Avant d’être une injure, le populisme était un courant littéraire | Causeur

Avant d’être une injure, le populisme était un courant littéraire

Qui écrivait sur le peuple

Publié le 03 juin 2017 / Culture

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Le film Germinal de Claude Berri (1993), adaptation du roman d'Emile Zola

Il paraît que le populisme menace. Journalistes, éditorialistes, intellectuels et politiciens nous mettent en garde contre les partis populistes, les promesses populistes, les attitudes populistes, les idées populistes. Fort bien. Pourtant personne, je crois, ne sait exactement ce qu’il faut entendre par populisme. Il y a des définitions, direz-vous. Tout le monde cependant n’a pas la même, les critères varient, cela devient suspect. On finit par penser que populisme est l’un de ces mots mous qui saturent le débat public, utilisés surtout pour disqualifier des adversaires et pour empêcher de penser.

Le plus triste, c’est que populisme, si on y réfléchit, est un beau mot. Jadis, on s’en revendiquait. Voyez le Manifeste du roman populiste de Léon Lemonnier, réédité ces jours-ci par la petite maison La Thébaïde. Ce texte célèbre connut dans l’entre deux-guerres un succès colossal. Mais attention, pas d’amalgame, comme on dit aujourd’hui : le populisme de Lemonnier était un courant littéraire, non une doctrine politique. Son credo ? La revivification du roman français, fossilisé selon lui depuis 1918 dans le psychologisme et l’avant-gardisme. La littérature française d’après-guerre, pour Lemonnier, était devenue terriblement snob. Une « littérature d’inquiétude et de débilité, un style de jeunes bourgeois qui cherchent à se chatouiller l’âme pour se faire frissonner ». Aussi, renchérit André Thérive, l’autre pilier du populisme, sus aux « romans de salons, de boudoirs, de cafés littéraires », avec leurs pénibles héros oisifs, délicats, angoissés, intellectuels ! Secouons les branches, revenons aux leçons de Maupassant, cet auteur de romans si « purs », si vrais, si peu démonstratifs, indemnes d’intellectualisme et de moralisme, ces plaies du roman des années 1920 !

Ecrire sur le peuple

La voie royale pour sortir de l’ornière, affirment Thérive et Lemonnier, c’est d’écrire sur le peuple. D’où le populisme. « En finir avec les personnages du beau monde, les pécores qui n’ont d’autre occupation que de se mettre du rouge », raille Thérive. S’intéresser aux gens ordinaires, qui triment pour gagner leur vie. Refondre la littérature dans la vie quotidienne, au lieu de l’en couper. Lancée dans la presse autour de 1929, l’idée suscite immédiatement la protestation des écrivains de gauche, les prolétariens à la Henry Poulaille, qui se sentent menacés dans leur pré carré. Les populistes s’intéressent-ils aux ouvriers ? Les écrivains prolétariens, eux, sont ouvriers ; ils n’écrivent pas sur le peuple pour renouveler l’art, mais pour changer le monde. Au-delà de cette querelle, le populisme de Thérive et Lemonnier provoque une infinité de malentendus, qui brouillent tout de suite son image. Beaucoup s’imaginent que pour appartenir au mouvement, un romancier populiste n’a pas le droit d’évoquer la bourgeoisie. Et tout le monde confond plus ou moins le populisme avec une doctrine politique… Mais surtout, le principal problème du populisme n’est pas tant ses contours incertains que son incapacité à engendrer des chefs-d’œuvre. Lemonnier, accueillant, tient certes pour populistes L’Hôtel du Nord de Dabit, les romans de Marcel Aymé, et même Voyage au bout de la nuit de Céline. Mais les « vrais » populistes, qui se réclament ouvertement du mouvement, n’ont pas tellement marqué les esprits : qui se souvient de Marcel Berger, de Louis Chaffurin, d’André Baillon ?

