Muray, souvenir d’une quinzaine antifasciste | Causeur

Muray, souvenir d’une quinzaine antifasciste

2002-2017: un entre-deux-tours chasse l’autre

Publié le 03 mai 2017 / Politique

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Manifestation anti-fn à Lyon, mai 2017. SIPA. 00804679_000014

Extrait d’Exorcismes spirituels, tome III, paru le 4 octobre 2002

De lui-même, Le Pen n’est rien. Rien d’autre que la structure gonflable qu’est venu emplir, le 21 avril dernier, tout ce qui subsiste de réel. Le Pen est la figure que prend la réalité lorsque toute une société en mutation technoïde la chasse par la porte et qu’elle revient s’inviter au festin, sous le nom par exemple d’insécurité, en sautant par la fenêtre. Le Pen est la tête que revêt le réel lorsqu’on l’a laissé trop longtemps dehors, dans les ténèbres extérieures, et qu’il y a chopé la peste. C’est la baudruche enflée de tous les résidus de monde concret non encore transformés par les processus de cybermodernisation illimitée dont notre temps est la proie.

Le Pen est une occupation. Le Pen donne à ces demi-soldes de l’Histoire l’impression de vivre puisqu’ils sont vigilants et en état d’alerte.

Sans ces vestiges encore en suspension un peu partout, et qui sont allés s’engouffrer dans son nom, le soir du premier tour des élections présidentielles, parce qu’ils n’avaient pas trouvé de pire débouché, Le Pen serait relégué au magasin d’antiquités avec sa quincaillerie de calembours, de latin de cuisine, d’Indochine, d’Algérie, et sa collection de casseroles négationnistes. Il est probable qu’il n’a jamais voulu le pouvoir parce que l’accumulation de jouissance que lui donne l’horreur qu’il suscite lui est une satisfaction plus forte que l’exercice de la maîtrise.

Quand je le voyais à la télévision, dans les derniers jours de la campagne du second tour, je repensais à ce texte où Borgès évoque la visite chez lui, en juin 1940, d’un « germanophile » venu lui annoncer triomphalement l’entrée de l’armée nazie dans Paris. « J’éprouvai, écrit-il, un mélange de tristesse, de dégoût, de malaise. Quelque chose m’arrêta que je ne pus comprendre : l’insolence de la joie n’expliquait ni la voix de stentor ni la brusquerie de l’annonce. Il y ajouta que ces mêmes armées entreraient bientôt à Londres. Toute opposition était inutile, rien ne pourrait arrêter leur victoire. Alors je compris qu’il était lui aussi atterré. » Et Borgès commente : « Le nazisme souffre d’irréalité, comme les Enfers d’Érigène. Il est inhabitable ; les hommes ne peuvent que mourir pour lui, mentir pour lui, tuer et ensanglanter pour lui. Personne, dans la solitude centrale de son moi, ne peut souhaiter qu’il triomphe. Je risque cette conjecture : Hitler veut être battu. Hitler, d’une manière aveugle, collabore avec les inévitables armées qui l’anéantiront, comme les vautours de métal et l’hydre (qui ne devaient pas ignorer qu’ils étaient des monstres) collaboraient, mystérieusement, avec Hercule. »

Le lepénisme souffre lui aussi d’irréalité, quoique le réel résiduel l’ait choisi comme trou noir. Il est inhabitable et il ne demande qu’à être battu. Dans cette perspective, il collabore avec ses ennemis, les anti-lepénistes. Mais c’est ceux-ci, alors, qui renâclent à ce travail de liquidation. Car Le Pen leur permet, en criant sans arrêt à la « lepénisation des esprits », de lepéniser tout ce qui leur déplaît, tout jugement non conforme, tout soupçon de lucidité un peu dissidente, tout ce qui pourrait entraver la marche en avant de leurs innombrables destructions encensées. Le Pen est une occupation. Le Pen occupe tous les RTTifiés au chômage de tout depuis l’RTTernité. Le Pen les justifie. Le Pen donne à ces demi-soldes de l’Histoire l’impression de vivre puisqu’ils sont vigilants et en état d’alerte. Le Pen est le metteur en scène de leur désœuvrement. Et le justificateur de leurs malfaisances. Et le sanctificateur de leurs persécutions. Il leur permet d’aller de l’avant. Et de tétaniser autour d’eux les réticences éventuelles. Ainsi, ceux qui critiquent à si juste titre le prétendu art contemporain ont-ils été accusés, durant l’entre-deux-tours, par un cafard appointé du Monde, d’« alimenter l’idéologie du repli sur soi et du retour à la tribu », donc de faire le jeu de Le Pen.

