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Pas de miracle au Proche-Orient

Après le discours d’Obama, la réponse des mollah à la bergère

Publié le 15 juin 2009 à 15:29 dans Monde

Les linguistes appellent cela un discours “performatif”, où le langage ne se contente pas de décrire une situation, mais est en lui-même un élément de modification de cette situation. En principe, tous les propos tenus par des détenteurs du pouvoir, à quelque niveau qu’ils se trouvent, sont réputés avoir un bon niveau de performativité. Ainsi, le speech de Marc Liévremont dans les vestiaires du stade de Dunedin, en Nouvelle-Zélande, avant le match contre les All Blacks, n’a pas été pour rien dans la victoire inattendue remportée aux antipodes par le XV de France.

En est-il de même pour ce discours de Barack Obama prononcé le 4 juin au Caire et que nos commentateurs hexagonaux ont porté aux nues, avant même qu’il ne soit prononcé, à l’exception de quelques grincheux dans mon genre ?

Une nouvelle ère des relations entre l’Occident et le monde arabo-musulman s’est-elle ouverte après que le président des Etats-Unis eut éteint son prompteur à l’université du Caire ? Le silence qui suit un discours de Barack Obama est-il encore du Obama ? À toutes ces questions, des réponses seront apportées à court, moyen et long terme. Pour l’instant, il faut nous contenter d’évaluer la séquence qui a suivi immédiatement ce discours, séquence rythmée par les élections libanaises, l’élection présidentielle iranienne et le discours programmatique de Benyamin Netanyahou devant l’université Bar-Ilan de Tel Aviv.

La conception de “l’alliance des civilisations” développée par Obama peut paraître séduisante au premier abord : les religions, notamment les trois grands monothéismes, doivent se respecter, dialoguer et reconnaître l’apport de chacune d’entre elles au patrimoine éthique commun. Tout cela est fort bien, sauf que les places respectives du religieux et du séculier dans les sociétés concernées sont, pour le moins, fort différentes. Où va-t-on alors ? Vers une reconquête, en Occident, par les clercs, du pouvoir perdu au profit d’un Etat laïc et areligieux ? Ou au contraire vers l’instauration, en Orient, d’une organisation sociale et politique, dans laquelle la religion serait limitée à la sphère privée ? Pour être mesuré, on dira que les propos présidentiels sont pour le moins ambigus dans ce domaine et que les quelques courageuses féministes maghrébines qui ont commenté ce discours ont de bonnes raisons d’être inquiètes. La critique des pays occidentaux (suivez mon regard !) qui interdisent, dans certaines circonstances, le port du voile islamique aux femmes et aux jeunes filles n’a pas été contrebalancée par une invitation à ce que cessent les pressions de toutes sortes, dans les pays musulmans, sur celles qui ne le portent pas ou voudraient s’en défaire…

Le Quai d’Orsay a fait celui qui n’avait rien entendu dans un brillant exercice de surdité diplomatique et Nicolas Sarkozy, que l’on sait peu regardant sur la défense et l’illustration de la laïcité, ne va pas monter au créneau sur cette affaire. Il se pourrait, en revanche, que cet aspect du discours obamesque soit de nature à raviver les tensions entre laïcs et islamistes en Turquie.

Un autre non-dit a été reçu cinq sur cinq par les dirigeants des pays concernés : personne n’a été fermement invité à cesser de voler son peuple et d’accaparer la rente nationale, pétrolière ou autre, au profit d’une fraction plus ou moins réduite de la population, au choix : tribu élargie, famille royale, caste militaro-bureaucratique, minorité religieuse. Obama a omis de signifier à ces dirigeants, mêmes réputés “modérés”, qu’exercer le pouvoir consiste d’abord à servir le peuple avant de se servir. Même ravalée à l’aide de quelques oripeaux “démocratiques” pour faire plaisir aux gogos de Washington ou de Bruxelles, une kleptocratie reste une calamité pour les citoyens qui la subissent.

Bref, la captatio benevolentiae tentée par le président des Etats-Unis d’Amérique auprès d’un monde musulman considéré comme un tout homogène – ce qui est loin d’être le cas – n’est pas de nature à améliorer le sort quotidien des gens soumis à des pouvoirs arbitraires et corrompus.

