Suivre Causeur :     

Pédophilie : du crime au tabou

Quels liens avec l’homosexualité ?

Publié le 26 avril 2010 à 5:12 dans Société

Mots-clés : ,

Rubens, Le Rapt de Ganymède.

J’ai passé mon dimanche à chercher des mouchoirs. Pas de vulgaires kleenex, mais des mouchoirs en soie. Quand on est maire de Paris, on n’essuie pas ses larmes dans n’importe quoi et c’est à Bertrand Delanoë que je voulais envoyer un petit paquet enrubanné, afin que, le moment venu, il ait de quoi sécher ses pleurs. Car, le moment viendra, comme il vient pour tout homme, où il plaira à Dieu de rappeler à lui le cardinal Bertone et, ce moment-là, Bertrand Delanoë aura beaucoup de chagrin. Peut-être sera-t-il même inconsolable.

Certes, il y a deux semaines encore, le maire de Paris trouvait “choquants” les propos de ce cardinal qui associait dans une même phrase homosexualité et pédophilie : “De telles prises de position, écrivait le premier magistrat parisien dans le plus indigné des communiqués, sont d’autant plus dangereuses qu’elles stigmatisent délibérément une identité et portent ainsi atteinte au respect de la diversité et de la liberté individuelle.”

Or, depuis – il faut dire qu’une semaine entière a passé, l’éternité quoi ! –, Bertrand Delanoë a changé, puisqu’il salue, dans le plus ému des communiqués, la mémoire de Jean Le Bitoux, grande figure des combats homosexuels français et fondateur de Gai pied, disparu le 21 avril.

Quel rapport entre Jean Le Bitoux et Tarcisio Bertone ? Aucun, évidemment. Enfin, si. Les deux établissent, à leur manière, un lien entre homosexualité et pédophilie. Le premier, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le fait le 12 avril dernier au détour d’une conférence de presse donnée au Chili. Il ose affirmer qu’on lui a rapporté que certains spécialistes lient homosexualité et pédophilie : levée générale de boucliers. Quant au second, Jean Le Bitoux, ses manières sont un peu plus rudes. Il y a quelques années, il affirmait qu’homosexualité et pédophilie avaient partie liée, sans s’attirer autre chose à sa mort que la “gratitude” du maire de Paris pour son “courage militant”. Allez y comprendre quelque chose.

Dans un court entretien donné au magazine gay Illico en mars 2001, Jean Le Bitoux revenait sur l’histoire du mouvement militant homosexuel : “En France, l’homosexualité vient d’une culture pédophile avec André Gide. En 1968, il existait même un comité d’action pédérastique révolutionnaire. Dans le discours du GLH à partir de 1975, il y a tout un héritage du FHAR notamment sur la question pédophile. À l’époque, il s’agissait de libérer son corps, libérer ses fantasmes. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque-là la majorité est à 21 ans, ce qui est bien tard. Dans les années 1970, tout est à libérer y compris l’enfant qui est corseté comme la femme, comme l’homosexuel. Aujourd’hui, on ne parle plus du tout du même enfant. L’enfant des années 1970 était l’esclave d’une vieille civilisation, l’enfant d’aujourd’hui est extrêmement sacralisé.” Il poursuivait : “Tony Duvert tenait une rubrique dans Gai Pied où il affirmait : la question pédophile existe et certains gays sont pédophobes et ils considèrent que l’émancipation des homosexuels se fera sur le dos des pédophiles. On a inventé un homosexuel qui laisse de côté la question pédophile.”

Contrairement à beaucoup de sa génération (dont Bertrand Delanoë), Jean Le Bitoux n’avait pas la mémoire qui flanche. Il se souvenait même très bien des positions de Guy Hocquenghem, de René Schérer ou encore de Michel Foucault.

Dans les années 1970, tous plaident pour une reconnaissance des sexualités que l’on n’appelle pas encore “minoritaires”, mais “périphériques”. Et loin de se contenter d’être des militants LBGT (lesbien, bisexuel, gay, trans), ils sont des militants LGBTP. Ils incluent le “P” de la pédophilie dans leurs revendications. Militants homosexuels et pédophiles deviennent compagnons de route et font front commun contre l’“ordre bourgeois” qui tient les “sexualités périphériques” pour des pathologies, des déviances, quand ce n’est pas pour des crimes.