Le problème des anti-lepénistes n’est pas Le Pen ; le problème des anti-lepénistes c’est eux

Faire le jeu de Le Pen, qui l’a fait mieux et avec une science plus consommée que le mortifère Mitterrand en son temps ? Il y a d’ailleurs eu quelque chose de profondément déplaisant à voir la fille de celui-ci venir sur un plateau déclarer avec candeur qu’elle allait voter Chirac en se bouchant le nez, sans qu’aucun serf médiatique ose lui rappeler que s’il y a bien quelqu’un qui a savamment peloté à son profit pendant quatorze ans la boule puante qui vient de nous exploser au nez c’est son père. De même, par la bouche mielleuse de ses représentants, la gauche sublime et fracassée, mais toujours aussi magnifique, ne s’est-elle pas privée de reprocher tartuffiennement à la droite de ne pas manifester à ses côtés dans la rue. Et personne n’a osé lui répondre que d’abord c’était sa rue, gloubiboulguisée à son image et ressemblance, et transformée en espaces de création, en zones franches pour le libre tapage des teufeurs sacrés de la scène techno ; et, surtout, que c’était son Le Pen. On leur laisse tout ça. Qui d’autre en a l’usage ?

Pour comprendre dans ses tréfonds l’extase anti-lepéniste de ces derniers jours, il suffit de se souvenir, a contrario, de l’enthousiasme très modéré qu’avait suscité chez ces mêmes anti-lepénistes, à la fin de 1998, la brutale scission du Front national. L’éditorialiste Serge July, sous le coup de cette surprise, qui aurait dû être considérée, et à bon droit cette fois, pour divine, mais qui ne le fut pas du tout, alla jusqu’à écrire avec mélancolie : « Jean-Marie Le Pen est devenu bizarrement indispensable au bon fonctionnement de la démocratie française. »

Il fallait comprendre que la modernité emballée en avait besoin pour rendre ses surenchères de toute façon plus aimables que lui ; et que s’il n’existait plus, il fallait le réinventer. Eh bien ça y est. Le malheur des temps l’a ressuscité in extremis. Et si lui-même, de ce succès, était peut-être aussi « atterré » que le « germanophile » de Borgès, et s’il voulait sans doute aussi profondément être battu, il y avait en face une masse immense qui demandait qu’il gonfle encore ; et elle n’a pas ménagé ses efforts pour qu’il y arrive afin d’exister. Car le problème des anti-lepénistes n’est pas Le Pen ; il ne l’a jamais été ; le problème des anti-lepénistes c’est eux ; et ils attendent de Le Pen qu’il les aide à vivre ou à survivre ainsi ; car Le Pen, c’est toujours mieux que rien ; et même, comme les Barbares du célèbre poème de Cavafy, c’est « une espèce de solution »1.

L’anti-lepénisme n’est pas une pensée, c’est une passion

Dans l’invraisemblable concert qui a suivi les résultats du premier tour, dans ce carnaval où se sont bousculés pleureurs, pleureuses, hurleurs et hurleuses au loup, flagellants culturels hagards, mirifiques têtes blondes des lycées et collèges faisant l’apprentissage de leur métier de mouches du coche citoyennes, dans cet opéra mythologique où tout un pays se dressait contre la Bête, la nouvelle humanité s’est baptisée comme dans une eau lustrale. Elle se cherchait un nom, elle l’a trouvé. Elle est désormais anti-lepéniste. Et cela lui suffit, apparemment, pour se définir et le faire de manière passionnée. Car l’anti-lepénisme n’est pas une pensée, c’est une passion. L’anti-lepéniste déteste Le Pen, on ne saurait en douter ; mais il aime de manière passionnée l’état dans lequel le place cette détestation. Il y loge une part essentielle de son identité, la plus haute, la plus belle. Il peut alors faire l’étalage de son moi transfiguré par une si vaste colère. Sous les pavés de bonnes intentions, la rage. Une rage officielle dont la légitimité et même la naturalité ne sauraient être mises en doute. Dans les anti-Le Pen Prides de l’entre-deux-tours, on a pu voir défiler passionnément tout ce qui a vocation à dominer les temps qui s’annoncent.

La vertu emphatisée a paradé comme jamais. La jeunesse dévote, illuminée du vertige de se faire peur, a découvert qu’elle était antifasciste sur rollers et sur autocollants. Les bons apôtres des lendemains qui délepénisent poussaient leurs landaus vers l’avenir radieux, transformant la Grande Marche légendaire des progressismes du passé en une intifada des pouponnières. On ouvrait, dans les immeubles, des ateliers banderoles et des chantiers slogans. Tandis que les éditeurs juraient de publier dans les délais les plus intrépides « des cris de colère de gauche », et que les artistes se désolaient de ne pas être « populaires » dans les cités déshéritées où pourtant ils sont en mission, comme les prêtres ouvriers jadis, et même d’y être si injustement considérés par les exclus comme des exclueurs.

