Pierre Manent, un regard intensément politique

Contre la religion de l’humanité

Publié le 27 novembre 2010 à 6:01 dans Politique

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Pierre Manent, quoi qu’il dise de lui-même, est un original. Il admet volontiers n’avoir aucune imagination et être tout entier occupé par la tâche de comprendre ce qui est. Dans un monde qui cultive un préjugé favorable pour ce qui n’est pas, cela suffit à faire de lui un outsider.
Le regard politique (Flammarion), le livre d’entretiens qu’il publie cet automne avec Bénédicte Delorme-Montini, constitue certes une excellente introduction à son oeuvre. Mais c’est surtout un témoignage sur ce qui fait la valeur de la philosophie politique, tant au regard de la recherche de la vérité que de l’initiation intellectuelle.
Que nous permet de comprendre la philosophie politique ? Les « choses humaines », nous dit Pierre Manent. « Non pas parce que les choses politiques seraient un département des choses humaines, mais parce que l’ordre politique est vraiment ce qui donne sa forme à la vie humaine. » Cela ne signifie aucunement, pour reprendre un slogan connu, que « tout est politique », mais que le rôle véritable de la politique dans « la mise en ordre du monde humain » reste à cerner. C’est du moins le but que l’auteur s’est fixé, et qui motive sa lecture des grands classiques anciens et modernes.
Pour Manent, l’histoire des formes politiques ne saurait être réduite aux idées. S’il leur reconnaît une importance réelle, il n’accepte pas le rôle démiurgique qui leur est fréquemment prêté dans l’interprétation du passé. Les hommes, qu’ils soient païens, chrétiens ou modernes, sont avant tout poussés par une même question : comment, pourquoi obéir et à qui ?

Retrouver une « science politique authentique »

C’est en interrogeant les motifs humains, puis en les articulant aux situations historiques, qu’il croit possible d’approcher au plus près une connaissance objective de la chose politique. De la cité grecque à la nation européenne, en passant par l’empire, l’homme reste un animal politique à la recherche d’une mise en ordre – c’est même une disposition naturelle. La coupure moderne a introduit dans cette quête un nouveau critère : celui de l’égalité ; qui n’a cessé depuis la Révolution d’orienter le mouvement démocratique.
On peut dire de la démarche de Manent qu’elle procède d’un désir de rendre intelligible, par-delà la querelle des Anciens et des Modernes, la manifestation du politique. Il s’agit pour lui de retrouver une « science politique authentique », qui ne s’embarrasserait ni du registre polémique ni du cloisonnement disciplinaire.

Si Manent insiste autant sur la nécessité du dépassement du registre polémique, c’est parce qu’il voit en l’inimitié historiographique un obstacle à la connaissance. Il faut, selon lui, « aimer » les choses humaines pour les comprendre. Pour que le « regard politique » porte, il doit être animé par une lueur de sollicitude.
De la même façon, en s’éloignant de la chose politique, de l’énigme qu’elle recèle, les hommes d’aujourd’hui laisseraient s’accentuer simultanément l’incompréhension et le ressentiment. Manent note que le siècle des totalitarismes a aussi été celui où l’intelligence politique a été le moins mobilisée chez les grands philosophes. Heidegger, Husserl, Bergson et Wittgenstein sont des puissants esprits qui n’ont à peu près rien dit sur la chose politique, soutient-il. Au contraire de la production féconde des Benjamin Constant, François Guizot et Alexis de Tocqueville, qui a permis d’asseoir, au début du XIXe siècle, une véritable « science politique libérale démocratique ».

Bien sûr, Manent s’intéresse aux grands auteurs libéraux par affinité intellectuelle. Mais pas seulement. La richesse analytique est intimement liée, chez eux, à la forme du propos. Constant, Guizot et Tocqueville, de même que, avant eux, Montesquieu, écrivaient dans un français limpide. Ils n’employaient pas de langage de substitution pour exprimer les plus subtiles vérités. Sans rejeter le langage savant, dont il reconnaît la pertinence, Manent constate que l’abus du jargon dans la vie de l’esprit trahit une perte de confiance dans l’intelligence naturelle des hommes.