C’est notamment le cas de Michel Foucault au tournant des années 1980 qui défend la pédophilie ou, plutôt, qui refuse qu’on l’enferme dans une monstrueuse figure psychiatrisée : l’auteur de L’Histoire de la sexualité dénonce ce qu’il pressent advenir – et qui adviendra pour connaître son paroxysme à Outreau – : la sacralisation de l’enfant innocent et la condamnation a priori de l’adulte. L’un et l’autre victime et criminel par nature : bourreau, fais ton office ! Cependant, que faire du désir sexuel de l’enfant ? Car pour Foucault, Hocquenghem ou Schérer, l’enfant n’est pas que pure candeur : il est aussi un être sexuellement désirant. Et désirable.

Dans ces années-là, la question de la sexualité de l’enfant n’est pas un tabou. L’intelligentsia française envoie, par exemple, en 1977 une pétition au Parlement réclamant la suppression de la majorité sexuelle et la dépénalisation des actes sexuels avec les moins de 15 ans. Dans les mêmes années, Libération publie des annonces de lecteurs cherchant des partenaires de 12 à 18 ans. Quant à Daniel Cohn-Bendit, il écrit avoir eu des jeux à caractère sexuel avec des enfants et s’en vante même sur le plateau d’Apostrophe, sans d’ailleurs que les gendarmes ne l’attendent à la sortie de l’émission pour lui passer les bracelets.

C’est que la pédophilie n’a pas la connotation nécessairement criminelle qu’elle a aujourd’hui. Le pédophile a encore, si l’on peut dire, des humanités : il s’idéalise en continuateur de l’antique pédéraste, en éraste qui ne serait fait que pour apprendre la vie à un éromène, en pédagogue qui aimerait les enfants. “Alcibiade, monte donc sur les genoux de Socrate, il va te faire réviser ta philo.”

Puis, le chemin des militants homosexuels et pédophiles se sépare. Cela se produit, selon Jean Le Bitoux, en 1982, avec l’affaire du Coral. Une dénonciation calomnieuse à propos de jeunes ados violés, des personnalités impliquées, un grand scandale médiatique : c’est une affaire d’Outreau avant l’heure – mais sans l’empressement de l’instruction à embastiller la terre entière.

Seulement, le “mal” est fait : les militants homosexuels ont obtenu, en août 1982, la dépénalisation de l’homosexualité et ils ont désormais autre chose à faire que de s’occuper de leurs anciens compagnons de route, d’autant plus qu’ils sont devenus, avec cette sale affaire du Coral, passablement encombrants. Et Jean Le Bitoux de conclure de façon cinglante : “Aujourd’hui, je pense que les pédophiles sont toujours les boucs émissaires des homosexuels. Le débat n’est plus du côté d’un espace de liberté que les pédophiles n’ont toujours pas, mais du côté de la jeunesse des homosexuels.”

Mince alors ! Tarcisio Bertone a dû lire Jean Le Bitoux, qui ose le plus odieux des amalgames et établit une relation entre pédophilie et homosexualité.

Qu’a-t-il dit, au fait, de si scandaleux, le cardinal ? “Nombre de psychologues, de psychiatres ont démontré qu’il n’y avait pas de relation entre célibat et pédophilie mais beaucoup d’autres ont démontré, et m’ont dit récemment, qu’il y avait une relation entre homosexualité et pédophilie.” Voilà ce qu’a déclaré Bertone, répondant à une question posée lors d’une conférence de presse au Chili.

À moins de confier à Robert Faurisson la réécriture de l’histoire du mouvement homosexuel en France depuis André Gide jusqu’aux années 1980 et de brûler à Paris-Plage l’œuvre de Michel Foucault, la vérité nous oblige à donner raison à Tarcisio Bertone : la relation entre homosexualité et pédophilie a été posée, depuis fort longtemps, par des intellectuels qui n’étaient ni des “fascistes” ni des “réactionnaires”, mais des militants et des théoriciens de l’homosexualité, les tenants d’une avant-garde luttant contre ce qu’ils appelaient la “vieille morale bourgeoise” et une société qui surveille et punit.

Seulement, le mot pédophilie ne peut plus être prononcé sans emporter avec lui tout sens critique. Il vaut condamnation immédiate à celui qui en est suspecté, comme à celui, d’ailleurs, qui oserait interroger et remettre en cause ses présupposés. Surtout ne pas se demander s’il n’existerait pas une légère différence entre un violeur d’enfants et un amateur de beautés adolescentes : non ! à défaut de la tête, on leur coupera indistinctement les couilles. Ne pas se demander non plus ce qu’est la pédophilie, mais enfermer le mot et son indétermination sous le masque monstrueux et infrangible du pédophile, nouvel ogre de la fable contemporaine. La pédophilie n’est plus seulement un crime. Elle est un tabou, la camera oscura d’une sexualité qui s’estime désormais affranchie de toute histoire.