Quant à la gauche sublime du Parti pluriel unique provisoirement en miettes, jamais elle n’était apparue sous son meilleur jour qu’en ces cortèges admirables où la fierté d’être bon donnait le bras à la satisfaction d’être pur, où la repentance se rengorgeait, où la colère était une joie, et où la transparence de l’âme s’appuyait sur les élans du cœur. Les délicatesses qu’elle étalait, lorsqu’elle expliquait qu’elle n’allait voter Chirac qu’après mille réticences, tous ces fins scrupules, toutes ces gracieusetés et ces fines bouches devant le plantureux plat de couleuvres qui s’offrait à elle, faisaient naître un nouvel éventail de gauche tout aussi riche et divers que lorsqu’elle était plurielle ; mais bien plus amusant. On vit ainsi apparaître la gauche du for intérieur et du cas de conscience, la gauche gantée et la gauche dégoûtée, la gauche à reculons et la gauche pince à linge, la gauche haut-le-cœur et la gauche profil bas, la gauche restriction mentale, la gauche pédiluve, la gauche urticaire, enfin toute la gamme de la gauche prophylactique drapée dans son immaculée indignation comme dans un scaphandre stérile. La gauche bébé-bulle. La gauche pince-nez. La gauche pincettes. La gauche pinçon. La gauche pincée. La gauche pince-mi. La gauche pince-moi. La gauche outrée. La gauche outragée. La gauche affligée. La gauche dans les pommes. La gauche à nausée. La gauche désolée. La gauche vierge violée. La gauche temple profané. La gauche offensée et contre-offensante. La gauche élevant sa phobie à la dignité d’une vision du monde, et surmontant encore cette élévation du sacrifice admirable qu’elle faisait en allant voter pour l’objet de sa phobie. Il était même étrange de la découvrir, elle qui s’était récemment connu comme essentielle raison d’être de pourchasser tant de phobies (xénophobie, europhobie, homophobie, gynophobie), à son tour si phobique ; mais si fière de l’être aussi ; comme de bien entendu.

« Contre les méchants »

Toute cette parabole des aveugles contre un borgne ! Certains ont diagnostiqué, dans cet exhibitionnisme de la grande peur des bien-portants, et dans cette grande vapeur des bien-sortants, une réapparition de la politique dont on peut se demander où elle se trouvait, car la politique suppose au moins l’affrontement de thèses également respectables et défendables, alors que le lepénisme n’est ni respectable ni défendable ; il est l’anti-monde de la politique et il a tout fait pour l’être. Ce n’est pas contre un adversaire que tant de militants de la Bonne Cause ont déferlé mais contre Godzilla, King Kong, la Bête des marais. Comme les Américains, après l’effondrement du World Trade Center, s’étaient dressés contre le Mal. « Comment peut-on nous faire ça, nous qui sommes si purs, si innocents ? » s’est aussi demandé la gauche mirobolante de gouvernement. Oui, comment a-t-on pu la bafouer à ce point, elle qui était si contente de son bilan et de ses acquis, de l’euro, des trente-cinq heures, des emplois-jeunes, du Pacs, de la parité, du congé paternité et de tant d’autres belles choses encore tombées de sa hotte de Père Noël sociétal ? En fin de compte, rien ne résumait mieux ce qu’il en était de la politique, en ces jours, que la pancarte brandie par une petite fille où on pouvait lire : « Contre les méchants ». On était bien à Disneyland, pas sur le forum ou sur l’agora, et la lutte des classes était remplacée par celle des petites classes.

Le lepénisme souffre d’irréalité. Mais c’est lui, parce qu’il n’a pas trouvé de canal moins détestable, que le réel a choisi, au premier tour, pour se faire entendre en s’y engouffrant. Ainsi s’est-il donné tous les moyens aussi d’être battu à plates coutures au second tour. Et, bien sûr, de ne pas être entendu du tout. Le réel ? Les joueurs de cornemuse de la France qui gagne, et tous les endormeurs de la nouvelle vie confuso-onirique, l’ont incriminé sous des noms divers : « peur des petits Blancs », « sentiment d’abandon », « angoisse identitaire », autant de comportements peu plaisants, et même franchement antipathiques parce qu’ils s’opposent aux « jeunes et aux classes moyennes qui rêvent d’une société plus ouverte ». Ramené aux dimensions des faits divers criminels les plus sombres, et condensé dans le thème de l’insécurité, le réel a été accusé, dès le 21 avril au soir, d’avoir fait peur aux Français. Et le traitement médiatique de la hausse de la délinquance a été aussitôt montré du doigt.

