Les extrémistes de la tolérance et leurs dégâts | Causeur

Les extrémistes de la tolérance et leurs dégâts

À l’attention d’Edwy Plenel et consorts

Auteur

Karim Akouche

Karim Akouche
est poète, romancier et dramaturge.

Publié le 17 février 2016 / Religion Société

Mots-clés : , , ,

Dans cette tribune libre, l'écrivain Karim Akouche refuse une «tolérance sans limites» car elle met «en péril la démocratie, la liberté et la justice».

La démocratie est saine si la liberté de pensée et de conscience y est autorisée. La démocratie est forte si le citoyen bénéficie du droit à la tolérance. Si aucun démocrate sincère ne remet en cause la nécessité de la tolérance, il y a, en revanche, ceux qui s’opposent sur sa définition, ses attributs, son élasticité et l’étendue de l’espace qu’elle doit occuper dans la société et dans l’État.

Le problème, ce n’est pas la tolérance, mais l’extension donnée à celle-ci. Comment la mesurer ? Que doit-on tolérer ? Y a-t-il une vraie et une fausse tolérance ? Qu’est-ce qu’une vraie tolérance ? Comment saisir cette valeur fugitive qui échappe aux définitions figées des dictionnaires ? Comment la planter dans les chartes des droits humains ? Comment l’inscrire à l’Unesco ? Comment l’enseigner aux enfants ? Où la dessiner ? Quand la chanter ? Comment la célébrer ?

Sans faire appel aux concepts pointus des philosophes, la tolérance implique un double exercice : l’effort sur soi, et la vigilance. Celui qui s’en réclame doit non seulement être généreux, mais également attentif.

Autrement dit, l’ouverture à l’autre doit être accompagnée de vigilance, pas envers tout le monde, mais vis-à-vis de ceux qui voudraient s’en servir à des fins perverses. La générosité consiste à accepter et à respecter les idées, les opinions, les comportements, les croyances et les coutumes d’autrui même s’ils sont à l’encontre de nos propres convictions. Le rôle de la vigilance est de circonscrire les limites souvent confuses de la tolérance : aussi bien l’intolérance que l’intolérable, comme la xénophobie, le sexisme, le rejet de l’autre, l’exclusion, la violence, etc.

La tolérance doit s’arrêter là où commence l’intolérance de l’autre

La tolérance doit s’arrêter là où commence l’intolérance de l’autre. Ne pas limiter le champ de la tolérance revient à mettre en péril la démocratie, la liberté et, à plus forte raison, la justice. Ne pas tracer les frontières entre la tolérance et l’intolérance, c’est refuser de distinguer le mal du bien, le mauvais du bon, l’injuste du juste, les ténèbres des lumières. Ce faisant, le mot justice n’aurait aucun sens puisqu’il n’y aurait plus de lois, plus de juges, plus d’accusés, plus de coupables, plus d’innocents.

La tolérance sans limites autoriserait le pédophile à abuser des enfants. La tolérance sans bornes accepterait la polygamie, l’excision, la lapidation et autres barbaries. Au nom d’une tolérance insensée, le berger permettrait au loup de s’introduire dans sa bergerie et manger ses agneaux. Les exemples ne manquent pas pour prouver la nécessité de mettre des limites justes et raisonnables à la tolérance démesurée.

Tzvetan Todorov a dit à juste titre : « Le droit de la tolérance illimitée favorise les forts au détriment des faibles. La tolérance pour les violeurs signifie l’intolérance pour les femmes. Si on tolère les tigres dans le même enclos que les autres animaux, cela veut dire qu’on est prêt à sacrifier ceux-ci à ceux-là. »

Qualifier les défenseurs d’une tolérance illimitée d’extrémistes de la tolérance n’est pas un abus de langage. Le Premier ministre du Québec, Philippe Couilllard, qui a déclaré en janvier 2015 que « l’intégrisme est un choix personnel », en est un bel exemple.