Du peuple à l’ailleurs

Cet échec, malgré tout, n’empêche pas que les textes réunis dans ce volume (le Manifeste proprement dit, les articles qui l’ont précédé ou suivi, et une remarquable présentation signée François Ouellet, professeur au Québec, spécialiste du roman français d’entre-deux-guerres) sont passionnants. Sur le fond, ils reposent une question philosophique éternelle, celle, pour aller vite, de la forme et du sujet : une œuvre compte-t-elle pour ce dont elle parle, pour la façon dont elle en parle, pour les deux (ou ni l’un ni l’autre) ? La forme seule est reine, diront les uns, gardons donc les bons principes des tenants de l’art pour l’art et des esthètes purs. Un écrivain ne peut pas se gratter indéfiniment le nombril sans lasser, répliqueront les autres, allons donc voir de quoi le monde est fait. Notez bien que 80 ans plus tard, nous en sommes toujours au même point : les débats récurrents sur la vitalité ou l’atonie du roman français, sur l’entre-soi social des écrivains, sur les tentatives régulières de créer de nouvelles écoles (par exemple le « manifeste pour une littérature-monde » lancé en 2007 par Le Clézio, Laferrière, Ben Jelloun et consorts, variante, au fond, du populisme de 1929 – le ressourcement du roman, censé passer par le peuple en 1929, passe par l’ailleurs en 2007), témoignent que tout ceci n’a pas tellement vieilli. Incidemment, relire aujourd’hui ces belles pièces d’histoire littéraire permet de répéter que le mot populisme a eu jadis ses lettres de noblesse, et qu’il ne serait pas absurde aujourd’hui de les lui rendre.

« Manifeste du roman populiste » de Léon Lemonnier (La Thébaïde, 180 p., 16 €)

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 5 Juin 2017 à 22h51

      Liamone dit

      Le populisme aujourd’hui c’est la démagogie effrénée qui est prête à dire ou annoncer n’importe qu’elle contre vérité qui lui parait utile pour étayer sa démarche. Peu de citoyens marchent dans la combine, mais sait on jamais. Les populistes pensent le contraire.

    • 5 Juin 2017 à 14h09

      MGB dit

      Voir la gueule de ce connard de RENAUD aux côtés de DEPARDIEU me donne envie de gerber…

      • 6 Juin 2017 à 11h50

        enfer dit

        Le bouquin de Zola donne déjà une sérieuse envie ….Le film encore plus…
        Je n’en reviens pas que le “peuple” des mines aie toléré cet agression et cette réduction au stade animal que lui a infligé Zola…
        Et que la bourgeoisie qui investissait dans l’industrie minière ne l’aie pas trainé en justice…
        Chez une de mes grand-mères à Lewarde (59) très beau musée de la mine…La “fosse” a demandé prés de 30ans de travaux à son propriétaire avant d’en sortir le premier wagon de charbon…Et on ose parler de capitalisme…
        Tout ça pour étre nationalisé par des “résistants” de la dernière heure…

    • 5 Juin 2017 à 13h54

      netrick dit

      Des écrivains populistes ? Balzac et Zola,..vous connaissez !

    • 5 Juin 2017 à 11h19

      Moi ex Adhérent dit

      QUIDAM II

      Les élites, que Sarkozy nommait “les corps intermédiaires”, ont décidé de parler plutôt d’X ou d’Y, plutôt que des problèmes, mais en évoquant seulement les effets de ceux-ci.
      Jamais des causes. C’est trop clivant, voire stigmatisant.
      Comme ils n’en parlent, ils interdisent à certains politiques d’en parler.
      La boucle est bouclée …
      Il parait qu’on a défini le phénomène par “la pensée unique” qui, Elle n’a rien à voir avec le populisme,
      “La pensée bobo” c’est joli, non ?

      • 6 Juin 2017 à 6h52

        QUIDAM II dit

        “Les corps intermédiaires” forment quelques fois des nomenklaturas et défendent des intérêts catégoriels différents, sinon même opposés, à l’intérêt général… 

        • 7 Juin 2017 à 8h45

          Moi ex Adhérent dit

          Pourquoi “quelque fois” ?

    • 5 Juin 2017 à 11h11

      accenteur dit

      Cet article sur le “populisme” est d’actualité. Le FN est-il populiste ? Il parle au peuple, aux ouvriers abandonnés du patronat mondialiste, il désigne des “ennemis” au deux bouts de la société, les migrants, les Musulmans et les patrons. A cet égard, il est populiste. Pourtant les dangers sont réels, non imaginaires. Alors est-il populiste ? Et Churchill l’était ?