Ainsi, dans le temps où l’on découvrait qu’un gouffre s’était creusé entre les élites et le peuple, entre ceux d’« en haut » et ceux d’« en bas », on voulait aussi précipitamment ne plus rien savoir de ce qui se passait en bas et qui incitait tant de gens à voter si bassement. Par un bel élan où la pensée magique n’était pas pour rien, on a exigé que les médiatiques cessent sur-le-champ de parler de choses laides et sanglantes comme le massacre des conseillers municipaux de Nanterre ou le tabassage d’un vieil homme d’Orléans à qui l’on tentait de prendre l’argent qu’il n’avait pas et dont on a incendié la maison. L’agression elle-même fut moins déplorée que sa « couverture par les “ Vingt heures ” », et c’est la présence obsédante de la face martyrisée du vieil homme sur les écrans qui a été regardée comme une insupportable délinquance par les Barabbas socialistes du monde qui vient, et même comme une rébellion contre le cours idyllique des choses. « Le fait divers de trop », s’est-on écrié ; et il n’est pas très difficile de traduire que c’était d’abord ce vieil homme que l’on considérait comme de trop. Il n’avait pas su prendre le train de la croissance. Il était resté sur le bord de la route. Il n’avait jamais nagé dans les courants porteurs du world wild web. Ce dinosaure avait tout faux. Sa seule existence était une insulte au bonheur éclatant de vivre pour toujours de l’autre côté du portail Internet. De plein droit, il devenait l’incarnation de cette « France affreuse » que Serge July découvrait au lendemain du premier tour, alors que son journal, un mois plus tôt, consacrait une série d’articles à célébrer la « France décomplexée » de Jospin-président, d’Amélie Poulain et de ce délectable basculement du franc à l’euro qui n’avait « suscité ni drame ni angoisse au grand étonnement des souveraino-sceptiques lepéno-chevènementistes qui, comme toujours, pariaient sur le pire ».

Le réel est reporté à une date ultérieure

Sans parier sur quoi que ce soit, on peut au contraire supposer que le basculement dans la monnaie unique n’est pas passé inaperçu, en fin de compte, ni comme une lettre à la poste, et que toute l’euphorie assourdissante déversée par les médias à ce sujet avait d’abord pour objectif d’interdire à la moindre critique de se faire entendre. Cet événement bruyant a d’abord été un événement sans discussion, donc moderne. Et il n’a donné le sentiment d’être approuvé à l’unanimité que parce qu’il était inacceptable qu’il ne le soit pas. De sorte que le mécontentement qu’il pouvait susciter a été frappé de mutisme ou même refoulé. Du moins le temps qu’ont duré les effets de la piqûre anesthésiante.

Comme ont été refoulées bien d’autres réalités sur lesquelles on a tout de même levé timidement un coin de voile durant l’entre-deux-tours parce qu’il était devenu impossible de faire autrement. Ainsi a-t-on pu découvrir, par exemple, que certains n’étaient pas si satisfaits que cela des trente-cinq heures et de la réduction du temps de travail. Et même que des ouvriers regrettaient de ne plus pouvoir « faire des heures supplémentaires le samedi », alors que leur bonheur de rentrer chez eux pour s’y adonner au partage équitable des tâches domestiques paraissait acquis2. Et, tandis que l’on accusait le programme lepéniste de vouloir « faire rentrer les femmes à la maison », mais que l’on trouvait délicieux que Ségolène Royal y renvoie les hommes, ceux-ci, en silence, saisissaient parfaitement l’entreprise de meurtre qui se tramait contre eux derrière tant de sourires. Avec une belle fraîcheur, un jeune homme de Vitrey-sur-Mance, près de Vesoul, résumait ainsi la situation, et en donnait la clé d’or : « Nous les ouvriers, on voulait pas des trente-cinq heures, on dit les “ Retiens-Tes-Testicules ” (RTT) parce qu’on est empêchés de faire des heures sup. »

Nul ne saurait mieux exprimer la longue besogne de castration sociétale qu’aura été, avec son train d’enfer de mesures et de lois qu’on ne saurait refuser, le gouvernement Jospin, l’un des plus terrifiques qui aient jamais été.

Ainsi, durant l’entre-deux-tours, le réel a-t-il montré le bout de son nez. Mais il a choisi, pour ce faire, le plus sinistre masque qui soit. Quinze jours de fête anti-lepéniste ne se sont pas privés de lui en faire honte. Le réel a reculé. Le réel ne passera pas. Du moins pas cette fois. Et pas comme ça. Le réel est reporté à une date ultérieure. On a eu chaud.

  1. À quelques jours de là, toute cette exultation s’exprimait sans gêne dans la presse. « Avant, on s’ennuyait, Le Pen nous a réveillés », confiait ainsi dans Libération un jeune décrit comme « fou de techno ». « On dormait, on s’ennuyait, poursuivait-il. Maintenant, tout le monde a le sourire. Cela a créé quelque chose de formidable. » Un peu plus tard encore, dans Le Monde cette fois, une jeune héroïne qui avait été de toutes les causes citoyennes durant l’entre-deux-tours se désolait : « le net recul du Front national et la puissante vague bleue du premier tour des législatives » l’avaient stoppée dans son élan. « Nous avons perdu notre principal bouc émissaire, Jean-Marie Le Pen. » Et, dans un joli mouvement dénégateur, elle poursuivait : « Je ne dis évidemment pas qu’il aurait mieux valu qu’il réalise un bon score pour que nous ayons encore un combat à mener. » Mais elle se rassurait aussi : « C’est presque pas plus mal que le PS soit arrivé derrière l’UMP. Au moins, avec la droite a priori ultra-majoritaire à l’issue du second tour, nous aurons encore un ennemi costaud devant nous. » On précisait néanmoins que « Gaëlle ne s’intéresse plus vraiment au vote, elle dit s’être presque forcée pour aller dans l’isoloir et avoir choisi son candidat un peu au hasard le 9 juin. Elle sait juste qu’elle est toujours “ super en colère ”, même si elle a plus de mal à dessiner les contours de sa révolte qu’à la fin avril ». Qu’importe le contour pourvu qu’on ait l’ivresse de la colère (juin 2002).
  2. Un mois plus tard, revenant sur les raisons de la déroute jospinienne dans une série d’articles, Le Monde recueillait les propos de militants socialistes de base. Un ouvrier du Nord n’hésitait pas à affirmer : « Nous avons perdu à cause des trente-cinq heures. » Mais le Pacs aussi, et pour la première fois de manière si crue, était désigné comme l’un des responsables de l’échec. « Je pense que cela a fait plus de mal que de bien », confiait un autre ouvrier. Et le plumitif du Monde se voyait alors contraint d’observer : « Cri du cœur, toutes générations confondues : “ Mais pourquoi se mêlent-ils de cela ? ” » (juin 2002).