Le philosophe Charles Taylor, le pacha du multiculturalisme, qui a apporté son soutien aux islamistes contre la défunte charte de la laïcité, en est un autre. Le directeur du site d’information Mediapart, Edwy Plenel, en expliquant à longueur d’intervention que c’est l’islamophobie qui crée les terroristes, se distingue à cet égard comme chef de file de l’intégrisme de la tolérance en France. Les sentences qu’il rabâche sur les plateaux de télé comme des vérités bouddhistes auront un jour un effet boomerang sur lui. Car « à force d’agiter des épouvantails, il est en train de participer à la production de monstres. »

Quant au démographe et anthropologue agité Emmanuel Todd, il fait, bon gré mal gré, le lit de l’intégrisme islamiste. Dans son dernier brûlot, Qui est Charlie ? (rédigé en un mois, juste après les attentats de Paris, délai très court pour un sociologue sérieux), au lieu de dénoncer la barbarie des frères Kouachi et d’essayer d’en comprendre les mécanismes, il a préféré s’en prendre à l’élan de solidarité du 11 janvier, accusant de racisme les marcheurs, alors que dans leur écrasante majorité ils n’ont manifesté que pour afficher leur soutien aux victimes et défendre la liberté d’expression.

Plusieurs membres du Pen Club américain qui, en refusant de donner le prix à Charlie Hebdo, ont trahi leur déontologie d’écrivain qui consiste précisément à soutenir le droit à la libre création et à combattre l’intégrisme et la censure.

Sacraliser la tolérance, c’est la vider de sa substance

La tolérance est une valeur vulnérable. Comme la liberté, elle doit être défendue sans cesse. Les juristes, les politiques, les journalistes, les écrivains, les artistes et tout citoyen lambda se doivent de la protéger. La banaliser, c’est la fragiliser. La sacraliser, c’est la vider de sa substance.

Les hommes, otages de leurs idéologies, la définissent selon les circonstances et le bord où ils se trouvent. Deux camps, pourtant aux antipodes l’un de l’autre, foulent aux pieds la tolérance : les intolérants et les extrémistes de la tolérance.

Les premiers, par nature et conviction, refusent la tolérance aux tolérants ; les seconds, au nom d’une tolérance extensible à l’infini, accordent aux intolérants la liberté de ne pas tolérer les tolérants.

L’extrémiste de la tolérance a le don de tolérer les extrémistes qui menacent sa liberté. À cet égard, il est aussi dangereux que l’intolérant. Sans s’en rendre compte, il travaille pour les intolérants, contre ses propres valeurs. En tolérant l’intolérable, il commet deux graves erreurs : il sacrifie la tolérance et, avec elle, la démocratie1

Déjà au XVIIIe siècle, Helvétius nous mettait en garde : « Qui tolère les intolérants se rend coupable de tous leurs crimes. » Les belles âmes feront-elles encore la sourde oreille ?

  1. Karl R. Popper a magistralement analysé le paradoxe de la tolérance dans La société ouverte et ses ennemis, traduction de l’anglais par Jacqueline Bernard et Philippe Monod, éditions du Seuil, Paris, 1979.

  • Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !

    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 22 Février 2016 à 15h58

      Grouex dit

      Pour Toddt il y a des zombies, pour d’autres il y a des vampires …

    • 22 Février 2016 à 13h04

      salaison dit

      “La tolérance doit s’arrêter là où commence l’intolérance de l’autre”
      ……
      formule stupide (ou idiote), car elle peut s’interprêter dans le sens contraire de ce qu’elle veut dire!
      pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?: “Liberté finit où commence celle des autres” 

      • 22 Février 2016 à 23h56

        Lector dit

        eh ben non justement, c’est le sens de la deuxième sentence qui est flou. Car si la “liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui(art. 4 de la Déclaration des droits de l’homme) il parait bien évident que ce qui me nuit ne légitime aucune tolérance morale, appelle une intransigeance certaine, bref que ma “tolérance doit s’arrêter là où commence l’intolérance de l’autre” alors que dans la formule “ma liberté termine où commence celle de l’autre”, sa liberté peut s’exprimer au détriment de la mienne. D’ailleurs la forme nominale de l’auteur de l’article est d’une construction plus simple que celle pronominale complexe de la citation connue.