On rétorquera, et on n’aura pas tort, que la méthode inverse, celle consistant à faire la leçon à ces dirigeants et, au besoin, à utiliser le gros bâton pour les faire devenir tels que nous voudrions qu’ils soient, n’a pas fonctionné. Soit. L’idéalisme botté de l’administration Bush fils n’a pas donné les résultats escomptés, justement parce qu’il s’était fixé des objectifs inatteignables et imaginés par des idéologues peu au fait de la lenteur de l’Histoire dans ces régions. Le passage du tribalisme à la démocratie est nettement moins simple à réaliser que la transition du fascisme ou du communisme vers un régime politique et social auquel les peuples concernés aspiraient depuis longtemps. Mais d’un point de vue “réaliste”, la politique de l’administration républicaine, telle qu’elle a été mise en œuvre en fin de mandat, n’est pas si stupide, sinon Obama n’aurait pas gardé auprès de lui un Robert Gates, qui en fut le promoteur sous George W. Bush…

Faut-il pour autant revêtir ce retour au réalisme traditionnel de la diplomatie américaine de considérations de nature à satisfaire les tenants du statu quo politique, religieux et sociétal dans les pays musulmans, même les plus rétrogrades, et à désespérer les quelques démocrates et intellectuels laïcs qui n’ont pas encore choisi l’émigration ?

En ce qui concerne les effets politiques immédiats du discours du Caire, je ne tomberai pas dans le travers de certains commentateurs qui se sont, par exemple, risqués à interpréter la victoire du camp dit “pro occidental” lors des élections libanaises du 7 juin comme l’un de ses effets directs. Cette victoire est due essentiellement à deux facteurs. Tout d’abord, le Hezbollah n’avait nullement l’intention de s’emparer des leviers de commande à Beyrouth. Sa rapidité à reconnaître la victoire de ses adversaires du “courant du 14 mars” n’est pas due au fair-play bien connu des barbus enturbannés. La prise de pouvoir à Beyrouth n’entre pas – pas encore ? – dans les plans du Hezbollah, qui observe à travers l’expérience du Hamas à Gaza combien il est difficile de répondre aux attentes d’une population tout en se voulant le fer de lance de la “résistance”. Ensuite, cette victoire doit beaucoup à la mobilisation des chrétiens pro-occidentaux des Forces libanaises et des Phalanges, qui ont réussi à s’imposer face au alliés chrétiens du Hezbollah conduits par le général Michel Aoun. Il n’est pas certain que l’appel aux musulmans de Barack Obama ait été pour grand-chose dans cette mobilisation…

Dans le même esprit, il faut se garder de voir dans la réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence iranienne une réponse directe et négative aux “ouvertures” de la nouvelle administration de Washington en direction du régime des mollahs. Il faut être aussi naïf que certains de nos plus brillants éditorialistes (ils se reconnaîtront…) pour mordre à l’hameçon d’une évolution “à la soviétique” du régime des mollahs, dont Moussavi serait le Gorbatchev et Ali Larijani le Andreï Gratchev. Contrairement à l’URSS des années 1980, l’Iran n’est pas en phase de repli stratégique, mais au contraire dans un mouvement d’avancée sur plusieurs fronts : son influence, directe ou par l’intermédiaire de ses clients locaux (Hezbollah, Hamas, milices chiites irakiennes), est loin de décliner et la contestation dont le régime est l’objet de la part de la bourgeoisie intellectuelle urbaine peut être aisément circonscrite, pour autant qu’elle ne rallie pas à elle une partie des piliers du régime : clergé, armée, gardiens de la révolution et Bassidjis. L’exaltation suscitée chez les modernistes iraniens par la campagne électorale devrait être suivie par une profonde dépression, comme ce fut le cas après la révolte étudiante de 1999. Ahmadinejad, qui sait ce que parler veut dire et qui ne se prive pas de communiquer à la planète le fond de sa pensée, a tiré des propos de Barack Obama la conclusion que sa politique est la bonne : c’est grâce à elle que l’on fait reculer le Grand Satan. Il est approuvé en cela par le Guide de la Révolution, l’ayatollah Khameneï.

