Polémique autour de Lorànt Deutsch: quelle Histoire! | Causeur

Polémique autour de Lorànt Deutsch: quelle Histoire!

Une passion qui se transmet aussi en dehors des cours

Auteur

Irène Delage

Irène Delage
chef du service de Documentation de la Fondation Napoléon

Publié le 27 octobre 2016 / Histoire

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lorant deutsch histoire

Lorant Deutsch. Numéro de reportage : 00657088_000007.

Vous connaissez le comédien Lorànt Deutsch, sa passion pour l’Histoire, le succès de son livre Métronome (« son histoire de France » vendue à plus d’un million et demi d’exemplaires), et la polémique sur sa légitimité à écrire ce livre en raison des erreurs relevées dans son texte. Il y a quelques jours, le comédien a annulé sa conférence destinée à des élèves de 4e de trois collèges de Trappes, après le refus de sa venue manifesté par deux professeurs.

Esprit(s) critique(s)

Il est légitime et nécessaire pour les différents acteurs d’un tel événement de se poser des questions quant aux motivations et aux conditions de son organisation, d’autant que l’Histoire n’est pas un sujet neutre et l’enseignement un réel enjeu (surtout en ce moment et en France). Et en effet, chacun son métier.

Mais depuis, il n’est pas sûr que nous donnions un bon exemple aux élèves, les défenseurs de la liberté d’expression s’opposant aux défenseurs de la qualité de l’enseignement de l’Histoire, avec peut-être un peu de mauvaise foi. Il nous semble que ces professeurs, historiens et journalistes ne parlent pas tout à fait de la même chose. Donnée dans un autre lieu qu’une salle de classe, l’intervention du comédien ne pouvait-elle pas être perçue par les élèves comme autre chose qu’un cours d’histoire ? N’était-ce pas l’occasion, pour un professeur, de revenir sur cette intervention et faire intervenir l’esprit critique de ses élèves sur ce qui aurait été dit, par qui et comment ?

Les enfants n’apprennent pas qu’à l’école

Il semblerait qu’il soit bien difficile aujourd’hui d’organiser la saine confrontation de plusieurs expériences, et dans ce cas précis celle de l’historien lié à l’implacable nécessité d’une méthode de travail spécifique, pour dégager des faits mais aussi des interprétations de ces faits à l’épreuve du temps et des sociétés. Le professeur d’Histoire doit assurer la délicate transmission de connaissances communes établies, avec des découpages de programmes et des temps de cours ne permettant pas autant de nuances et d’approfondissements qu’il le voudrait. En face, un « saltimbanque » médiatique entend montrer comment la passion de l’Histoire peut toucher, pousser à la curiosité et nourrir la création, au-delà du cadre scolaire (précisons que nombre d’historiens et de professeurs d’histoire sont eux-aussi passionnés et passionnants !).

De toute façon, pardon pour cette évidence, les enfants n’apprennent pas qu’à l’école, mais aussi au sein de leur famille, avec la télé et internet, comme le montre un passionnant ouvrage paru récemment, Le Récit du commun. L’histoire nationale racontée par les élèves, dirigé par Françoise Lantheaume et Jocelyn Létourneau (PUL, 2016). Il rend compte de la méthodologie et des premiers résultats d’une audacieuse étude internationale, conduite auprès de 6 622 élèves français, allemands, suisses et catalans, âgés de 11 à 19 ans, et ce au cours du dernier trimestre 2011 pour l’essentiel. En France, 5 823 élèves ont été sollicités pour répondre principalement à cette invitation : Racontez l’histoire de France (question plus ou moins différente pour les régions insulaires de Corse et de La Réunion), décrivez, présentez ou racontez comme vous la percevez, la savez ou vous vous en souvenez. Une demande audacieuse, tant il s’agit pour les chercheurs, non de vérifier les connaissances des élèves, mais de recueillir leur récit personnel de l’histoire de leur pays. Dégagement d’une trame commune, dominante du «récit national» et de sa dimension guerrière, importance des figures du pouvoir (Louis XIV, Napoléon et Charlemagne sont les trois personnalités les plus cités) et perception des acteurs collectifs (le Peuple, les Français, les rois), conception linéaire et progressiste de l’histoire, sont les principaux enseignements de cette étude pour le corpus français, ainsi que l’intérêt et la fierté de son histoire commune.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 30 Octobre 2016 à 16h14

