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PMA : La marchandisation des corps, et pourquoi pas ?

La vie n’est pas à consommer avec modération

Publié le 24 avril 2013 à 18:00 dans Société

Mots-clés : ,

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Les récents efforts d’adaptation morale de notre beau pays à un monde toujours changeant ayant suscité d’importantes réactions négatives, faisons fonctionner nos esprits avec une pincée de scepticisme.
La vie n’est pas une valeur sacrée. Ou pour le dire en termes économiques, la vie n’a pas une valeur infinie. Bien sûr, on prétend souvent qu’elle est telle. Cela fait bon genre, cela force l’approbation de l’auditeur, et permet de passer pour un type bien. Malheureusement, le plus souvent, cette sacralisation de la vie n’est pas tant due à une volonté de démagogie qu’à une forme de pensée primitive, pour ne pas dire primaire, inspirée par ce qui reste en nous de pensée religieuse.
Histoire de nous amuser un peu, je soutiendrai non seulement que cette pensée est fausse, et que la vie n’a pas une valeur sacrée ou infinie ; mais encore que les défenseurs acharnés de la vie ne sont pas eux-mêmes convaincus de ce qu’ils disent. Pour cela je ferai appel à un de mes concepts favoris de la pensée économique, celui de préférence révélée. Les économistes considèrent en effet que la valeur que nous attribuons aux choses est davantage révélée par nos actions que par nos paroles. On conçoit ce que cette affirmation contient de piquant pour l’être humain, animal hypocrite : elle revient à dire que nous sommes de beaux parleurs, mais que quand il s’agit d’agir, nos actes révèlent des préférences bien différentes de nos paroles.
Le débat sur la Procréation Médicalement Assistée illustre ce concept. On crie au sacrilège, on parle de « marchandisation des corps », on se dit outré que le corps puisse être vendu comme n’importe quel service, on se déclare choqué, scandalisé ; dans le même temps, nous pratiquons nous-mêmes, quotidiennement, la marchandisation de nos corps, sans nous en inquiéter plus que cela. Pour être cohérent avec lui-même, celui qui prétend que la vie, ou les corps, ont une valeur infinie ou sacrée, devrait ne  jamais prendre aucun risque, et dépenser tout son avoir en médecine et en assurances. Il devrait consacrer sa vie à aider les autres, ne jamais entreprendre aucune action qui puisse leur nuire, dépenser tout son avoir en dons et en charité. Si vous n’êtes pas Mère Terésa, considérez combien de fois par jour vous troquez un peu de votre vie, ou de votre corps, pour du plaisir : chaque fois que vous prenez une cigarette par exemple, chaque fois que vous prenez un peu d’alcool, chaque fois que vous vous offrez le plaisir de rouler un peu vite, chaque fois, en vérité, que vous entreprenez n’importe quelle action qui a un autre but que la conservation pure et simple de la vie, la vôtre et celle des autres.
Qui aurait envie d’une vie consacrée à se soigner et s’assurer, et prendre toutes les précautions possibles, pour soi-même et pour autrui ? Qui aurait envie d’une vie interminablement longue, n’ayant d’autre but qu’elle-même ? En d’autres termes, qui aurait envie d’une vie d’une valeur sacrée ou infinie ?
Alors, si vous souhaitez faire preuve d’un peu d’honnêteté intellectuelle, ne vous insurgez pas contre la « marchandisation des corps » ou la désacralisation de la vie. Ne descendez pas manifester et molester ceux qui demandent simplement à ce qu’on les laisse disposer de leur corps comme ils l’entendent. Restez chez vous, à prendre du bon temps avec vos amis, boire de l’alcool et fumer des cigarettes, ou offrez-vous une escapade sur les routes. La vie est belle, quand elle n’est pas à consommer avec modération.

*Photo : _-0-_

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  • 5 Mai 2013 à 9h52

    BloodyB dit

    Voici  la conception officielle de la parentalité  :

     http://www.senat.fr/rap/a12-435/a12-4356.html