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    • 6 Mai 2017 à 14h44

      MIC.TOR dit

      Bonjour Robert
      Votre message est bien beau , vous dites les choses comme un vrai lecteur de Muray ou Beaumarchais ou Molière ou Voltaire ou Rabelais  et plein d’autres ´ou’ ….
      Demain je voterai Le Pen , nous n’avons droit qu’à deux ‘pire’
      Je voterai Le Pen sans aucun autre sentiment que essayer de donner un chiffre de votes moins accablant à Macron et aussi par solidarité avec les méprisés  

    • 4 Mai 2017 à 14h46

      Malg dit

      Le titre de ce texte est : “Le réel est reporté à une date ultérieure”. Page 1308 dans l’édition que j’ai en livre de chevet depuis quelques années. 

    • 4 Mai 2017 à 3h48

      lumièr dit

      P.Muray a tout dit de l’imposture qui consiste à s’offrir des boucs émissaires afin de se faire une vie.

      La droite serait la reine pour se trouver des boucs et pourtant comme le démontre Muray dans ce texte, la gauche a aussi ses boucs émissaires. Et en ceci que tout un électorat du FN est condamné au mépris et à l’injure parce qu’il voterait mal. Cette action méprisable et méprisante de la gauche a pris un grand envol dans l’hystérie première de 2002, elle de nouveau actuelle en mai 2017, on en est témoin.

      Témoins d’une opération politique encore plus cynique qu’en 2002, puisque la présidentielle a été complètement manipulée et instrumentalisée par un réseau de lobbyistes remontés par le Brexit.

      Macron gagne parce que on lui a tout servi sur un plateau, le débat de ce soir compris quand en fait, en réalité, Macron a été cassant, arrogant et autoritaire dans ce débat. Il a montré la fureur qui l’habite. Les médias décident qu’il a gagné le débat sans retenir des nuances. Pour les médias, il doit être élu point!

      La démocratie dans ce pays n’est plus que peau de chagrin.

    • 4 Mai 2017 à 0h44

      Robert39 dit

      Merci Causeur. J’ai découvert Muray via ses entretiens avec E.Lévy en 2010 après avoir vu Luchini bouleversé au 20h de France 2 avec Marie Drucker: il avait du mal à définir le style Muray avec une tête qui disait, dans le jargon moderne modernisant “Muray, c’est un truc de ouf”.
      Ces entretiens ont eu l’avantage pour moi de traiter de l’actualité récente, et notamment de cette quinzaine anti-Le Pen, ou j’avais mené mon 1er combat politique…c’est à dire que j’avais bu des bières un jeudi AM, scandé des slogans.
      A la lecture des premières pages, j’ai ri. Tourné en dérision, j’ai ri de moi et du monde, alors j’ai changé de monde. 
      Par la suite j’ai été bouleversé par sa connaissance du monde et ses références théologiques, historiques, littéraires, psychanalytiques, politiques.
      J’ai gobé quasiment l’oeuvre en 18 mois.
      J’ai cru en Dieu.
      Je ne suis jamais revenu à ma vision “confuso-onirique” de départ et depuis je flirte plutôt avec les fleurs du Mal (le camp du mal dont Causeur est un des domaines).
      Bouleversé , c’est que j’étais bien face à un art véritable: renversé, retourné. Converti. Muray à été un objecteur de conscience. Muray m’a sauvé. Grâce à Philippe Muray. Grâce à la littérature. Grâce aux écrivains. 

      Et merci à E.Lévy et Luchini.
      Je vote Le Pen parce qu’elle défend une certaine vision de ce qu’aurait défendu un Ph.Muray s’il avait été quelqu’un d’autre qu’un génie (un “citoyen”). Aussi pour continuer à faire vivre les bienpensants. Et emmerder la bonne marche du monde, le Marché intégral, l’indifférenciation générale. 
      Pour sauver l’honneur en quelque sorte.
      Dieu merci, il y eut Muray. 

