Petit manuel pour bien niquer sa race

Face à Eric Zemmour, le ton monte d’un Cran

Publié le 28 novembre 2008 à 10:35 dans Société

Tenez-vous le pour dit : Claude Lévi-Strauss court toujours ! Pas très vite certes, puisque l’ethnologue structural le plus âgé de France fête aujourd’hui ses cent ans. Il festoiera tranquille et peinard, à la verveine ou au mousseux, assis devant sa fenêtre et tirant le rideau sur un monde qu’il exècre désormais. Seulement, c’est une honte ! C’est au gnouf qu’on devrait se charger d’expédier Lévi-Strauss plutôt que de souffler en chœur les bougies de son gâteau ! L’ethnologue ne s’en vante pas, mais il a osé écrire en 1952 un opuscule titré Race et histoire. Oui, vous ne rêvez pas : Lévi-Strauss a employé le mot race ! Pire, à de nombreuses reprises, dans cet ouvrage, il emploie le mot ignominieux en lieu et place de phénotype, que nous, âmes précautionneuses, attendions évidemment qu’il écrivît. Je vous l’accorde : ce livre bat en brèche l’idéologie raciste, mais ne nous arrêtons pas à si peu de choses. Lévi-Strauss emploie le mot race. Si ça, ce n’est pas une preuve !

Il n’est d’ailleurs pas le seul : on ne compte pas les sociologues et anthropologues qui, dans la droite ligne de Durkheim, Weber ou Mauss, ont employé l’un et l’autre terme indifféremment, sans pour autant être des Gobineau en puissance. Comme l’écrit Dominique Schnapper dans La Relation à l’autre, toute la sociologie s’est mue et s’est construite au sein même de l’idée de race sans jamais la remettre en cause. Encore plus accablant, la déclaration universelle des droits de l’Homme, la convention européenne des droits de l’Homme et la Constitution de la Ve République utilisent le terme race. Il n’est pas jusqu’au philosophe Vincent Cespedes qui ne se livre à cette dangereuse pratique (sur le plateau d’Arte, il déniait à Eric Zemmour le droit d’utiliser publiquement le vilain mot, mais en loucedé il ne s’en prive pas, comme en témoigne cette vidéo). N’évoquons même pas l’anthropologie américaine qui a passé quelques décennies à donner une légitimité scientifique au terme pour mieux justifier la ségrégation, avant que ledit mot ne devînt lui-même un discriminant social assez rigolo…

Pourquoi le mot race est-il accepté sans sourciller dans l’usage courant et même savant ? Pourquoi suscite-t-il le scandale dès lors qu’il est placé dans la bouche d’Eric Zemmour ? Mauvaise haleine ? Délit de sale gueule ? Dieu seul le sait. Un journaliste de droite, pointant au Figaro, c’est sûr que ça sent l’exploiteur du genre humain à plein nez. Un seul moment d’inattention, et il vous sort de sa poche son chapeau pointu, rétablissant le commerce triangulaire sans que vous ne vous en aperceviez.

La dangerosité de l’éditorialiste du 14 boulevard Haussmann explique certainement pourquoi le Mrap a demandé hier au Csa de le placer sous surveillance : “Considérant que c’est le racisme qui crée les races, par ces propos, Eric Zemmour entretient et alimente le racisme à l’endroit d’une citoyenne qui est française… Nous saisissons aujourd’hui le Csa pour que des mesures soient prises contre la diffusion de ce genre de propos et qu’une alerte soit lancée à l’endroit des responsables des chaînes publiques au sujet des dérapages incessants de M. Zemmour sur celles-ci.”

On passera sur l’usage du terme “considérant” 1 pour aller à l’essentiel : “C’est le racisme qui crée les races.” Maniant le solipsisme avec une rare dextérité, Mouloud Aounit fait mieux que Harry Potter : avec lui, le mot crée la chose.

Le problème, c’est que ce n’est pas historiquement très juste. Le mot “racisme” est apparu au début du XXe siècle quand la Science allemande, devant laquelle la France se tortillait d’admiration, poussait des morts illustres, comme Linné, Kant, Broca ou Gobineau, beaucoup plus loin que là où ils seraient allés par leurs propres moyens… Si les XVIIIe et XIXe siècles se contentaient d’employer l’idée de “race” pour rendre surtout compte de la diversité humaine, la fin du XIXe s’est mise à instrumentaliser les différences raciales dans un but politique.

