“Je ne pleure pas sur le passé, je tremble pour l’avenir” | Causeur

“Je ne pleure pas sur le passé, je tremble pour l’avenir”

Entretien avec Patrick Buisson (2/2)

Auteur

La rédaction

Publié le 08 novembre 2016 / Politique

Mots-clés : , , ,

Dans les affaires où on l'a impliqué, Patrick Buisson clame en bloc son innocence. Le seul crime qu'il confesse volontiers, c'est d'avoir imposé l'identité nationale au coeur du débat politique.
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Patrick Buisson, par Hannah Assouline.

Retrouvez la première partie de l’entretien ici.

Propos recueillis par Daoud Boughezala, Élisabeth Lévy et Gil Mihaely

Le sarkozysme n’est pas uniquement une psychologie, mais aussi une politique. Dans votre livre, vous critiquez son échec sur l’immigration. À quoi l’attribuez-vous ?

À cette erreur fondatrice qui consiste à reproduire le schéma dominant qui veut que le critère de redistribution de l’argent public ne soit pas la condition mais l’origine : pas le revenu ou l’absence de revenu, mais l’appartenance ethnique. Ce qui revient en somme à remplacer, comme l’a fait la gauche, la question sociale par la question ethno–raciale. Dès 2008, j’ai proposé à Sarkozy de redéployer la politique de la ville en substituant au critère du « quartier » le critère unique de la concentration de la pauvreté calculée à partir du revenu par habitant, de manière à élargir la géographie prioritaire des aides aux zones périurbaines et aux petites villes non éligibles jusque-là à la corne d’abondance de la manne étatique. Cette politique ne relevait en rien de la préférence nationale. Elle initiait en revanche une rupture avec la politique de la préférence immigrée telle que la gauche et la droite l’avaient développée depuis plus de vingt ans. Elle réincorporait la France des gueux et des invisibles, la France des « natifs au carré », comme dit Michèle Tribalat, dans le périmètre des bénéficiaires de l’aide publique. Au mépris de toute justice, Sarkozy a préféré reconduire la politique de la ville sous l’impulsion de Fadela Amara et de… Carla Bruni ; les deux s’entendant sur ce point à merveille.

Mais arrêtez de faire porter le chapeau à Carla, c’est vous qui étiez au pouvoir !

Il ne vous a pas échappé, comme vous me le faisiez remarquer au début de notre entretien, que mon influence a très vite rencontré des limites. Adepte du multiculturalisme, l’épouse du président a relayé au sommet de l’État les exigences du lobby « immigrationniste ». Sarkozy est passé à côté d’une grande réforme qui consistait à rompre avec une injustice profonde qui, au regard de la France populaire, frappe d’illégitimité toutes les politiques publiques de redistribution. Aujourd’hui, on le sait, la critique de l’État providence est portée par les nouvelles classes pauvres, qui ont acquis la certitude d’être moins bien traitées en matière d’aides et d’investissements publics que les banlieues sensibles où se concentrent les immigrés. Dans un contexte de réduction de la dépense publique et d’accélération du processus de mobilité sociale descendante, une société qui se refuse à identifier les intérêts contradictoires ne se donne pas les moyens de procéder à des arbitrages transparents et équitables susceptibles d’être débattus devant tous les Français. Il y avait là une occasion historique pour la droite de s’emparer du totem de la justice sociale, longtemps confisqué par la gauche à son profit. Elle ne l’a pas voulu hier. Pas plus qu’elle ne le veut aujourd’hui si j’en juge par le mutisme de presque tous les candidats à la primaire de la droite sur la question de la redistribution, dont la centralité ne fait aucun doute dans l’électorat populaire et constitue l’humus du vote frontiste.

Pourquoi avez-vous échoué sur l’islam ?

[...]

  • causeur.#40.bd.couv

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    publié dans le Magazine Causeur n° 40 - Novembre 2016

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    • 9 Novembre 2016 à 20h14

      alghandy dit

      J’ai beaucoup aimé le livre de P. Buisson. Très bien écrit, il vaut surtout par son analyse très fine de notre société et des dangers qui nous guettent. A lire absolument.