    • 5 Juin 2017 à 8h53

      QUIDAM II dit

      Les « élites » qui ont gouverné la France depuis 40 ans, en ont fait un pays surendetté, désindustrialisé, communautarisé, démoralisé, frappé par le chômage, miné par l’insécurité culturelle », etc… de telle sorte que c’est plutôt « l’élitisme » qui devrait être une notion totalement ruinée.
      Or, à la présidence de la république, un énarque a succédé à un énarque qui a aussitôt nommé un énarque comme premier ministre, lequel a appelé un autre énarque comme chef de cabinet : une petite société endogame, dont l’action est invariablement couronnée par l’échec, est toujours en poste.
       Il est vrai que de nombreux candidats issus de la société civile vont être élus sous la bannière d’En Marche… mais dépourvus d’expérience, d’enracinement, et dépendant entièrement du premier ministre et du président, ils ne pourront être que des godillots.
      Mais, ouf !… le populisme ne sera pas passé.

      • 5 Juin 2017 à 11h14

        accenteur dit

        Oui mais QUIDAM, critiquer l’élite est populiste. Hitler n’aimait les intellectuels, il disait que le peuple connaissait d’instinct ce qui est bon et juste. Discussion glissante à chaque mot ;-))

    • 4 Juin 2017 à 19h56

      Gavroche64 dit

      On sait que, qui “domine” le langage domine les esprits.

      • 5 Juin 2017 à 8h33

        accenteur dit

        J’ai vu hier sur la chaine LCP un bouleversant témoignage de l’anarchisme.

        • 5 Juin 2017 à 8h41

          accenteur dit

          correction sur l’anarchisme

    • 4 Juin 2017 à 15h31

      accenteur dit

      L’insulte de “populisme” se situe aux confluents de 4 courants : 1° mépris aristocratique qui toise ceux qui n’ont pas le sang bleu, 2° mépris de la ploutocratie qui considère que les pauvres constituent une classe dangereuse, 3° mépris d’une élite intellectuelle qui pense détenir seule la capacité de penser et de jouir du raffinement, par rapport au peuple “grossier”, 4° mépris pour ces peuples qui au cours de la période des années 1930-1940 ont porté au pouvoir le fascisme et l’hitlérisme.

      • 4 Juin 2017 à 19h54

        Gavroche64 dit

        Les peuples ont porté au pouvoir le fascisme en Italie (eh, oui, c’est un mouvement italien et “fascisme” vient du latin) et l’hitlérisme en Allemagne, mais avec l’aide de la manne financière de la haute bourgeoisie, y compris anglo-saxonne. Qui était au pouvoir a Vichy ? Le peuple ou les 200 familles, conseillées par des technocrates et banquiers (banque Worms, entre autres) non élus (relire la composition du “gouvernement” de l’époque) ?

      • 5 Juin 2017 à 7h03

        Moi ex Adhérent dit

        Vous avez raison sur le mépris des nouveaux pseudo-intellos de la France d’en haut, sur celle d’en bas.
        Vous avez tort sur le fascisme, basé sur la peur d’être dénoncé d’une déviance idéologique, par son voisin, son chef, son adjoint, la police politique sait faire avouer n’importe quoi.
        Les mécanismes d’installation de ces régimes ne sont pas appris dans les écoles, ni
        la listes des pays qui ont subi la dictature fasciste ou prolétarienne oubliée.

        • 5 Juin 2017 à 9h24

          accenteur dit

          Moi ex Adhérent Vous avez aussi raison : d’abord la séduction d’un idéal “isme” qui crée l’adhésion populaire (populiste puisque le peuple mineur se laisse séduire par les beaux parleurs qui pointent du doigt leurs ennemis), puis, “la peur d’être dénoncé comme déviant”.

      • 5 Juin 2017 à 8h47

        accenteur dit

        ajout : peuple grossier mais aussi incapable de discerner les flatteries des dictateurs qui leur tiennent des discours “populistes” càd de haine à l’encontre d’une partie de la population.

    • 4 Juin 2017 à 14h11

      keg dit

      Vous imaginez Poupou emporté patr une vague de populisme, il ne se serait jamais remis de ne pas avoir gagné a, au moins, un tour de France. Il n’a pas pas gagné mais en devint populaire…. Les Français aimeraient bien leurs perdants. Qu’en est-il aux élections? Est-ce la même sentimentalité?

      http://wp.me/p4Im0Q-1UE

    • 4 Juin 2017 à 11h03

      accenteur dit

      Le “peuple” en France était au 19°s le sujet privilégié des écrivains, de Félix Gras à Michelet, de Michelet à Victor Hugo (Gavroche), Eugène Sue, Zola.
      L’ignoble vint au 20°s avec le nazisme. Le peuple devint pour les Nazis synonyme de race biologique, naturellement supérieure aux autres et donc destinée, darwinisme oblige, à dominer les autres peuples-races. Les Nazis haïssaient les intellectuels ergoteurs car le peuple pour lui savait tout naturellement. Depuis Hitler et ses thuriféraires, les intellectuels haïssent avec le nazisme, le “peuple” et le “populisme” qu’ils mettent dans le même sac. Notons que Mélenchon ne dit pas ‘le peuple”, pas fou, il dit “les gens”. Entourloupe mélenchonienne pour éviter le terme maudit que les intellectuels actuels persistent à ne prononcer qu’en se bouchant avec ostentation le nez, d’autant que le FN marche (ou marcherait) sur les traces de Hitler/Pétain. On en est là.

