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Solidarité avec les Polonaises!

Les femmes en noir ont remporté la bataille de l’IVG

Auteur

Paulina Dalmayer

Paulina Dalmayer
est journaliste et travaille dans l'édition.

Publié le 10 octobre 2016 / Monde

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pologne avortement ivg

Manifestation polonaise pro-IVG. Sipa. Numéro de reportage : SIPAUSA30160017_000006.

D’un côté, il y a eu les femmes en noir. De l’autre, les femmes en blanc, épaulées par les prêtres, en blanc eux aussi. Tandis que, lundi dernier, les femmes en noir sortaient dans les rues des villes polonaises, brandissant des cintres en ferraille, ceux utilisés autrefois pour les avortements clandestins, les femmes en blanc étaient sommées depuis les ambons de rester à la maison ou de venir prier ensemble à l’église. Le nombre de femmes en noir a été évalué par les services d’ordre à une centaine de milliers, éparpillés à travers tout le pays. Celui des femmes en blanc reste inconnu – étant donné qu’il n’est plus d’usage en Pologne que la police pénètre dans les églises pour y compter les fidèles. D’ailleurs même si les femmes en blanc avaient été majoritaires par rapport à celles en noir, ce sont les femmes en noir qui ont remporté la bataille. Inutile d’y chercher des raisons obscures ou politiciennes. Tout simplement, il arrive encore que les causes justes l’emportent sur le délire des fanatiques religieux et autres rigoristes moraux. C’est suffisamment rare pour que nous nous enthousiasmions des récents événements qui ont eu lieu en Pologne.

Un compromis fragile

Rappelons les faits. Selon la loi de 1993, toujours en vigueur, l’avortement en Pologne n’est autorisé qu’à titre exceptionnel, dans les cas où la vie et la santé de la femme seraient menacées, l’embryon atteint d’une pathologie grave et irréversible et, enfin, que la grossesse résulterait d’un viol ou d’un inceste. Due à un compromis entre les partis de droite, notamment Droit et Justice (PiS) et Plateforme civique (PO), et les partis de gauche, avec en tête l’Alliance de la Gauche démocratique, la loi sur l’avortement ne satisfait véritablement personne. Son avantage consiste néanmoins à maintenir un semblant d’entente civile, qui permet à des milliers de Polonaises d’avorter clandestinement dans leur pays ou légalement à l’étranger, sans empêcher les vertueux de dormir du sommeil du juste. La tentative entreprise en 2007 d’inscrire dans la constitution polonaise un article sur la protection de la vie humaine dès sa conception, n’a pas été approuvée par le Parlement. Depuis lors, les tentatives de révision de cette législation d’accommodement au profit, soit de son durcissement, soit de son assouplissement, se sont multipliées, sans jamais se concrétiser. Il a fallu attendre la victoire absolue de Droit et Justice aux élections législatives de 2015 pour que Ordo Iuris, un think thank œuvrant en faveur de la promotion « de la culture juridique et du patrimoine spirituel polonais », ose présenter un nouveau projet de loi que l’on définirait volontiers comme « ultra restrictif », si la législation ne l’était pas déjà. S’il était passé, les femmes ayant eu recours à une IVG, mais aussi toute personne qui les auraient aidées à avorter ou incitées à le faire, seraient susceptible de purger une peine de cinq ans de prison. Dire que le projet visait en premier lieu les femmes serait donc juste seulement en partie. Leurs compagnons ou maris, qui songeraient à se dérober aux joies de la paternité, partageraient le même sort. Faut-il y voir la raison pour laquelle 67% des Polonais, selon le sondage réalisé par l’institut Millward Brown, ont approuvé les manifestations des femmes en noir, contre 27% pour ceux qui les ont désavouées ? Le fait est que 31% des sympathisants de Droit et Justice se sont déclarés eux aussi hostiles à la réforme. N’en déplaise au ministre des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski, l’affaire n’a donc pas touché uniquement, comme il l’a soutenu, « une marge » de la société qui aurait succombé à la tentation de « se défouler ».

Les Polonaises sermonnées

L’importance de ce qui s’est joué en Pologne ces derniers jours réside non seulement dans la victoire d’une vision réaliste des affaires humaines, selon laquelle il est tout simplement contreproductif de contraindre, par des menaces et des sanctions, les femmes à être héroïques. Il s’agit également, en l’occurrence, d’un rejet, puissant et massif, de la langue de bois dont la gauche ne détient visiblement pas le monopole. Essayer de faire passer un nourrisson incapable de survivre en dehors de l’organisme de sa mère pour un « enfant handicapé » en est un exemple. Qualifier une grossesse causée par un viol de « circonstances traumatisantes de conception » en est un autre. Et que penser de l’ingénieuse trouvaille de l’archevêque de Varsovie, Henryk Hoser, qui expliquait à des millions de téléspectateurs que les grossesses dues aux viols sont un faux problème car « il y a peu de risque qu’une femme tombe enceinte sous un tel coup de stress ». La preuve, selon l’archevêque, en est le taux élevé d’infertilité dans les sociétés modernes ! Une affirmation pour le moins étonnante, venant de la part d’un homme d’Eglise qui séjournait au Rwanda au moment du génocide et n’a pas dû manquer le phénomène des dites « pregnacies of the war », ces « grossesses de la guerre » qui ont ruiné la vie de milliers de femmes et d’enfants. Croyantes dans leur majorité, les Polonaises ne se sont pas converties au nihilisme, pas plus qu’elles n’ont commencé à prêter l’oreille à ce que les ecclésiastiques polonais désignent sous le nom de « civilisation de la mort ». Reste qu’elles n’ont pas apprécié qu’on les sermonne et les invite à venir faire le ménage dans les églises au lieu d’aller manifester pour défendre leurs droits.