    • 8 Novembre 2016 à 21h09

      Martini Henry dit

      Le livre de Buisson, au-delà des anecdotes sur Sarko qui sont les seules à avoir, bien entendu, retenu l’attention de nos médias pour débiles légers, est absolument remarquable et très bien écrit.
      C’est une excellente analyse politique. À lire avant d’ouvrir sa bouche comme tous les pitoyables moutons qui déposent leur fumier là où nos grotesques éminences pour nains leur enjoignent de le déposer…

    • 8 Novembre 2016 à 20h51

      Hannibal-lecteur dit

      Y a du bon dans quelques unes des réflexions de Buisson et curieusement pas tant de critiques que ça sur le Sarko. Ça serait plutôt la faute à Carla ? J’y crois mal.

    • 8 Novembre 2016 à 20h32

      disco dit

      En tout cas son livre est remarquable. Il faut dire “Monsieur” Buisson.

    • 8 Novembre 2016 à 18h46

      Sancho Pensum dit

      Ce mec est un grand malade. Quand on pense qu’il a joué le Raspoutine du Nain sectaire, on tremble pour Marianne.

    • 8 Novembre 2016 à 15h20

      Scarabas dit

      En plein débat sur l’identité nationale, les Sarkozy ont prénommé leur fille Giulia, ce que j’avais regretté dans un article sur le site de Renaud Camus. Maintenant je comprends, et cet évitement du prénom de forme française corrobore ce que dit PB sur l’influence “immigrationniste” de Carla.

      • 8 Novembre 2016 à 16h07

        L'Ours dit

        J’avais aussi regretté que la première fille née à l’Elysée ne fut pas prénommée “Marianne”. Mais le haut niveau de Sarko a préféré quelque chose du même acabit que “Kevin”.

        • 8 Novembre 2016 à 17h02

          kelenborn dit

          Bah arrêtez vs deux!! elle aurait pu s’appeler Cindy ou nabilla!

        • 8 Novembre 2016 à 17h35

          agatha dit

          :-)
          Kevin Erkeletyan va apprécier !

        • 8 Novembre 2016 à 18h51

          L'Ours dit

          Que les kevin me pardonnent…

      • 8 Novembre 2016 à 20h48

        Hannibal-lecteur dit

        Giulia, c’est joli et c’est européen, c’est de culture parfaitement française. L’Ours l’appeler Marianne lui aurait valu le reproche de nationaliste. Souchien amoureux ( déçu ) de l’Europe, j’aime bien Giulia.

    • 8 Novembre 2016 à 13h14

      Borgo dit

      À l’instant dans le journal de France-Culture Cohn-Bendit et sa suffisance vociférante traitant les journalistes qui l’interrogeaient comme des serpillières.
      Le plus fort c’est que l’une des journalistes était en extase…
      Putain! Sur le service public !…

      • 8 Novembre 2016 à 13h15

        Borgo dit

        Les virgules ont sauté…

    • 8 Novembre 2016 à 12h56

      Sadim dit

      Les malheurs de PB viennent de sa moue lippue et sans doute un peu postillonante de celui qui est reste longtemps incompris, ce qui rend la tache facile a nos journaleux de le faire passer pour un grand frustre et qui dit frustre dit quasiment pervers. Pas cherche plus loin les schemas psychologiques a deux balles (mais finalement qui ont fait leurs preuves) avec lesquels le parti des medias opere sa perfide transformation. Un penseur brillant qui doit etre ronge par le regret de s’etre accoquine avec cet escroc de sarko…

      • 8 Novembre 2016 à 17h05

        kelenborn dit

        Et…Sadimerde à Buisson et à sa moule qui pue…Ah non, là je confonds, c’est Golene

    • 8 Novembre 2016 à 12h22

      alain delon dit

      Michel Foucault en évêque c’est moyen

      • 8 Novembre 2016 à 17h07

        kelenborn dit

        Oui mais…Leroy en Burqa!!! Ahhahh faut pas tenter la Queen car elle en couine!

    • 8 Novembre 2016 à 12h06

      C. Canse dit

      Ce monsieur Buisson continue-t-il à conseiller quelqu’un ? Si oui, qui ?
      Ce monsieur Buisson n’a pas encore trouvé sa Galatée.