Le dépérissement de la « science politique authentique » a précédé des mutations culturelles significatives en Occident. Au moment où Manent commence son parcours intellectuel, dans les années soixante, la philosophie avait prise ses distances par rapport à la politique. Dans les départements de science politique, la « philosophie politique » était déclassée pour cause de « non-scientificité », tandis qu’en philosophie, où régnaient les maîtres du langage et de l’être, elle était perçue avec condescendance. De fait, la « politisation désordonnée de la vie », telle que Manent a pu l’observer en mai 68, lui apparaît liée à la désertion de la pensée politique par la langue commune.

La langue française

Les considérations sur la langue, sur ce qui unit la langue française et l’ordre civique, sont parmi les plus belles surprises du livre. Interrogé sur ses jeunes années d’étude, Manent garde le souvenir d’une « extraordinaire attention » des professeurs, quelle que soit leur discipline, à parler un excellent français. « Je crois que ce qui a fait le plus mal à l’enseignement dans les classes secondaires, dit-il, c’est la disparition de ce rôle fédérateur du français et la prise d’indépendance de toutes les disciplines qui veulent parler leur propre langage. »

La perte de confiance en la parole publique s’est accompagnée d’une déconsidération de la parole littéraire, qui a cessé d’être une institution politique en France au début des années 60. On fait d’autant moins confiance en la littérature pour nous éclairer sur les motifs humains que l’autorité du langage s’est déplacée dans les arcanes du savoir spécialisé.
En littérature, la disparition du chant – tradition qui remonte à Homère, Pindare et Virgile – et des derniers grands poètes épiques, comme Claudel et Saint-John Perse, a débouché sur le triomphe de l’ironie. L’homme moderne est plus que jamais conscient de son incomplétude fondamentale, de son incapacité à croire, à aimer ou à se battre pleinement sans céder à la tentation de se regarder comme acteur de sa propre duperie. L’ironie peut certes avoir un charme merveilleux, note Manent, mais « l’effet cumulé, l’effet social de la généralisation de l’ironie, c’est tout de même un rétrécissement progressif des capacités humaines ».

L’ironie danse en riant autour de l’énigme humaine, elle la côtoie mais n’en pénètre pas tout à fait le sens. L’aspiration à la transcendance n’est pas éteinte pour autant, car l’âme a des exigences propres, qui peuvent être élevées. L’éducation républicaine, bien que soucieuse de principes démocratiques, n’en cultivait pas moins une exigence aristocratique, qui passait par l’enseignement des oeuvres « modèles » de la littérature française. Le Grand Siècle rencontrait ainsi le siècle de l’égalité démocratique dans un renouvellement ingénieux de l’ordre civique.

L’amitié intellectuelle

La vie politique se résume à une dispute entre le grand nombre et le petit nombre, qui doivent trouver à chaque époque le secret de leur réconciliation. Mais qu’advient-il lorsque le grand nombre impose sa loi, voire sa tyrannie jusque dans le domaine de l’intelligence ? Comment préserver sa liberté intérieure ?
« Refuge loin de la nef des fous », le séminaire de Raymond Aron a permis à Manent, au début de son parcours, de rencontrer des personnalités intellectuelles fortes (Jean-Claude Casanova, Alain Besançon, Georges Liébert), préoccupées comme lui par la chose publique et la menace que posait alors le communisme. En rupture avec la tendance dominante, le séminaire d’Aron permettait à ces esprits indépendants, des « inclassables disciplinairement », de renouer avec les joies de l’échange libre, à l’abri de la surveillance idéologique.

Lorsqu’il évoque « cette conversation spontanée à la fois absolument sérieuse et absolument rieuse, où l’on parle, sans s’assujettir aux règles du discours académique, des grandes questions qui intéressent les animaux politiques et rationnels que nous sommes », qui caractérisait le séminaire d’Aron, Manent révèle l’intérêt pour ainsi dire charnel de la discussion philosophique, ou plus simplement de la « vie de l’esprit ».