Enfin, les manifestations recensées, y compris dans les petits villages, ont donné tort à cette partie de l’establishment de droite qui a essayé de maquiller le profil des opposants à la réforme en les faisant passer pour des privilégiés et des bobos cosmopolites. Loin de bénéficier du même accès aux soins que les Françaises, les Polonaises les moins bien pourvues ont été les premières à contester la proposition d’une loi qui les auraient laissées sur le carreau avec un enfant lourdement handicapé, privé de tout espoir d’autonomie, tout autant que de toute aide de l’Etat. Cruel ? Inhumain ? Certes, tuer un fœtus malformé par manque de moyen pour lui garantir une existence décente, relève d’une violence sans nom. D’aucuns diront qu’abandonner un enfant handicapé à des institutions non adaptées pour l’accueillir, où il passera des années dans l’indifférence la plus totale d’aides soignantes débordées, est plus barbare encore. Et ils n’auront pas forcément tort. Par ailleurs, où chercher l’humanité dans l’obligation imposée à un médecin de retarder son intervention jusqu’à ce que la vie de la femme soit menacée ? « Les Polonaises ne vous permettront pas de les mener à l’abattoir comme des moutons. Ces moutons vous écraseront ! », a argué lors du débat parlementaire sur le projet de loi Joanna Mucha, députée de la centriste Plateforme civique. Des menaces inutiles. 46 députés -ce n’est pas rien- de Droit et Justice ont finalement voté contre la réforme de la loi. Moins en raison du fait qu’ils se seraient révoltés contre leur leader Jaroslaw Kaczynski, que parce que ce même Jaroslaw Kaczynski a changé d’avis ayant pris la mesure de l’ampleur du mouvement protestataire.

Beata Mazurek,  porte parole du parti ultra-conservateur, a pensé avoir trouvé la parade en expliquant que le projet avait été rejeté parce que les députés de Droit et Justice n’avaient pas voulu d’une loi sanctionnant les femmes. Personne n’est dupe. Le parti au pouvoir a dû reconnaître et s’incliner devant un mouvement dont l’esprit rappelait celui de la « première » Solidarnosc des années 80’, quand les chauffeurs de bus arrêtaient de travailler pour soutenir les infirmières en grève. Paradoxalement donc, « le patrimoine spirituel polonais » a été ressuscité à travers une opposition populaire et générale contre une loi injuste et arbitraire. Pour cela, et seulement pour cela, les Polonais devraient remercier les conservateurs bigots au pouvoir de leur attentat obscurantiste- fort heureusement avorté.

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    • 13 Octobre 2016 à 18h31

      Orwell dit

      … et nombre de féministes françaises comme ailleurs peuvent se targuer de ce titre). L’avortement pour finir : oui pour les mineures ou les majeures violées. Mais aujourd’hui, ce combat mené par les équivalents MLF de l’Est n’est plus une protection. Il finira par le combat mené actuellement par les néo-féministes et le femen : interdire à une femme d’enfanter, ce qui permettra à ces soit disant défenseurs des droits de cette dernière, d’être semblables à des hommes. Vive l’uniformité sexuelle !

    • 13 Octobre 2016 à 18h24

      Orwell dit

      “il arrive encore que les causes justes l’emportent sur le délire des fanatiques religieux et autres rigoristes moraux” (jubilation déplacée soit disant en faveur des femmes lorsqu’on sait quel est leur sort hors de l’occident. La sujétion imposée aux fatmas orientales est bien pire que ce que subissent nos femmes dans nos pays évolués). “les femmes en noir (tout un programme, le noir étant la couleur de la mort) sortaient dans les rues des villes polonaises, les femmes en blanc étaient sommées de rester à la maison ou de venir prier ensemble à l’église” (Une fois de plus, la foule qui braille dans la rue a raison des droits des femmes sachant rester dignes et discrètes)Contre la meute battant le pavé, faut-il des contre-manifestations et des “happening” pour défendre le désir naturel d’une femme d’enfanter ?) “Faut-il y voir la raison pour laquelle 67% des Polonais, ont approuvé les manifestations des femmes en noir, contre 27% pour ceux qui les ont désavouées ?” (comme toujours, le plus grand nombre aura eu raison de la vérité – nous appellerons cela la dictature de la populace contre la démocratie de la Raison). “Les Polonaises ne vous permettront pas de les mener à l’abattoir comme des moutons. Ces moutons vous écraseront !”(Les polonaises ne sont pas encore des agneaux que l’on égorge dans une baignoire lors des fêtes musulmanes, que je sache) « le patrimoine spirituel polonais » a été ressuscité à travers une opposition populaire et générale contre une loi injuste et arbitraire” (le patrimoine spirituel de la Pologne a toujours été la défense des idéologies nazies ou communistes, la religion ayant été sa meilleure défense). “Pour cela, et seulement pour cela” (ah ? parce que pour le reste…) “les Polonais devraient remercier les conservateurs bigots au pouvoir de leur attentat obscurantiste” (la bigoterie n’est pas là où l’on pense, elle peut se trouver derrière l’air du temps de l’égoïsme individuel qui refuse les droits naturels…

    • 12 Octobre 2016 à 22h32

      jacques dit

      Je trouve effrayant cette dictature de pensée en France. Le gouvernement francais veut criminaliser les sites qui sont contre l’avortement. Marrant, on veut même imposer le terme IVG qui est un euphémisme. On veut banaliser à tout prix l’avortement. Pour cela, on va même jusqu’à remplacer le terme avortement par IVG. il suffit de parler avec des pro IVG pour voir leur degré d’intolérance c’est juste effrayant. Si vous êtes contre l’avortement, vous êtes directement moyen ageux, obscurantiste et contre les droits des femmes. D’ailleurs, les hommes ne sont pas concerné par le sujet et n’ont pas le droit de donner leur avis là dessus. Petit rappel, les enfants sont concus à deux (hommes et femmes). Alors, les hommes ont parfaitement le droit de parler du droit des enfants. En plus, les pro avortement veulent que les avortements soient financés par l’état. Autrement dit, les anti avortement sont obligés de payer avec leurs impots les avortement mais ils ont pas le droit de dire qu’ils contre. Donc, les femmes ont le droit d’avorter mais elles doivent pas assumer (vu que c’est l’état qui paye). Elle où la liberté ? A partir du moment où quelqu’un d’autre paye à votre place, vous n’êtes pas libre. Pq tous les pro IVG sont persuadés que le refus de l’avortement vient de la religion ? Perso, je suis agnostique. Marrant de voir que les progressistes qui se font les champions de la tolérance sont profondément intolérants (il suffit de les contredire). On pige mieux l’islamogauchiste. Les islamistes et les gauchistes sont aussi intolérants les uns que les autres. Ils sont persuadés de détenir la vérité, d’être le camp du bien et de devoir imposer leur vérité à tous. Les conservateurs eux au moins sont logiques: ils ne se font pas les champions de la tolérance.

