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Pour Fleur Pellerin, la lutte des classes n’existe pas

La bonne blague !

Publié le 20 octobre 2012 à 17:30 dans Politique

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Fleur Pellerin PS

Fleur Pellerin est à la gauche ce que le Galak est à l’amateur de cacao. Ce n’est pas parce qu’il y a marqué « chocolat » sur la plaquette que l’on va en manger. Le signifié et le signifiant divorcent définitivement au temps du social-libéralisme vert. Pour ceux qui avaient des doutes, la charmante sous-ministresse, chargée de l’économie numérique ou d’une de ces appellations virtuelles qui sentent tout sauf la sueur du prolo, a déclaré récemment au Parisien qu’elle « ne croyait pas à la lutte des classes » , que les personnels des PME étaient « en osmose » avec leur patron et qu’ « il n’y avait pas de honte à s’enrichir ».

On pourrait lui répondre, symétriquement, sans davantage de preuves et avec la même assurance, que nous croyons nous dans la lutte des classes, que les tribunaux des prud’hommes prouvent chaque jour par les cas qu’ils ont à traiter que l’ « osmose » dans les PME est peut-être un terme légèrement hyperbolique pour décrire les relations patrons-salariés et que plus généralement, s’il n’y a pas de honte à s’enrichir, on ne voit pas pourquoi on s’énerverait contre les dealers de Saint-Denis ou les traders de la City qui appliquent ce sain principe au mépris de la common decency mais aussi de la loi (on en est où, à propos, de l’affaire des monumentales falsifications autour du Libor ?)
Tout ça pour une représentante du gouvernement, cela devrait quand même poser problème. Apparemment, non. En même temps depuis que l’on sait qu’une élue verte du XIIIème arrondissement explique sans rire, quand elle est soupçonnée d’être impliquée dans un trafic de coke et de blanchiment de l’argent qui va avec, façon Pablo Escobar de la place d’Italie, qu’en fait, elle cherchait juste à frauder le fisc pour ne pas payer l’ISF, on se dit que ce n’est plus à du Galak qu’on a à faire mais carrément à du Benco de contrefaçon.

Mais Fleur Pellerin a plus urgent à penser et notamment l’extension du très haut débit pour Internet. La lutte des classes n’existe pas, donc. Pourtant, cette vidéo, prise par le smartphone d’un facétieux collégien semble prouver que non seulement la lutte des classes existe toujours mais qu’elle est aussi l’objet d’un très haut débit dans la bêtise et l’abjection tranquille de ces sous-fifres intermédiaires qui se prennent pour des seigneurs. Saint-Domingue, La Baule, « votre salaire de merde », « vous allez crever », « pauvre connasse », tout y passe.

« Touchez ma bosse, monseigneur » comme dit avec humour l’agente de la SNCF agressée verbalement par ce divin abruti, apparemment cadre chez Orange. Orange qui s’est empressé d’affirmer que ce n’était aucunement représentatif des valeurs de l’entreprise et que rien ne prouvait les dires de cet individu. On les comprend, chez Orange. Cela pourrait faire croire que chez eux, à l’époque de Lombard, ou on se suicidait, ou on finissait en humaniste de ce genre-là.
Il a de la chance, finalement, le monsieur présumé orangiste. En d’autre temps, disons dans les années 70, quand les rapports de force étaient différents et que ce que gagnait une personne ne suffisait pas à prouver sa valeur humaine, ce n’est pas à une citation de Féval qu’il aurait eu le droit, le grossier personnage à l’hystérie lâche et insultante (il s’est fait reprendre au départ parce qu’il parlait trop fort dans son portable), mais au cassage de gueule réservé aux petits chefs, tels que les relatent Robert Linhart ou Daniel Rondeau, par exemple, dans L’Etabli ou L’Enthousiasme.

Bien sûr, la violence ne résolvait rien. Mais des fois, ça devait soulager… Juste une bonne baffe. Juste une…

PS : aux dernières nouvelles, après une enquête interne, Orange a reconnu qu’il s’agissait de l’un de ses salariés et lui a demandé de présenter ses excuses à l’employée. L’entreprise a également annoncé qu’elle allait s’excuser et a parlé d’un éventuel “accompagnement psychologique” pour l’individu en question. On n’est jamais trop prudent, chez Orange, depuis le passage de Didier Lombard…

*Photo : Mathieu Delmestre/Parti socialiste.