Acheter chez Amazon.fr

envoyer par email autre réseau social

A lire aussi

La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés

302

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 

Nos offres

  • 1 May 2010 à 19h40

    guyot dit

    Excellentes remarques de Célavie. Distingons bien l attirance sexuelle de l acte sexuel. Si je suis attiré par une femme adulte, ce que tout le monde trouvera normal, je ne peux pourtant pas avoir une relation sexuelle sans son consentement. N oublions pas que la loi ne punit pas la pédophilie en elle même, mais le viol qui peut en découler. On se contente aujourd hui de sanctionner le viol ou l atteinte sexuelle, mais il n existe pas semble t il de prévention, sinon pour ceux qui ont déja sévi.

  • 1 May 2010 à 17h12

    celavie dit

    la sexualité concerne les comportements, mais aussi les désirs, la subjectivité. Et de ce point de vue on ne choisit pas sa sexualité. Avez-vous choisi d’être hétéro, homo,bi, pédo ? La soi-disant “liberté sexuelle” s’applique aux comportements et non au désir, et effectivement certains comportements demeurent heureusement interdits. Mais on ne peut reprocher à quelqu’un de ressentir des émotions qu’il n’a pas choisies, de même qu’il n’a pas choisi la couleur des ses yeux ou de sa peau. Que ce désir soit inné ou acquis n’a finalement que peu d’importance, du moment que dans les deux cas on ne peut convertir un pédophile à la sexualité adulte, ou l’inverse d’ailleurs.
    En revanche on peut choisir son comportement, et là, la responsabilité est totale. Encore faudrait-il que celui-qui veut résister à la tentation puisse confesser ses désirs et obtenir une aide morale, avec rappel des interdits.
    Si vous visiter le site de l’ange bleu, vous trouverez de nombreux témoignages de pédophiles désireux de changer, non pas de désir, mais de comportement pour s’empêcher de passer à l’acte, et beaucoup y parviennent. Lewis Caroll était pédophile, mais n’a jamais violé de fillette.

  • 1 May 2010 à 15h38

    Minos dit

    celavie dit :
    30 avril 2010 à 21:42
    ok ok on a définit la pédophilie et la pédérastie versus l’homosexualité. Mais maintenant que propose t-on à l’ado qui se découvre pédophile et qui n’envisage pas la carrière de prédateur?

    Qui vous dit que l’individu en question ait envie de se faire “aider”?
    Ce que vous dites me semble très dangereux. On ne choisit pas sa sexualité? Contraindre un enfant de 5 ans à des rapports sexuels ne s’appelle pas de la sexualité mais un viol pur et simple. La sexualité implique que les deux partis soient d’accord.

  • 1 May 2010 à 14h13

    celavie dit

    @sophie
    certes. Et il est possible que bon nombre de pédophiles soient en fait abstinents. C’est peut-être même paradoxalement un des rares cas où la question de la morale sexuelle peut réconcilier athées et croyants.
    il s’agit de combattre la pédophilie, pas les pédophiles.

  • 1 May 2010 à 13h34

    Sophie dit

    Peut-être qu’on ne choisit pas sa sexualité.

    Mais on choisit le passage à l’acte!

  • 30 April 2010 à 21h42

    celavie dit

    ok ok on a définit la pédophilie et la pédérastie versus l’homosexualité. Mais maintenant que propose t-on à l’ado qui se découvre pédophile et qui n’envisage pas la carrière de prédateur? Avec le climat de délation généralisé actuel, à qui ira t-il se confier ? Je rappellerais qu’on ne choisit pas sa sexualité et qu’il est difficile de réclamer auprès du très-haut, auteur de la bourde. Et si les acteurs des années 70 s’en lavent les mains en plus…
    peut-être une adresse:http://www.ange-bleu.com/

  • 30 April 2010 à 14h07

    Sophie dit

    Ca y est!

    Vous m’avez donnée une de ces envies de panse de brebis farcie! Avec wisky (y a un h quelque part mais je sais plus où), crème et oignons émincés.

    Qui à une panse de brebis lavée à me prêter?