    • 12 Octobre 2016 à 22h12

      jacques dit

      Perso, je pense que la loi polonaise est équilibré (au contraire de la loi francaise). Il me parait légitime qu’en cas de viol, de mise en danger de la mère ou d’enfants lourdement handicapés, l’avortement soit légal. Par contre, je piges pas comment on peut légitimer l’avortement dans les autres cas. Et moi, je ne justifie pas mon refus de l’avortement (sauf les trois exceptions citées) par la religion. On parle toujours de la liberté de la femme mais il ne faut pas oublié que la liberté ne veut pas dire “fais ce que je veux”. Liberté va toujours de pair avec responsabilité. Les femmes sont libres de leur corps mais elles sont donc aussi responsables de leurs corps. Or, aujourd’hui, tout le monde veut la liberté mais personne ne veut assumé la responsabilité qui va avec. C’est hypocrite. J’en ai plus que marre de tous ces “droits”. Tout le monde veut des droits mais jamais de devoirs. La mentalité européenne est une mentalité d’assisté (avoir la liberté mais pas la responsabilité, avoir des droits mais pas de devoirs). Il existe des moyens de contraceptions ainsi que la pilule du lendemain. Que les femmes ne voulant pas d’enfants les utilisent mais sauf cas citées, qu’elles n’utilisent pas l’avortement (qui équivaut à un meurtre). Désolé mais je pense que la vie de l’enfant a plus d’importance que le reste. En plus, on demande même pas à la femme de conserver l’enfant, elle a qu’à le donner à l’adoption. A partir du moment où une femme n’est pas capable d’utiliser les moyens qu’elle a à sa disposition, tant pis pour elle. En droit, on parle toujours de l’intérêt supérieur de l’enfant cela vaut pour tout sauf bien sûr, dans le cas de l’avortement. Et que l’on vienne pas dire que l’enfant concu n’est pas un enfant. Dans les toutes premières semaines, l’enfant ne peut pas être considéré comme enfant mais très vite, l’enfant devient un corps à part différencié de sa mère. A partir de ce moment, il est scientifiquement un enfant. Le nier est être négationniste.

      • 13 Octobre 2016 à 9h48

        Pom’ Potes dit

        Excellent.

        Le duo liberté/responsabilité et l’autre droit/devoir, c’est bien ce lien qui est attaqué. Je pense que tous ces combats ont une base noble et que certains des premiers combattants ont souhaité plus de libertés et de droits d’une part pour en jouir et d’autre part pour exercer responsabilités et devoirs.

        Mais bon. C’est comme les bonnes résolutions. Une fois qu’on se retrouve au pied du mur, on découvre réellement si on en valait soi-même la peine.

        Curieusement, je ne crois pas qu’on ait vraiment une mentalité d’assisté, même si ça y ressemble. Il se fait juste que dans ces moments clefs, certains ont cherché à prendre la fuite mais n’ont pas pu. Et ils ont dû faire face à leurs insuffisances. Ça n’a pas dû être agréable mais les plus retors ont trouvé une parade. Parce qu’ils étaient “obligés de” à un moment ou un autre, c’est une oppression, à tout le moins un manque de liberté!

        Voilà où les combats en sont arrivés: on repousse ces obligations au nom du respect et de la liberté de l’être humain. Et on perd de vue qu’elles sont une partie intégrante de ce respect et de cette liberté. Parce que c’est quand on se lève et qu’on fait face qu’on les matérialise.

        Alors oui, dans certains cas, on a un assistanat qui est mis au point. Mais je crois que le dénominateur commun, c’est une pensée totalitaire qui exige des autres de se taire ou alors d’acquiescer aux malheurs des “opprimés”. Et ça commence tout doucement, par du “c’est pas bien grave”.

        Les réacs sont d’autant plus combattus qu’ils évoquent des peccadilles. Et on passe là sur une contradiction fondamentale: si c’était qu’une petite responsabilité, qu’un petit devoir, qu’est-ce que cela veut dire de l’être humain qui en est incapable ou ne veut pas l’accomplir?

        Oh! On a eu une réponse là-dessus: les “grands” se réservent pour les vrais devoirs. Que ne leur fait-on perdre du temps!

        Un mot-clef au début. L’avez-vous vu? “S’exercer”.

        • 13 Octobre 2016 à 9h57

          Pom’ Potes dit

          Je pourrais disserter encore plus longtemps sur la notion, balayée, de s’exercer, de d’abord ramper pour ensuite marcher pour ensuite courir. De l’arrogance qu’il y à se draper dans un combat artificiellement anobli avec la prétention de sauver/transformer le monde sans passer par chez soi…

          Je veux juste ajouter que je ne suis pas convaincu qu’il existe vraiment de grands combats. Je soupçonne qu’il en existe plutôt une multitude de petits qui, pris individuellement, semblent inconséquents mais dont c’est le cumul dans le temps qui est vital.

        • 13 Octobre 2016 à 10h01

          Pom’ Potes dit

          Ah oui, pardon: cette notion de multitude, je crois qu’elle est parfaitement comprise par une grande partie de mouvements pour les droits. Et prix du cumul de leurs victoires, leurs propres fuites face au réel, commencent à se voir au delà de leurs cercles.