    • 3 Mai 2017 à 23h00

      Mangouste1 dit

      J’adore : le style est aussi bon que la forme.

      Et en plus, je constate que Sancho et Isa partagent le même avis que moi : ils détestent, c’est dire si c’est bon.  

    • 3 Mai 2017 à 21h42

      alpharc dit

      Merci infiniment à Causeur de nous rappeler l’existence de ce texte de P.Muray.
      J’avais presque oublié l’exceptionnelle qualité d’écriture de son auteur!
      Une bouffée d’air spirituelle!

    • 3 Mai 2017 à 20h52

      Martini Henry dit

      Quelle perte immense que celle de Philippe Murray. rares sont aujourd’hui les analystes aussi fins, aussi précis de notre société. Et une langue magnifique pour couronner le tout.

    • 3 Mai 2017 à 20h37

      EtPatati dit

      Une telle obsession de la mort qu’elle les pousserait sans cesse au bord de l’abîme, pour, en en sentant directement l’effroi, en jouir davantage?
      Hummm….. tordu, mais ….. séduisant (heuh!!!non, terrifiant!!)

    • 3 Mai 2017 à 20h27

      clorouk dit

      Fabuleux. Je suis un lecteur assidu de Philippe Muray dont les Essais sont mon livre de chevet. Je ne m’en lasse pas. Tout chez lui séduit le lecteur avisé: sa langue, sa faconde, ses trouvailles, la profondeur de sa pensée. Je devine qu’il a été proche (jusqu’où?) d’Elisabeth Lévy, dont bien des écrits ressemblent à ceux du maître. Mais n’en atteint pas encore l’imprévisibilité! Un point toutefois qu’il convient de préciser: entre 2002 et 2017, un événement d’importance est survenu: JMLP s’est effacé (non sans mal!), MLP s’est imposée. Le réel qu’ont toujours incarné les Le Pen est devenu PERCEPTIBLE à un grand nombre, d’où le calme relatif des rues par rapport à l’hystérie de l’entre-deux-tours de 2002. Et l’incertitude qui ne sera levée que le 7 au soir …

    • 3 Mai 2017 à 20h20

      Schlemihl dit

      L’ aveuglement devant le réel fait partie du réel , lui aussi . et il n’ y a rien de plus humain , de plus naturel , de plus réel , que de ne pas voir ce qui existe et de voir ce qui n’ existe pas .

      C’ est l’ islamisme qui souffre d’ irréalité . Vouloir ramener l’ humanité aux temps de l’ Hégire , au règne de Mahomet et aux premier califes , cela n’ existe pas . Personne ne le veut , pas même les terroristes . On peut tuer ou se faire tuer pour ce monde , on ne peut pas y vivre . qui envisage d’ ignorer l’ existence des Amériques et de l’ Australie , qui peut ignorer qu’il y a eu les Croisades , Saladin , le cinéma parlant et l’ imprimerie , qui réussit à croire à une Terre plate , qui n’ a entendu parler des dinosaures et du téléphone ?

      Je crois que Borges avait vu juste sur les nazis et que leurs successeurs sont semblables . ils veulent sincèrement nous détruire , ils ne souhaitent pas nous remplacer . Ils ne désirent pas la victoire , je crois qu’ elle les épouvanterait comme nous . ils désirent la mort .

    • 3 Mai 2017 à 19h22

      Pyrrhon dit

      Oui, le lepénisme est du réel que fabrique notre société depuis des années, à raison de quelques unités par jour. Apparemment, il ne faut surtout pas se demander pourquoi. Ça me rappelle un propos de Bernard Tapie dans une période “con” de son parcours:”les électeurs de Le Pen sont des salauds.”
      Si on considérait ce réel comme le symptôme d’une maladie de notre société, on pourrait peut-être trouver le vaccin ou le traitement. 

    • 3 Mai 2017 à 18h46

      EtPatati dit

      Je découvre Causeur, et Philippe Murray que je ne connaissais pas.
      Merci Causeur pour cet article brillant, écrit dans une langue superbe, dérangeant et iconoclaste.
      Il date mais n’est en rien démodé, quelle pertinence!!!
      Le style est dense, je comprends qu’il puisse dérouter. Restons courtois cependant.
      Cela me donne vraiment envie d’en lire plus.
      A ceux qui connaissent, quel livre me conseillez-vous?

      • 3 Mai 2017 à 19h12

        MIC.TOR dit

        Tout Causeur est ecrit dans une langue brillante , je suis ravi( e) que vous le découvriez 
        Proposer aux lecteurs des articles de cette qualité ( nous n’y sommes plus habitués ) est une marque de respect
        Quelle chance nous avons de connaître ce journal !
        Il y a un Causeur de 2016 comportant de longs articles consacrés à Philippe Muray 
        Ce n’est peut être pas trop difficile de se le procurer  

      • 3 Mai 2017 à 19h21

        isa dit

        Je peux vous en revendre si vous voulez.
        Jamais pu arriver au bout. 