Il nous rappelle que l’amitié est inséparable de la quête de la connaissance, car l’amitié dans le domaine de l’intelligence a le pouvoir de faire fructifier ce qui se présente d’abord comme un don à soi. En ce sens, elle préfigure la cité politique. Dans l’éloge émouvant qu’il fait de ses amis, Manent souligne l’importance culturelle, en particulier en France, des figures intellectuelles sans rattachement disciplinaire. Ces auteurs à l’oeuvre considérable, qui échappent aux catégories de la vie universitaire, sont « intéressés par toutes les choses intéressantes et sont capables de dire des choses intéressantes sur tous les sujets qu’ils abordent. » Mais ils sont aujourd’hui menacés de disparition.
C’est d’autant plus malheureux que la situation actuelle gagnerait à être abordée sous des angles inédits. En comparaison, les « experts » autorisés, seuls dépositaires légitimes de la parole publique, témoignent d’un manque de perspective évident, qui est aussi une marque d’insensibilité à la part politique du réel.

La religion de l’humanité

À l’origine de leur insensibilité se trouve la « théorie de la démocratie », ou encore la « politique de la reconnaissance », qui fonde l’idéologie du multiculturalisme. Pour Manent, cette philosophie qui se voudrait un dépassement de la rationalité conflictuelle du politique se pose contre le ressort même de l’ordre politique.

Selon cette « anti-politique », les particularités des individus (origine ethnique, orientation sexuelle, etc.) doivent être d’emblée « reconnues » par la lumière publique, sans que soit éprouvée la nécessité de produire quelque chose en commun. L’espace public, se vidant de tout sens politique, substitue l’affect unanimiste à la parole médiatrice. Il finit ainsi par se diviser entre les partisans de la « religion de l’humanité », qui ne sauraient supporter aucune distinction, aucune médiation entre les groupes humains, et les sceptiques de la religion de l’humanité, qui ne croient pas que l’humanité puisse se gouverner elle-même sans différenciation politique préalable.

Dans un contexte « religieux », c’est-à-dire aveugle, où le fanatisme voit bien ce qu’il veut voir, la profession de foi supplante le débat raisonné. Le politiquement correct refoule l’échange libre, le savoir étriqué des experts ostracise l’intelligence naturelle des hommes, tandis que de haut en bas de l’échelle sociale, le mépris des uns répond à la méfiance des autres.

L’absence de mesure commune conduit l’individu contemporain à errer à la recherche d’un équilibre impossible, dans une oscillation permanente entre l’identification compatissante et la férocité concurrentielle. L’autre est un atome indéterminé face auquel il est devenu périlleux de se positionner, tant le lien social s’est perdu dans l’exaltation sans nuance des droits individuels. « Ce n’est pas que les gens soient devenus de mauvais citoyens, c’est que, spontanément, sincèrement, ils ne peuvent voir comme une chose réelle que ce qui est rattachable directement à un individu. Identité, reconnaissance, compassion et compétition, toutes ces notions ne renvoient qu’à des individus et à des relations entre des individus. »

À travers l’Union européenne, dit-il, les Européens croient vivre un accomplissement philosophique tendant vers l’unification de l’humanité. Unification purement idéelle, puisqu’en Europe même, des lignes de fracture identitaires importantes se dessinent, alors que partout dans le monde la désoccidentalisation se poursuit, avec la montée en puissance de pays hétérogènes et imprévisibles (le Brésil, l’Inde et la Chine). « L’universalisme démocratique européen se confond avec le nihilisme », en ce qu’il escamote le point de vue politique sur la réalité. Il passe outre la raison politique pour investir sans médiation le domaine de l’affect.

Les Européens peuvent-ils se satisfaire d’une existence non-politique, même au nom de la religion de l’humanité ? La philosophie politique, telle que l’entend Pierre Manent, pose en tout cas que la perte de la politique est aussi une perte philosophique, si ce n’est anthropologique, et que l’homme ne peut pas survivre sans la promesse d’une mise en ordre de son univers.