Les choses sont encore bien moins simples. Fin juillet 1885, Jules Ferry monte à la tribune de l’Assemblée nationale pour défendre l’expansionnisme, au motif que les “races supérieures” ont une mission civilisatrice par rapport aux “races inférieures”… Pour lui répondre, Georges Clemenceau ne remet pas en cause l’existence des races, mais leur hiérarchie : “Races supérieures ! Races inférieures ! C’est bientôt dit. Pour ma part, j’en rabats singulièrement depuis que j’ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand. Depuis ce temps, je l’avoue, j’y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieure !… C’est le génie de la race française que d’avoir généralisé la théorie du droit et de la justice, d’avoir compris que le problème de la civilisation était d’éliminer la violence des rapports des hommes entre eux dans une même société et de tendre à éliminer la violence, pour un avenir que nous ne connaissons pas, des rapports des nations entre elles.”

Il faut bien se rendre à l’évidence : ce n’est pas le mot race qui fait le racisme, mais l’idée qu’il existerait entre elles une hiérarchie. Au passage, je suggère au Cran et au Mrap de se mobiliser afin que soient débaptisés les places, artères et monuments qui portent le nom de Jules Ferry ou de Georges Clemenceau. Tous deux, dans des acceptions certes différentes, ont employé le mot race : tous deux sont coupables (NB : ne pas écrire au Csa, mais aux 36 000 maires de France).

Car c’est vers là que nous allons et c’est même là que nous sommes déjà : il vous suffit désormais d’avoir oublié ce qui était écrit dans votre Manuel du Bienpensant et de lâcher, grossier personnage, le mot “race” pour devenir illico un raciste. C’est tout nouveau, ça vient de sortir.

Pourquoi ? Le mot race est un mot qui tue. Certaines de ses significations et de ses connotations l’ont plombé.

Dans le langage courant, on sait ce qu’il signifie intuitivement. Lorsque l’on dit qu’un “physio” fait de la discrimination raciale à l’entrée d’une boîte de nuit, on le voit juger les uns et les autres à leur phénotype, c’est-à-dire au seul aspect observable d’un individu (morphologie, couleur de la peau, etc.) Pourquoi alors ne pas parler de discrimination phénotypale ? Tout simplement parce qu’en français le mot race peut indistinctement être employé comme synonyme de phénotype ou de groupe ethnique…

Comme l’a montré Louis Dumont, il aura fallu attendre le scientisme pour que la race soit biologisée à des fins idéologiques et acquière un nouveau sens. Au moins une chose est sûre sur ce plan : pour la génétique, les races n’existent pas. Il existe une espèce humaine, mais pas de sous-espèces. Pour vous en convaincre, mettez dans un seau les gènes d’un noir, d’un blanc et d’un jaune. Ne mélangez pas, malheureux ! Mais apportez très vite les seaux à un généticien et demandez-lui de vous dire qui est qui. Il vous regardera alors d’un œil perplexe et vous lâchera, désabusé : “Le phénotype n’a pas de génotype.” En revanche, prenez le même généticien et montrez-lui les photos d’un noir, d’un blanc et d’un jaune : il saura vous apporter une réponse assez satisfaisante et pourra même, quand le ministère lui aura coupé tous ses crédits, se faire embaucher comme portier aux Bains-Douches.

Cependant, ce n’est pas parce que la génétique démontre qu’une chose n’existe pas que le terme disparaît avec ses autres acceptions. Et c’est encore moins parce que vous aurez interdit l’usage du mot race que vous aurez supprimé les préjugés et les comportements racistes. C’est que le mot n’est jamais la chose.

Si l’on veut expliquer pourquoi le mot race est devenu tabou au point qu’à peine prononcé il provoque le scandale, c’est peut-être vers la linguistique qu’il faut se tourner. La loi du moindre effort est bien connue : l’évolution d’une langue s’accompagne de la disparition de certains phonèmes finaux. Le cinématographe devient le cinéma, puis le ciné. Sur le long terme, l’altération touche les phonèmes eux-mêmes : le cantare latin devient le chanter français, plus facile à prononcer. Quant au sens, il se réduit et se fige dans une seule signification. On ne comprend plus ce que Zola ou Marx avaient à l’esprit lorsqu’ils écrivaient : “race ouvrière”. Que les Mérovingiens soient la “première race des rois de France” nous est inaudible. Celui qui emploie aujourd’hui le mot “race” est nécessairement un raciste, puisqu’on a décidé de limiter le mot à sa signification la plus catastrophique et la plus connotée. La nouveauté est qu’ici la simplification sémantique n’est pas naturelle, mais voulue et contrainte. Supprimer le mot, pour supprimer la chose : Orwell appelait cela la novlangue. Bienvenue, Eric Zemmour, vous êtes arrivé en 1984.