Il appartenait à Benyamin Netanyahou de conclure cette séquence par une réponse aux appels plutôt musclés de Barack Obama à reconnaître le droit des Palestiniens à un Etat viable à côté d’Israël et à cesser toute constructions dans les implantations juives de Cisjordanie. La réélection d’Ahmadinejad lui a rendu la chose plus facile. Obama ayant eu l’imprudence d’établir un lien (encore un linkage !) entre son intervention contre le nucléaire militaire iranien et son engagement dans la résolution du conflit israélo-palestinien, Netanyahou a pu se permettre de faire le service minimum sans encourir immédiatement les foudres de Washington : reconnaissance, du bout des lèvres, de la doctrine “deux Etats pour deux peuples”, assortie de conditions qui rendent, dans la situation actuelle, quasiment impossible la reprise des négociations avec les Palestiniens. On voit mal, aujourd’hui, l’Administration américaine refuser du matériel militaire à un Etat juif directement menacé par un Iran inflexible…

Comme on ne corrige pas un discours historique par un autre discours historique prononcé deux semaines plus tard, c’est donc aux actes que l’on attend maintenant l’icône de la multiculturalité et du métissage, et on lui souhaite bien du courage.

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  • 19 June 2009 à 11h44

    Pierre dit

    Essayons de causer pour de bon.
    « Pas de miracle… », titre ici Luc Rosenzweig. En effet c’était après le discours d’Obama. Mais entre temps il y a eu celui de Benjamin Netanyahu à l’Université de Bar Ilan. Là non plus des miracles, mais une confirmation qu’à mon avis vaut plus qu’un miracle.

    Le premier ministre a employé l’expression « Etat palestinien ». Ce qui n’est pas du tout anodin, négligeable de ces temps-ci, compte tenu de l’état des sentiments largement diffusés parmi les israéliens d’une confiance durablement ébranlée après les faits de Gaza.

    Pour rappel. L’idée des « Deux Etats » était au départ loin de faire l’unanimité chez les israéliens et les palestiniens, tous l’ayant refusé en bloc, il y a presque 40 ans. Les premiers se sont interrogés : « Qui sont ces palestiniens pour avoir un Etat ? ». Et ces derniers autant : « Les Juifs ne sont qu’une communauté religieuse éparpillée par le monde. Pourquoi devraient-ils en posséder un d’Etat ? ».

    L’idée a fait chemin en particulier auprès de la société israélienne, à tous ses niveaux, politiques, culturels, même religieux. Apparemment facile, il ne tenait pas compte de la folie islamiste. Une idée de paix ne fait jamais bon jeu avec la haine de ceux qui l’instrumentalisent, prétextant une idéologie fanatique et totalitaire, antijuive et antisioniste, autrefois nommée antisémitisme, s’empressent à l’inculquer à une population palestinienne, prise en otage, des droits inexistants et farfelus à la terre. C’est la terreur sans fin contre l’Etat d’Israël qui a nourri des intérêts idéologiques et économiques, ceux-ci directement soldés, tantôt en euros que en dollars, sur des comptes bancaires ad personam et en lieux sûrs. Pas deux états mais deux victimes, voila le bilan.
    Sauf que des victimes, là aussi un nouveau paradoxe, le monde, l’Europe en particulier, n’en voyait et en voit toujours qu’une : les palestiniens. Pour ces derniers ce statu ne signifie rien d’autre que la déresponsabilisation politique et pénale de leurs actes. L’Europe et d’autres encore n’ont jamais su dire au palestiniens leurs limites et au contraire n’ont eu de cesse de les soutenir financièrement. Ce qui ne l’aurait pas compris allait alimenter à nouveau les comptes ad personam. Mais il y eût pire. Ils les ont considéré victimes sélectionnées par les israéliens sans voir ni savoir qu’ils l’étaient par leur propre camp, comme conséquence directe des agissements criminels d’un Iran, d’une Syrie, d’un Liban, de tutti quanti qui les entourent.

    On parle ici de la grande solitude d’Israël. Et pour cause car une telle aptitude méconnaît les perceptions de la menace, les actes d’agression terroriste et de violence au quotidien dont sont victimes les israéliens.
    C’est depuis longtemps qu’Israël était prêt à agir pour la paix, N’oublions pas touts les efforts de Shimon Peres, Itzhak Rabin, de Barak, et récemment de Tzipi Livni, Ehud Olmert. Tous ébranlés par la folie de « les tuer tous ». Ce furent 10.000 roquettes, bombes missiles tirés au rythme d’une centaine par jour sur la population, atteinte désormais aux environs de Tel Aviv, à sonner le glas des pourparlers de paix et de la réponse de guerre comme à la guerre.

