Plutôt l’instrumentalisation que l’inaction !
Rue89 / Causeur : neuvième round sur la récidive
Publié le 24 novembre 2011 à 17:24 dans Société
Mots-clés : Chambon-sur-Lignon, François Hollande, Martine Aubry, récidive


Chaque semaine jusqu’à l’élection présidentielle, la “battle” sur Yahoo ! Actualités confronte les éditos de Rue89 et Causeur sur un même thème. Cette semaine, Marc Cohen et Blandine Grosjean débattent de la récidive.
Chacun le sait, car c’est une règle d’or de l’idéologie dominante : il ne faut jamais légiférer sous le coup de l’émotion, fût-ce l’émotion légitime suscitée par un crime abominable. Je veux bien l’admettre. Mais si on ne réagit ni avant, ni après, on fait quoi ? On laisse faire. C’est ça la vraie bonne idée ? Dans les mêmes bonnes maisons bienpensantes, on nous serine aussi qu’il ne faut surtout pas que ce genre de drame abominable donne lieu à « récupération », à « instrumentalisation ». J’ai entendu Thomas Legrand le répéter pendant deux longues minutes dans son édito de France Inter du 22 novembre, délicatement intitulé « Récupération politique : le gouvernement récidive ». Là encore, j’entends bien. Mais si la politique ne s’intéresse pas à ce qui révulse l’ensemble des citoyens de ce pays, alors, à quoi sert-elle?
On nous dit même que toute cette agitation autour de l’assassinat sauvage d’Agnès, c’est beaucoup de bruit pour rien. Je caricature ? Hélas non ! À titre d’exemple, toujours sur Inter, voilà ce que disait ce même matin à 9h10 Ali Rebeihi, qui remplace cette semaine Pascale Clark: « En 2010, selon les statistiques, deux mineurs on tué un autre mineur. C’est trop bien sûr pour les familles des victimes, mais c’est peu en regard du nombre de mineurs qui se suicident ou meurent chaque année sur les routes. Mais pourquoi une telle surexposition de ce fait divers ? » Une rengaine qu’on peut retrouver en version Bac+ 5 sur le blog du sociologue Laurent Mucchielli, référence obligée de toute la gauche sociétale « Si l’on comprend bien l’émotion déclenchée par cette affaire, l’on voit mal quel problème de société il faudrait en déduire, ni quelle réforme pénale ou psychiatrique il serait urgent d’adopter s’agissant, redisons-le une dernière fois, d’une fréquence annuelle de cas comprise entre 0 et 1 par an à l’échelle de la France entière ». En clair : Agnès ? RAS !
N’en déplaise aux bonnes âmes de la presse ou de la sociologie, bien sûr qu’il fallait que les politiques se fassent entendre après cet assassinat, et bien sûr qu’à partir du moment où des ministres expriment autre chose que leur compassion obligatoire, qu’ils proposent des pistes de solutions pour éviter que se renouvelle une telle catastrophe judiciaire, ils prêtent le flanc à l’accusation d’instrumentalisation et même d’instrumentalisation « nauséabonde », comme l’a dit Benoît Hamon lors du point de presse du PS, fort mal à propos, à mon avis. Car accréditer l’idée qu’il ne faut rien dire ou rien faire, c’est aussi instrumentaliser : l’immobilisme est une opinion, et une ligne politique. C’est même la seule politique possible aux yeux d’une certaine gauche, celle de la Ligue des Droits de l’Homme, du Syndicat de la magistrature et autres Appels des Appels, pour qui toute préoccupation sécuritaire fait de facto le lit du totalitarisme.
Nombre d’électeurs de gauche auront, comme moi-même, observé avec soulagement que l’entourage proche de François Hollande a rompu avec de telles palinodies pseudo-humanitaires. Moscovici, Valls, Vallini, Filipetti ont tous refusé de polémiquer avec le gouvernement et se sont explicitement ralliés, au contraire, aux centres éducatifs fermés dont la direction actuelle du PS disait jusque-là pis que pendre. On pourra utilement, à cet effet, se reporter au calamiteux Livre Noir publié il y deux ans par Solferino intitulé La France en libertés surveillées . On y lira, par exemple, page 19 : « Nicolas Sarkozy a ainsi achevé la mutation d’une politique de sécurité publique vers une politique de surveillance des publics. Parallèlement, la construction d’une dichotomie stricte entre « victimes » et « criminels » ainsi que l’utilisation extrapolée et répétée de ces deux termes laissent à penser que, sous prétexte d’empathie légitime pour le malheur d’autrui, tous les moyens seraient utilisables pour exclure les criminels et prédire la réalisation de leur action délictueuse ». Apparemment ce genre de délire est désormais caduc, François Hollande ayant par bonheur renoué avec la bonne vieille tradition qui veut que la gauche ait vocation à défendre le faible contre le fort, donc aussi la victime contre le criminel, et sans guillemets puants, s’il vous plait.