    • 21 Février 2016 à 18h06

      salaison dit

      et ça dure toujours!
      on croit rêver (cauchemarder)

      être “humain” est désespérant!  
      “humain ? humaine ?”
       aujourd’hui on se demande où on en est…. avec l’orthographe socialiste et féministe…….!

    • 21 Février 2016 à 17h59

      Arsenelupin dit

      Plenel,Martinez de la Cgt ,Lindenberg qui sucre les fraises,Nick Mamere. Quel est le point commun entre ces goulaguistes “big brother” ? La même moustache à la Staline !!

      • 22 Février 2016 à 10h37

        isa dit

        Il l’a payée sa TVA au fait, le moustachu?

    • 21 Février 2016 à 15h24

      salaison dit

      aaaahhh !  PLENEL ! le “trésor” de la Gauche, toujours égal à lui même! (et au parti socialiste ) c’est un modèle du genre !

    • 21 Février 2016 à 14h17

      Grouex dit

      La pensée de Mr.Plenel est infantile : “l’autre” est une victime dont nous sommes les bourreaux; “eux” c’est le bien “nous” c’est le mal.
      Voilà, c’est tout.

    • 21 Février 2016 à 10h22

      salaison dit

      “la “Démocratie”   ?…. 
      comme disait Mr Chrurchill :
      “est la plus mauvaise, à l’exception de toutes les autres “!
      (c’est pas Mr Hollande qui va le contredire! -et pour cause-!  Ce “Démocrate”selon la gôôôôche!) 

    • 20 Février 2016 à 22h22

      nilbig dit

         Vous accusez Todd de tolérer la violence parce qu’il en cherche les causes , c’est absurde. Je crois qu’il en voit les racines et les radicelles là où plus personne ne voit rien d’intolérable : la violence qui sourd d’une société par mille canaux imperceptibles et qui retranche ses victimes de la communauté , les relègue dans le néant social, dans des non-lieux, au-delà d’une frontière d’invisibilité : ceux dont on ne croise pas le regard.
         les sociétés sont racistes sans le savoir, sans vouloir le savoir, et font reproche à ceux qui ne feignent pas de l’ignorer. Et chacun , du sein de la bien-pensance admise et valorisante,  a son petit espace mental de relégation où il place ses propres réprouvés. 
         Enfin, tôt ou tard, en un effet boomerang, l’intolérant se découvre intoléré dans les yeux de celui qu’il n’a pas voulu voir. Et de sa naïve bonne conscience, il s’en étonne, s’en effraye, s’en indigne.   

      • 20 Février 2016 à 22h53

        Fioretto dit

        Tout d’abord todd n’a jamais cherché aucune cause selon le moment il en chosi une. Avant il était d’accord avec vous, l’antisémitisme en France c’était la faute d’Israël, maintenant il a changé d’avis, c’est la faute des cathos zombies qui complotent en s’amusant voir les musulmans taper dessous les juifs.

        “Enfin, tôt ou tard, en un effet boomerang, l’intolérant se découvre intoléré dans les yeux de celui qu’il n’a pas voulu voir. Et de sa naïve bonne conscience, il s’en étonne, s’en effraye, s’en indigne”

        Donc des terroristes qui ont grandi en Belgique et un agent de la RATP qui a quitté le boulot parce qu’il ne supportait pas de travailler avec des femmes ce sont les personnes qu’on a pas voulu voir et s’indigner qu’ils massacrent 150 personnes c’est de la naïve bonne conscience, en fait c’est vous qui tolérez la violence et que vous aimez mettre des mots boursouflés, genre écrivain manqué, sur des vies humaines tués au nom d’Allah que vous ne voulez pas voir et qui pour vous finalement sont un juste retour des choses. Laissez moi rire avec vos radicelles Todd n’a pas été foufou de faire des statistiques crédibles sur les mariages mixtes il a d’ailleurs été obligé d’avouer avoir raconté des bobards. De plus depuis sont Qui est Charlie il a disparu des écrans on attend encore son “Qui est Bataclan”.