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  • 5 Novembre 2012 à 11h50

    Hétéronyme7 dit

    La lutte des classes n’existe pas ? Je vais faire simple, citation : ” je gagne 70K par an alors ferme ta gueule, je suis cadre chez Orange, je n’aime pas les petits fonctionnaires français !” ………………..No comment.

  • 23 Octobre 2012 à 1h13

    kriktus dit

    Saintex et Fiorino
    en quoi me répondez-vous? Ou ai je dit que le pauvre était honnête? Il ne faut pas avoir inventé l’eau tiède pour savoir que l’honnêteté ne se trouve pas dans la grosseur ou non de son portefeuille. Vous allez surement me soutenir que Montesquieu avait raison quand il pensait que le doux commerce allait adoucir les mœurs. Personne n’est honnête et il n’y a pas plus de doux commerce qu’il y a de doux humains. le pauvre est aussi malhonnête et aussi violent que n’importe quel petit libéral suffisant. le peuple pauvre (à croire que le peuple par définition ne peut-être que pauvre puisque sitôt qu’on sort de la pauvreté il fait tout pour s’en distinguer) l’a déjà prouvé et le prouvera encore bientôt.
    Inévitablement ceux qui sont en train de gagner se rapprochent et forment de plus en plus une classe homogène même s’ils y mettent des distinctions. les peoples industriels, les peoples artistiques, les peoples politiques, les peoples financiers, les peoples universitaires. les politiques ne se marient-ils pas à des journalistes? Des comédiennes ne deviennent -elles pas les femmes d’hommes d’affaire?
    quant à ceux qui perdent de plus en plus et qui doivent se soumettre au diktat des premiers, ils finiront quand ils se seront tous rejoints au fond du trou à ne plus se snober les uns les autres puisque de toute façon ils seront les mêmes trous du cul qui se seront laissés mener à l’abattoir comme les juifs au camp de concentration.( j’assume à fond mon point godwin!)
    Ce que décidément l’humain ne comprend pas c’est que ces vilenies finissent toujours par se payer au centuple dans un éternel recommencement.
    Quant à complotiste ou complophobe il suffit de voir que des accords entre multinationales du pétrole furent décidées à l’insu des peuples et sont restés cachés pendant des décennies pour savoir que les complots existent.seulement les gens qui complotent n’appellent pas ça des complots, ils appellent ça des accords secrets entre gens sensés raisonnables et c’est bien connu que la plèbe n’est pas raisonnable et je vous le prouve tout de go dans le paragraphe suivant:
    C’est bien parce que le peuple est sous la mitraille des libéraux pauvrophobes et populistes- ils ont cyniquement la larme à l’œil- que le peuple s’abreuve aux idéaux et je peux vous assurer que plus le temps passe et moins les idéaux sont des idéaux d’amour et de paix. Pire le peuple n’a même plus d’idéaux. De quel camp faire partie? Du bien du mal , il n’y croit plus et il s’en fout.
    Que ce soit du Harlem, du Francois Hollande, Fillon ou Bayrou, du Nicolas, du pinault du arnault du bouygues ou du bolloré, du Depardieu, du debbouze du seimoun ou du robin, du zidane, du pujadas du apathie du chazal du moment que le peuple puisse en bouffer, il sera preneur de tout ce qu’on lui proposera pour les découper en tranches.
    Eh oui! le peuple arrive de plus en plus souvent encore à l’insu de son plein gré à espérer le prochain bain de sang. Même si surement un peu de son sang en fera partie il espère bien pouvoir s’y ébattre et patauger dans le sang des gens raisonnables et sensés. Et il pourra dire crânement “J’savois ben qu’j'aurions not tour.”

    • 23 Octobre 2012 à 12h13

      saintex dit

      Ma réponse était simple.
      Les gens mentionnés sont hétérogènes et c’est une commodité de l’esprit de les classifier puis les classer.
      La chanson ne dit pas autre chose que cela risque de déboucher sur le préjugé.
      Vous pouvez supposer que mon propos n’avait pas de sous-entendu, prise de parti ou dénégation des autres aspects de votre intervention. Ainsi vous ne me mettrez pas dans telle ou telle classe et vous verrez mes mots d’une autre façon, qui vous évitera la colère ci-dessus.