    • 11 Octobre 2016 à 12h39

      beornottobe dit

      qu’en reste-t-il quand Droite et Gauche réunies pourfendent “à qui mieux-mieux”, les “idées” venues d’ailleurs! ?………?????

    • 11 Octobre 2016 à 10h15

      dacey dit

      “ultra-conservateur”, “bigots”, “obscurantiste” pour oser ne pas penser comme le “camp du bien”. On croirait lire Libération ou Médiapart. Il ne manque que “nauséabond” !

    • 11 Octobre 2016 à 10h00

      thierryV dit

      L’énorme privilège des femmes consiste a ne pas faire d’enfant. c’est cela le véritable choix et non celui de supprimer la vie . Et pour ne pas faire d’enfant la société a réussit a trouver une parade absolu , la contraception .Toute autre solution est honteuse pour l’espèce. Mais on est plus a ca près dans les concessions qui se succèdent a la dignité pure .
      Les hommes comme les femmes doivent être soumis a l’obligation contraceptive autoritaire si cela doit sauver ce qui reste de morale.

      • 11 Octobre 2016 à 13h56

        Pom’ Potes dit

        Malheureusement mon bon thierryV, le privilège que vous décrivez nécessite qu’on perçoive qu’être un adulte implique (à mon sens) de se connaître dans sa nature profonde, y compris dans la nature physique de notre propre corps. Nature physique qu’on n’a pas choisi certes mais… a-t-on choisi notre caractère, nos préférences et nos amours?

        Au débat entre l’inné et l’acquis, j’ai rarement vu qui que ce soit soulevé la remarque toute simple qu’entre ces deux extrêmes, il y a le vaste monde de toutes les possibilités où nous pouvons nourrir notre âme selon notre bon vouloir, à notre époque plus que jamais.

        La liberté vient main dans la main avec la responsabilité mais je me retrouve d’accord avec la suggestion de C. Canse sur un autre fil: combien de gens désirent cette liberté réelle qui nous expose, nous et nous seul, aux conséquences de nos actes? Peu probablement.

        Il est tellement mieux de se rendre au supermarché des libertés modernes où tout est accessible et facile, où le jugement sur les autres est interdit (sauf s’ils sont passéistes, réactionnaires, en bref “so-not-in”) et où vous ne dépensez pas un kopeck pour vos achats puisqu’on distribue à l’infini les chèque-droits pour vous payer une conscience tout en effaçant votre passé.

        Il n’y a pas à apprendre de nos erreurs dans un tel cas mais, malheureusement, il n’y a plus non plus à être fier de nos accomplissements. Le passé s’efface à ce prix-là car rien ne saurait être gratuit.

        Ce prix, vous l’avez vous-même donné: c’est notre dignité.

      • 11 Octobre 2016 à 14h02

        Malg dit

        Y compris la vasectomie ?

        • 11 Octobre 2016 à 16h14

          Pom’ Potes dit

          @Malg

          C’est une possibilité, sans conteste. À chaque couple de décider ce qui lui paraît le mieux. La société a les options, les couples leurs critères (et certains ne sont peut-être pas choisis: je me demande si une intolérance à la pilule, par exemple, cela existe?)

          Mais c’est une suggestion bien orientée que vous faites là. Tout le monde devine que vous ciblez ici l’homme, c’est une évidence. Mais ce n’est pas cette orientation qui me gêne. C’est le fait que vous impliquez ici une situation de couple. Or l’IVG est accessible sans regard à la situation de la femme.

          J’ai une amie infirmière qui, bien que pour l’IVG, est vraiment écœurée quand des gamines de 16 ans se présentent pour leur n-ième avortement. Bien que la contraception soit discutée, il faut bien admettre que dans ces cas-là, autant pisser dans un violon. Car ce sont bien les notions mêmes d’anticipation, de projection et de recul propres à la démarche contraceptive qui ont foutu le camp, si elles ont jamais trouvé des échos chez ces jeunes filles. Et je ne parle même pas de la protection contre les maladies sexuellement transmissibles.

          On parle souvent des jeunes comme insouciants, démesurément optimistes par leur confiance/croyance dans leur invincibilité. On parle aussi des jeunes qui sont “nés avec”. Avec le numérique. Avec une société à la cool.

          Avec la consommation aussi.

          Mélangez tout cela et vous avez des comportements de pur jouissance des “festivités” modernes et “au diable le lendemain” n’était que le début. Cela fait un moment qu’on est aussi dans le “peu importe le présent tant qu’il se passe dans le plaisir”.

        • 11 Octobre 2016 à 22h51

          IMHO dit

          ” des gamines de 16 ans se présentent pour leur
          n-ième avortement “.
          Ce ne serait pas plutôt pour obtenir la pilule du lendemain?
          Qui en effet (peut-être regrettablement ?), est parfois utilisée comme contraception par des femmes qui ont peu de rapports sexuels .
          Mais qui n’est pas un avortement pour neuf Français sur dix au moins .

        • 12 Octobre 2016 à 13h04

          Pom’ Potes dit

          Non, pas la pilule du lendemain. Bel et bien une IVG.

          Cette pilule est en effet plus proche de la contraception que l’IVG. J’ignore jusqu’à quand son fonctionnement est opérant et j’ignore combien de temps il faut pour que l’alchimie ovule + sperme prenne.

          En tout cas, prise le lendemain, oui c’est de la contraception. Mais de dernier recours et qui fait fi des notions d’anticipation, de projection et de recul. En somme, cette pilule est un acte contraceptif mais il est évident qu’il n’y a eu aucune démarche de contraception en soi.

          Je dis tout ceci sans vouloir vous culpabiliser IMHO, en référence à cette fois-là où vasectomie et où pilule du lendemain. Les choses sont ainsi faites. Et si je suis pour la liberté des gens, ça ne m’empêche pas de noter l’absence de démarche de contraception.