      • 20 Février 2016 à 23h04

        Fioretto dit

        “là où plus personne ne voit rien d’intolérable”

        Cette phrase me fait tourner la tête mais je suis le seul à la trouver lourdingue ???? Sans blagues comme si Todd était le seul a essayer d’expliquer la violence (d’ailleurs c’est pas le sujet de son livre) l’écrasante majorité des sociologues passent leur temps à trouver des causes (excuses?). Tout de suite on nous a expliqué que c’était la prison. Puis Taubira (excusez du peu) a dit que seul 15% des terroristes passent pour la case prison. Je suis pour ma part toujours admiratif de la façon dont en France les intellos comme Todd ou nilbig sont capables de vous raconter des bobards avec un air savant un langage châtié.  

        • 20 Février 2016 à 23h07

          eclair dit

          fioretto

          je ne suis pas sur que cela soit le sens que tu comprends que donne nibig.

          son post est à double sens. 

        • 20 Février 2016 à 23h29

          Fioretto dit

          Non pas de doubles sens chez nilbig ses interventions sont toujours de la compréhension pour les terroristes de l’Etat islamique sauf bien sûr quand ils s’en prennent à la Russie ou à Assad. C’est un électeur de mélenchon.

        • 22 Février 2016 à 23h24

          Michel7520 dit

          @Fioretto
          Quant aux formules lourdingues, vous auriez pu remarquer d’abord celle de Karim Akouche, l’auteur de l’article ci-dessus :
          “La tolérance doit s’arrêter là où commence l’intolérance de l’autre”.
          @salaison commente : « Formule stupide (ou idiote), car elle peut s’interpréter dans le sens contraire de ce qu’elle veut dire ! Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple : “Ma liberté finit où commence celle des autres” (22 Février 2016 à 13h04).
          Cependant, le problème d’interprétation reste entier. La liberté des proviseurs ne devrait-elle pas s’arrêter là où commence celle de certaines mères musulmanes, souhaitant accompagner, avec leur foulard, les sorties scolaires de leur enfant. Sans parler de la liberté – limitée par l’Etat lui-même – de certaines jeunes musulmanes souhaitant fréquenter l’école publique (collège et lycée aujourd’hui, demain l’université) sans avoir à enlever leur hidjab.

        • 22 Février 2016 à 23h30

          durru dit

          Une chose est certaine, Michel Numéro, la liberté de raconter des conneries existe toujours.

        • 23 Février 2016 à 2h24

          Michel7520 dit

          Et vous en faites largement usage, cher @durru-tu-tu !

      • 21 Février 2016 à 1h00

        scarlet dit

        Nilbig: On reproche surtout à Todd de raconter n’importe quoi. Les sociétés sont racistes, dites vous, ce qui ne veut strictement rien dire. Les Français blancs ne sont ni plus, ni moins racistes que les africains noirs ou les maghrébins.

         Les populations asiatiques immigrées en France  sont aussi victimes de racisme, ce qui ne les empêche nullement de s’y faire une place et sans violences particulières. Les juifs ont été victimes de racisme, de persécutions et même de massacres en Europe. Ce qui ne les a nullement empêché de s’y faire une place et sans violences particulières. J’ajoute que comme tous les immigrés, ces populations asiatiques et/ou juives, ont vécu à leur arrivée dans des conditions sociales difficiles et précaires, elles aussi. Cela ne les a pas mené à des violences particulières contre les français. 
        Alors les causes de la violence des populations africaines et maghrébines en France sont surement à rechercher ailleurs que dans le seul racisme ou dans des conditions sociales difficiles.