Autant le drame du Chambon-sur-Lignon est terrifiant, autant ce début de consensus politique entre les deux candidats majeurs à la présidentielle signe un commencement de lueur d’espoir. Peut-être va-t-on enfin attaquer de concert et de front le problème de la récidive, et celle des violeurs en particulier. Et l’attaquer dans toute sa complexité. Que les meurtres ou les viols commis par des récidivistes ne constituent qu’une proportion très faible de l’ensemble des crimes n’est pas le problème. L’opinion a tendance à penser que ces crimes de récidive, contrairement aux autres, auraient pu être évités, au moins pour certains d’entre eux, par une autre politique judiciaire. Il faut lui répondre, et autrement que par un juge, un prof ou un psy qui hausse les épaules. Faut-il par exemple que, comme aux USA, les habitants d’un quartier soient informés de la présence dans leur quartier d’une personne condamnée dans le passé pour ce type d’agression? J’y suis a priori favorable, mais je ne demande qu’à entendre des arguments contraires. J’ai bien dit des arguments. Pas des fatwas droitdelhommistes hurlant à l’exclusion ou à la stigmatisation…
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L'auteur
Marc Cohen est rédacteur en chef brèves de Causeur.
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Ignatius dit
« (…) il ne faut jamais légiférer sous le coup de l’émotion, fût-ce l’émotion légitime suscitée par un crime abominable. Je veux bien l’admettre. Mais si on ne réagit ni avant, ni après, on fait quoi ? On laisse faire. »
Bel exemple d’épouvantail rhétorique…
Le postulat fallacieux est le suivant : « ne pas légiférer sous le coup de l’émotion = ne rien faire ni avant ni après = laisser faire ».
« L’opinion a tendance à penser que ces crimes de récidive, contrairement aux autres, auraient pu être évités, au moins pour certains d’entre eux, par une autre politique judiciaire. Il faut lui répondre (…) »
Bel exemple de posture ochlocratique et/ou doxocratique… le gouvernement de la foule par l’opinion, qui, dans sa prodigieuse sagesse (le « bon sens », ça s’appelle…) joue le rôle de « guide suprême », et lance des fatwas auxquelles les politiques sont chargés de répondre, par des lois en l’occurrence.
La « mal-pensance » ne justifie pas tout.
L’opinion est le cancer que la démocratie porte dans son ADN, et dont elle finira par mourir, après une « longue maladie » dont les symptômes nous apparaissent un peu plus chaque jour.
« Tout le rêve de la démocratie est d’élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois. Le rêve est en partie accompli. Il lit les mêmes journaux et a les mêmes passions. » — Flaubert, Correspondances, 1871 (lettre à George Sand)
Ellroy dit
Les fatwas droitdelhommistes, non merci, et les fatwas sécuritaires non-plus…Des lois sur la récidive il y en a une par ans minimum, ce qui fait une dizaine depuis 2002, alors si la sécurité des français (ou plus sûrement la perception qu’ils en ont) n’est pas à son mieux , il serait peut être utiles d’évaluer les dispositifs en place, voire peut être, se dire qu’une loi par ans de depuis dix ans ça n’est peut être pas efficace, a moins encore que ce soit la faute des ”juges rouges” ces ennemis interieurs….
pirate dit
+50, des lois votées, mais non financés et inapplicables e facto. Comme la toute dernière inventée par nanopoléon qui n’est pas mis en application parce qu’elle ne sert non seulement à rien, mais elle ajoute des frais.
Florence dit
En toute franchise, cette idée de prévenir les habitants du quartier qu’un ancien violeur s’y installe me paraît un peu surréaliste même si c’est déjà appliqué ailleurs ( dans quelles conditions, il serait intéressant de le préciser).
