La lauréate du Prix des Deux-Magots avait été repérée par Causeur
Publié le 30 janvier 2013 à 18:00 dans BrèvesCulture
Mots-clés : Paul Morand, Pauline Dreyfus, prix des Deux-Magots
Les critiques littéraires de Causeur ont le nez creux. Dès le mois de mai, l’excellent Thomas Morales, infatigable lecteur qui préfère Blondin au Nouveau Roman et Modiano aux laborantins fous de l’autofiction, attirait notre attention sur le passionnant roman de Pauline Dreyfus, Immortel, enfin (Grasset). Pauline Dreyfus y évoque la vie de Paul Morand, le plus célèbre globe-trotter de la littérature française, styliste salué par Proust dès ses premières nouvelles. Le choix de Pauline Dreyfus, plutôt que de jouer avec les clichés sur le cosmopolitisme dandy, est au contraire d’imaginer Morand vieillissant, à travers ses deux échecs successifs à l’Académie Française, à cause de l’opposition de De Gaulle qui ne lui avait pas pardonné d’avoir été ambassadeur sous Vichy. C’est seulement à sa troisième tentative, alors qu’il est octogénaire, que Morand réussit enfin à entrer sur la Coupole.
Immortel, enfin vient d’être couronné ce 29 janvier par le premier prix décerné en cette année 2013, celui des Deux-Magots. Joli clin d’œil, le prix des Deux-Magots fête cette année ses 80 ans, l’âge même où Morand put enfin entrer à l’Académie. Autre fait remarquable à signaler, le roman de Pauline Dreyfus a été élu à l’unanimité des 13 jurés du prix parmi lesquels on compte Eric Neuhoff ou Gille Lapouge, sous la présidence de Jean-Claude Caracalla.
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L'auteur
Jérôme Leroy est écrivain et rédacteur en chef culture de Causeur.
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5sycomore dit
De Gaulle aurait du mieux se renseigner… D’après certaines sources du Quai de l’époque, si Paul Morand a accepté d’être ambassadeur à Bucarest c’était non seulement parce que sa femme était roumaine mais aussi pour la cave à vins de l’ambassade. Ce qui le rend doublement sympathique.
Olyvier dit
La voix de Gilles Lapouge qui était autrefois producteur à F.Cult. me manque…
Patrick Mandon dit
Avec Maylis de Kerangal, prix Médicis 2010 pour Naissance d’un pont, Pauline Dreyfus est le deuxième écrivain « repéré » par Causeur.
Trop fort !
schaffausen dit
OUF.
De la littérature, enfin!
@Jérôme Leroy
Je crois savoir que vous êtes un lecteur de Paul Morand. Moi aussi et je me suis longtemps vu reprocher de le lire, ce qui faisait de moi un réactionnaire (au mieux), voire un antisémite (au pire).
Donc, bravo à Pauline Dreyfus de la part d’un “VCRAPNP” et merci à vous pour cet article.
Quentin albert dit
On respire un peu. Les débats sur le mariage pour tous rendent fou, vous avez bien raison. La prudence et son équilibre mental voudraient que l’on s’en tienne un peu éloigné pour un temps. Quand je pense qu’on accusait Sarko de diviser les français…
Enfin, so french…
Le prix des Deux Magots déçoit rarement, comme le prix Roger Nimier.
Un peu de légèreté et de désinvolture dans un monde de brutes.
Je m’y mets dès que j’aurai fini “Les fleurs bleues”.