  1. Soit le rédacteur de la lettre au Csa se prend pour René Cassin, l’auteur principal de la déclaration universelle des droits de l’Homme, soit le Mrap, trop habitué des prétoires, ne maîtrise plus que le lexique judiciaire.

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  • 14 December 2008 à 21h06

    Hubert dit

    Il y auraient donc plusieurs phénotypes et seul les aspects observables à l’oeil: morphologie, couleur de peau etc…seraient pris en considération. Un phénotype englobe l’ensemble des caractères observables aussi bien extérieurs qu’intérieurs: anatomiques, morphologiques, moléculaires, physiologiques et éthologiques. Ce n’est donc pas très juste que de s’attarder uniquement à l’aspect extérieur. Un phénotype caractérise un individu ou un peuple dans toutes ses composantes.

  • 14 December 2008 à 20h20

    YanickToutain dit

    Mon premier messager était bugué.
    ====
    Yanick Toutain • 02.12.08 à 16:30

    Bonjour
    Je découvre votre texte.
    J’avais, le 28 novembre, écrit,sur mon blog, un texte “Claude Lévi-Strauss (de l’Académie Française) est un raciste.
    Dans mon texte, je cite – in extenso – le premier chapitre de l’opuscule raciste.
    Le lecteur curieux peut s’y référer.
    (…)
    ====
    Le lien donné en cliquant sur mon identité était cassé. Le texte “Lévy Strauss est un raciste” se trouve à l’adresse suivante
    http://monsyte.blogspot.com/2008/11/claude-lvi-strauss-de-lacadmie-franaise.html
    On y trouvait, bel et bien, in extenso, le texte du premier chapitre du raciste.
    ==
    AVERTISSEMENT

    En 1952. l’Unesco publiait une série de brochures consacrées au problème du racisme dans le monde. Parmi celles-ci, Claude Lévi-Strauss donnait, avec “Race et histoire” un court essai qui dépassait de beaucoup son sujet pour introduire à une réflexion nouvelle sur la culture occidentale, le sens de la civilisation, le caractère aléatoire du temps historique, etc. En fait, c’était déjà quelques-uns des principes de la pensée actuelle de l’auteur qui, sans technicité exagérée et dans une langue toujours claire et précise, s’y trouvaIent formulés. Mais, à l’époque. Lévi-Strauss qui avait publié trois ans auparavant “Les structures élémentaires de la parenté” était connu des seuls spécialistes; il était encore le “ Professeur ” Claude Lévi-Strauss, Aujourd’hui, il est devenu le maître du structuralisme dont le nom est connu d’un large public.

    L’ÉDITEUR.