Vraiment, cela m’apparaît comme une démission de l’Etat et un appel à faire justice soi-même. Non merci.
pirate dit
vous voulez un argument , l’ineptie la plus complète de ce genre de mesure; c’est un appel au lynchage, rien de plus; monsieur cohen, violeur récidiviste est dans votre quartier messieurs dames, quel sera le résultat ? monsieur cohen sera prié par pétition d’aller se loger ailleurs; monsieur cohen qui a de sérieux problème quand à l’objectisation de l’autre, et la morbidité de sa sexualité, ne va pas changer pour faire plaisir, il est malade, et fondamentalement il ne peut rien contre ça; monsieur cohen se fera chimiquement chatré parce qu’il souffre, mais sa vie restera un enfer parce qu’il a fait subir l’enfer à ses victilmes; il est au banc de la société, sa lie. parce que la société refuse d’admettre qu’en son sein, dans ses normes il y a le viol acceptable, passif, où on fantasme sur des actrices X, ou on va au pute, et l’inacceptable, celui où la demoiselle n’est ni pute ni actrice de X, donc c’est verboten. le violeur a une perception troublé du pouvoir et de la manière de manifester son impuissance. le dénoncé au voisin ne changera rien, à la limite fait rentrer le sujet dans un genre de défit; le viol désormais vécu comme une vengeance personnelle, un acte de transgression ultime, non plus contre ses seuils victimes mais tout ceux que la société intitule de facto comme tel. Et puis pardonnez de trouver que la dignité humaine, des victimes ou des salaud pas beau, soit un argument; il y a quelques années au Royaume uni un pédophile récidiviste a été signalé au quartier; il y a eu un léger incident, les voisins ont brûlé sa maison et le monsieur dedans;;; dommage l’information était fausse, le monsieur était sous tutelle juridique en effet, mais ce n’était pas pour pédophilie ni une question sexuelle. Sans compter une ineptie de plus, le plus grand nombre de cas de pédophilie se passe au sein même des familles. bidule le violeur se fera cracher dessus, par machin le bon citoyen, qui en entrant ira baiser sa gosse… a quoi ça sert ? a prévenir les parents devant la possibilité d’un danger ? Quand une route traverse une ville, il n’y pas de panneau signalant : attention sur cette route circule des pochards, des fous du volant ou des drogués, pourtant la probabilité qu’un ivrogne écrase un enfant est autrement plus tangible que celle d’un violeur sous contrôle judiciare, vu que ça court un peu moins les rues. on ne soigne pas un dingue en le montrant du doigt;
pirate dit
et montrer du doigt n’est pas non plus une forme de prévention.
Goldy dit
Tout est dit, merci Pirate.
isa dit
Oui , mais non :))
Le type aurait dû être en hP et pas dans un internat MIXTE.
Il y a eu déjà un fil sur la question.
pirate dit
non mais oui ;) D’une part dans un HP il n’avait rien à foutre. Non seulement les unités de soin de ce type (pour délinquant) sont rarissime et pour le moment ne bénéficie en terme de moyen que la publicité que l’hystérique leur a fait, on verra d’ici 5 ans…. vu l’état de la psychiatrie en France, et l’état économique de ce pays, ça va vite tourné au néant. D’autre part c’est certain, quoiqu’en ai jugé les psychiatres, et je peux parler d’expérience de leur capacité de jugement, il y avait un minimum de prudence à appliquer et dont on s’est complètement foutu, ceci au nom simple de la confiance que tous ces messieurs s’accordent dans leur expertise. De ce point de vue c’est absolument lamentable. la simple nature du crime (je parle même au delà du viol) montre que ce type n’était non seulement pas sain d’esprit ni plus en surface qu’en profondeur, mais que les médecins sont complètement passé à côté du sujet. Quand au juge qui se réfugie derrière les expertises pour nous expliquer que “ah bah oui ça a mal tourné on est désolé” c’est simplement un imbécile dénué du plus élémentaire bon sens.