        • 13 Octobre 2016 à 10h42

          IMHO dit

          ” J’ai une amie infirmière qui, bien que pour l’IVG, est vraiment écœurée quand des gamines de 16 ans se présentent pour leur n-ième avortement “.
          Non, les boeufs ne volent pas, et donc votre amie infirmière a peut-être rencontré une adolescente de seize ans à la dérive qui en était à sa deuxième pilule du lendemain, mais pas deux adolescentes dans ce cas, ou alors cette infirmière travaille dans un dispensaire où ne viennent que des cas sociaux ou psychologiques graves, et leur problèmes prioritaires à ces filles ce ne sont pas leur grossesses indésirables, c’est tout le reste.

        • 13 Octobre 2016 à 16h06

          Pom’ Potes dit

          Et bien, mon cher IMHO, vous en savez des choses dites-moi! Y compris sur des gens que vous n’avez jamais rencontré. C’est épatant!

          Alors, mettons les choses au clair. Non ce n’était pas qu’une ni deux adolescentes, c’était plus. Et non, ce n’étaient pas toujours la deuxième pilule du lendemain. Certaines regardaient ce nombre de loin dans leur rétro…

          Après, bon à savoir pour le contexte, c’était en France non métropolitaine. Mon amie a trouvé que la culture là-bas et son rapport avec la contraception n’aide pas. Et malheureusement la discussion non plus.

          Intéressant aussi, l’apport de la notion de priorité. Souhaitez-vous suggérer que, pour l’exemple de ces femmes, la discussion sur l’avortement n’apportera rien d’appréciable de manière générale? Ou même pour ces femmes? Que l’IVG c’est neutre dans de pareils cas?

          Pénible, pénible, pénible… la réalité tellement plus riche en possibilités que les bonnes intentions en profondeur de vue. Je sais… comparaison très ingrate.

        • 13 Octobre 2016 à 16h23

          lisa dit

          Pom’ Potes
          Grâce à vous on voit le visage de la bien pensance représentée par IMHO, il sait mieux que les autres ce qu’ils connaisent et voient, on devrait lui élever un autel.

        • 13 Octobre 2016 à 19h26

          IMHO dit

          Si vous m’aviez dit out de suite que c’était aux colonies que ça se passait ces IVG juvéniles à répétition, cela m’aurait évité de mettre votre parole en doute.
          A part ça,je crois en effet que leur grossesses indésirées tracassent beaucoup moins ces ados antillaises que le souci de se trouver un jules qui ne la plaquera pas avec les chiards qu’il lui fera, qui ira travailler plus que de temps en temps et qui ne se soûlera pas avec l’argent des allocs, l’inaccessible étoile quoi .
          Je sais de quoi je cause: mon frère a vécu quatorze ans à Saint-Martin, dont il est revenu complètement tropicalisé, il a fallu le réacclimmater, et il m’en appris de belles sur la vie sur les confettis

        • 14 Octobre 2016 à 13h54

          Pom’ Potes dit

          @IMHO

          Je n’ai jamais vécu là-bas. Mais deux amis, oui. Et, de part les divers aspects de la vie là-bas qu’ils m’ont évoqué, ça correspond assez bien à ce que vous me dites.

          C’est bien pour ce genre de cas que je suis contre le recours à l’IVG même si je suis pour dans l’absolu. Curieusement, ces deux positions ont une raison fondamentale commune: notre incapacité à prévoir tous les cas de figure.

          Je suis pour le mettre entre les mains des femmes parce que, d’une part, à un moment, il faut bien faire confiance aux gens. Et, même si je leur souhaite de n’avoir jamais à se retrouver à devoir y avoir recours, je trouve quand même mieux que cette option n’aura plus les allures d’une intervention à la dérobée, avec un cintre ou que sais-je.

          Et d’autre part, c’est bien parce que je ne sais pas que je souhaite que les femmes y aient accès.

          Néanmoins, pas de là à en faire un produit de consommation. Et ça, au contraire de tout ce que je ne sais toujours pas, je le sais et je ne suis pas tout seul à le savoir.

          Alors certes, le recours intempestif à l’avortement peut paraître moins négatif que les problèmes qu’il révèle. Mais est-ce à dire qu’il ne joue pas un rôle dans ces problèmes? Certes, une paternité non désirée peut faire fuir l’homme mais, parfois, elle peut le faire rester. Jamais une paternité avortée, sans doute à son insu, n’aura un impact sur lui.

          Ultimement, qui est-ce qui trinque vraiment?

        • 14 Octobre 2016 à 14h37

          Pom’ Potes dit

          Petit oubli: je crois qu’il y a naturellement plus de cas non anticipé d’utilisation amorale de l’IVG que de cas d’utilisation nécessaire.

          Mais les débats ont tourné cours là-dessus. Comme dit jacques plus haut: liberté et droit, oui, responsabilité et devoir non.

          Assez rigolo (disons-le ainsi pour rester guilleret) de voir l’hypothétique avoir suffisamment de valeur -alors qu’il est lié à de la rareté (les cas d’utilisation nécessaire)!- pour justifier le libre accès gratuit à l’IVG tandis que l’hypothétique a priori de même nature rapport aux cas d’utilisation amorale -qui me paraissent naturel de soupçonner d’être potentiellement inhabituels mais pas rares ainsi que répétés plutôt qu’exceptionnels- cet hypothétique-là… semble tout juste suffisant pour condamner ceux qui osent l’avancer comme des obscurantistes.

        • 14 Octobre 2016 à 14h50

          Pom’ Potes dit

          @lisa

          La bien-pensance… oui. On la voit se manifester.

          Je suis en train de m’en construire l’image suivante: il ne s’agit pas seulement de dénoncer ceux qui pensent mal. Il s’agit aussi de ne pas penser le mal. Ou alors uniquement de manière suffisamment général pour qu’il ne soit jamais attribuable en soi à une personne.

          Ça me fait penser à une vidéo du show de Bill Maher sur Youtube. Il reçoit un religieux ma foi fort instruit et éloquent. Bien sûr, la “discussion” est surtout à sens unique puisque structurée sur le principe que l’hôte pose une série de questions et ne creuse pas plus en avant à partir des réponses qu’on lui donne. Il se cale sur le rythme qu’il a prédéfini de sa série de questions. Très pratique.