      • 3 Mai 2017 à 19h28

        Alexandrebaal dit

        Votre enthousiasme me procure un immense plaisir, je suis un fan absolu de Philippe Muray.. Mon conseil ? Vous offrir l’épais volume dont le titre est “Les Essais”, paru chez “Les Belles Lettres”. Et pour 35€, vous aurez droit à 1824 pages (!!!!!) dont la moitié, voire les trois-quarts sont aussi vifs, réjouissants et pertinents que l’extrait que vous venez de lire.

        • 3 Mai 2017 à 19h41

          EtPatati dit

          Merci de vos réponses: je vais mettre cet essai sur ma liste d’envie et me l’acheter un de ces jours.
          J’ai grand soif de choses non manichéennes….. je n’en peux plus du simplisme ambiant et je souffre réellement du manque de rigueur des raisonnements que j’entends ou lis presque partout, y compris dans mon entourage (100% à gauche. D’ailleurs, j’en ai d’ailleurs toujours fait partie. Quelle déception, que de trahisons)…..
          Et la jouissance que me procurent des textes riches et complexes est réelle, bien que je sois ne sois pas de formation littéraire du tout.
          J’étais déjà un peu extra-terrestre dans ma classe de Iière scientifique quand je me lisais seule, à voix haute, les tragédies de Racine en vers, quand tous ceux de ma classe en périssaient d’ennui!!!

      • 3 Mai 2017 à 22h14

        Lector dit

        @EtPatati, aux Belles Lettres vous pouvez vous procurer les trois tomes des “Exorcismes spirituels et surtout les 2 d’”Après l’Histoire” dont l’objet a sans doute un peu moins vieilli. “Chers Djihadistes” (édition Mille et une nuits) demeure une lecture tjrs d’actualité. Je connais moins le journal intime “Ultima Necat” I et II (juste feuilleté pour l’instant) -paru post mortem- qui ravit sans doute et surtout les lecteurs qui voudraient entrer autant que faire s’y donne dans l’intimité de la personnalité complexe de l’auteur, mais, c’est à noter, “Le XIXe siècle à travers les âges” fut apprécié même de ceux qui ne suivirent pas Muray dans ses écrits ultérieurs. Et (tjrs aux Belles Lettres) vous apprécierez sûrement les vers de mirliton de “Minimum Respect”.

        https://www.babelio.com/livres/Muray-Minimum-respect/342042

        • 3 Mai 2017 à 22h55

          Mangouste1 dit

          Merci Lector pour ces rappels : je sens que je vais m’offrir “Le XIXe…”

          Et bonne nuit :o) 

        • 3 Mai 2017 à 22h58

          Lector dit

          Salut Mangouste de passage ;) et bonne nuit à vous.

      • 4 Mai 2017 à 0h49

        Robert39 dit

        Festivus festivus. Puis les Essais. La malpensance vivifiante. Le vice revigorant. La pensée solitaire qui individualise. Qui sauve. 
        “Je bande, donc je fuis”

        • 4 Mai 2017 à 0h54

          Lector dit

          Festivus festivus n’est pas le premier que je recommanderais… très en dessous des autres -navré pour notre hôte (E.L.) mais c’est mon avis.

        • 4 Mai 2017 à 8h41

          Robert39 dit

          Sans doute Lector, mais il offre un panorama sur l’oeuvre et peut y introduire.

    • 3 Mai 2017 à 18h33

      alain dit

      je vois que tout le monde a peur de l’inconnu et surtout de perdre vos acquis votre petit bonheur de bourgeois pour moi je n’ai pas peur du FN le seul moyen de s’en débarrasser c’est justement de l’élire s’il n’est pas a la hauteur de nos attentes il se passera des années avant que l’on reparle de lui nos politiques ont surtout peurs qu’il fasse aussi bien q’eux sinon mieux et ce serait la fin pour eux moi l’inconnu c’est Macron m^me si il est élu il n’aura pas la majorité parlementaire on va vivre en concubinage ou tout le monde va tirer les couvertures a soi bon courage .je suis tranquille j’arrive a la fin de ma vie si vos parents ou arriere parents n’avaient pas eu plus de couille que vous vous parleriez tous l’allemand aujourd’hui .Le français n’est pas raciste mais il en marre qu’on le prenne pour un con avec cette gauche droite qui s’en graisse et qui laisse les moins nantis sur le carreau, quand vous aurez élu Macron priez de ne pas vous mordre les doigts; on en sort!