      isa dit

      Faut deja aimer la littérature de gare pour apprécier ce genre de bouquin,,,

    • 30 Octobre 2016 à 9h54

      Hannibal-lecteur dit

      Dans cet article comme dans tous les commentaires ci-dessous il est surprenant de constater qu’un aspect essentiel de l’Histoire ne soit jamais évoqué : à savoir sa parfaite INUTILITÉ. 
      Car l’histoire ne se répétant jamais, jamais elle ne peut avoir la moindre efficacité pour construire l’avenir.
      Cependant, je ne nie pas la valeur fondamentale de la connaissance de ses racines pour chacun, pour la construction de chaque individu sur des bases aussi solides que possible. Mais ceci est une histoire individuelle, primordiale dans laquelle l’Histoire générale d’une nation n’a pas une importance vitale : la preuve? l’émigré qui accepte les Gaulois pour ancêtres parce qu’il choisit d’accepter la culture française pour s’y épanouir. 
      Alors l’indignation des deux gauchistes débiles qui interdisent un discours différent du leur, cette indignation est encore plus inepte à constater dans ce contexte. 

      • 30 Octobre 2016 à 11h15

        IMHO dit

        “la connaissance de ses racines pour chacun, pour la construction de chaque individu sur des bases aussi solides que possible ” .
        A supposer qu’individu “se construise” et non “soit “, quelle connaissance de quelles “racines” peut-on acquérir ?
        A moins de naître dans dans la noblesse de province ou dans un village corse ou dans une famille consanguine, quelle perception de sa généalogie peut-on avoir ?
        Que peut-on se sentir de commun avec chacun de ses huit arrière-grand-parents et en faire la synthèse ?
        Quatre hommes, quatre femmes: peut-être issus de huit lieux différents, de parents de conditions différentes, d’éducation différentes, de croyances et de moeurs différentes, souvent moins que huit, il est vrai, on est endogame, mais quand même .
        Et on n’en est encore qu’à soixante-quinze a

        • 30 Octobre 2016 à 11h24

          IMHO dit

          Et on n’en est encore qu’à soixante-quinze ans avant sa naissance !

          Que “l’histoire ne se répète jamais, et que jamais elle ne peut avoir la moindre efficacité pour construire l’avenir ” est faux, évidemment, les types d’événements historiques n’étant pas nombreux
          Et si la connaissance de ce qui s’est passé était inutile aux nations, elle le serait aussi aux individus, et on serait aussi désarmé à soixante ans face à un escroc qu’à vingt-cinq ans .

        • 30 Octobre 2016 à 23h06

          Hannibal-lecteur dit

          Bé, ImhoBill vous en posez des questions…qui ne démentent rien du désir de chacun de connaître ses ancêtres, ce qui prouve leur sottise.
          Sottise qui s’aggrave avec ” les évènements historiques n’étant pas nombreux ” . À supposer cette assertion exacte ( elle est fausse puisque les époques différentes rendent unique chaque évènement ) l’Histoire ne donne et ne peut donner aucun moyen de choisir lequel se rėalisera.

        • 31 Octobre 2016 à 5h15

          IMHO dit

          Hannibal lui toujours dire ça quand lui fâché .
          A part ça, peu de gens se soucient de leur généalogie au delà des aïeux qu’ils ont connus ou connaissent et de ceux dont ceux-là leur on dit quelque-chose .
          Une charmante dame m’a fait cadeau de la généalogie de ma famille maternelle qu’elle avait établie, ce qui m’y a intéressé ce sont les rejetons de mes grands-écoles et tantes, mais au delà, je lai lu comme une étude historique, curieuse par les longévités et les mobilités sociales .
          Après tout beaucoup ont déjà des souvenirs désagréables de leur propre passé, celui de leur vivant, alors les malheurs de leurs ancêtres, sauf peut-être les juifs les parpaillots et les immigrés

    • 29 Octobre 2016 à 17h43

      IMHO dit

      Au lieu de vous empoisonner l’esprit avec des livres frelatés comme celui du Sieur Deutsch et compagnie, relisez des livres comme celui-ci :
      http://classiques.uqac.ca/classiques/see_henri/france_eco_soc_au_XVIIIe/see_hist_econ_soc.pdf
      C’est un peu dépassé mais exact et clair. Vous y apprendrez au lieu de vous abêtir.

      • 29 Octobre 2016 à 19h13

        Wil dit

        IMHO dit
        “Au lieu de vous empoisonner l’esprit avec des livres frelatés comme celui du Sieur Deutsch et compagnie…”
        Frelatés,c’est à dire?
        Et compagnie…?Qui d’autre?
        On “s’empoisonne l’esprit” en lisant Deutsch?rien que ça!Pfiouuu….On dirait une expression d’extrémiste religieux.
        IMHO,un Savonarole de gauche de plus.

        • 29 Octobre 2016 à 19h16

          Wil dit

          En laissant le genre de personnage comme IMHO agir on se retrouve avec des buchers chargés d’abord de bruler des livres puis on finit avec leurs auteurs.