      • 4 Juin 2017 à 12h27

        Moumine dit

        accenteur
        Vous oubliez le bolchevisme.

      • 4 Juin 2017 à 13h55

        accenteur dit

        Moumine, exact ! J’oubliais le meilleur ! ;-)) Toutefois à l’inverse de ce populisme nationaliste et raciste des Allemands de 1930, le communisme se voulait l’internationale des peuples unis. A cet égard il a connu longtemps l’indulgence des intellectuels, d’autant plus que le communisme se voulait une dénonciation de la domination des capitalistes et recherchait une société sans classes. Ce n’était pas du tout l’idéal nazi. Pour les nazis, on devait tout au peuple-race quasi divinisé et incarné dans le Führer. `Mais question morts c’est kif kif.

    • 4 Juin 2017 à 9h59

      QUIDAM II dit

      La démagogie de notre temps se manifeste peut-être par le populisme, mais plus sûrement encore par l’adulation béate des banlieues.

      • 4 Juin 2017 à 14h52

        Moumine dit

        QUIDAM II
        Je crains que vous n’ayez raison.

    • 3 Juin 2017 à 23h26

      A mon humble avis dit

      Le peuple était autrefois méprisé par les aristocrates, il l’est toujours autant par les “élites”.
      La seule différence est qu’avant ils ne s’en cachaient pas, alors qu’aujourd’hui ils sont hypocrites: ils prétendent l’aimer et le servir, mais juste parce qu’ils ont besoin des voix du peuple et de sa soumission.
      Il n’est donc pas étonnant que le terme “populisme” soit devenu péjoratif, ainsi défini par ceux (élus, syndicalistes, journalistes, magistrats, hauts fonctionnaires, enseignants) qui veulent museler et “guider” le peuple, alors qu’il devrait être synonyme de démocratie.
      Ne tombons pas non plus dans l’illusion inverse: ceux qui sont appelés “populistes” ne sont pas plus près du peuple que les autres: ils sont simplement plus démagogues.
      Le seul vrai démocrate fut de Gaulle: il traitait les Français de veaux (avec raison), mais il leur a donné des pouvoirs et s’y est lui-même soumis: droit de vote des femmes, élection du président au suffrage universel, référendum.
      De Gaulle était populiste; depuis près de 50 ans, on en attend en vain un autre.

      • 4 Juin 2017 à 13h30

        Moumine dit

        A mon humble avis
        Très intéressant !

    • 3 Juin 2017 à 19h01

      Moi ex Adhérent dit

      Qui écrivait sur le peuple ?
      Choisir “Germinal” pour illustrer le titre du populisme, sans jamais citer Zola dans le contenu de l’article, est une curiosité.
      Le populisme était à l’origine un discours, parlant du peuple, pour le peuple, décrivant les injustices subies par lui.
      Par la suite populisme et démagogie devinrent des pléonasmes interchangeables.
      Zola n’était pas pour autant un écrivain populiste. Il a été le plus grand des journalistes d’investigation de tous les temps.
      Il décrivait beaucoup, jugeait peu, ou tout le monde en prenait pour son grade.
      Aujourd’hui, on décrit peu, juge beaucoup, et pas tout le monde de la même façon

      • 5 Juin 2017 à 8h40

        accenteur dit

        Il y a eu d’abord l’anarchisme, soulèvement populaire pour supprimer toute autorité de l’état, accusé d’engendrer désorde et anarchie, ensuite, mouvement inverse, la droite et l’extrême droite veulent rétablir l’ordre : fascisme et hitlérisme. Mais je ne suis pas spécialiste de ces questions.

      • 6 Juin 2017 à 11h42

        enfer dit

        Oui c’est vrai…Zola qui baisait ses petites bonnes et les foutait à la rue une fois en cloque…Comme ça ça lui faisait matière à écrire sur le “peuple”

        • 7 Juin 2017 à 8h42

          Moi ex Adhérent dit

          Un conseil, postulez chez les tabloïds, vous avez le profil pour !