       Quant au documentaire des journalistes du Monde, j’y ai vu un panégyrique de Patrick Buisson, était-ce l’objectif ? 

    • 8 Novembre 2016 à 11h49

      Consolideur dit

      “Adepte du multiculturalisme, l’épouse du président a relayé au sommet de l’État les exigences du lobby « immigrationniste ». Sarkozy est passé à côté d’une grande réforme qui consistait à rompre avec une injustice profonde qui, au regard de la France populaire, frappe d’illégitimité toutes les politiques publiques de redistribution. Aujourd’hui, on le sait, la critique de l’État providence est portée par les nouvelles classes pauvres, qui ont acquis la certitude d’être moins bien traitées en matière d’aides et d’investissements publics que les banlieues sensibles où se concentrent les immigrés.” Carla Bruni a certainement un joué un rôle très néfaste dans la politique de son mari qui n’a pas su lui résister … Elle n’en aura pas l’occasion une deuxième fois !

    • 8 Novembre 2016 à 11h38

      Scarabas dit

      Lire un tel article sur Causeur, c’est comme aspirer jusqu’au fond de ses poumons l’air frais de la mer après la traversée d’une ville très polluée (métaphore possible de l’intoxication permanente par laquelle le “parti des médias”, comme l’appelle Brice Couturier, nous empoisonne).
      On découvre aussi Patrick Buisson, que beaucoup de gens avaient sans doute classé comme moi sans examen dans le tiroir “conseiller maléfique”, on découvre que c’est un homme de haute culture qui a une claire conscience des enjeux capitaux pour l’avenir de la France.

    • 8 Novembre 2016 à 11h28

      L'Ours dit

      Ouille! GM, vous avez écrit: “les auteurs” au lieu de “les auteures” et pourquoi pas “autrices, auteuses” ou que sais-je encore? Vous aimez vivre dangereusement.
      Pour être plus sérieux, PB aurait été plus audible s’il avait reconnu sa faute. Car là (et non Carla, je ne veux pas de problème) il donne surtout l’impression d’un ego surdimensionné. C’est dommage car sur ce qui est le plus dangereux pour la France, je le rejoins dans la quasi-totalité des cas.

      • 8 Novembre 2016 à 11h56

        steed59 dit

        en novlangue gauchiste on dit auteur-e-s, et gare à toi si tu oublies un tiret

      • 8 Novembre 2016 à 17h11

        kelenborn dit

        et non Carla, je ne veux pas de problème)

        Dis donc l’Ours!!! je t’ai donné une licence pour faire des jeux de mots à ma place!!Ce d’autant que pour être “auteure” faut être une bonne sauteuse! Et même Baupin sait que pour avoir une bonne autrice il faut une bonne sau…..

        • 8 Novembre 2016 à 19h35

          Lector dit

          tu accordes des licences sans avoir de brevet ?! Pfouarff.
          Non seulement vous galvaudez ce style en petits suivistes mais vous n’avez tjrs rien compris à la grammaire française qui connaît ces féminins depuis plus de deux siècles. Bref vos commentaires se font aussi débiles que ceux des néo-féministes. Idem du gros fat miroir de l’antifa. Quelle misère ! Allez, ciao les comiques ! Entraînez-vous bien, vous pourrez bientôt briguer une place chez Canaille+

        • 8 Novembre 2016 à 19h36

          Lector dit

          pff tu accordes des licences sans avoir de brevet ?! Pfouarff.
          Non seulement vous galvaudez ce style en petits suivistes mais vous n’avez tjrs rien compris à la grammaire française qui connaît ces féminins depuis plus de deux siècles. Bref vos commentaires se font aussi débiles que ceux des néo-féministes. Idem du gros fat miroir de l’antifa. Quelle misère ! Allez, ciao les comiques ! Entraînez-vous bien, vous pourrez bientôt briguer une place chez Canaille+

        • 8 Novembre 2016 à 19h54

          kelenborn dit

          Ah Lector!!!
          Il est fort probable que si tu faisais de l’humour ton gagne-pain, il y a longtemps que tu aurais été licencié!!! Tu es l’Hector aux pieds d’argile!

        • 8 Novembre 2016 à 20h01

          Lector dit

          et toi t’as gagné le prix con gourd !