          N’empêche, à un moment, notre bon religieux de service (soyons honnête, c’est ce rôle-là que cherche à le donner le show) arrive à glisser une notion fondamentale. Après, c’est peut-être moi, mais je crois que M. Maher passe encore plus vite à la question suivante malgré l’importance du propos.

          Le prêtre lui fait remarquer lui et son hôte s’oppose très certainement sur la vision de l’homme et indique que M. Maher voit probablement l’être humain comme fondamentalement bon, sans guère de potentiel au mal, tandis que lui-même estime que tout un chacun à une part de noirceur qu’il peut nourrir.

          Il y a peut-être là un des plus gros tabous/mythes/croyances des bien-pensants qu’ils se refusent à discuter.

      • 11 Octobre 2016 à 20h58

        Hannibal-lecteur dit

        Votre opinion ne s’appuye sur aucun argument et néglige de définir où commence la vie. Le meilleur moyen de déconsidérer votre propre cause.

        • 12 Octobre 2016 à 13h08

          Pom’ Potes dit

          Effectivement, l’opinion de thierryV ne comporte aucun argument. Mais, soyons honnête, il n’est en rien obligé que la présentation d’une opinion soit argumentée.

          Par contre, cher Hannibal-lecteur, que pensez-vous de ma contribution (et de toutes les autres qui furent des réponses à vos commentaires)?

    • 11 Octobre 2016 à 9h19

      mogul dit

      J’approuve la victoire des femmes polonaises. Dans un cadre précis et conforme à une éthique définie au préalable, les femmes ont tout simplement droit au choix.

    • 11 Octobre 2016 à 8h42

      Surbranĉa Birdo dit

      Le drame, c’est que la Pologne est un pays catholique. C’est dans cette religion qu’on a canonisé un bonhomme nommé Alphonse de Liguori qui voyait dans la contraception un crime « qu’il faut ranger, ce semble, immédiatement après l’homicide ». On m’a parlé d’une femme de pasteur alsacienne qui, entre les deux guerres, condamnait comme il se doit l’avortement mais donnait aux paroissiennes de son mari des conseils de contraception.

    • 11 Octobre 2016 à 8h17

      Malg dit

      Je savais que José Artur est décédé, mais pas qu’il est une bourgeoise. 

    • 11 Octobre 2016 à 7h41

      thierryV dit

      L’obscurantisme c’est de ne donner qu’une seule couleur au progrès sous le seul prétexte de défendre une seule cause.Le vrai progrès consiste à analyser les maux et en trouver les remèdes .Et non à distribuer le remèdes pour nommer les maux.
      Il eut été plus facile d’amplifier et d’enraciner culturellement la contraception à un niveau d’exigence élevé (homme-femme) plutôt que de développer une société eugéniste qui dérive lentement vers la monstruosité (sélection de la vie , fin de vie ,triomphe du corps redessiné).
      Le “progrès” vu de cette manière est une promesse d’obscurantisme de laboratoire.

    • 11 Octobre 2016 à 6h08

      Singe bleu dit

      “Ma chatte mon choix” sur l’illustration c’est d’une élégance rare.

      • 11 Octobre 2016 à 8h01

        IMHO dit

        Riez donc un peu, au lieu de faire la grimace !

      • 11 Octobre 2016 à 11h42

        Sancho Pensum dit

        C’est important, en matière de naissance, d’avoir le choix dans la date.

        • 11 Octobre 2016 à 21h02

          Hannibal-lecteur dit

          SansPensée, désolé mais la contrepèterie ne semble pas régner chez les postiers de Causeur…

      • 11 Octobre 2016 à 13h37

        Pom’ Potes dit

        Au delà de l’élégance, faut-il rappeler qu’un avortement passe par la chatte parce que c’est obligé? Mais que le but est d’atteindre la vie qui se développe un peu plus loin?

        Le slogan aurait dû être “Mon fœtus, mon choix” et là, d’un coup, ça marche moins bien! Mais les slogans ont-ils pour modus operandi de s’en tenir à la réalité? Cela n’empêche pas qu’on connaît depuis fort fort longtemps le lien entre sexe et naissance, et qu’on peut estimer que nos concitoyens, homme ou femme, s’en souviennent.

        Alors un mot pour cette charmante demoiselle: “ma chatte, mon choix”, meuf, ça décrit non pas le moment où on t’avortera (parce que tu peux pas le faire toute seule) mais celui où tu y as accepté qu’une bite non protégée vienne y faire un tour et cracher son foutre au fond sous l’excitation de l’acte. Et ça, tu peux pas non plus le faire toute seule, pas plus que l’homme qui t’a honorée n’aurait pu être amené à jouir en toi sans que tu l’accueilles.

    • 11 Octobre 2016 à 5h46

      Singe bleu dit

      Un article d’Eugénie Bastié bientôt ?

    • 11 Octobre 2016 à 5h45

      Singe bleu dit

      L’auteure promeut donc le pire eugénisme qui soit sans trop de scrupules.
      On remarque qu’elle ne dit pas avortement mais IVG. Le réel mord.
      Comparer la loi des catholiques conservateurs à un attentat de Daech est très con.
      Encore une bonne bourgeoise qui se fera faire un gosse quand elle se sentira vieillir et qu’elle comprendra que ses désirs de salonnarde sont vides.

      • 11 Octobre 2016 à 5h57

        Malg dit

        Incroyable mais vrai : il y a plus de cons que de femmes. 

        • 11 Octobre 2016 à 6h08

          Singe bleu dit

          Les bonnes bourgeoises se défendent entre elles ?

        • 11 Octobre 2016 à 6h10

          Singe bleu dit

          moi ce qui me troue le cul ce sont ces bonnes bourgeoises qui parlent comme des “professionnelles” avec des heures de vol.

        • 11 Octobre 2016 à 8h02

          IMHO dit

          Schön !