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  • 29 November 2010 à 15h05

    Gaétan Brunoy dit

    Cette vision d’une “désoccidentalisation du monde” me paraît exagérément pessimiste. En réalité, la Chine scientiste et l’Inde démocratique (où les castes ne sont plus que des survivances) se sont massivement occidentalisées, si bien que le monde civilisé, depuis la chute du communisme qui a lui aussi été un facteur de modernisation, recouvre à peu près les 4/5ème de la planète.

    On s’en rend compte en voyageant, et en découvrant que les moeurs sont, à quelques détails folkloriques près, à peu près les mêmes partout.

    Seul le bloc musulman, qui s’est construit (sataniquement) par opposition à l’occident, s’érige encore en contre-modèle, refusant la prééminence des lois humaines sur la loi divine (anti-humanisme), les droits de l’homme, la démocratie, l’égalité homme-femme, l’égalité croyants-non croyants.

    Mais ce bloc évolue malgré tout sous la pression de la modernisation, qui exige des classes moyennes instruites. Ceux qui renaclent accélèrent l’émergence d’une diaspora elle-même facteur de modernisation.

    Les pays du Golfe préfèrent l’opulence à l’antagonisme. Le régime iranien se révèle vermoulu, miné par les évolutions sociologiques.

    Franchement, même si de nombreux désordres dans des réserves d’indiens (Afghanistan ou ailleurs) ou des régressions islamistes sont possibles, je ne donne pas cher de l’obscurantisme à horizon de 50 ans.

  • 29 November 2010 à 13h47

    Frère de la côte dit

    Manent : la rigueur, l’intelligence et la culture. L’exact contraire du clown Jugnon.

  • 29 November 2010 à 12h04

    sausage dit

    Impat1 dit :
    27 novembre 2010 à 10:36
    Ce texte constitue à mon sens une merveille de réflexion politique. Un des meilleurs que nous ayons pu lire sur Causeur.

    C’est ce que je me suis dit aussi.
    J’achète le bouquin dans l’heure.

  • 29 November 2010 à 11h10

    Benjamin dit

    Texto: “Merde, j’en prends plein la poire là!”.

    Merci monsieur Bergeron pour cet article et l’appel à une lecture approfondie de sieur Manent qu’il constitue.

  • 28 November 2010 à 22h46

    sol invictus dit

    Mangouste votre citation sur le caractère de l ironie est tout simplement lumineuse .Elle correspond trés exactement au triste spectacle qu offre la plupart des émissions de télévision dites culturelles qui se croient obligées d imposer la présence d un petit malin de service.Tiens!Jugnon s est encore évadé de l asile.

  • 28 November 2010 à 14h20

    Guenièvre dit

    …que j’ai rarement rencontrés…

  • 28 November 2010 à 12h33

    Guenièvre dit

    Magnifique article qui rend un hommage que je trouve mérité à la pensée de Pierre Manent et à l’homme lui-même. Tout y est : le plaidoyer pour un retour du politique, l’importance de la langue française et de la littérature, les dangers de l’ironie généralisée, le pouvoir destructeur de la polémique, l’appauvrissement du débat réduit à l’affrontement « d’experts », l’amitié et le don de soi comme préfiguration de la cité .
    Merci aussi à Canrobert et Souris pour le lien vers cet article complémentaire.
    J’en retirerai deux phrases sur l’importance d’un retour au politique :
    « il n’y a pas d’illusion plus dangereuse que celle qui consiste à croire que la politique appartient au passé et que le mouvement de la civilisation démocratique se suffit à lui-même. »

    « l’Europe a cru qu’elle pouvait se laisser glisser doucement vers une sorte de fusion dans une humanité qui aurait surmonté toutes les séparations. Eh bien, elle ne tardera plus à se réveiller. »

    Voilà une autre interview où Manent définit le politiquement correct :
    http://www.agitateur-idees.fr/Site/suite.php?art=781

    Et pour avoir participé à plusieurs conférences-débat avec Pierre Manent je peux témoigner que ce sont des moments d’échanges extrêmement forts et remplis d’une bienveillance que j’ai rarement rencontré dans ce type de manifestation .