Ellroy dit
“la gauche sociétale” lol c’est comme “la droite populaire”, je vous suis Marc (si vous permettez) et j’irai même plus loin – sans toute la complexité qui va avec – ils racontent de la connerie…. Comparez des taux de suicides à un viol, suivi d’un meurtre il n’y a que Pascale Clark ou ses émules pour le faire…
.Pareillement “instrumentaliser” ça n’a pas de sens non plus, le politique est la pour faire de la politique et la politique criminelle ça en est…Maintenant, vous - en tant que journaliste – n’aimeriez pas qu’on écorche votre nom, ou vous appelle par celui de l’un de vos confrères, imaginez l’effet, et bien le juriste est pareil, il est rigoureux et parfois un tantinet tatillon et il aime bien qu’on ne mélange pas tout en droit pénal…qu’on ne parle de récidive à la place de réitération, qu’on ne mélange pas détention provisoire et incarcération ou condamnation, etc, etc…
Ellroy dit
et donc toute préoccupation sécuritaire = totalitarisme non,mil fois non c’est sûr. En revanche, si revendiquer le droit à la sûreté ou droit à la sécurité, c’est tout à fait légitime c’est un droit fondamental (Dixit le Conseil constitutionnel, et le bon sens, Hobbes et compagnie l’ont dit mieux que je ne pourrais le dire), “le sécuritaire” le choix de ce mot à un sens et renvoie à une idéologie (au sens philosophique) c’est à dire à un corpus d’idées qui se présentent comme allant de soit alors qu’elles sont un choix de politique criminelle, qui ne s’assume pas comme tel
kacyj dit
Marc Cohen n’avait certainement pas lu l’adversaire de la “battle”, Blandine Grosjean, avant d’écrire le sien.
Et devinez donc!
L’article de MC sonne comme une réponse à l’argumentation catalogue de sa confrère. Sûr, faut au moins être journaliste pour citer les durcissements de la loi de Sarko, lequel n’avait pas prévu le cas de Chambon.
Florence dit
Saul,
c’est assez vrai mais si Hamon et Cie tiennent toujours le même discours anti sécurité, c’est encore la Droite qui va en profiter.
Saul dit
pas dit que ça continue à profiter à la droite.
Ca va faire 10 ans qu’ils nous font leur numero avec la sécurité, qu’on allait voir ce qu’on allait voir…
et au vu du bilan, du nombre de lois votées dès le moindre fait divers, ce qu’ils laissent comme impression à part de grands brassages de vent et de moulinets….
isa dit
Quel est le nombre d’horreurs que ces lois ont permis d’éviter?
Saul dit
aucune, ou très peu au regard des moyens employés (combien de lois sur la sécurité depuis 2002 ?) c’est ça le plus triste
isa dit
Pour une fois que je suis totalement en accord avec votre écrit, Monsieur Cohen, je le dis.
Et bravo pour le titre aussi!
Florence dit
En fait ce qui les énerve c’est que ce genre de faits divers profite toujours à la Droite, jamais à la Gauche. C’est sûr que quand on réagit aussi bêtement, ça rebute du monde !
Un bon point pour ceux qui comme Vallini ont arrêté ce discours à côté de la plaque mais, avec des gens comme Hamon, qu’en retiendront les gens ?
isa dit
Me suis toujours demandé ce que Vallini faisait au pS…
lisa dit
Je propose que pour prouver leur bonne foi, ceux qui poussent des cris d’orfrais contrent les affreux qui ont peur des récidives, prennent les délinquants sexuels pour bosser chez eux.
Marie dit
@laborie
J’avais vu un psychiatre français parler de cette recherche des risques de récidives des délinquants sexuels et j’avais retenu ceci
en particulier
“Ainsi,
même si les agresseurs sexuels d’enfants ont des taux annuels de récidive
plus élevés durant les 6 premières années suivant leur libération, ils
demeurent à risque de récidive beaucoup plus longtemps.”
cela dit il me semble plus judicieux de ne prévenir que la marie du lieu de résidence d’un de ces délinquants. Autrement vous risquez de vous retrouver avec une erreur judiciaire bien illustré dans un roman de Minette Walters”Ultime pulsion”
laborie dit
L’analyse à plusieurs items n’est pas une lubie de zozos comme le laissent penser ceux dont la paresse consiste à tous remettre entre les mains d”experts” dont on sait ce qu’il valent depuis le scandale d’Outreau.