        • 29 Octobre 2016 à 20h43

          IMHO dit

          Avarié, si vous préférez .
          Et je ne vous interdit de le lire, je vous dis que ça va vous faire du mal .
          Maintenant si vous voulez bouffer de la merde, c’est votre affaire .

        • 29 Octobre 2016 à 21h05

          Wil dit

          Tu peux changer d’adjectifs autant que tu en as dans ta musette IMHO,ça n’en fera pas des arguments.
          Et tu ne réponds que sur le frelaté,sans doute parce que le reste te pose problème.
          Tu n’es qu’une caricature de cette gauche hypocrite qui se gargarise de mots comme tolérance et ouverture d’esprit mais qui ne supporte pas la différence.

      • 30 Octobre 2016 à 9h38

        Hannibal-lecteur dit

        ImhoBill, votre obstination à passer votre message confine à l’apostolat. Il est remarquable que, en bon apôtre, vous ne vous laissiez rebuter par aucune rebuffade, aucune démonstration de votre malhonnêteté ou de votre bêtise, selon vos arguments …frelatés. Votre tactique de fuite et d’esquive est excellente à vos yeux puisqu’elle vous permet de n’avoir jamais à reconnaître vos torts, mais il semble qu’elle soit inefficace aux yeux d’autrui…
        Dans tous les cas la quantité de soufflets que vous recevez pourrait être un motif à modifier votre logiciel de réflexion. Il n’en est rien.
        Il faut en conclure soit que vous êtes un masochiste sévère et trouvez votre plaisir à ramasser des coups, soit que vous êtes salarié pour répandre votre parole, ce que vous nierez évidemment.
        Mais la seule façon de convaincre de votre bonne foi, ce serait de reconnaître le bon argument contraire au vôtre, de l’affronter de face au lieu de dévier sur un biais, une comparaison ou carrément un autre sujet, selon votre habitude. Faute de quoi vous ne convainquez personne et vous agitez en vain.

        • 30 Octobre 2016 à 11h28

          IMHO dit

          Dans le mille: je suis aux gages de l’Institut pour la régénération des idiots.

        • 30 Octobre 2016 à 23h08

          Hannibal-lecteur dit

          Félicitations, beau travail sur vous-même !

        • 31 Octobre 2016 à 5h20

          IMHO dit

          C’est ce qui m’encourage à persévérer .

    • 29 Octobre 2016 à 14h25

      agatha dit

      La haine couve, mais Les Inrocks veillent :
      http://www.lesinrocks.com/2016/10/news/twitter-lorant-deutsch-lacathelinierre-insultes-donnent-nausee/
      Cela dit, j’avais lu le texte exact d’un des 2 professeurs d’Histoire contre LD, c’était un modèle de puritanisme et d’esprit psychorigide savamment entortillés dans ce merveilleux style académique qui permet de se sortir de toutes les situations à son avantage et d’écraser son adversaire sans avoir l’air d’y toucher.

    • 29 Octobre 2016 à 12h02

      AGF dit

      J’ignore si ce livre commet ou non des erreurs. Il m’est tombé des mains assez vite.
      Mais avec les nouveaux programmes d’histoire on peut dire de l’attitude de ces profs que c’est “l’hôpital qui se moque de la charité”. Alors qu’on leur impose d’enseigner une histoire tronquée, biaisée, ethnocentrée en direction de l’Islam dont on dont on a gommé toutes le tares , ils s’acharnent sur un auteur dont peu de gens retiendront l’intérêt. Et puis…n’aurait-ils pas été préférable d’intervenir pendant la conférence pour rétablir leur “vérité”. Il y aurait eu là une authentique pédagogie du dialogue conduisant à la confrontation des idées. Mais ça ce n’est pas dans le coran ni dans la charia qui sont la loi à Trappes.

    • 29 Octobre 2016 à 11h59

      AGF dit

      J’ignore si ce livre commet ou non des erreurs. Il m’est tombé des mains assez vite.
      Mais avec les nouveaux programmes d’histoire on peut dire de l’attitude de ces profs que c’est “l’hôpital qui se moque de la charité”. Alors qu’on leur impose d’enseigner une histoire tronquée, biaisée, ethnocentrée en direction de l’Islam dont on se garde bien d’éliminer toutes le tartes , ils s’acharnent sur un auteur dont peu retiendront l’intérêt. Et puis…n’aurait-ils pas été préférable d’intervenir pendant la conférence pour rétablir la vérité. Il y aurait eu là une authentique pédagogie du dialogue conduisant à la confronta

      • 30 Octobre 2016 à 11h56

        malaimé dit

        Il faudra muscler vos mains à défaut de votre cerveau

    • 29 Octobre 2016 à 9h51

      jcm dit

      “L’Histoire est un roman vrai”, comme cette affaire.

