêmes raisons que M. Sapir !

    • 18 Septembre 2013 à 18h33

      Pampam dit

      Sapir, Lordon, on avance doucement.
      http://blog.mondediplo.net/2013-05-25-Pour-une-monnaie-commune-sans-l-Allemagne-ou-avec

      Mais on avance. Dommage que les médias mettent toujours MLP en avant comme la principale avocate de la sortie de l’Euro. Ça fait avancer moins vite.

      • 18 Septembre 2013 à 18h36

        Parseval dit

        D’ailleurs pas folle, MLP, elle reprend exactement ce qu’ils disent…

      • 18 Septembre 2013 à 18h36

        Alpin dit

        @Pampam,

        Pour une fois il y a toutes les raisons d’être d’accord avec vous.

      • 18 Septembre 2013 à 19h00

        gaze dit

        certes, mais personne ne propose de sortir de l’Euro à part elle (et Dupont-Aignan, mais bon…).

        • 18 Septembre 2013 à 19h07

          Alpin dit

          @Gaze,

          Il y a les analyses et propositions de M Agliétta et T Brandt…
          Trop long à exposer ici,voir leur ouvrage.

    • 18 Septembre 2013 à 18h25

      Georges_Kaplan dit

      « Pourquoi voulons-nous récupérer notre monnaie nationale ?
      - Pour pouvoir en imprimer comme bon nous semble.
      - Pourquoi voulons-nous imprimer de la monnaie ?
      - Pour financer la dépense publique.
      - Pouvons-nous imprimer des billets impunément ?
      - Non, l’inflation est un impôt sur l’épargne qui touche surtout les petits épargnants. » 

      • 18 Septembre 2013 à 18h51

        thdo dit

        Menteur.

        (ou incompétent, au choix).

        Dans le livre suivant :

        http://www.amazon.fr/Le-r%C3%A9veil-d%C3%A9mons-comment-sortir/dp/2213668221/ref=sr_1_4?ie=UTF8&qid=1379522838&sr=8-4&keywords=jean+pisani+ferry

        l’économiste tout à fait académique et européiste Jean Pisani-Ferry explique pourquoi un pays qui dispose de sa propre monnaie est dans une meilleure situation qu’un pays qui n’en dispose pas.
        Et cela n’est pas lié avec la spoliation des pauvres petits épargnants.

      • 18 Septembre 2013 à 21h42

        Vassili Tchouïkov dit

        L’inflation fait chier les rentiers….ça, c’est vrai.

        • 18 Septembre 2013 à 21h53

          Villaterne dit

          Certains ont des chaussettes, d’autres des socquettes!
          Putain d’ouvrier qui met péniblement 50 euros de côté tous les mois pour arriver péniblement au bout de 10 ans à 7000 euros à peine de noisettes! Salaud de rentier!

      • 18 Septembre 2013 à 22h04

        Flo dit

        De toutes les manières, ne vous leurrez pas, l’euro a un coût élevé et tout le monde passera à la casserole, les “pauses fiscales” selon Hollande,  c’est-à-dire les  lourdes hausses d’impôts d’aujourd’hui et demain, auront alors l’air d’une bonne blague.

        Sortie de l’euro ou pas, on va tous casquer “grave”. 

    • 18 Septembre 2013 à 17h42

      Alpin dit

      Merci beaucoup,très intéressant,mais que pensez vous des positions et des propositions de Michel Aglietta et Thomas Brandt?

      • 18 Septembre 2013 à 17h53

        LaMude dit

        Je crois qu’il faut poser la question direct sur son blog. D’autant que là, il y a des référence vers les travaux d’Aglietta.

        • 18 Septembre 2013 à 18h38

          Alpin dit

          @LaMude,

          Bonsoir,

          Merci -:),j’y pense…