  • 22 Octobre 2012 à 11h11

    SPQR dit

    Elle est intelligente cette petite jeune… Entre la fleur, et le Sapin qui vegete devant ses courbes de chomage, mon choix est vite fait. N’avait-elle pas reconnu qu’elle devait a son sexe le privilege de faire partie du gouvernement qui va dans le mur?!
    Une femme metisse c’est tres precieux parce que ca vaut deux points dans le jeu de la parite. Ca combine les qualites du fou et celles de la tour! Si elle n’avait pas un prenom aussi cucu (enfin ca reste mieux que Prune, Aubepine ou Gratte-c..), je l’aurais mise en fond d’ecran de mon dumbphone!

    • 22 Octobre 2012 à 16h36

      Marie dit

      :D

    • 23 Octobre 2012 à 0h00

      nadia comaneci dit

      Vous tenez une forme olympique en ce moment Sénateur… J’ai beaucoup aimé votre Paulette revisitée sur un autre fil ))
      Femme, métisse et fiancée à Capucine puisqu’on en est aux prénoms cucu, vous imaginez le gros lot ? Fou, tour et cavalier ! Mais ne lui jetons pas la pierre, c’est rafraîchissant une si rare absence de langue de bois…
      Elle nous fait du Guizot dans un gouvernement socialiste, elle existerait pas, il faudrait l’inventer.

  • 22 Octobre 2012 à 10h41

    saintex dit

    Voici une belle occasion d’être banni de deux pensées.
    La pensée sociale que je trouve hors-propos, et la pensée psy qui peut me dire que mes mots ne sont pas les bons.

    Je n’entends pas des propos de lutte de classe. J’entends les propos d’un frustré qui compense ses frustrations par la mise en avant d’un salaire. Exhibition comparative, ce monsieur a indiscutablement une plus grosse bagnole, une plus grosse bitte, une bien petite âme, une totale absence de civilité, un aveuglement humain, un absolu irrespect de l’autre …

  • 22 Octobre 2012 à 8h08

    Alex73 dit

    En même temps si les bobos PS reconnaissaient l’existence de la lutte des classes, il leur faudrait renoncer a se revendiquer comme représentants du peuple…  Un peu embêtant électoralement parlant…

  • 22 Octobre 2012 à 0h20

    kriktus dit

    Je n’ai pas du tout étonné par les propos pleins de mépris et de haine de cet employé d’orange envers les fonctionnaires et les gagne petits. Sur causeur, pleins de commentateurs dont notamment les libéraux surs de leur supériorité intellectuelle idéologique qu’ils en arrivent même a croire génétique diffusent le même mépris et la même haine.
    Quant à Fleur Pellerin elle est socialiste donc ce n’est pas étonnant à ce qu’elle mente aux salariés, elle sait très bien que la lutte des classes existent le mentor de tous les libéraux droite et gauche confondus le reconnait c’est Warren Buffet: ” la lutte des classes existe et c’est nous qui sommes en train de la gagner”.
    “A faut espérer q’eu jeu là finira ben tôt”

    • 22 Octobre 2012 à 19h47

      saintex dit

      Quand même, la notion de classe est liée à celles de classement et de classification.
      Comme chantait Balavoine,
      “A ceux qui croient que mon argent endort ma tête
      Je dis qu’il ne suffit pas d’être pauvre pour être honnête”.

      Je ne crois pas que ceux qui sont en train de gagner forment une classe, ni que ceux qui sont en train de TOUT perdre en soient une autre.
      D’ailleurs vous allez vous faire traiter de complotiste qui reste une insulte à la mode avant que de devenir complophobe.

      • 22 Octobre 2012 à 19h53

        Fiorino dit

        Oui j’ai pensé aussi à cette chanson:
        “Que reste t’il des idéaux sous la mitraille
        Quand leurs prêcheurs sont à l’abri de la bataille ?”

  • 21 Octobre 2012 à 20h55

    Guenièvre dit

    “La lutte des classes comme mécanisme fondamental de l’histoire est un mythe idéologique diffusé par des dissidents de l’élite poussés par l’envie ” J. Baechler

    Rien de désobligeant dans cette définition : il y a bien sûr des gens qui sont mus par l’envie au sens courant et qui veulent se venger de ceux qui ont réussi mais d’autres sont mus par la générosité et se font les porte- paroles d’une “envie imaginaire” des masses.