    Dans son discours Netanyahu en a nécessairement tenu compte. La reconnaissance d’Israël comme Etat pour le peuple juif ne pouvait qu’aller de paire avec la requête ferme et définitive d’une démilitarisation d’un futur Etat palestinien. C’est par cette condition, unanimement partagé par le peuple israélien, de surcroît plus que indispensable par la situation géographique d’Israël pris au piège par la masse arabe, qu’on peut justifier les exigences de sécurité et stabilité. Rappelons nous que aussi l’Egypte à son temps accepta la démilitarisation du Sinaï. Et depuis, cette démilitarisation représente un des éléments de la stabilité de la paix avec Israël.

  • 19 June 2009 à 9h11

    Olyvier dit

    Pierre, je ne vois pas bien ce que voulez me dire et en quoi ça s’articule à ce propos… Je suis peut-être un peu bouché ce matin… Enfin, si vous pouvez me redire les choses autrement….

    Olivier :
    J’entends bien qu’il existe une qualité critique et une possibilité de débats en Israël qu’on ne retrouve pas forcément dans les sociétés arabes. De ce point de vue votre propos est incontestable, et j’aimerais que ces premières lignes soient vraiment lues.
    Mais je serais aussi tenté de vous dire “chiche, doutez…” et doutez de votre propre engagement, de votre propre perception des choses (par exemple, c’est quoi “douter” ? faire un film qui met en scène des états d’âme et dans le même temps continuer – à expulser, à bombarder, à contraindre, à humilier… etc ?). Le doute français en Algérie, ce n’est pas la bataille d’Alger (le film), ce sont les accords d’Evian et la progressive prise de conscience que notre position dans cette affaire, toute républicaine qu’elle fut, était profondément injuste, c’est à dire une prise de conscience collective que l’autre pouvait avoir une légitimité, dans certains cas, supérieure à la nôtre. Je ne suis pas encore certain que cette légitimité de l’autre soit vraiment perçue par les israéliens – doit-on vous rappeler qui est ministre des Affaires étrangères ?
    Autre point : vous me dites que les petits soldats agissent ainsi parce que, au fond d’eux-mêmes, ils savent que leur parti serait le plus faible. Bien sûr, je vous l’accorde volontiers, et là encore je vous demande de bien lire notre accord.
    Mais je dois ajouter deux choses :
    - c’est extrêmement désagréable d’être constamment traité d’imbécile sans que jamais personne ne cherche à modérer son propre camp. L’excité sioniste qui du haut de ses 20 ans balance une ou deux insultes par commentaire a dans le dispositif le même rôle que le colon, ou l’étudiant du Bétar. Il cogne, et la bonne âme modérée sioniste déclare après, à l’opposant blessé, “vous voyez bien que vous êtes excessif“.
    - Par ailleurs, se sentir le plus faible tout en se réjouissant d’être le plus fort, quiconque serait animé du doute que vous lui prêtez, devrait interroger cette posture.

  • 19 June 2009 à 6h20

    Olivier dit

    à mon homonyme Olyvier avec Y : dès que le propos cesse d’être caricatural ou qu’il cesse de caricaturer celui de l’interlocuteur, les points de vue se rapprochent un peu. A condition de ne pas être de mauvaise foi. Il ne faut évidemment pas généraliser, j’ai parlé d’individualités, en pays arabes, qui s’expriment avec liberté d’esprit et liberté tout court, ce qui est méritoire dans des pays où on est facilement ostracisé, comme “traître” pour peu qu’on essaye de comprendre ou simplement connaître un peu l’ennemi. La liberté d’expression est totale en Israël, c’est un fait (au point que les avocats occidentaux de la cause palestinienne n’ont aucun mal à aller faire leur marché (trouver des articles de référence) dans la presse israélienne. Quant à ce qu’on appellera la “psychologie collective” en pays arabes : comment ne serait-elle pas crispée dans un rejet complet (quand bien même il y a chez leurs élites autant de gens intelligents, cultivés et ouverts qu’ailleurs) quand leurs télévisions déversent quotidiennement une propagande mêlant racisme anti-juif, paranoïa complotiste, inepties historiques ou scientifiques, falsifications et délires en tous genres ? Des preuves ? Trop long ici, mais il y a un mensuel qui, chaque mois, fait une “revue de presse” des media proche-orientaux. On a peine à croire à ce qu’on lit. Tout petit échantillon : un ministre Hamas explique doctement que la mécréante Franc-Maçonnerie a été fondée par 3 juifs (??) parmi lesquels…. Hérode (!!). Leit-motiv décliné sur tous les tons et à tout propos : le complot juif mondial.
    Puisque vous connaissez un peu le monde arabe, peut-être avez-vous accès à leurs télés ou leurs journaux, vous devriez être édifiés à cet égard. Alors de deux choses l’une : ou ce type de “bourrage de crâne” est inopérant (pourquoi le dénoncer ailleurs alors), ou il est opérant (et on peut craindre qu’il faille du temps pour que le reflux s’opère dans les esprits). Des propos bienveillants sur les Palestiniens en général : il y en a beaucoup, ici et ailleurs, et tant mieux. Mais les Israéliens, eux, se sentent isolés et incompris. En tentant d’expliquer leurs craintes et leurs attentes, les “petits soldats” auxquels vous faites allusion ont simplement le sentiment que le plus faible dans ce conflit n’est sans doute pas celui qu’on croit. Voir au-delà des apparences, et regarder une carte. Je ne reviens pas sur la comparaison entre la création littéraire ou cinématographique, ici, et là, tant en quantité qu’en contenu. Mais, sur un autre plan, comment expliquer ce fait révélateur : en 79 / 80, après le traité de paix avec Sadate, des dizaines de milliers d’Israéliens sont allés en touristes en Egypte visiter Le Caire ou Alexandrie. Il n’ont eu en retour pas l’ombre d’un touriste égyptien. Comme si, d’un point de vue arabe, la paix ne pouvait être que froide, indifférente ou purement tactique. On comprend la circonspection actuelle des Isréaliens.

