Fleur Pellerin, la France et le goujat | Causeur

Fleur Pellerin, la France et le goujat

La nouvelle fable politique de François de La Fontaine

Auteur

Régis de Castelnau

Régis de Castelnau
est avocat.

Publié le 12 février 2016 / Politique

Mots-clés : , ,

Quelle que soit l'opinion que l'on peut avoir de son action au ministère de la Culture, on peut considérer que la manière dont a été remerciée Fleur Pellerin manque de classe. Mais, en retour, elle a su en faire preuve pour deux.

François Hollande et Fleur Pellerin, en juin 2014 (Photo : SIPA.00685768_000016)

Fleur Pellerin, ministre de la Culture, vient d’être congédiée à l’occasion de la pantalonnade politique qualifiée abusivement de remaniement ministériel. Prévenue de son infortune de façon lapidaire quelques minutes avant l’annonce officielle, elle a quand même eu droit, paraît-il à un coup de téléphone du président de la République après. Pour lui dire élégamment que le gouvernement avait besoin de quelqu’un « de politique ».

La vie politique justement peut être dure, mais ce président-là n’est pas obligé de se comporter à chaque fois comme un pignouf. Les gazettes nous disent qu’aimant ce poste et soucieuse de poursuivre la tâche qu’elle avait entreprise, elle n’a pas très bien pris la chose.

Fleur Pellerin fut beaucoup moquée pour avoir avoué ne pas avoir lu Patrick Modiano récent prix Nobel de littérature. Étant dans la même situation, je n’ai rien dit. Et je n’avais pas d’opinion arrêtée sur la personne et sur son action m’y étant peu intéressé. Même si ce qu’elle vient de subir peut la rendre instantanément sympathique. En revanche, son histoire personnelle est assez extraordinaire.

La multiplication des bourdes, impolitesses et autres goujateries de François Hollande finit par être un peu humiliante pour les Français. Heureusement il se trouve des gens pour lui donner de temps en temps des petites leçons qui font plaisir. Fleur Pellerin vient de le faire, toute d’élégance, de sincérité et de fidélité à l’occasion de son discours de départ de la rue de Valois :

« Il y a peu de pays au monde où une enfant trouvée dans les rues d’un bidonville, d’un pays en développement, et adoptée par une famille modeste, dont la généalogie est faite d’ouvriers, de domestiques, puisse un jour se retrouver ministre de la Culture. J’ai une gratitude immense, indicible pour Manuel Valls d’avoir proposé mon nom au président de la République en août 2014. Je tiens à lui dire ma reconnaissance et ma fidélité ».

Merci Madame pour ce rappel et cet hommage à notre patrie commune. Les occasions d’en être fier ne sont pas si fréquentes en ce moment.

  • Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !

    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 17 Février 2016 à 14h53

      Pihoui dit

      Profiter de la bonne soupe républicaine et cracher dedans ensuite…non, Madame Pellerin n’est pas à plaindre, même si Monsieur Hollande a , une fois de plus, fait preuve d’une goujaterie sans limites. Accepter de devenir ministre c’est accepter l’éphémère ou avoir attrapé une trop grosse tête.

    • 16 Février 2016 à 12h09

      alain dit

      et si elle devait cette situation a la favorite de sa majesté le roi 

    • 16 Février 2016 à 10h49

      AZALAÏS dit

      … Et il n’est pas surprenant qu’un Jack Lang aussi ( ou plus ) désastreux qu’elle ait volé à son secours !!! 

    • 16 Février 2016 à 10h47

      floréal50 dit

      Bravo, Monsieur. Je ne crois pas que le fait de n’avoir rien lu de Modiano justifie une cote d’exclusion, même à une fonction aussi prestigieuse que le ” ministère” de la culture. On aurait bien du mal à recenser les lacunes culturelles de nos dirigeants, s’il fallait en passer par ce genre d’examen pour s’assurer de leurs compétences. Voyez-vous, je pense comme R.de Castelnau que ce qui compte c’est l’élévation de l’esprit capable d’inspirer une politique du beau sous toutes ses formes. Avec Fleur Pellerin, la France honorait ses valeurs et son histoire en même temps. La dégradation d’une Ministre qui a fait ce qu’elle a pu avec les outils qu’on lui a donnés relève de la politique politicienne la plus abjecte qu’on puisse concevoir, celle qui passe par le mépris de la justice en écrasant les plus fragiles. J’ajouterai que les médias ont trop souvent joué la carte facile et démagogique de la moquerie, ce qui a conforté Mr Hollande dans ses méthodes cavalières.
      Au-delà de toutes les considérations partisanes, le quinquennat de Mr Hollande apparaît ici dans sa splendide petitesse de coeur et d’esprit.  

    • 16 Février 2016 à 10h41

      AZALAÏS dit

      Et si elle avait raison de remercier le gouvernement Hollande de l’avoir nommée à une fonction pour laquelle elle n’avait aucune compétence ? Vous me direz ,elle n’est pas la seule ! D’autres sont restés ( l’éducation par exemple ) … 
       Je ne pleure pas sur le sort de Madame Pellerin … Peu m’importe de la révérence qu’on lui a faite ou pas à sa sortie . Je pense surtout à la politique qu’elle a menée durant son mandat ; son absence devrais-je dire . 
      Monsieur de Castelnau   libre à vous de porter les couleurs de la Dame cependant , dans le même temps vous oubliez quelle responsabilité engage un ministre . Or il se trouve qu’il y a peu de temps encore Madame Pellerin ” cherchait des idées ” pour être efficace . Que cela vous plaise ou non je pense que son sort est plus enviable que celui d’un grand nombre de personnes qui oeuvrent présentement pour une Culture qu’il est urgent de restaurer ! 

    • 16 Février 2016 à 9h41

      Tonio dit

      la photographie est explicite, Hollande pense, car on dit aussi qu’il pense, exactement ceci: “Une de perdue, dix de retrouvées.”

      Mais en vous lisant une question me poignait: qui peut bien être ami de Hollande ? 

    • 15 Février 2016 à 21h28

      IMHO dit

      Il faut avouer qu’il est spécial, ce zigue.
      Je viens de le voir, dans un reportage de Cash Investigation, en visite en Azerbaïdjan, on lui montre le chantier du Lycée Français en construction, il se tourne vers Nadia Vallaud-Belkacem, Flor Pellerin et Geneviève Fioraso qui l’accompagnent, et il leur dit “beau lycée,hein les filles!”.
      Je ne sais ce que vous en pensez, on peut trouver ça gentil,
      mais moi ça me choque .
      Aurait-il dit “beau lycée,hein les gars!” si c’étaient trois hommes qui s’étaient trouvés là ?
      Vous me direz que les hommes auraient été plus âgés et moins agréables à regarder que les trois femmes, mais est-ce une raison pour être débraillé en public?
      On croirait qu’il leur met la main au cul à l’occasion !
      C’est très tendance après tout . 

    • 15 Février 2016 à 18h40

      Caillaux dit

      Attitude qui cadre parfaitement avec la remarque de Trierweiler sur les “sans dents”.

    • 15 Février 2016 à 18h37

      cachalotm dit

      Un seul mot: BRAVO!

    • 15 Février 2016 à 17h47

      curnonsteen dit

      Je réponds donc à ABBM : ce que j’écris est limpide et ne me semble pas nécessiter d’explications.J’ai donc peur que ce soir,quand vous vous coucherez …
      PS : n’est pas Diogène de Sinope qui veut !