    =====

    1 RACE ET CULTURE

    Parler de contribution des races humaines à la civilisation mondiale pourrait avoir de quoi surprendre, dans une collection de brochures destinées à lutter contre le préjugé raciste. Il serait vain d’avoir consacré tant de talent et tant d’efforts à montrer que rien, dans l’état actuel de la science, ne permet d’affirmer la supériorité ou l’infériorité intellectuelle d’une race par rapport à une autre, si c’était seulement pour restituer subrepticement sa consistance à la notion de race, en paraissant démontrer que les grands groupes ethniques qui composent l’humanité ont apporté, en tant que tels, des contributions spécifiques au patrimoine commun.
    Mais rien n’est plus éloigné de notre dessein qu’une telle entreprise qui aboutirait seulement à formuler la doctrine raciste à l’envers. Quand on cherche à caractériser les races biologiques par des propriétés psychologiques particulières, on s’écarte autant de la vérité scientifique en les définissant de façon positive que négative. Il ne faut pas oublier que Gobineau, dont l’histoire a fait le père des théories racistes, ne concevait pourtant pas 1′ ~ inégalité des races humaines, de manière quantitative, mais qualitative : pour lui, les grandes races primitives qui formaient l’humanité à ses débuts – blanche, jaune, noire – n’étaient pas tellement inégales en valeur absolue que diverses dans leurs aptitudes particulières. La tare de la dégénérescence s’attachait pour lui au phénomène du métissage plutôt qu’à la position de chaque race dans une échelle de valeurs commune à toutes; elle était donc destinée à frapper l’humanité tout entière, condamnée, sans distinction de race, à un métissage de plus en plus poussé. Mais le péché originel de l’anthropologie consiste dans la confusion entre la notion purement biologique de race (à supposer, d’ailleurs, que, même sur ce terrain limité, cette notion puisse prétendre à l’objectivité ce que la génétique moderne conteste) et les productions sociologiques et psychologiques des cultures humaines. Il a suffi à Gobineau de l’avoir commis pour se trouver enfermé dans le cercle infernal qui conduit d’une erreur intellectuelle n’excluant pas la bonne foi à la légitimation involontaire de toutes les tentatives de discrimination et d’exploitation.
    Aussi, quand nous parlons, en cette étude, de contribution des races humaines à la civilisation, ne voulons-nous pas dire que les apports culturels de l’Asie ou de l’Europe, de l’Afrique ou de l’Amérique tirent une quelconque originalité du fait que ces continents sont, en gros, peuplés par des habitants de souches raciales différentes. Si cette originalité existe – et la chose n’est pas douteuse – elle tient à des circonstances géographiques, historiques et sociologiques, non à des aptitudes distinctes liées à la constitution anatomique ou physiologique des noirs, des jaunes ou des blancs. Mais il nous est apparu que, dans la mesure même où cette série de brochures s’est efforcée de faire droit à ce point de vue négatif, elle risquait, en même temps, de reléguer au second plan un aspect également très important de la vie de l’humanité : à savoir que celle-ci ne se développe pas sous le régime d’une uniforme monotonie, mais à travers des modes extraordinairement diversifiés de sociétés et de civilisations ; cette diversité intellectuelle, esthétique, sociologique, n’est unie par aucune relation de cause à effet à celle qui existe, sur le plan biologique, entre certains aspects observables des groupements humains: elle lui est seulement parallèle sur un autre terrain. Mais, en même temps, elle s’en distingue par deux caractères importants. D’abord elle se situe dans un autre ordre de grandeur. Il y a beaucoup plus de cultures humaines que de races humaines, puisque les unes se comptent par milliers et les autres par unités : deux cultures élaborées par des hommes appartenant à la même race peuvent différer autant, ou davantage, que deux cultures relevant de groupes racialement éloignés.
    En second lieu, à l’inverse de la diversité entre les races, qui présente pour principal intérêt celui de leur origine historique et de leur distribution dans l’espace, la diversité entre les cultures pose de nombreux problèmes, car on peut se demander si elle constitue pour l’humanité un avantage ou un inconvénient, question d’ensemble qui se subdivise, bien entendu, en beaucoup d’autres.
    Enfin et surtout on doit se demander en quoi consiste cette diversité, au risque de voir les préjugés racistes, à peine déracinés de leur base biologique, se reformer sur un nouveau terrain. Car il serait vain d’avoir obtenu de l’homme de la rue qu’il renonce à attribuer une signification intellectuelle ou morale au fait d’avoir la peau noire ou blanche, le cheveu lisse ou crépu, pour rester silencieux devant une autre question à laquelle l’expérience prouve qu’il se raccroche immédiatement s’il n’existe pas d’aptitudes raciales innées, comment expliquer que la civilisation développée par l’homme blanc ait fait les immenses progrès que l’on sait, tandis que celles des peuples de couleur sont restées en arrière, les unes à mi-chemin, les autres frappées d’un retard qui se chiffre par milliers ou dizaines de milliers d’années? On ne saurait donc prétendre avoir résolu par la négative le problème de l’inégalité des races humaines, si l’on ne se penche pas aussi sur celui de l’inégalité – ou de la diversité – des cultures humaines qui, en fait sinon en droit, lui est, dans l’esprit public, étroitement lié.
    ===
    Tout est dit !

  • 13 December 2008 à 4h02

    Gwendan dit

    @JKB

    “Moi je ne lis pas qu’il est “dépassé”, je lis qu’il a “100 ans” et donc je comprends que le vocabulaire qu’il emploie est celui de son époque, mais les idées qu’il exprime peuvent être tout à fait valables à l’heure actuelle.”

    Décidément avec vous tout est une question de mots..

    Sinon oui je considére les antiracistes comme un groupe ennemi car ils prônent la destruction de toute valeur, de toute exigence culturelle où intellectuelle,de totue imagination,de toute beauté, de tout repaire où valeur au nom d’un nivellement par le bas, il faut les combattre au même tire que les talibans où les khmers rouges dont ils sont le pendant “bobo”.

  • 13 December 2008 à 2h15

    Sanzilluse dit

    Cher Willy Langdepüt,
    Vous y allez fort dans la mauvaise foi et l’abus de langage.

    Voici donc quelques considérations, définitions et références qui ont moins de 200 ans.

    D’abord, dans la classification du vivant, on parle d’espèce pour regrouper toutes les populations inter-fécondes dont la descendance peut elle-même se reproduire (espèce humaine, espèce animale).

    La notion de race, qui vient ensuite, se base sur l’idée de gènes communs et exclusifs à un même groupe d’individus.