    • 3 Juin 2017 à 16h37

      Schlemihl dit

      Lespetits messieurs des cafés littéraires et les gigolos de la Coupole sont aussi intéressants que les marins au long cours et les sauvages de la forêt vierge .

      on peut être marin sur un voilier au long cours et être aussi névrosé qu’ un intellectuel décadent , comme ils causent . on est pas moins snob chez la concierge que chez la marquise ; Le rude chasseur d’ ours de la taïga sibérienne peut avoir des inhibitions et des complexes .

      Madame Bovary a des semblables en Papouasie . On a marivaudé chez les Mongols du 12ème siècle comma à Paris .

      • 3 Juin 2017 à 19h42

        Moumine dit

        Schlemihl
        Même mes chiens manifestent parfois des angoisses existentielles…
        Bon, d’accord, ils n’en font pas des romans ! Des romances de temps à autre…

        • 3 Juin 2017 à 22h03

          Schlemihl dit

          Un chien est peut être assez intelligent pour avoir des névroses . Un homme , oui certainement

          La distinction entre l’ homme du peuple , sain robuste aux dents blanches , et le petit bourgeois ou l’aristocrate décadent malingre , névrosé …. c’ est de la blague . C’est une fumisterie , comme le primitif qui ne souffre jamais de carie dentaire , qui est toujours costaud , ou les femmes accouchent comme on pète .

          Ce n’ est pas vrai , c’ est tout .

          Même chose pour les pratiques sexuelles . On trouve des homosexuels chez les Esquimaux et les Cheyennes comme chez les Parisiens et les gens de San Francisco .

          On se moque du monde , avec les primitifs qui prévoient le temps , s’ orientent comme sont censés le faire les pigeons voyageurs ( autre foutaise ) , restent impassibles et remplis de sagesse etc etc

          Je ne sais pas qui a inventé ça, avec la sagesse des paysans l’ intrépidité des peaux rouges les connaissances mirobolantes des sauvages la pureté de moeurs des peuples dits primitifs et tout le chproums . Mensonge blague imposture déconnance éco – con – sociologie et rêveries . Déjà Virgile …. oh trop heureux les laboureurs si ils connaissaient leur bonheur ! qu’ est ce qui l ‘ empêchait de transporter du fumier au lieu de faire des vers ce con ?  

        • 3 Juin 2017 à 22h43

          ji dit

          Je ne ne suis pas vraiment d’accord : on a beaucoup plus le temps de retourner ses angoisses existentielles en France assez peinard et bordé de sécurités diverses que dans un pays où l’on doit se battre tout les jours pour quelquechose. Une bonne guerre avec des ennemis identifiés, un idéal, un objectif est sûrement une assez bonne thérapie à diverses angoisses. Inversement je ne sais plus quel philosophe disait que la condition nécessaire pour philosopher était d’être délivré des soucis matériels, mais les névroses peuvent être l’envers de la médaille.
          Après on peut aussi être dépressif, pauvre, et dans un pays sans aucune sécurité !

        • 3 Juin 2017 à 22h45

          Moumine dit

          Schlemihl
          J’imagine que toutes ces théories ont été inventées pour alimenter quelque idéologie politique ou autre doctrine religieuse.
          Si souvent les hypothèses sont tenues pour des dogmes, ce qui a le don de me crisper à l’occasion.
          J’aurais plutôt tendance à penser comme vous. Mais j’avoue mon ignorance en ces domaines, avant tout parce que ce genre de considérations me prend la tête – peut-être un déficit dans ma tournure d’esprit.
          En tout cas, je trouve très juste cette réflexion célèbre de Montaigne : “Partout où il y a l’homme, il y a l’hommerie”.

        • 4 Juin 2017 à 0h55

          Schlemihl dit

          Je reconnais que là ou il faut toujours être sur le qui vive on a moins le temps de penser à ses emmerdes . C’ est ce qu’ on appelle un divertissement , qui n’ est pas toujours drôle .

          Exemple : à Auschwitz on a vu des idiots des délirants des schizophrènes , mais pas une seule crise de nerfs .

          Un sauvage qui doit lutter chaque jour dans la forêt pour ne pas mourir de faim est trop occupé pour penser à ses peines de coeur .

          Et un humain qui se trouverait parfaitement tranquille sans aucune préoccupation et sans aucun travail ou devoir serait misérable . Il sentirait son néant .