  • 18 June 2009 à 21h06

    Pierre dit

    Olyvier

    Ce serait bien triste si à chaque réflexion nous devrions conclure avec un « Vae victis » de gauloise mémoire. Laissons ça à l’« asinus ipsum fricantis » et pensons qu’il ait toujours un espoir de paix souhaitable outre que possible, pourvu que ne s’en mêlent ni des ânes, ni des terroristes, ni des islamistes. Si vous pensez qu’il faudrait ajouter des autres « istes » comme les sionistes, vous n’avez pas tort, ce sont ceux qui attendent depuis longtemps de vivre en paix.

  • 18 June 2009 à 16h14

    Olyvier dit

    Olivier, à propos du doute israélien et des certitudes arabes…
    Ce qui est un peu amusant dans votre commentaire, c’est l’absence totale de doute, justement, vis à vis de votre propre idée,
    et son manichéïsme : d’un côté un pays entier comme happé par la problématique de l’autre (la preuve… toutes ces années), de l’autre des hordes arabes possédées par leur vérité une et indivisible.
    Moi, je ne saurais trop vous dire en ce qui concerne Israël. Je ne connais pas assez cette société, même si comme tout le monde je vois quelque films mettant en scène une critique de soi (et parfois une réelle interrogation, je pense à Kedma et aux deux monologues finaux). J’observe seulement,ici, qu’il suffit d’avoir un mot bienveillant à l’égard des palestiniens pour que toute une armée de petits soldats viennent vous dire que vous êtes un imbécile. Il suffit de reprendre ce fil pour vous en convaincre. Je n’ai pas, de l’extérieur, le sentiment de quelque doute du mouvement sioniste sur sa légitimité permanente et indiscutable.
    Je connais un peu plus le monde arabe, et je trouve totalement malhonnête de ne voir en eux qu’une masse privée d’interrogations sur elle-même. Je comprends mal cette malveillance à l’égard des vaincus, sinon qu’elle participe du tambour israélien.

  • 18 June 2009 à 10h15

    Grandgil dit

    “L’âne frotte l’âne”
    Gérard,
    Je dénonce tout pareil ce qui se passe au Darfour, au Tibet, et même chez nous en France.
    Dieudonné n’est pas vraiment ma came.
    Je ne souhaite pas la destruction d’Israèl, véritable société multiculturelle, mais la paix. Les affrontements actuels sont une sorte de suicide de ce pays.
    Je ne suis pas anti-juif une seconde. La question ne se pose même pas.
    A Olivier,
    Quand je parle des personnes ayant des certitudes, je parle de vous…

  • 18 June 2009 à 8h39

    Jerome dit

    Olivier, agnostique, cela signifie non-croyant. Les Israeliens juifs sont majoritairement croyants et pratiquants. Il n’y a aucune contradiction entre etre croyant et laissez faire ce qu’ils veulent a ceux qui ne le sont pas – avec des limites a respecter par chacun: autant la plupart des gens ne voient aucun probleme a la Gay Pride a Tel Aviv, autant 75% du meme public est choque par la Gay Pride a Jerusalem vue comme une provocation contre les habitants de la ville et les croyants de toutes les religions.