    Pour comprendre qu’il existe bien des races humaines au sens physiologique et héréditaire du terme, il suffit :

    1/ d’ouvrir le Larousse qui propose la définition suivante : “Race: Subdivision de l’espèce humaine en Jaunes, Noirs et Blancs selon le critère apparent de la couleur de la peau.”

    2/ d’ouvrir un dictionnaire classique pour y trouver : “Race : Groupement naturel d’êtres humains, actuels ou fossiles, qui présentent un ensemble de caractères physiques communs héréditaires, indépendamment de leurs langues et nationalités. Il y a quelques exemples : Race blanche, jaune, noire, race pure, métissée.”

    3/ de lire la définition de race proposée par Francis Lebas, Directeur de recherche honoraire de l’INRA : “au sein d’une espèce, une race est généralement considérée comme une collection d’individus ayant en commun un certain nombre de caractères morphologiques et physiologiques qu’ils perpétuent lorsqu’ils se reproduisent entre eux.”

    4/ d’ouvrir le dictionnaire et lire la définition du mot métissage : “Croisement entre individus appartenant à des races différentes”. Comment en effet pourrait-on décrire le métissage s’il n’y a pas de race?

    5/ de consulter la définition du racisme telle qu’elle est décrite et déclinée dans toutes les langues sur tous les dictionnaires traditionnels de la planête Terre, savoir : Racisme : “théorie selon laquelle certaines races seraient supérieures aux autres.”, ou encore : “Ensemble de théories et/ou de croyances qui établissent une hiérarchie entre les races et entre les ethnies.”, ou encore: “Doctrine politique fondée sur le droit pour une race (dite pure et supérieure) d’en dominer d’autres.”, ou encore: Attitude d’hostilité pouvant aller jusqu’à la violence, et de mépris envers des individus appartenant à une race, à une ethnie différente généralement ressentie comme inférieure ».

    Par conséquent, tous les personnages réels ou virtuels, vivants ou disparus que vous présentez sont, tout comme votre compagne, vos enfants et…moi-même (mère franco-libanaise et père franco-malgache), de la race métisse, étant entendu que nous sommes bien une communauté d’individus ayant en commun un certain nombre de caractères morphologiques et physiologiques, et que nous pouvons les transmettre à nos descendants avec le mode d’emploi culturel y relatif.

    Quant à votre amalgame entre race et racisme, c’est une supercherie bien connue, une manipulation idéologique qui permet aux partisants de l’égalité par le métissage universel et le brassage des cultures, d’imposer l’idée que, s’il n’y a plus de race il n’y a plus de racisme, C.Q.F.D.

    Pour ce qui me concerne, en tant que métis riche d’un patrimoine culturel extrêment diversifié en raison de mes racines multiples, je considère que vos théories tiers-mondistes sont aussi fumeuses que dangereuses du fait que :
    -1 le métissage obligatoire ne supprimera malheureusement pas le racisme, bien au contraire, le blanc, le noir et le jaune seront simplement remplacés par une nouvelle palette de couleurs moins étendues mais plus nuancées. De toutes façons, les hommes trouveront toujours le moyen de s’agresser et se combattre, c’est leur nature. Si ce n’est plus au nom d’une race, ce sera au nom d’une religion, sauf à envisager un métissage religieux… Ben Laden sera sûrement ravi d’en discuter avec vous. Et puis, si ce n’est pas au nom d’une religion, ce sera pour des raisons idéologiques, de territoire, de pouvoir, de pétrole, d’eau, de vengeance, etc…

    Et une fois les races supprimées par le métissage, il faudra de la même manière supprimer les ethnies, puis les tribus, la corse, la bretagnes, les espagnols, les serbes, les croates, les communistes et les facistes, les islamo-facistes, les anarchistes, les étudiants grecs, bref, tout ce qui bouge.

    -2 le mélange des cultures ne produira qu’une bouillie insipide où l’homme ne trouvera ni son compte, ni ses repère, ni ses traditions, ni ses repères. Ce sera « l’homme universel » ni blanc ni noir, sans passé, sans avenir, sans racine, sans haine, sans révolte, etc, etc… soumis à l’ordre nouveau, le fascisme politiquement correct. Mais ça, en bon marxiste, c’est bien ce que vous recherchez ?

    Je trouve que vous avez très bien choisi votre pseudo, il vous va très bien.

  • 13 December 2008 à 2h04

    C LA ROSE dit

    Hmmm, quel bonheur de vous lire ! Je vous ai trouvé grâce à l’excellent site du “toddien” Malakine à la rubrique Zemmour.