    « Si Manent insiste autant sur la nécessité du dépassement du registre polémique, c’est parce qu’il voit en l’inimitié historiographique un obstacle à la connaissance. Il faut, selon lui, « aimer » les choses humaines pour les comprendre. Pour que le « regard politique » porte, il doit être animé par une lueur de sollicitude. »

  • 28 November 2010 à 8h06

    Souris donc dit

    Merci, Canrobert, pour cet article en complément de celui de Carl Bergeron.
    Pierre Manent regrette de la part de la gauche un langage entièrement routinier, prisonnier d’habitudes de pensée. Il parle de répétition incantatoire. Qui fait le lit des mouvements populistes dans toute l’Europe.
    Je tente de redonner votre lien sous une autre forme, car il ne veut pas s’ouvrir :

    http://www.valeursactuelles.com/dossier-d039actualité/dossier-d039actualité/l’europe-aux-couleurs-populistes20101125.html

  • 28 November 2010 à 2h41

    canrobert dit

    excellent article. je fais mienne également cette déclaration récente de p.MANENT :”je suis surpris de la léthargie des européens qui semblent consentir à leur propre disparition.pis,ils interprètent cette disparition comme la preuve de leur supériorité morale”.
    voir http://www.valeuractuelles.com europe-aux-couleurs-populistes

  • 27 November 2010 à 20h59

    Impat1 dit

    Mangouste, Souris, votre remarque est très pertinente. Et sur les radios c’est encore pire, l’ironie ne suffit pas, il faut du rire.

  • 27 November 2010 à 20h29

    Souris donc dit

    @ Mangouste

    «L’ironie peut être la pudeur de l’impuissant. Elle est aussi l’orgueil du lâche.»

    Tout à fait. Aussi les journaux à l’analyse courte et au manque de perspective qui manient l’ironie, une ironie de convenance, et le bon mot obligatoire. Souvent proche du slogan publicitaire, comme le relève Hathorique. Naguère réservé au Canard Enchaîné, puis Libé, puis tous les autres. Au détriment de leur propre crédibilité. Cette ironie facile imprègne tout le discours public. Et sur les blogs, une surenchère dans le ricanement. Celui qui ne ricane pas est un benêt.

    « L’effet cumulé, l’effet social de la généralisation de l’ironie, c’est tout de même un rétrécissement progressif des capacités humaines».

  • 27 November 2010 à 19h46

    Mangouste dit

    “En littérature, la disparition du chant – tradition qui remonte à Homère, Pindare et Virgile – et des derniers grands poètes épiques, comme Claudel et Saint-John Perse, a débouché sur le triomphe de l’ironie. L’homme moderne est plus que jamais conscient de son incomplétude fondamentale, de son incapacité à croire, à aimer ou à se battre pleinement sans céder à la tentation de se regarder comme acteur de sa propre duperie. L’ironie peut certes avoir un charme merveilleux, note Manent, mais « l’effet cumulé, l’effet social de la généralisation de l’ironie, c’est tout de même un rétrécissement progressif des capacités humaines ».

    L’ironie peut être la pudeur de l’impuissant. Elle est aussi l’orgueil du lâche.

  • 27 November 2010 à 18h07

    Impat1 dit

    L’amitié intellectuelle,… “cette conversation spontanée à la fois absolument sérieuse et absolument rieuse, où l’on parle, sans s’assujettir aux règles du discours académique, des grandes questions”…
    N’est-ce pas là le propre de nos rencontres sur Causeur, ce qu’elles sont souvent, ce qu’elles devraient être toujours ?

  • 27 November 2010 à 17h07

    Impat1 dit

    Attention au Grand Dérangement, rackam. Mais réjouissez-vous, la Belle Louisiane vous attend.

  • 27 November 2010 à 17h00

    Aristote dit

    Ce que Jugnon déteste ne peut pas être mauvais.

    Pour avoir lu pas mal d’ouvrages de Manent, dont celui revu par cet article, je confirme cette hypothèse de base.

  • 27 November 2010 à 16h21

    rackam dit

    Saul,
    grâce à vous, j’ai trouvé ma “nation”, je suis acadien!