  • 18 June 2009 à 0h28

    Saul dit

    @ Gérard :
    permettez moi cette correction :
    c’ est plutot ““Delenda est Carthago”.( ou “Carthago delenda est” ) et ce ne sont pas tous les sénateurs romains mais seulement un seul, Caton l’ ancien, qui concluait systématiquement ses discours avec cette phrase.
    pardonnez moi pour ce petit pinaillage, illustrer cette notion d’ idée fixe par cette citation était bien vu de votre part

  • 18 June 2009 à 0h13

    Olivier dit

    à Jérôme : N’entrons pas dans une subtile typologie entre ultra-orthodoxes, sionistes-religieux, traditionnalistes, agnostiques indifférents ou athées hargneux (nombreux à Tel Aviv). Une large majorité, incluant des croyants, n’a pas l’esprit bloqué par des dogmes, l’essentiel est là. Et les orthodoxes eux-mêmes sont en fait plutôt des orthopraxes : leur pratique est scrupuleuse, leur “doxa” n’a rien de normalisé : sur tous les sujets, y compris sur les territoires, on trouvera chez eux des opinions très diverses, toutes fondées sur des textes à l’interprétation toujours ouverte. Reste que les croyants sont en nombre suffisamment faible (ou sont suffisamment tolérants) pour que des romans, articles, films ou émissions de télé allègrement sacrilèges soient diffusés sans susciter de scandale, au maximum un débat public. A quand une “gay pride” à Ramallah, ou un transsexuel représentant un pays arabe à un concours international de chansons ? Le fossé “culturel” (si l’on peut dire) entre israéliens et arabes-palestiniens : c’est au niveau sociétal qu’il se situe vraiment. Comme le clivage entre gauche et droite aujourd’hui, en France.

  • 17 June 2009 à 23h35

    gerard dit

    Obsédés :
    je me suis tapé toutes les réactions . Le discours d’OBAMA avait peut-être d’autres prétentions que de faire bondir les esprits acérés de quelques “antisionistes” sur les israéliens et les palestiniens.Bien sûr il ne se passe rien au Darfour, au Thibet ou en Corée du Nord où dan mille autres endroits de la planète .Les “peuples” massacrés et torturés n’occupent pas l’esprit vengeur de ceux qui ramènent tous les problèmes du monde à leur obsession à condamner Israel et les sionistes (entendez la majorité des Juifs) Sous forme d’invectives ils ne font que reprendre le débat interne des opinions israeliennes. Mais en se posant en redresseurs de torts ils ne sont que les postes avancés de la propagande antijuive des états arabes par le biais de leurs médias. Eux au moins dans les discours en arabe ne dissimulent pas leur haine des juifs en faisant le subtil distingo de ceux-ci avec les sionistes.
    On racontait , pour preuve des obsessions qu’on prétait aux juifs, des blagues du genre “la culture des pommes et le problème juif”, “la production des bicyclettes et le problème juif” . Aucune de ces blagues n’émanait des juifs mais de ceux que les juifs obsédaient.
    A Rome les sénateurs concluaient leurs interventions, qu’ils parlassent de l’ urbanisme ou de la fixation du montant des taxes à payer au marché des esclaves par “Delinda est Carthago”.
    Israël est la Carthage de tous les obsédés de ce site qui n’ont le cerveau occupé que par sa disparition ; le tout sur un fond de sous culture générale et historique abyssales.

  • 17 June 2009 à 22h41

    Jerome dit

    Olivier, d’accord avec vous, sauf que non, il n’y a pas une majorite d’Israeliens agnostiques, loin de la.