    J’ai réagi comme vous et beaucoup d’autres à cette bien-pensance suiviste et ce lynchage médiatiques aussi liberticides que peuvent l’être les politiques de Nicolas Sarkozy que le même landerneau s’applique à dénoncer. “C’est de droite, donc c’est super de gauche et “citoyen” de le dénoncer” ! Sans se soucier de la confusion et de l’incohérence dans lesquels ces discours d’une approximation méprisable peuvent jeter l’ensemble de la société, à force de se répéter.

    Pour ma part, j’essaie d’argumenter sur la base de mes restes de culture universitaire, de mon bon sens républicain et de mes convictions socialistes profondes.

    Alors tomber sur une page, si bien écrite parce que précise et nourrie de lectures maîtrisées et approfondies, et si incisive parce que soutenue par une réflexion cartésienne, c’est tomber sur une rare pépite d’or.

    Merci à vous.
    http://www.lepost.fr/article/2008/12/07/1349635_qu-on-laisse-la-justice-s-occuper-de-zemmour_1_0_1.html

  • 11 December 2008 à 19h06

    Péher dit

    François Miclo doit être sanctionné. Il emploie le concentré “MRAP” en pensant qu’on ne cherchera pas à savoir vraiment de quelle association il veut parler. Mais j’ai rassemblé douze amis lecteurs de Causeur et nous avons fini par deviner qu’il faisait perfidement allusion à l’ancien Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples, lequel a évidemment cessé d’exister depuis la disparition des races, sans lesquelles le racisme ne saurait exister (à l’exception bien sûr des quelques cas manifestement bien nommés, et pour cela reconnus pas l’Académie et dont l’évocation est autorisée par la Loi, tels que les racismes anti-religieux, anti-homosexuels, anti-femmes, anti-jeunes, anti-vieux, anti-gros…)

    François Miclo nous prend pour des demeurés vivant toujours au temps de Jules Ferry et Georges Clémenceau, mais nous savons parfaitement, comme lui qui feint de l’ignorer, que le Mouvement de Mouloud Aounit s’appelle désormais le MPAP (Mouvement contre la Phénotypophobie et pour l’Amitié entre les Peuples).

    La direction de Causeur devrait pour le moins désavouer son collaborateur, comme le font courageusement les directions du Figaro ou d’Arte lorsque des nazis se permettent d’aussi nauséabondes substitutions de termes dans les pages du journal ou dans les émissions de la chaîne.

  • 10 December 2008 à 17h20

    François Miclo dit

    Cher JG, je maintiens mon “solipsisme” (encore que le “solécisme” colle parfaitement à celui qui a écrit la phrase en question)… Je pensais tout bêtement à la figure du sujet pensant chez Berkeley, qui pousse le nominalisme jusqu’à ses derniers retranchements : hors du mot énoncé pour désigner la réalité extérieure, il n’y a pas de réalité… Mais bon, c’est vrai que M. Aounit en successeur de Berkeley, ça le fait moyen, comme on dit…

  • 10 December 2008 à 16h56

    JG dit

    “Maniant le solipsisme avec une rare dextérité” : euh, M. Miclo, admirable par ailleurs, voulait sans doute dire “solécisme”, non ?

  • 9 December 2008 à 20h44

    Willy Langdepüt dit

    Mais Armagedon, vous ne répondez toujours pas à la question, sauf à me dire que vous ne connaissez pas ces gens (pourtant tous très connus).

    Soyons logiques un moment.

    Eric Zemmour nous explique que tous les hommes et les femmes ont une race. Je trouve donc tout à fait pertinent de désigner quelques personnes et de demander à Eric Zemmour de quelle race, selon lui, elles sont.

    Or dans les exemples que je donne, il est quasi certain qu’il ne parviendra pas à répondre, sauf à faire des entrechats et autres circonvolutions comme les vôtres.

    Je vous propose d’appliquer vos fameux critères américains aux individus que j’ai cités. Inscrivez les noms des personnes que j’ai citées (si vous ne les connaissez pas, renseignez-vous, Internet c’est fait pour ça), et en face de chaque nom, inscrivez la race à laquelle il appartient, selon vous. Question simple appliquée à une proposition simple de monsieur Zemmour.

    Nous verrons selon toute vraisemblance que ces individus n’ont pas de race définie, même avec vos “critères”.

    Donc s’il existe des humains n’ayant pas de race définie, que vaut la notion de race?