  • 29 April 2010 à 21h00

    rackam dit

    Poseidon était le dieu de la mer, des tremblements de terre et d’autres lieux découvrant à marée basse. Doseikon, lui succède dignement, et je ne peux réprimer un certain tremblement quand il poste. Son clavier est un kalachnikov. L’abondance peut nuire gravement à la santé du lecteur. Merci pour le mille-feuilles à la crème de marrons truffée de gâteaux de riz enrobés de blanc-manger aux noix, servi en haggis.

  • 29 April 2010 à 18h27

    Sophie dit

    Tout à fait.

    Et cela parce que ce qui est sacralisé en occident, c’est le sentiment amoureux.

    Absent dans la pédophilie qui n’est que convoitise.

  • 29 April 2010 à 11h34

    Che dit

    “Je reviens au sujet dont Têtu nous fait dévier.”

    quel déviant ce têtu :-)

    “La société est devenue tolérante à l égard des relations prénuptiales ou du concubinage, plus ou moins tolérante à l égard de l homosexualité. A l inverse elle ne tolère pas du tout la pédophilie.”

    En effet espérons que têtu arrivera à le comprendre

  • 29 April 2010 à 7h40

    Dōseikon dit

    [17 & fin !]
    En résumé, je pourrais être bien plus exhaustif et détaillé sur les autres points que vous signalez (ou pas…), mais vous voyez la quantité de texte qui risque alors de remplir ce forum.
    Je n’ai jamais envisagé de dispenser des démonstrations absolument complètes (ce qui dépasserait d’ailleurs largement mes compétences) car, comme écrit précédemment, le lieu ne s’y prête pas.

  • 29 April 2010 à 7h39

    Dōseikon dit

    [16]
    « En la deriva en la que nos encontramos, ante la ofensiva laicista que se ha propuesto culminar en esta generación el proceso de descristianización de la sociedad comenzado hace dos siglos, es preciso que la Universidad católica ofrezca un ámbito de reflexión, pero también de acción.
    Cuando D. Angel Herrera se impuso el objetivo de creación de una universidad católica y surgió el embrión de la magnífica obra que hoy es el CEU, no aspiraba a fundar una universidad más, ni siquiera una universidad excelente más, sino que la insertaba en un proyecto aún más ambicioso de servicio a la Iglesia y de rearme moral e intelectual del catolicismo español.
    En ese proyecto no había ni puede haber disciplinas neutras, saberes blancos, torres de marfil, falsos dilemas entre profesionalidad y compromiso con los ideales que profesamos y dan sentido a las demás facetas de nuestra existencia. »

    ( http://www.uspceu.com/pages/conocenos/documents/Rector-DicursoAperturaCurso2009.pdf )

    Pour résumer rapidement : « face à l’offensive laïciste de déchristianisation, il ne peut y avoir de disciplines neutres, « savoirs blancs », tours d’ivoire, faux dilemmes entre professionalisme et l’engagement pour les idéaux que nous professons et qui donnent sens aux autres facettes de notre existence. »

  • 29 April 2010 à 7h37

    Dōseikon dit

    [15]
    Enfin, la défiance que j’ai exprimée à l’encontre des universités catholiques tient, là encore, à leur credo.

    Le directeur de l’université San Pablo qui emploie les sus-nommées déclare sans ambage :

    « El CEU, como obra de la Asociación Católica de Propagandistas, asume con fidelidad el carisma de su entidad fundadora y tiene como misión formar personas con vocación de servicio al Bien Común.
    La educación tiene una influencia decisiva en el porvenir de una sociedad. Y no hay educación integral del hombre sin el cultivo de la dimensión más profunda de su ser: el sentido de lo trascendente.
    En nuestros centros de enseñanza procuramos la formación humana y cristiana conforme a la doctrina de la Iglesia Católica para que los alumnos puedan afrontar, debidamente preparados, la realidad social que les toca vivir. Asimismo, nuestras Universidades son espacios de capacitación de los profesionales e investigadores del mañana, así como de transmisión de los valores del humanismo cristiano. »
    ( http://www.ceu.es/pages/direccion_CEU/home.htm )

    On peut dès lors légitimement s’interroger sur le dilemme qui, par exemple, étreint l’« universitaire » qui constate des faits qui ne sont pas conformes à la doctrine de l’Église catholique… Peut-on servir deux maîtres, la vérité scientifique et l’Église ?