        • 22 Février 2016 à 23h57

          Michel7520 dit

          @scarlett,
          Il manque une chose dans votre réponse à Niblig : la preuve que l’affirmation “telle ou telle société est raciste” ne “veut rien dire”.
          Votre seul argument ne porte que sur des individus (les uns sont ni plus ni moins racistes que les autres). Il est donc inopérant pour ce qui concerne une société, comportant non seulement les individus, mais aussi les institutions qui favorisent, organisent, encadrent ou guident leurs activités, leur travail comme leurs loisirs, et ceci dans des domaines très divers, du plus politique au plus personnel.
          Or, dire d’une SOCIÉTÉ (déterminée dans l’espace et dans le temps) qu’elle est raciste vis-à-vis de telle catégorie de sa propre population, ce n’est PAS parler des comportements des INDIVIDUS, c’est parler du fonctionnement de ces INSTITUTIONS.
          C’est peut-être une idée trop complexe pour que vous l’examiniez avec discernement. Mais dans ce cas, ne prétendez pas l’avoir analysée et conclu qu’elle n’avait pas de signification. Dites que celle-ci est hors de portée de votre intellect… ou bien que personne ne vous l’a jamais expliquée correctement. L’ignorance est pardonnable, pas l’arrogance de l’ignorant qui prétend savoir.

        • 23 Février 2016 à 2h45

          Michel7520 dit

          Erratum : lire “Nilbig” à la place de “Niblig” sur la première ligne de mon commentaire ci-dessus (du 22 Février 2016 à 23h57).

      • 21 Février 2016 à 14h26

        Fixpir dit

        On connaissait l’arbre qui cache la forêt, Todd et Nilbig ont inventé les radicelles qui cachent les Kalachnikovs. Mais c’est bien le même sens.

        Il faudra vous y faire Nilbig, quelquefois, l’intelligence ne mets pas à l’abri d’imbécillités majeures. Niels Bohr, prix Nobel, était convaincu que la vitamine C était une panacée… Todd, dans “qui est Charlie”, s’est complètement fourvoyé, c’est tout.

    • 20 Février 2016 à 17h09

      causette dit

      “…refuse une «tolérance sans limites» car elle met «en péril la démocratie…».
      Pardonnez-moi mais c’est idiot: la démocratie est une (fausse)religion, avec un dogme sacré: la tolérance.
      Ce qu’il faut dire, c’est que la démocratie est totalitaire, car elle sacralise qqchose qui n’est pas sacré, càd la tolérance.

      • 21 Février 2016 à 0h31

        scarlet dit

        Causette: Non. La démocratie ce n’est ni une fausse, ni une vraie religion. C’est un système politique qui repose sur la souveraineté des citoyens, exprimée, au travers de différents partis politiques lors d’élections périodiques.
        La Tolérance, ce n’est pas un dogme sacré. C’est juste la capacité à accepter ce qui est différent de soi, ou rapporté à la démocratie, la capacité de la minorité d’accepter le choix exprimé par la majorité lors d’élections. 

          Le totalitarisme c’est aussi un système politique mais qui repose sur un parti unique, qui ne tolère aucune opposition et dont le pouvoir politique confisque toutes les activités de la société et des citoyens. L’Islamisme est un totalitarisme, en ce sens qu’une seule Loi est applicable, la Chariah, et que le pouvoir régit tout de la vie des citoyens: de leur façon de se vêtir à leur façon de se nourrir, en passant par leurs loisirs, interdiction de nombre d’activités anodines (cinéma) artistiques (musique, danse, peinture)

      • 23 Février 2016 à 0h51

        Michel7520 dit

        @scarlett,
        Vous faites une erreur gravissime quand vous parlez de la “capacité de la minorité d’accepter le choix exprimé par la majorité lors d’élections”.
        C’est exactement l’inverse : la démocratie est fondée sur l’impossibilité faite à la majorité – qui y consent – de mener une politique qui nie l’existence ou les intérêts les plus essentiels de la minorité (ou, plus exactement, des minorités). Ce contrat politique préalable et contraignant est déclaré dans une Constitution, précisé par des règlements, matérialisé dans des organismes de contrôle et de sanction, ainsi que par des contre-pouvoirs forts dans la société civile. Il permet à la minorité d’accepter les choix exprimés par la majorité issue des élections, lors des votes pour l’adoption des lois au Parlement.
        Sans contre-pouvoirs légitimes aux yeux de tous, le reste s’avère une coquille vide. On le constate chaque fois qu’il y a des élections dans des pays sans “traditions démocratiques” (y compris en France dans les années qui ont suivi la Révolution de 1789, débouchant sur la Terreur). Ce que l’on désigne par l’expression “traditions démocratiques”, c’est à la fois l’acquiescement (en général implicite) de toutes les forces politiques au contrat qui préserve les droits fondamentaux des minorités, et leur respect envers certains contre-pouvoirs considérés comme légitimes.
        Une évolution vers la dictature (totalitaire ou non) commence par la dénonciation systématique des “abus de pouvoir” qui seraient soi-disant commis par certains organismes de contrôle et de sanction, ou par des institutions incarnant jusque-là des contre-pouvoirs légitimes.  