  • 17 June 2009 à 21h13

    Olivier dit

    A Grandgil qui dit, le 17 juin 2009 à 12:29 :
    «Ce n’est pas le doute qui rend fou: c’est la certitude».
    Tout à fait d’accord avec Nietzche et vous, mais c’est quand même sidérant cette façon d’attribuer aux Israéliens des caractères collectifs qui sont si peu les leurs, et tellement ceux des pays environnants. Si une minorité d’Israéliens a des certitudes, une majorité n’a que des doutes. Israël c’est le pays du débat, de la remise en question, du regret, de la mauvaise conscience et de l’intériorisation de la problématique de l’autre. Tout cela se voit dans ce qui se publie là-bas : livres, presse, traductions, films surtout… Quel contraste avec les pays Arabes, Palestiniens compris, où, à l’exception de quelques individualités, règnent certitudes et dogmes, conscience de soi et ignorance de la vraie réalité de l’autre. Y a-t-il UN film arabe (palestinien ou autre), UN SEUL, suggérant que, peut-être, ils ont un peu raison aussi…. Il faut dire qu’une majorité d’Israéliens est agnostique, ce qui facilite les choses pour douter de tout, y compris et surtout de soi-même. Combien d’agnostiques (même n’osant pas se déclarer comme tels) chez les Palestiniens ? Il y aura une solution en vue quand, dans les télévisions arabes, il y aura des émissions satiriques tournant en dérision le Coran et les Imams, comme il y a sur la télévision (publique) israélienne (le vendredi soir au surplus, suprême “péché”), une émission satirique tournant en dérision Bible et rabbins. On discutera alors entre gens débarrassés de leurs certitudes. Des deux côtés.

  • 17 June 2009 à 13h51

    Pierre dit

    Ce qui « équitable » relève du cheval, disait Nietzsche.
    Bien que fou, le pauvre diable, il avait encore une chance de s’en sortir sûr celui qui faisant montre d’une connaissance d’ânesse néglige celui des aînés.
    Révisez donc, Jérusalem est depuis toujours le centre de la culture juive et de son peuple.

  • 17 June 2009 à 13h09

    L’Ours dit

    Olyvier,
    j’apprécie!
    Pas de probème!

  • 17 June 2009 à 12h29

    Grandgil dit

    «Ce n’est pas le doute qui rend fou: c’est la certitude».
    Nietzsche
    Vous devriez le lire les gars.
    Un droit d’aînesse sur Jérusalem selon les croyances, ce serait encore faire de dieu un prétexte mesquin. Je préfère la conception de Jérusalem comme ville internationale ce qui est plus équitable.
    a Olivier,
    Tant mieux alors. Simplement, il y a eu une population arabe nombreuse installée à Jérusalem et autour dés le 7ème siècle effectivement, et pas à partir de 1885. Les palestiniens étaient souvent les gendarmes du sultan, ou des fonctionnaires pour les chrétiens.
    Plusieurs travaux universitaires le confirment.
    Mais je n’ai pas envie de développer car quand bien même vous auriez eu raison, ça ne justifie pas les exactions commises (L’ours, vous êtes plus intelligent que ça, ne me ressortez pas l’accusation d’antisémitisme après ce com).

  • 17 June 2009 à 9h25

    Olyvier dit

    Ours,
    Mon passage sur votre “innocence” était ridicule. Pardonnez-moi.

  • 17 June 2009 à 9h13

    maxiton dit

    @ Rotil

    le cingle de 1967 c’etait Ahmed Choukheiri, reprenant en choeur avec une centaine de millions de musulmans dechaines le tube de l’annee d’Oum Kalsoum :

    “Edbah, Edbah ” en francais EGORGE, EGORGE

    Leit motiv constant de tout manifestant defilant d’Islamabad au Caire

  • 17 June 2009 à 9h05

    Pierre dit

    Que reste-t-il aux misérables pour oublier leur condition sinon l’idéologie? Quelle soit politiques ou religieuse elle se solde toujours au profit, la poche, d’une minorité, d’une caste, d’une ethnie dominante. Pour qu’il ait démocratie dans n’importe quelle société il faut une évolution de l’état de paria à un intermédiaire qui s’accompagne d’une évolution économique et culturelle. C’est le conflit d’intérêt de l’ex paria avec la théocratie dominante détenue par une minorité, les mollah iraniens par ex, qui sera le générateur de l’évolution vers la démocratie. C’est un message à l’ex paria qu’aurait dû prononcer Barak Obama, visant les très timides espoirs quoique présents des sociétés musulmanes.

  • 17 June 2009 à 8h53

    Olyvier dit

    Rotil,
    “Vous êtes certain qu’un israelien a besoin qu’on lui aprenne à réfléchir?”
    Je ne sais pas.
    Il est possible que beaucoup d’israéliens n’aient rien à apprendre d’une altérité non-juive. Je ne sais pas, par exemple, de quelle nationalité vous êtes, mais je ne vous sens pas persuadé que l’autre ait une quelconque part de vérité, et je vous sens plus occupé à déjouer qu’à entendre.
    Il me semble aussi que derrière votre question, il y a le sous-entendu que les israéliens auraient de toute manière, d’un point de vue de la pensée, une longueur d’avance, ce qui ne se vérifie pas toujours sur ce fil….
    Maintenant, ne vous méprenez pas sur le sens de mon dépit : c’est bien parce que j’ai appris et apprend encore de la pensée juive que la découverte progressive de l’autisme israélien vis-à-vis de ce qui lui est étranger me bouleverse.