    Et pour que les choses soient encore plus claires, le recteur de CEU-San Pablo a prononcé un discours d’inauguration lors de la rentrée universitaire 2009-2010 où l’on peut lire :

  • 29 April 2010 à 7h35

    Dōseikon dit

    [14]
    Certes on a vu des employés des Postes découvrir des théorèmes mathématiques stupéfiants, mais cela constitue l’exception, et vous aurez du mal à m’ôter de l’idée que, quand on occupe un poste universitaire et que l’on dirige des recherches, des études sanctionnées par des diplômes solides constituent une base minimale.
    Si je me permets de douter des compétences de ces trois-là c’est à cause des nombreuses erreurs qui ont été relevées et dénoncées dans leur méta-étude bâclée.
    Peut-on concevoir que des psychologues professionnels ignorent les fraudes et manipulations perpétrées par P. Cameron notamment, et qui lui ont valu les déboires que j’ai évoqué ailleurs ?
    Et s’ils ne sont pas ignorants de ces données falsifiées, pour quelle raison fondent-ils (entre autres) leur démonstration sur lesdits travaux ?
    Le fond de ma pensée — ma conviction donc — est que ces gens-là sont en « service commandé » pour faire échouer un changement politique qui n’est pas conforme à leur idéologie religieuse. Et c’est parce qu’ils connaissent la complète vacuité de leur démonstration qu’ils se gardent bien de la faire paraître dans une publication scientifique.
    Quant à ma citation du credo de hazteoir, elle est parfaitement justifiée par le fait que cette association n’a — ni de près ni de loin — de relation avec la science ou la neutralité en général ; allez fureter sur le site un quart d’heure, vous serez fixé quant à son statut de propagandiste.

  • 29 April 2010 à 7h34

    Dōseikon dit

    [13]
    @ fabien
    Une remarque globale ; l’espace qui nous est dévolu n’est pas adapté à des débats un peu détaillés ou techniques mais davantage, selon la probable volonté des créateurs de Causeur, au coup de gueule à l’emporte-pièce. La limitation des messages à 1 500 caractères oblige à la concision, voire à l’ellipse. Sans compter que la succession linéaire de tous les messages rend difficile le suivi d’un fil en particulier.

    Quand il m’est arrivé de trouver des liens intéressants, je les ai signalés pour m’éviter de faire des copiés-collés souvent longuets, et avec l’espoir que le lecteur intéressé prendrait l’initiative de « suivre la piste » proposée en complétant de lui-même les lacunes.
    Et c’est pourquoi certaines de mes assertions peuvent paraître injustifiées ou incomplètes.
    Un exemple : la désignation des auteurs de ¡No es igual! par le terme « universitaires » (avec guillemets, donc) tient au fait que le premier des trois (Pablo Romeu) est ingénieur en informatique, et employé de Hazteoir ; la seconde (Patricia Martínez Peroni) professeur de psychologie et/ou d’anthropologie à l’université catholique CEU-San Pablo de Madrid, détentrice d’une licence de psychologie et d’une maîtrise de philosophie. Pour la troisième (Fontana) elle est professeur de psychologie à la même université. J’ignore quels sont ses dipômes, mais j’espère qu’ils sont plus brillants que ceux de ses collègues. Hazteoir la présente comme spécialiste des thérapies familiales.

  • 28 April 2010 à 20h12

    Courouve dit

    @ AL de Lyon :

    Sigmund Freud ne vit jamais dans la “sexualité infantile” une justification de la pédophilie ; cela apparaît dès 1905 avec le premier des Trois essais sur la théorie de la sexualité (section I, B) ; la même année, il déclarait à un quotidien viennois que la pédophilie homosexuelle devait être poursuivie devant les tribunaux, mais dans les mêmes conditions que la pédophilie hétérosexuelle (Die Zeit, 27 octobre 1905, page 5) ; le seuil en Autriche était alors de quatorze ans (seuil du droit canon). Freud pensait qu’une activité sexuelle précoce diminuait l’éducabilité de l’enfant, et que la construction de la personnalité psychologique et sociale (acquisition du principe de réalité) nécessitait que la fonction sexuelle ne soit pas sollicitée précocement. Quant au freudo-marxiste Wilhelm Reich, il considérait l’homosexualité comme une sorte de satisfaction parallèle à la satisfaction hétérosexuelle et souhaitait qu’elle soit dénuée de toute sanction pénale, sauf précisément dans le cas de séduction d’enfants (Die Sexualität in Kulturkampf, 1936). C’est donc bien à tort que Daniel Cohn-Bendit avait invoqué ces deux auteurs pour justifier ses écrits de 1975 et ses propos à Apostrophes en 1982. 

