Pierre Boutang, maurrassien libéré | Causeur

Pierre Boutang, maurrassien libéré

Entretien avec son biographe Stéphane Giocanti

Publié le 01 juillet 2016 / Culture Histoire Politique

Mots-clés : , , ,

pierre boutang maurras giocanti degaulle

Sipa. Numéro de reportage : 00327260_000003.

Propos recueillis par Daoud Boughezala et Frédéric Rouvillois

Causeur. Pierre Boutang ayant littéralement appris à lire dans l’Action française, en quoi cela a-t-il conditionné son rapport au roi comme figure de l’autorité ?
Stéphane Giocanti1. Chez Boutang, l’image du roi se superpose affectivement à celle du père et à celle de Maurras – servir le roi et la France était pour lui une dette à l’égard de son propre père maurrassien appelé lui aussi Pierre Boutang ! L’intuition métaphysique s’ancre ainsi souvent dans les circonstances de l’existence. Si l’histoire personnelle de ce fils rend compréhensible sa théorie royaliste, on peut aussi l’interpréter comme une limite – que Boutang n’interroge pas vraiment. Mais ses Carnets inédits révèlent une inquiétude à propos de son destin : « Si mon père n’avait pas connu l’A.F. Pour lui. Pour moi. »
Ce lien excessif comparable à l’amour passion aura constamment laissé Boutang dans un état d’enfance : une très grande capacité d’étonnement et d’enthousiasme, mais aussi de vulnérabilité et de crainte.

Pour vulnérable qu’il fût, Boutang n’a jamais cédé aux sirènes du fascisme, à la différence de ses camarades d’Action française, Brasillach ou Rebatet. Comment l’expliquez-vous ?
La sensibilité chrétienne et une certaine idée du Pauvre, étaient déjà agissantes en 1940 lorsque Boutang détourna Maurice Clavel du doriotisme et l’amena au royalisme et à Maurras en personne. Son ancrage maurrassien contribua à détourner Boutang de la tentation fasciste ou totalitaire qui s’exerçait sur sa génération

[...]

  1. Écrivain et historien de la littérature, Stéphane Giocanti vient de publier Pierre Boutang, Éd. Flammarion, 2016.

  • causeur.#36.couv

    Article réservé aux abonnés

    publié dans le Magazine Causeur n° 95 - juin 2016

  • X

    Article réservé aux abonnés

    Déjà abonné, connectez-vous


    mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
     

    PAS ENCORE ABONNÉ ?

    causeur.#36.couv
  • La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 5 Juillet 2016 à 18h16

      walkyrie dit

      Citer Bhl, c’est donner dans le vulgaire et le superficiel. Je n’ai jamais pu terminer un seul de ses bouquins. Au bout de deux chapitres, on ferme.

    • 2 Juillet 2016 à 7h30

      dov kravi דוב קרבי dit

      Bernard-Henri Lévy : « J’avais lu un petit livre de lui;qui était un éloge d’Israël, un éloge métahistorique, la preuve assez bien donnée de la vocation fondamentale d’Israël parmi les nations, de son exceptionnalité de fait et de vocation, et de sa grandeur. »
      Jean-François Colosimo : « Chez Boutang la dette folle à l’égard de Maurras s’éclipsa devant le mystère d’Israël. »
      Michaël Bar-Zvi : « La question d’Israël était comme la métaphore d’une arche d’alliance nouvelle entre juifs et chrétiens, d’une réparation à accomplir. »

      • 2 Juillet 2016 à 7h54

        isa dit

        Vous savez bien Kravi que faire l’éloge d’un écrivain non antisemite devient carrément rarissime sur Causeur.

        • 2 Juillet 2016 à 16h07

          FM Arouet dit

          Il ne faut pas exagérer. L’excès, en tout, est toujours néfaste.

    • 2 Juillet 2016 à 7h01

      FM Arouet dit

      J’ai lu la biographie de Boutang par Stéphane Giocanti: je reproche toutefois à ce travail d’être hagiographique et assez complaisant voire naïf. Il est vrai que Boutang n’a jamais été fasciste; certains de ces textes sont cependant antisémites (nettement moins violents que ceux de Brasillach) même si Boutang a évolué ensuite.Il n’a jamais supporté l’occupation allemande de la France contrairement à Brasillach, Drieu la Rochelle etc.. Boutang, c’est vrai, a eu le courage de ses idées,toujours dans l’excès,et parfois dans la violence physique du camelot du roi, il en a d’ailleurs payé le prix après la guerre avec sa révocation de l’éducation nationale avant d’être réintégré tardivement et finir à la Sorbonne. “Sa” métaphysique me semble peu claire et son maurrassisme quasi-mystique et, comme dit dans l’interview de S. G., filial.