    • 3 Mai 2017 à 17h39

      marcopes dit

      plus justement c’est le socialisme et la droite qui font le lit du FN depuis des décennies car quand on voit leur réussite beaucoup n’ont plus peur d’échouer

    • 3 Mai 2017 à 17h09

      MIC.TOR dit

      Difficile de comprendre ceux qui trouvent ce texte incompréhensible ou obscur 
      Il est juste remarquable d’analyse intelligente ( il a été ecrit il y a 15 ans !!), la langue en est magnifique , il suffit de s’accorder un peu de temps pour lire des phrases qui n’ont pas peur d’utiliser un vocabulaire riche et précis , qui s’adressent à notre capacité de réflexion et non aux émotions primaires 
      Il y a sur ce site ( c’est la première fois que j’écris ..) un individu  qui ponctue tous ses envois par un ahahah vraiment debile
      Pourrait on lui couper le hahaha ( au moins ?)  , il semble tellement content de les asséner , à défaut de nous faire rire 

      • 3 Mai 2017 à 18h05

        Sancho Pensum dit

        Parfaitement, et l’honnêteté m’oblige à vous dire que je vous emmerde !
        Ha ha ha ha !

      • 3 Mai 2017 à 18h06

        Sancho Pensum dit

        PS : ce texte n’est pas incompréhensible ou obscur. Il est con et abscons. Un peu comme son auteur.

        • 3 Mai 2017 à 18h06

          Sancho Pensum dit

          Pardon, j’oubliai…
          Ha ha ha ha !

      • 3 Mai 2017 à 18h41

        MIC.TOR dit

        Oui , c’est bien ce que je disais , un triple pensum ( plutôt que penser , insulter )

    • 3 Mai 2017 à 17h06

      Sancho Pensum dit

      Murray et sa succube n’ont pas le monopole du réel.

    • 3 Mai 2017 à 15h17

      solitude dit

      http://www.atlantico.fr/decryptage/brahim-bouraam-victime-mais-pas-fascisme-3035926.html

      Brahim Bouraam victime mais pas du fascisme !

      (…) condamné à 8ansd’emprisonnement. Affaire
      exploitée politiquement et médiatiquement et chaque année dénaturée. Mitterrand,(est à) l’initiative de l’ hommage qui signifiait que le FN était responsable de la mort de Brahim Bouarram. tout de suite dans le box on n’a pu que constater…. Freminet, perdu, égaré, d’une simplicité d’esprit évidente….venu avec trois copains skinheads traîner 1er mai à la queue du défilé traditionnel du FN dirigé par J-M L . A la suite d’une bousculade, une altercation a opposé Brahim Bouarram à Freminet et celui-ci a poussé le premier dans la Seine en ignorant qu’il ne savait pas nager…. J’avoue un manque de courage. Au lieu de soutenir qu’il s’agissait du crime de coups mortels sans intention de donner la mort bonne qualification – pour me soumettre en quelque sorte à la pression politique et médiatique – alors que les débats pourtant avaient tout dégonflé – j’ai soutenu qu’il y avait meurtre et j’ai été suivi

      (…) constater que depuis 1995 les médias ont continué à diffuser les mêmes erreurs, évoquant un assassinat et fantasmant sur le caractère idéologique du crime. A aucun moment ils n’ont eu la curiosité de se renseigner. Ils ont pris pour argent comptant ce que Mitterrand a voulu transmettre et qui n’avait rien à voir avec la réalité : non pas un crime politique mais un acte imbécile commis par un “crétin” et ayant eu une conséquence dramatique qu’il n’avait pas voulue.cela ne rend pas moins digne de compassion la mort de Brahim Bouarram mais il n’est pas le héros disparu d’une cause qui l’aurait pris volontairement pour cible. A croire que pour les politiques et les médias, l’Histoire fantasmée ne doit surtout jamais être revue à la baisse.

    • 3 Mai 2017 à 14h51

      Lecoeuretlaraison dit

      Ah oui tiens, Amélie Poulain (le fabuleux destin d’), quel succès, quel délire dans le public et la presse pour un film aussi plat et aussi niais. Le début d’une époque, la fin d’une autre… 

    • 3 Mai 2017 à 14h45

      Lecoeuretlaraison dit

      Merci pour ce passage jubilatoire. Les choses ont empiré depuis mais je crois que Murray est parti sans se faire d’illusions sur la suite.
       

    • 3 Mai 2017 à 14h39

      Hect0r dit

      Que de phrases alambiquées et imprécises pour dire…Quoi? Je n’en sais rien. Ce n’était pas clair, je n’ai d’ailleurs pas tout compris , je crois que j’ai dévissé vers la fin, voilà un vrai texte inutile.

      • 3 Mai 2017 à 14h41

        kozurenaiokami dit

        Un peu comme votre commentaire, en quelque sorte

      • 3 Mai 2017 à 15h00

        rolberg dit

        La phrase peut aussi être d’abord évocatrice. C’est fatigant certes, mais avec le travail, ça devient utile.

      • 3 Mai 2017 à 15h18

        manant dit

        “Que de phrases alambiquées et imprécises….”, étonnant comme commentaire pour un électeur de Macron’ je suppose.
        Si vous aviez “tout compris”,vous et vos semblables,(il suffit juste d’un petit effort )peut-être n’en serions-nous pas là aujourd’hui ?
        Macron,hors du système ……effectivement , le réel n’est plus d’actualité….