    • 11 Octobre 2016 à 3h52

      Jeannot dit

      Ce qui est sidérant c’est que le problème que constitue en soi l’avortement ne soit même pas mentionné.

      A-t-on le doit de penser que nous donner institutionnellement le droit de vie et de mort sur un être sans défense n’est pas un progrès de l’humanité ? Ou dans tous les cas que cela pose problème, que l’enfant soit handicapé ou pas, viable ou pas ?
           
      Est-il encore possible d’être opposé à l’avortement, par conviction, sans être traité de “barbare” comme le dit gentiment cet auteur ?

      Il y a pire encore que l’abus sexuel sur des enfants. Il y a l’avortement, car à cette violence-là, par définition, on ne survit même pas. Violence exercée sur un être essentiellement  dépendant et vulnérable.

      Accuser les évêques d’hypocrisie et mépriser ceux qui n’acceptent pas l’avortement est une violence moindre mais supplémentaire. La modernité n’a pas d’autre argument, de toutes façons : ceux qui ne l’adorent pas sont damnés et condamnés sans procès, par le seul fait qu’ils émettent une proposition différente.

      Je décide de vivre sans me soucier des diktats de la police de la pensée, dont cet article est malheureusement, quelle que soit l’intention de l’auteur, une illustration. Je suis en bonne compagnie, avec Baudelaire, Ronsard, Montaigne, Erasme et tant d’autres qui n’avaient jamais songé à promouvoir l’avortement. Evidemment, ils étaient moins intelligents que nous : ils n’étaient pas modernes !

      • 11 Octobre 2016 à 5h38

        Prince Murat dit

        Dieu a créé l’être humain en le dotant d’une intelligence élevée.
        Nous avons une capacité de réflexion, le goût de la liberté et du progrès.

        Pendant des millénaires, les femmes sont ”tombées enceintes” quand Dieu ou le hasard le décidaient.

        Avec les progrès de la science, les femmes peuvent désormais ”prendre en main leur destin”.

        Elles peuvent décider : ”Je ne souhaite pas être enceinte en ce moment”, ou au contraire, ”ce n’est pas facile, mais je vais essayer de devenir enceinte par tous les moyens disponibles”.

        Vous faites le choix de la soumission à la ”Volonté Divine”, ce n’est pas celui des autres…

        • 11 Octobre 2016 à 5h41

          Singe bleu dit

          En gros l’enfant devient une chose qu’on se paie quand on en a les moyens.

          En gros c’est l’avortement de confort que vous défendez Murat.

        • 11 Octobre 2016 à 12h50

          IMHO dit

          No, petit ouistiti, l’avortement pour le panard, le pied, le plaisir, quoi !

        • 12 Octobre 2016 à 0h00

          Hannibal-lecteur dit

          Dieu n’a pas créé l’être humain, c’est le contraire : aux alentours de 6 à 8000 bc notre ancêtre à créé Dieu pour lui servir d’explication aux débordements incompréhensibles de la nature. Au moment où il passait du singe à l’humain par l’acquisition de la parole et où la parole créait les concepts.  
          Mais on peut croire de bonne foi aux pires idioties: comme elles n’ont pas d’existence matérielle, elles n’ont pas non plus de preuve contraire.

        • 12 Octobre 2016 à 12h52

          Pom’ Potes dit

          @Hannibalou

          Et les “débordements incompréhensibles de la nature”, maintenant, ils sont compris? Ou bien le rejet, l’oubli et la non-considération de Dieu impliquent-ils la même chose pour cette incompréhensibilité?

          “Mais on peut croire de bonne foi aux pires idioties: comme elles n’ont pas d’existence matérielle, elles n’ont pas non plus de preuve contraire.”

          Dieu n’a pas d’existence matérielle? Mais si c’est le cas, là voilà votre preuve contraire!

          Passons sur le fait que vous n’arrivez pas à écrire correctement ce que vous pensez (je noterais quand même que cela implique que vos idées ne sont pas claires pour vous moi-même: à contraster avec la foi limpide de certains…)

          S’il n’y a ni preuve ni contre-preuves, alors tout est possible. À moins que vous n’ayez une logique particulière à faire intervenir ici.

          Je me demande donc en quoi Dieu serait une des pires idioties. Question en 2 parties évidemment: la partie “idiotie” et la partie “pire”.

          Si vous ne savez pas l’expliquer… c’est peut-être parce que vous avez vous-même une croyance ici. Beaucoup d’athées disent ne pas croire en Dieu mais, quand on croise, on s’aperçoit qu’il en rejette l’idée plutôt que de passer leur chemin. Et après ils se pâment d’être neutres sur la question!

        • 12 Octobre 2016 à 17h18

          Hannibal-lecteur dit

          Pom con-pote, puisque vous réclamez des réponses, une seule pour montrer le flou de vos pensées : c’est vous qui assimilez Dieu à pires idioties, pas moi. Dieu est à mes yeux une invention merveilleuse de l’homme, pas du tout une idiotie comme votre étroitesse de vue vous l’a fait induire.
          Dieu n’a pas d’existence matérielle, la gamme complète des fréquences a été explorée, celle de Dieu n’y figure pas. Mais l’existence de Dieu est bien réelle pour qui y croit. L’objectivité oblige à remarquer que cette existence est consécutive à la démarche de foi, lui est contingente.
          Et notez qu’aucune foi ne précède ce que je viens de dire : seul le constat de l’état actuel des connaissances. Il ne vous est pas interdit de croire cet état lacunaire  -  de croire  -  et devant être comblé un jour… Comme déjà indiqué aucune preuve contraire ne peut être opposée à une croyance.

        • 13 Octobre 2016 à 9h19

          Pom’ Potes dit

          Hé oh! Le flou de mes pensées? C’est peut-être moi qui en trois/quatre phrases dont l’une parle de “pires idioties” et contient, selon toute vraisemblance, du mépris et se situe dans la suite de “l’homme a créé Dieu face à la nature” qui suit “Dieu n’a pas créé l’être humain”.