Les items du SORAG
1) Avoir vécu avec les deux parents biologiques jusqu’à l’âge de 16 ans
2) Des problèmes d’adaptation à l’école primaire
3) Avoir présenté des problèmes de consommation d’alcool dans le passé
4) Le statut civil
5) Des antécédents pour des délits non violents
6) Des antécédents pour des délits violents
7) Le nombre de condamnations pour des délits sexuels
8) Avoir commis des délits sexuels uniquement avec des filles de moins de 14 ans
9) La révocation de la libération conditionnelle lors de sentences antérieures 10) L’âge au dernier délit (codifier négativement)
11) Un diagnostic de trouble de la personnalité selon les critères du DSM-III 12) Un diagnostic de schizophrénie selon les critères du DSM-III (codifier négativement)
13) Les résultats de l’évaluation phallométrique 14) Le score à l’échelle de psychopathie de Hare
kacyj dit
Une étude récente montrer que plus de 2/3 des psychiatres français éprouvent de fortes réticences à prescrire une castration chimique. Partant de là, la rédemption en matière de délinquance sexuelle me semble un objectif utopique.
Tout est affaire de choix et en cette matière le mien est vite fait : protection des victimes, et en particulier des enfants, plutôt que droit à la discrétion pour le prédateur ou l’ex prédateur repenti.
Oui à la dichotomie victimes/criminel (l’extrait cité par MC sur la dichotomie m’a sidéré!!!).
Gwalchaved dit
Vous remarquerez que je n’ai pas utilisé le mot droit dans mon argumentation, pour laquelle je ne monterais d’ailleurs pas sur une barricade, soyons clairs. Je plaçais plutôt la question sur le terrain des principes et du sens de la peine judiciaire. Je me garderai toujours, ceci dit, d’adopter une position volontairement et entièrement pro-victimes (qui tendrait à la déchéance de la citoyenneté pour les coupables) ou pro-coupables (qui tendrait à minimiser la responsabilité par l’excuse). C’est la raison pour laquelle j’ai apprécié le rappel de Marc Cohen à propos de la complexité de la question.
kacyj dit
J’avais bien compris le sens de votre propos et le mien n’avait pas pour objectif d’être en opposition au vôtre.
laborie dit
Çà marche mieux avec Firefox
http://www.erudit.org/revue/crimino/2001/v34/n1/004757ar.pdf
laborie dit
Et pour ceux que ça intéresse….mais pas pour Pujadas bien évidemment…
http://www.erudit.org/revue/crimino/2001/v34/n1/004757ar.pdf
Gwalchaved dit
Cher Marc,
je suis sûr que vous connaissez déjà fort bien l’un des arguments que vous souhaitez entendre : informer les voisins en cas d’installation de délinquants sexuels dans leur quartier, c’est en quelque sorte une double peine, ou plutôt sa prolongation sine die : le délinquant en question sera considéré à vie comme un détraqué sexuel et un prédateur potentiel, et tous les efforts, traitements et disciplines qu’il pourrait suivre ne pourrait qu’à grand peine changer la perception qu’auraient de lui ses voisins.
En somme, cet argument ressemble un peu à celui, majeur, contre la peine de mort : il s’agit d’une peine irréversible. Dans le cas de la peine capitale, on ne laisse pas de place à l’erreur judiciaire. Dans celui de la mesure que vous évoquez, on n’en laisse pas à la rédemption.
Gwalchaved dit
J’ajoute que j’aime beaucoup votre précision : “Et l’attaquer dans toute sa complexité.”
laborie dit
Bien entendu l’analyse intelligente de la méthode d’évaluation du risque de récidive pratiquée par la Belgique et le Canada entre autres sera nécessairement évacuée des reportages sur les chaines de radio et à la télé. Déjà hier soir sur La 2 seuls les opposants systématiques ont eu droit d’antenne. Circulez y a rien à voir…
kacyj dit
Excellent éditorial. Dire que certains vous attribuaient le titre de rigolo de service sur la planète Causeur.
On ne saurait dire plus justement et plus décemment les choses et les questions soulevées par ce drame affreux.
J’apprécie souvent les noms des soutiens de Hollande que vous citez. Ils tombent rarement dans la polémique puante défendue par la petite frappe à qui on a confié la parole du PS.
Malheureusement, si Hollande venait à gagner, ils ne seraient pas seuls à intervenir dans la politique de la France et nous devrions subir tous les Hamon et cie. Pour ne même pas envisager les EELV. Imaginez Mérieu, Ministre de l’Education Nationale. Je retire illico mes gosses de l’école.