    Par ailleurs, je parle de mon entourage personnel non pas pour m’en vanter (je ne vois pas de raison particulière de me vanter de nos origines, dont nous ne sommes nullement responsables), mais parce que c’est le cas que je connais le mieux et qu’il est, en l’occurence, parfaitement représentatif de la problématique (et encore je vous ai épargné les métissages martinico-vietnamien dû au passage de l’oncle antillais dans la guerre en Indochine, et le fait que ma compagne est née dans l’océan pacifique). Mes gosses ont des origines proches à moins de 4 générations sur 3 continents différents: Afrique sub-saharienne, Europe (Allemagne, Écosse, Flandre), et Amérique du sud / Caraïbes: voulez-vous leur appliquer vos fameux critères? Si vous les croisiez dans la rue, vous seriez bien embêtés pour conclure quoi que ce soit à leur sujet (même eux n’ont pas réussi !)…

    J’ai un autre exemple pour vous: un de mes bons copains est de mère afro-antillaise (noire) et de père indien bengali (ce qu’à une époque ils appelaient les coulis, aux Antilles): c’est un métissage très courant en Martinique et en Guadeloupe. Sa femme est une blonde bordelaise aux origines polonaises… Ils ont eu ensemble 4 enfants: que disent vos critères? De quelle race sont-ils? Africains, Indiens, Caucasiens?

    Il n’y a aucune idéologie dans mon propos, juste du vécu, une interrogation logique et évidente.

    En revanche il y a beaucoup d’idéologie chez Eric Zemmour (que par ailleurs j’ai souvent surpris à exprimer des idées très pertinentes, mais pas sur ce sujet-là).

    Pour prolonger un peu sur des cas connus de moi (désolé pour le côté désordonné de cette réponse): j’ai évoqué plus haut le grand oncle antillais et noir qui a fait la guerre en Indochine et y a eu une relation avec une jeune vietnamienne. Celle-ci n’ayant pas voulu reconnaître l’enfant, il a ramené la fillette encore bébé aux Antilles après la guerre, et l’a élevée. Je l’ai rencontrée, adulte. La première fois que je l’ai vue, je l’ai prise pour une tahitienne, car c’est à cela qu’elle ressemble. Vous seriez parfaitement incapable de lui appliquer le moindre de vos critères…

  • 9 December 2008 à 15h49

    Nanaki dit

    @Willy Langdepüt: pour vous on est forcément noir ou blanc? Enfin, en ce qui me concerne, on ne qualifie pas une race de chien en fonction de la couleur de son pelage, mais en regardant l’ensemble de ses caractères physiques. Ainsi, pour moi, il est vain de se demander à quelle race vous appartenez en se basant seulement sur des nationalités. Ce n’est pas parce que les africains sont en majorité noirs de peau que tout les africains appartiennent à la race des “noirs de peau”. Alors que vous soyez de dix nationalités ou pas, mais ça n’intervient pas en considération. D’ailleurs, les races ne sont que des descriptions approximatives de l’apparence d’une personne. Cessez vos gamineries vous ne referez pas la science tout seul…

  • 9 December 2008 à 12h07

    Armagedon dit

    @Willy Langdepüt, vous ne lisez pas ce que j’ai écrit, tout obsédé que vous êtes par votre démonstration idéologique, et l’étalage de votre arbre généalogique.
    Je ne connais pas le quart des personnes que vous avez décrites : aux USA il y a des critères raciaux d’appartenance ethnique . En dessous d’un certain degré d’ancêtres vous êtes dedans, en dessus vous êtes dehors.
    Aux USA toujours, la police a établi une classification sur le type racial, qui devrait d’ailleurs un jour arriver en France. Et cela ne date pas d’il y a 100 ans. Demandez-leur, chacune appartient à un type bien précis.
    Le CRAN représentent les noirs, je doute que Shumacher puisse y adhérer, même si son arrière arrière grand-mère est jamaïcaine. En Afrique du Sud et dans les anciennes colonies européennes d’Amérique, on avait même créé la catégorie de “mulâtre”, qui variait d’ailleurs d’une région à l’autre.
    Je n’ai jamais écrit qu’Obama était noir, vous avez mal lu. Je ne m’y risquerais pas, il y a des tribunaux qui veillent. J’ai juste écrit que “Obama est considéré comme noir, ce sont les médias français qui le disent, ainsi que Puff Daddy dans la vidéo de promotion de son dernier parfum”. À moins que vous considériez le noir (ou le blanc?) Puff Daddy comme ne sachant pas de quoi il parle.
    Vous écrivez “je peux dire de manière symétrique et logique qu’il est blanc” : Montagne de sophisme. Puisque la réalité est notre reine à tous, faites un test autour de vous : dites à certains : “le nouveau président est encore un blanc”, et à d’autres : “le nouveau président est un noir”. Vous verrez les réactions et vous aurez la réponse à toutes vos questions. Merci qui ?
    Maintenant, la race ne désigne que des caractéristiques physiques dont je me tape éperdument. Cependant certains veulent leur attribuer des caractéristiques culturelles (par ex MCM-Music black, le black power ou le KKK), et je n’y peux rien.