          Et replaçons bien ce commentaire: il fait suite à un autre plus bas sur le “morceau de viande”.

          Si vous jugez mes réactions argumentées comme floues et imprécises, je vous conseille vivement de vous relire. Vous n’êtes pas responsable de mes interprétations fautives. Mais vous êtes responsable du choix de vos mots, de leur agencement en phrases et de leur simplicité arrogante.

          En attendant, votre réponse semble indiquer, à ma surprise, que nous partageons sensiblement le même point de vue. Ma surprise vient du fait que je n’aurais jamais pu écrire aucun de vos commentaires sur ce fil…

      • 11 Octobre 2016 à 7h54

        thierryV dit

        oui , réalités des pratiques veut dire progrès aujourd’hui”hui ! Les polonaises comme les autres femme sont traversées par les mêmes questions auxquelles elles apportent forcement , les même réponses.

      • 11 Octobre 2016 à 20h28

        scarlet dit

        Jeannot: “Il y a pire encore que l’abus sexuel sur des enfants. Il y a l’avortement, car à cette violence-là, par définition, on ne survit même pas3

        Ben voyons!
        Seriez vous pretre?

        • 12 Octobre 2016 à 6h10

          Jeannot dit

          Pouvez-vous medire le rapport avec le passage de mon message que vous mentionnez ?

          Et non, je ne suis pas prêtre. Vous êtes bonne soeur, vous ?

      • 11 Octobre 2016 à 23h52

        Hannibal-lecteur dit

        L’abus sexuel sur un enfant est le viol d’un vivant. L’avortement est l’évacuation d’un morceau de viande. 
        Mais certains respectent ce morceau de viande pour son futur supposé humain …chacun fait les paris qu’il veut.

        • 12 Octobre 2016 à 6h16

          Jeannot dit

          Je comprends que vous pensiez que c’est un morceau de viande. Mais vous pouvez comprendre que des médecins, des philosophes, des femmes enceintes, des futurs pères, des milliards de personnes avant vous et en même temps que vous, pensent que cette définition ne rend pas compte de ce qui se passe pendant la gestation d’un enfant. Et par conséquent qu’il y ait une question, au moins une question. On peut penser que regarder un foetus comme un morceau de viande n’est pas, pas vraiment, pas du tout, un progrès pour l’humanité. Et que c’est même d’un cynisme et d’un désespoir que l’on n’a aucune envie de partager.

        • 12 Octobre 2016 à 12h43

          Pom’ Potes dit

          Le fait qu’un morceau de viande, qu’un amas de cellules, soit une personne en devenir ne fait que d’autant plus appuyé le sérieux de la question.

          Je regarde l’ensemble, sans plus de subjectivité que cela.

          Vous, cher Hannibal-lecteur… vous vous appuyez sur du dédain et du mépris sous couvert d’une objectivité bien fausse et étriqué puisque c’est de l’objectivisation orientée qui fait fi du processus de don de la vie.

          Qui a dit que le don de la vie se fait en 5 minutes?

    • 11 Octobre 2016 à 0h17

      gigda dit

      Des femmes en noir ont donc fait reculer l’obscurité… islam/chrétienté voguant ensemble vers une longue nuit revenue?! Ouf!

    • 10 Octobre 2016 à 22h10

      Guillaume-Salluste dit

      Victor Hugo encore embryon était déjà, en puissance, Victor Hugo.
      Un avortement nous eût privé d’un grand écrivain.
      Combien de Hugo, de Balzac et d’autres ont été éliminés avant de profiter de la vie ?
      Je n’arriverai jamais à comprendre comment l’on peut être favorable à l’avortement et militer pour l’euthanasie et contre la peine de mort.

      • 10 Octobre 2016 à 22h25

        kelenborn dit

        Oui!!! et combien d’Hitler, de Staline et de Pol Pot ont été éliminés ?
        D’un autre côté, il est quand même surprenant de voir une copine pour ne pas dire une complice de Caron pleurer sur le sort des animaux à l’abattoir mais pas sur celui des foetus à l’hôpital
        Comprenne qui pourra!!!
        A moinns et c’est plus probable que l’on ait affaire à un combat de cinglés !!! Causeur devrait se contenter de survoler les “nids de coucous” plutôt que d’aller y chercher des articles!!et… des écrivassières tout juste propres à crotter dans le nid!!

    • 10 Octobre 2016 à 19h28

      thierryV dit

      Incroyable ce que les visions “réalistes” prennent le pas sur le débat moral. D’autant qu’en la matière il existe une solution foulée aux pied par individualisme , celle de la contraception, bien insuffisante pour servir d’arbitre. 
      Pour la drogue c’est pareil  . Les donneurs de leçons ne tirent de leur arsenal qu’une lâche validation des pratiques. Et ce sont ces gens qui vous font la morale. En fait de progrès social on assiste plutôt au triomphe de l’individu roi. 
      Du coup le principe de réalité remplace la morale. Nous verrons donc dans cette droite ligne arriver d’autres monstruosités. Il n’y a plus qu’à s’accrocher. 
      Nous parlerons peut être  un jour  de la légalisation de l’inceste. 

    • 10 Octobre 2016 à 18h32

      beornottobe dit

      question “existentielle”!(c’est le cas de le dire)……… mais toujours pas posée aux intéressées !

    • 10 Octobre 2016 à 18h27

      Simbabbad dit

      Il est triste de voir que la question du contrôle des naissances n’est toujours pas résolue. Avortement banalisé voire glorifié d’un côté, jusqu’au-boutisme hypocrite de l’autre, pressions infâmes des entreprises qui voient les grossesses d’un mauvais œil, mécanisations et marchandisation effrayante de la procréation (commerce du sperme, des mères, congeler ses ovaires pour faire des enfants plus tard quand on aura les moyens)… beaucoup d’avancées qui cachent des renoncements.

      • 11 Octobre 2016 à 5h51

        Singe bleu dit

        Exactement l’auteure ne pose pas toutes ces questions.