    “Vous le savez, un israelien, c’est quelque chose (je n’ose pas dire quelqu’un) de complêtement stupide, et méchant, en plus.”

    Vous devriez oser dire “quelqu’un”, et cette manière de me dire que je déshumaniserais tout israélien n’est pas très correcte (le “réprobateur d’Israël” n’est pas forcément empreint de nazisme, mais une telle découverte vous priverait peut-être d’un ressort intime essentiel).
    Méchanceté des israéliens ? Je vous répondrai qu’il y a une méchanceté française qui s’est exprimée dans les ratonnades, ou l’appui bruyant de la collectivité à la bataille d’Alger. Donc, oui, je crois qu’il existe une méchanceté israélienne, une manière de savourer la réduction palestinienne, une collusion de l’ensemble du corps social avec ses éléments les plus avancés dans les territoires. Dans notre microcosme de Causeur, avez-vous désavoué Eden lorsque cette personne s’en prenait à moi dans des termes ignominieux ? Non, vous preniez votre pied.

    “Quelle méchanceté de proposer des négociations sans condition, de dire clairement qu’il faut un état palestinien.”
    Je ne sais à quoi vous faites référence dans ce “sans condition” parce qu’il me semble qu’il y en a justement beaucoup, et que ces conditions préalables ont été l’occasion, après Oslo, à un renforcement de la colonisation et une destruction supplémentaire des palestiniens.
    Vous comprenez, Oslo a eu lieu. Son échec doit être pensé.

    “Je vous ai répondu, y compris sur Jérusalem, mais vous ne m’avez pas répondu, vous.”
    Je n’ai pas grande idée sur cette ville, sinon qu’elle ne m’émeut pas et que je comprends mal cette fixation, notamment des non-juifs qui ont d’autres lieux saints. (Je trouve tellement beaux et émouvants ces désormais vieux immeubles de Tel-Aviv construits par les Yekke du Bauhaus et qui a fait l’objet d’un si beau livre aux éditions de l’Eclat…)
    Je me souviens aussi, à Jérusalem, d’une descente de jeunes juifs sur une partie arabe. Ils taggaient d’une étoile de David les portes des maisons arabes. Je l’ai vu de mes yeux. J’ai vu Tsahal protéger ces actions. Elle ne m’ont pas semblé dignes, et je suppose qu’elles témoignent pour vous de l’intelligence israélienne et de sa bienveillance….
    Partage, pas partage, je ne sais pas. ça ne me regarde pas.

    Vous évoquez enfin le bilinguisme.
    Cela me semble un trésor qu’on légué les fondateurs de l’Etat d’Israël.
    Je me souviens d’Ariel Sharon qui, alors que les attentats se multipliaient, su dire et rappeler aux siens “nous sommes le peuple qui refleurit le désert”. Parole admirable dans le contexte où chacun pouvait légitimement perdre la tête.
    Vous avez bien raison donc de rappeler le bilinguisme. Mais pourquoi ne pas le rappeler plutôt aux vôtres, comme témoignage d’un projet qui n’était pas celui de la destruction de l’autre ?

    Rotil, oui, je suis de parti-pris.
    Je sais bien que toute concession, vous vous en emparerez avec gourmandise, la lirez comme un aveu, vous en servirez comme alibi et justification de vos cécités… Et puis non, j’ai bien tort de vous dire cela, après tout pourquoi pas ? Votre persévérance à dialoguer devrait me prouver, doit me prouver qu’il est possible qu’une parole s’échange.
    Parti-pris donc, pour des gens dont le destin malheureux m’atteint, et contre ceux qui ont retourné les impasses et violences du mouvement arabe et palestinien à leur profit.

    Parti-pris aussi d’une demande de qui fut élevé dans une famille juive (sans l’être moi-même), et qui ne se résout pas à ce que le miracle israélien ne soit pas ce que j’appelerais
    une bénédiction.

  • 17 June 2009 à 8h32

    L’Ours dit

    Difficile de vous répondre comme ça Rotil:
    disons :
    mi…. mi.. mi.mi fa mi do mi! (deuxième mi croche puis 3ème double croche)
    Pui la même chose en accord avec do

    puis la descente infernale!

    cordialement