  • 9 December 2008 à 8h08

    Willy Langdepüt dit

    Armagedon
    vous voyez bien que vous ne parvenez pas à répondre simplement à la question pourtant simple: de quelle “race” sont les individus que j’ai cités? (puisqu’il parait que chacun d’entre nous appartenons à une “race”)?

    Voyez KT Tunstall (qui n’est pas américaine, mais écossaise avec une mère d’origine chinoise): de quelle race est-elle? Blanche? Chinoise? Celtique?

    Et Barack Obama: vous me dites qu’il est noir; je peux dire de manière symétrique et logique qu’il est blanc, puisque seul son père est noir africain: sa mère, elle, est blanche.

    Vous voyez bien sur deux individus que c’est complètement con, cette notion de race…

    Ma compagne est métisse, de père antillais et de mère allemande, lui même ayant des origines à la fois africaines et amérindiennes… De quelle race est-elle? Vous allez me dire: elle est “noire”… Elle est pourtant moins noire que certaines métropolitaines après leurs vacances sur la côte d’azur. Alors quoi?

    Le jeu est simple, Armagedon: prenez les personnes que j’ai citées, et en face de leurs noms écrivez la “race” à laquelle elles appartiennent.

    J’ai posé cette question simple à mes fils, sachant que j’ai moi même des origines écossaises, flamandes et un peu espagnoles. Ils n’ont pas su répondre à la question sur la race, mais tous les deux m’ont répondu par leur culture en m’expliquant qu’ils sont européens.

  • 9 December 2008 à 6h14

    Ludovic Lefebvre dit

    Le dictionnaire de l’an prochain est-il aussi déjà tari ?

  • 9 December 2008 à 6h12

    Ludovic Lefebvre dit

    J’ignore si c’est de l’ironie ou non, mais il fallait oser la faire celle-là :

    “Bien évidemment, Eric cite des sources depuis longtemps taries (Dictionnaire et Déclaration des droits de l’homme) en comparaison aux dernières données scientifiques sur le Génome humain.”

  • 8 December 2008 à 21h56

    Armagedon dit

    @ Willy Langdepüt. Pour répondre à la question de comment classer Barack Obama, Alexandre Dumas, Bob Marley, Ben Harper, Neil Young, Lenny Kravitz, Sade, KT Tunstall, Keanu Reeves, Yul Brynner, Tiger Woods, et Bruce Lee, il y a les critères d’appartenance à une minorité aux USA, ou, toujours aux USA la classification des individus par type physique. Obama est considéré comme noir, ce sont les médias français qui le disent, ainsi que Puff Daddy dans la vidéo de promotion de son dernier parfum : vous habitez au milieu du Sahel sans aucuns médias à votre disposition. Qui plus est, si le nouveau président noir américain est, paradoxe, un métis, ce qu’il est issu de deux races différentes. Et si notre président ne cesse de parler de diversité, c’est qu’elle existe. Vous me faites penser à ce sketch d’Anthony Kavanagh. Ni l’hypocrisie ni la bien-pensance ne se mangent en salade.

  • 8 December 2008 à 19h53

    Willy Langdepüt dit

    Merci JKB, d’avoir lu (et surtout compris) exactement ce que j’ai écrit.
    Levy Strauss a utilisé les mots de son temps, voila tout… Mais le problème c’est que Zemmour utilise le vocabulaire du temps de Levy Strauss…

    Comment répondriez vous aux questions que j’aimerais poser à Zemmour, vous?

  • 8 December 2008 à 12h56

    JKB dit

    Gwendan : “Autrement dit Levy-Strauss est totalement d’actualité quand il s’agit de l’utiliser CONTRE Zemmour,mais dépassé quand on l’invoque en sa faveur.”

    Moi je ne lis pas qu’il est “dépassé”, je lis qu’il a “100 ans” et donc je comprends que le vocabulaire qu’il emploie est celui de son époque, mais les idées qu’il exprime peuvent être tout à fait valables à l’heure actuelle.

    Et tu aurais tort de voir les “antiracistes” comme une sorte de race homogène et ennemie. Si tu considères certains d’eux comme des racistes à rebours et que cela te déplaît fortement, alors peut être y a-t-il de l’antiraciste (du vrai) en toi.