  • 21 Octobre 2012 à 20h07

    Judith dit

    @ Borgoloff
    Une fois de plus, vous n’avez pas compris. Mais comme “m’dam est bonne” , elle va réexpliquer. 
    Quand on a un intérêt commun, la lutte des classes tout le monde s’en fout.
    Mais au quotidien, chacun se fait un plaisir de l’alimenter, pour bien se démarquer de la classe à laquelle on ne veut pas être identifié. 
    Ce n’est pas un hasard si les seuls riches que les pauvres  adulent soient des footballeurs et les stars : tout est question d’identification. 

    • 22 Octobre 2012 à 16h28

      borgoloff dit

      Notre Dame des Cochons, j’ai bien cherché, je suis désolé : je ne pense pas avoir d’intérêt commun avec vous.
      Comme ça, c’est clair ? 

      • 22 Octobre 2012 à 19h38

        Judith dit

        Oh yes ! Ceci est très  clair
        reste toutefois quelque chose  d’obscur.
         Votre intervention sur la mienne traduisait-elle un mepris pour  les ouvriers ou, plus probablement, pour les citadines qui  s’y mêlent ?
         Dans ce deuxieme  cas, vous confirmeriez ma vision des choses, la lutte des classes n’est pas une lutte, simplement une peur maladive d’être catalogué dans la classe honnie. 

  • 21 Octobre 2012 à 14h55

    Olyvier dit

    A propos de classes sociales, je pense à deux ou trois films vus récemment, et j’espère que Jérôme Leroy s’interrogera un jour sur le rôle de l’épouse d’origine étrangère dans la comédie bourgeoisisante…
    Cherchez Hortense, Dans la maison et le particulièrement soporifique Au galop

  • 21 Octobre 2012 à 11h57

    Fiorino dit

    Si non j’adore le chocolat blanc humm. Olyvier ma tarte au chocolat blanc est super mieux que la tarte proletaire ;). Une bonne dimanche à tous. A ce soir peut-être.

    • 21 Octobre 2012 à 12h00

      Olyvier dit

      Entre l’immonde tarte au chocolat blanc et l’énervée tarteprole… que diriez-vous, plutôt, d’un macaron rue Vieille du Temple (tant que Marie ne veut pas interdire aux homos l’exercice de la pâtisserie) ?

      • 21 Octobre 2012 à 18h10

        Marie dit

        Vos divagations sur ma prétendue homophobie sont lourdes aussi lourde q’ une pâtisserie indigeste:

      • 21 Octobre 2012 à 20h48

        Olyvier dit

        Tu connais pas les macarons…

      • 21 Octobre 2012 à 20h55

        Fiorino dit

        Pourquoi immonde olyvier?
        Les macarons sont très chers malheuresement si non c’est très bon à la pistache surtout.

  • 21 Octobre 2012 à 11h45

    Olyvier dit

    à Nadia :
    Partagez-vous mon admiration pour le modèle danois qui, sans nier les divergences d’intérêts et les antagonismes qui peuvent surgir, s’efforce de créer des compromis gagnants-gagnants ?
    Je suis toujours consterné quand les élites prétendent qu’on ne peut pas transposer ce modèle, et j’y vois une paresse politique que nous payons aujourd’hui. 

    • 21 Octobre 2012 à 11h56

      Fiorino dit

      Dans la reforme sur l’assurance chômage sarko s’est inspiré du modèle danois, mais il n’a pas mis l’argent necessaire pour la formation.

      • 21 Octobre 2012 à 12h02

        Olyvier dit

        Les rendez-vous ratés de l’Ex sont si nombreux que j’en ai conclu que ce n’était probablement pas le bon, comme on dit.

    • 21 Octobre 2012 à 12h46

      nadia comaneci dit

      La flex-sec ? C’est quasi le modèle idéal.
      Sarkozy a fait de bonnes réformes, indispensables après la calamiteuse présidence chiraquienne où on a confondu l’Elysée avec une rente de situation. Bonne gestion de la crise financière de 2009. Et puis ses démons l’ont repris, pas un jour sans une réforme, courons courons derrière Marine Le Pen.
      Un scone avec de la clotted cream et de la strawberry jam ?