          Mais la civilisation vaut infiniment mieux que la barbarie . je parle des vrais barbares , pas de Conan le Cimmérien . Un civilisé ne devrait redouter ni mauvais oeil ni ensorcellement ni malédiction ni envoutement ni sorciers malfaisants , et c’est un gros souci de moins  .

          Quand quelque un tombe malade , se blesse , meurt , quand il arrive une tuile , le sauvage recherche la volonté mauvaise qui est coupable , et il la trouve . si c’ est un sorcier on le tue .

          Le civilisé cherche une cause rationnelle , ce qui est plus efficace . enfin il devrait …… Parce que chaque fois qu’il se produit un embêtement ( la guerre le terrorisme le sida la crise n’ importe quoi ) nos contemporains cherchent des coupables . Et ils les trouvent !  

        • 4 Juin 2017 à 9h45

          ji dit

          Personnellement, mais peut être dis-je des bêtises, je me garderais de mettre Auschwitz là dedans. Il me semble qu’Auschwitz est le lieu de l’angoisse, parce que le lieu de l’anéantissement total sans possibilité de se battre, et sans possibilité de le comprendre.
          Mais je n’ai jamais rien lu sur l’état psychologique des personnes à Auschwitz.
          (Et après coup on peut se dire que c’est une volonté d’extermination de ceux dont les ancêtres avaient annoncé les choses les plus fondamentales pour l’existence.)

        • 4 Juin 2017 à 9h58

          ji dit

          Et c’est peut être aussi un peu pour ça que le terrorisme est angoissant : on a beaucoup de mal à se battre, on reste passif, on y est obligé. Il y a une dichotomie entre ce que qui semble bien être la réalité : ce que l’on voit, ce que l’on lit parfois (ex rapport institut Montaigne), et le discours “c’est pas l’Islam qui est une religion de paix”, on s’enrichit de nos différences avec les musulmans etc., discours qui empêche justement de prendre des mesures qui nous donneraient l’impression d’être protégés.

        • 4 Juin 2017 à 13h40

          Schlemihl dit

          Ji , la réponse du primitif devant ce qui lui fait peur ( une mort , la maladie , l’ accident , la défaite ..) c’ est de chercher une volonté mauvaise , car pour lui le monde n’ est pas gouverné par des lois mais par des volontés qui habitent des divinités des animaux des humains des outils des armes des fleuves … il possèdent des moyens de découvrir le responsable : si on lui fait boire une boisson révélatrice il en mourra , et sa mort est la preuve de sa possession par une force dangereuse . On peut le jeter à l’eau , le sorcier flotte ou coule , lui faire prendre un fer rouge et examiner la main après quelques jours , on peut tirer au sort , le présenter au cadavre d’ un homme assassiné ( les blessures saignent devant le coupable ) . Le sorcier mis à mort , tout revient dans l’ ordre .

          Chez les primitifs européens modernes , les journaux la radio le Chef désignent les coupables à tuer . Tous les événements mauvais sont dus à des sorciers conspirateurs , c’ est la théorie du complot .

          Devant les islamistes , c’ est souvent autre chose : la peur . On ne veut pas comprendre , c’ est trop effrayant . On invoque la pauvreté , l’ ignorance , l’ injustice , la guerre lointaine , l’ humiliation , notre intolérance etc …. On peut accuser là encore des sorciers malfaisants qui sont les vrais coupables , redevenir un primitif , c’ est agir selon la nature humaine , ça repose .

          On a commence à soupçonner la nature du nazisme en 1945 en découvrant Bergen Belsen . On n’a pas encore compris ce que c’ est que le communisme . Les islamistes nous crient la vérité , ils veulent nous tuer , mourir et aller au paradis Mais qui est capable de comprendre ça ? Surement pas M Mélenchon . 

        • 4 Juin 2017 à 13h47

          Moumine dit

          Ji
          Bettelheim a raconté comment, lors de sa déportation en train, il avait pris un violent coup de crosse sur la tête, ainsi que bien d’autres prisonniers. Mais, comme d’instinct, nul ne s’évanouissait, car s’évanouir équivalait à être achevé. Bien sûr, il a analysé cette situation par la suite. Parmi d’autres, BB a expliqué bien des choses édifiantes à ce sujet.
          Quant au terrorisme, nous ne nous défendons pas car nous n’en avons tout bonnement pas le droit, ainsi que vous le suggérez. Nous sommes même coupables.