    • 20 Février 2016 à 17h01

      eclair dit

      du blabla

      La tolérance. c’est permettre à une femme de se balader à poil devant un fondamentalisme?
      Ou respecter le fait que la femme à poil heurte les convictions du fondamentaliste.

      Est ce de permettre à une femme de se balader en niqab en France?
      ou au nom de l’égalité femme homme interdire qu’elle le porte?

      La tolérance c”‘est juste le fait que les minorités acceptent les normes de la majorité. et que la majorité accepte les normes de minorités ne bouleversant pas les normes de la majorité.

      • 23 Février 2016 à 2h41

        Michel7520 dit

        @éclair
        Suite à votre commentaire, je pourrais presque copier-coller ici la réponse que j’ai donnée à celui de Scarlett du 21 Février 2016 à 0h31. Je vous y renvoie.
        Elle-même critiquait un post de causette, publié peeu après le vôtre, le 20 Février 2016 à 17h09 début : causette dit “…refuse une «tolérance sans limites» car elle met «en péril la démocratie»…”).
        Le mien est daté du 23 Février 2016 à 0h51.  

    • 20 Février 2016 à 15h10

      stella dit

      Regardez où nous mène notre trop grande tolérance : à Perpignan, c’est déjà la “Loi de la Charia” qui prévaut sur celle de la République …

       http://www.lindependant.fr/2014/07/30/un-centre-de-loisirs-delocalise-pour-une-histoire-de-shorts,1912813.php
       

    • 19 Février 2016 à 19h52

      salaison dit

      ET EN OUTRE !!!!!:version chrétienne : tendre la joue gauche
                        version islamique : ‘t’en veux une autre’??????? (ou des autres..)

      • 23 Février 2016 à 1h02

        Michel7520 dit

        Tout faux ! On reçoit toujours la première gifle sur la joue gauche ! Car donnée de la main droite par son vis-à-vis. Le bon chrétien tend l’autre joue, la DROITE !!! Je sens que vous n’avez aucune pratique de ce genre, pour ignorer un tel détail.   

    • 19 Février 2016 à 15h26

      persee dit

      Si nous étudions de façon illimitée la tolérance y compris à ceux qui sont intolérants , et si nous ne sommes pas préparés à défendre une société tolérante face aux assauts des intolérants , alors les tolérants seront détruits et la tolérance avec eux .
      Karl Popper (la société ouverte et ses ennemis) Seuil 1979

      • 19 Février 2016 à 18h32

        zelectron dit

        Dans les années 70′ j’avais “inventé” une formule

        La seule exception qui confirme la règle :
        JE NE TOLÈRE PAS . . . L’INTOLÉRANCE !

        les choses n’ont pas changé …

      • 19 Février 2016 à 23h20

        Chriff dit

        Vous avez raison de citer Karl Popper une haute référence par rapport à cet insignifiant Karim qui n’Akouche de rien d’original. 

        • 20 Février 2016 à 23h06

          Fioretto dit

          Kabylophobe colonialiste !

    • 18 Février 2016 à 11h53

      collet gérard dit

      Ce qui fonde l’humain, que je sache, c’est l’interdit !
      Sans loi, même l’amour ne saurait être.
      Nous sommes dans un monde fait de matière et cette matière a besoin de lois pour s’exprimer ….. et plus si affinité !