        Censure idéologique de la part de professeurs barbus ( “barbus” à l’occidentale ) ?
       ou
      banale question de jalousie quand un profane a du succès là où des besogneux émérites n’en ont pas ?

        Probablement les deux, mais je retiens ceci , écrit dans l’article :
      Est-ce que ce n’était pas une occasion rêvée de faire un examen critique après l’intervention, c’est à dire de montrer la méthodologie qui permet d’écrire l’histoire, de remonter au sources et d’en tirer des leçons .
       l’histoire n’est pas une science ! elle relève d’abord de la littérature sans laquelle elle n’est plus qu’accumulation morte de documents, certes authentiques, mais qui ne constituent en rien ce qui articule un récit historique. Et les censeurs de cette histoire sont des imposteurs bien plus que des historiens.  

    • 29 Octobre 2016 à 9h22

      plouc dit

      en quoi ces petits africains et ces petits arabes se sentiraient concernés par l’ histoire de France ?????? ils n’ y figurent tout simplement pas !!!! ils n’ ont aucun passé dans notre histoire de France et au nom de la nouvelle société multiculturelle , ces bobos socialauds merdeux voudraient leurs faire croire le contraire !!!!!!

      • 29 Octobre 2016 à 12h03

        Pierre Jolibert dit

        Non, non, apparemment c’est Lorant Deutsch qui veut qu’ils s’enracinent dans une histoire, qui vient pour cela dans des conférences, selon un esprit très voisin sans doute de celui du professeur Jean-François Chemain qui souhaite dans la conclusion “Et tout ça, ça (peut faire) d’excellents Français” de son Kiffe la France que l’on travaille (et lui le fait de l’intérieur) à “rescussiter (…) les grandes figures de notre belle Histoire de France, que les jeunes de banlieue ont, eux aussi, envie de connaître, et auxquelles ils s’identifieraient volontiers” car “ces enfants sont capables de tout entendre dès lors que c’est juste, et dit avec bienveillance, j’en témoigne“.
        C’est à ça que vous vous opposez, et pas du tout à ce que vous appelez des bobos socialos merdeux, à qui vous êtes au contraire très utile, avec vos points d’exclamation.

    • 29 Octobre 2016 à 8h06

      QUIDAM II dit

      Très mauvais historien, très mauvais comédien, Lorànt Deutsch est apparemment un bon conteur.
      Le succès de son livre lui vaut certainement un rôle très exorbitant par rapport à ceux joués par de véritables historiens… lesquels souvent ne se privent d’ailleurs pas de pétrir les faits avec de l’idéologie (nationaliste, internationaliste, etc) ce qui, finalement, dévalorise leurs travaux autant (mais certes d’une autre façon) que ceux de cet acteur.
      Notamment, chez les historiens sérieux, la dernière mode est de tresser des lauriers aux conquérants barbares des 6°, 7° et 8° siècles : les envahisseurs sont sympas.
      C’est scientifique, disent-ils.

      • 29 Octobre 2016 à 12h12

        Pierre Jolibert dit

        A qui faites-vous allusion ?

    • 28 Octobre 2016 à 19h34

      Pierre Jolibert dit

      Bon, on aimerait quand même avoir un récit complet.
      Certes l’histoire est lacunaire, les chroniqueurs sont obligés de tisser ensemble des faits très détachés en les embellissant par le mode de cohérence narrative qui leur tient le plus à coeur, mais enfin on aimerait bien savoir les autres élements pour l’instant non signalés qui font que deux professeurs de l’un des trois collèges invités dans un cadre très officiel, si l’on en croit le lien aggiornamento mis plus bas par Donna se meurt, suffisent à faire prendre la décision au comédien (mais est-ce lui qui l’a prise ?) d’annuler la conférence dans une salle de spectacles (louée par qui ?) etc.

      • 28 Octobre 2016 à 20h56

        thd o dit

        En effet, les idéologues des deux bords semblent souvent oublier l’incertitude qui règne presque nécessairement dans la glorieuse discipline historique.

        Il y avait autrefois sur le site Néoprofs une thésarde par ailleurs apparemment dévote catholique, qui semblait concevoir sa discipline comme une réincarnation de la Vierge Marie, qui lui portait en tout cas une très vive admiration. J’ignore si elle y sévit encore, ne le consultant qu’épisodiquement.

    • 28 Octobre 2016 à 18h30

      gege26 dit

      je préfère et de loin son histoire de France à celle enseignée par l’éducation dite nationale qui bientôt va nous faire croire que c’est grace à l’islam que la France et l’europe sont de grands pays