  • 28 April 2010 à 18h23

    AL de Lyon dit

    Je me souviens du supplément Sandwich de Libération, auquel vous faites allusion, lancé et dirigé par Jean-Luc Hennig (mi 70′ début 80′), où on faisait cas, voire l’apologie, du SM, de la zoophilie, de l’inceste, de la pédophilie. Notamment d’un dessin sans équivoque, genre reproduction de photo, des Loulou & Kiki Picasso du collectif Bazooka (enfant taillant une pipe à son père avec une mention indiquant que c’était ainsi que devait se faire leur éducation). Cela avait provoqué des réactions de lecteurs très virulentes. “Quand Benoît parle des enfants, ses yeux sombres de pâtre grec s’embrasent de tendresse” (n° du 20 juin 1981; http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2022).

  • 28 April 2010 à 18h02

    Patrick Mandon dit

    Geoffroy 27 avril 2010 à 22:39
    «[…] à la lecture de ce torchon (je n’ai pas d’autres mots, encore une fois pardonnez-moi) les bras m’en tombent. Si vous ne voyez pas la manipulation derrière cette piteuse démonstration, si vous ne sentez pas au fond de vous l’affreuse intoxication, je ne vois rien à faire…».
    Vous n’avez pas d’autre mot, vraiment ? Cet article est fondamental ; il vous invite à contrarier l’une des (mauvaises) pensées de cette époque dépourvue d’esprit, il vous convie au repas fin de l’intelligence et de la clarification. Vous voulez demeurer à la table de la confusion et des ressentiments. Vous y êtes en nombreuse et stupide compagnie.
    Vous ne voulez pas voir que François Miclo vous incite seulement à discerner. Il y a plus qu’un code civil entre «un violeur d’enfants et un amateur de beautés adolescentes». Il y a la stupéfaction devant la grâce, il y a le regard à la dérobée, l’émerveillement rare, un bref instant de réconciliation avec un monde perdu, une ruade de l’émotion contre le désenchantement. Vous n’avez sans doute pas lu Mort à Venise. À ce propos, je me demande si, aujourd’hui, la censure morale, sous son déguisement économique, n’interdirait pas à Visconti de faire un film de cette brève et intense rencontre entre un artiste vieillissant et un adolescent aussi beau que le jour finissant sur la lagune…

  • 28 April 2010 à 16h12

    fabien dit

    @ Dōseikon (3)

    Enfin, je suis gêné de vous voir répéter que “les études commanditées par des organismes [...] religieux vont [...] dans le sens toujours opposé à celles que l’on trouve publiées dans des revues scientifiques rigoureuses“ sans prendre en considération les auteurs que je vous ai cité, et qui contrairement à Clowes ou Hazteoir.org ont travaillé directement pour les institutions de l’église catholique, et sans prendre en considération les auteurs cités par Clowes en p 3-4 de son étude et qui sont largement plus sérieux que lui. J’en suis aussi un peu étonné dans la mesure où vous avez pris la peine de creuser pour nous une de ces études, celle de Freund qui conclut, à propos de la plus grande corrélation entre homosexualité et pédophilie qu’entre hétérosexualité et pédophilie, ”research needs to continue in this direction.”

    D’un certain point de vue, c’est dommage pour vous : vous auriez eu la joie de lire sous la plume de Plante que ”high proportion of homosexual priests do not increase the risks of sexual abuse of minors by priests”.

  • 28 April 2010 à 16h11

    fabien dit

    @ Dōseikon (2)

    Lorsqu’on veut juger de la qualité de son étude il me semble ainsi beaucoup plus pertinent de noter la manière dont Clowes balaye d’un argument d’autorité la remarque de Margaret Smith sur la distinction entre acte homosexuel et personne homosexuelle que de gloser sur ses diplômes ou son attachement aux pro-avortements. En effet, dans le deuxième cas, c’est l’auteur de la critique qui se tire une balle dans le pied en faisant un paralogisme, alors que dans le premier, on met effectivement en lumière un élément qui fait perdre toute crédibilité à ladite étude, dans la mesure où cette distinction entre acte homosexuel et personne homosexuelle est le lieu de cristallisation des paradoxes sur le sujet, donc celui où la science peut et doit avancer.