      • 23 Février 2016 à 4h20

        Michel7520 dit

        Ce qui fait l’histoire des société humaines, c’est le déplacement des interdits. La Loi de Moîse diverge des lois des autres sociétés de l’époque. Les interdits alimentaires, notamment, sont extrêmement restrictifs (cf. Lévitique 11:1-47 et Deutéronome 14:3-20). Ils sont si complexes e difficiles à observer que, de nos jours, ils seraient incompatibles avec une vie sociale débordant le strict cadre familial.
        Jésus ne l’abolit pas, mais réduit son importance en dénonçant l’hypocrisie de celui qui se targue de la respecter à la lettre, mais laisse ses parents dans le besoin, ou n’aime pas son prochain autant que lui-même (“ton prochain” = “celui qui s’approche de toi et te manifeste bonté ou compassion, quel qu’il soit”; cf. Luc 10:29-37).
        Ce sont les apôtres Pierre et Paul qui reçoivent, par rêves et visions, la mission d’en abolir la plus grande partie en supprimant son principal ressort : la distinction entre “pur” et “impur” (cf. pour Pierre : Actes 10:1 à 11:18, en particulier les versets 10:11-16, 26-29, 45-47 et 11:7-9, 16-17 ; pour Paul : Romains 10:14 et 1 Timothée 4:1-5).
        L’islam réactive la distinction “pur”/”impur”, conservée par certains judéo-chrétiens (i.e. juifs adhérant au christianisme tout en restant pleinement juifs, tel Pierre avant son rêve).Cependant, les interdits musulmans sont beaucoup plus limités et faciles à observer que ceux du judaïsme.
        Il en est de même dans tous les domaines.
        Les sociétés laïques peuvent, avec prudence, lever des interdits qui ont une base religieuse, si ceux-ci n’emportent plus l’adhésion d’une part importante de la population (surtout s’il est probable que celle-ci devienne vite majoritaire). Libre aux croyants de ne pas faire ce qui est contraire à leur conscience, sans pour autant imposer une telle restriction aux autres.      

    • 18 Février 2016 à 11h26

      floréal50 dit

      Tolérance, je n’aime pas ce mot. Qui est généralement entendu comme “laisser faire, laisser dire”. Mais on voit bien que cette sorte de neutralité cache une faiblesse, comme si tout devenait permis parce qu’on n’aurait rien à opposer. Où alors placer la limite entre “tolérer” et “interdire” ? Il y a là un flou. Il faut, je crois, que ce qui touche au droit, à la loi commune, soit une frontière.Certes, chacun peut penser ce qu’il veut et l’idiotie des idées ne tombe pas dans le champ d’application des interdits. On voit donc bien l’importance que revêt la justice en cette matière.

      • 23 Février 2016 à 2h21

        Michel7520 dit

        @floréal50
        Pour mieux comprendre ce que signifiait la “tolérance” – avant de devenir synonyme d’”indulgence envers les transgressions (et les transgresseurs)”, voire de “goût prononcé pour toutes les transgressions, si idiotes soient-elles” – un peu d’histoire toute simple :
        Pour mettre fin en France aux terribles guerres de religion, Henri IV – protestant converti au catholicisme – a publié un ÉDIT de TOLÉRANCE, appelé l’édit de Nantes(avril 1598). Il fixait les droits de la minorité protestante en matière de construction, possession et usage de lieux de culte et d’organisation de cérémonies religieuses. Un siècle plus tard, Louis XIV l’a révoqué – après des années de persécutions contre les protestants et de conversions forcées au catholicisme – afin de purger “définitivement” la France de ses protestants (octobre 1685)… cela s’est traduit par une guerre atroce dans les Cévennes (les “dragonnades”). Le retour à une relative tolérance ne vint que vers 1760.
        Ainsi, le mot “tolérance” s’oppose historiquement, non pas à “fermeté”, mais à “guerre civile et religieuse”. Et, par extension, à “persécution”,”exclusion”, “discrimination”, “racisme institutionnel”, “apartheid”.
        La tolérance n’est jamais “absolue”, “achevée”, car c’est aussi le résultat d’un processus historique. Un catégorie qui s’estime persécutée ou discriminée n’obtient une certaine tolérance que par un intense travail idéologique et politique (appelé souvent “lutte” ou “combat” car rien ne change facilement). Celui-ci est destiné à convaincre une majorité des autres de changer les lois et… (autant que possible)… leurs comportements néfastes … même s’ils ne sont nullement tenus – en principe – de modifier leurs croyances et convictions. 
        De fait, la gestion des contradictions prévisibles entre ces deux derniers points est du ressort de chacun. Néanmoins, il arrive que des associations soient créées afin d’aider les individus durant leur difficile transition-adaptation.      

    • 18 Février 2016 à 10h33

      politshouk dit

      Que de foi peut on répéter le même mot dans un article? Faut être drôlement tolérant a la tolérance pour la tolérer un si grand nombre de foi.. Bon mais tolérons.
      La démocratie n’a rien a avoir avec toutes ces définitions que chacun peut acheminer vers bon lui semble.
      La démocratie c’est la loi.
      C’est le respect des lois qui ont été votées démocratiquement par une assemblée élue démocratiquement pendant des élections démocratiques , qu’elles vous plaisent ou non.

      • 19 Février 2016 à 23h25

        Chriff dit

        Pourquoi le mot “foi” quand vous écrivez: “que de foi” ?
        C’est fait exprès ou est-ce pour vous moquez de l’auteur de l’article qui se dit “poète”….? 

        • 20 Février 2016 à 18h20

          laborie dit

          lortografe…toujour lortografe….

      • 18 Février 2016 à 10h38

        Guenièvre dit

        La dernière phrase est particulièrement malhonnête : Bensoussan a toujours tenu à préciser que l’antisémitisme dans les pays arabes n’avait jamais connu les extrémités et les violences qu’il a connues en Europe. C’est le préliminaire à toutes ses conférences sur le sujet.
        Particulièrement malhonnête quand ils parlent d’un homme “ignare” . G.Bensoussan a passé près de dix ans à récolter une somme d’informations considérable pour écrire : “Juifs en pays arabes : le grand déracinement”. Un monument ! Dont on a peu parlé dans la presse parce qu’il ne cautionne pas le mythe de la cohabitation idyllique- il ne dit pas que ce fut un enfer non plus – ” entre convivialité et mépris” dit-il pour caractériser cette cohabitation – le statut des juifs était celui de dhimmis .
        A la suite de cette émission Bensoussan est en procès avec diverses associations.

        http://www.amazon.fr/Juifs-pays-arabes-d%C3%A9racinement-1850-1975/dp/2847348875

        • 18 Février 2016 à 10h39

          Guenièvre dit

          Je parlais de la dernière phrase de l’article cage pas de la vôtre…

        • 18 Février 2016 à 10h47

          cage dit

          no souci Dame Guenièvre: j’avais compris…:o))
           
          j’avais écouté “répliques” avec Bensoussan et Patrick Weil, ce dernier était particulièrement affligeant de sclérose neuronale…

        • 18 Février 2016 à 11h06

          Guenièvre dit

          J’ai écouté aussi…

      • 19 Février 2016 à 10h00

        politshouk dit

        Non, type Goebbels.
        Eux ils étaient fort pour la désinformation et de légitimation..leurs collabos Français aussi.
        Le fascisme n’est pas un privilège de la droite
        a voir
        https://www.youtube.com/watch?v=c1fwNu6vf8I

        • 20 Février 2016 à 14h16

          cage dit

          Goebbels aussi, bien qu’il soit postérieur (sic!) à Staline.

    • 18 Février 2016 à 1h04

      Lector dit

      comme disait Jess Aipluky : “la tolérance, y a des maisons pour ça”!
      Sinon, il ne faut certes pas confondre indulgence et complaisance, ou bien laxisme, voire masochisme, et endurance. Pas plus qu’intolérance et intransigeance.
      Par exemple lorsque la République ne transige pas (sur ses valeurs laïques et le port de la burqa dans les lieux publics) il est faux de dire qu’elle est intolérante étant données ses indulgences (avec le hijab).

      • 18 Février 2016 à 8h40

        Vert Gallois dit

        Claudel, je crois.

      • 20 Février 2016 à 14h29

        C. Canse dit

        À Lector

        Jess Aipluky, c’est Clémenceau.

        Chouette pseudo, Jess. :-) 

        • 22 Février 2016 à 23h39

          Lector dit

          non CCanse, il me semble que c’est VertGalois qui est dans le vrai.