Suivre Causeur :     

Pas de mark pour Merkel

Le miracle allemand doit beaucoup à la Grèce ou l’Espagne !

Publié le 25 novembre 2011 à 17:23 dans ÉconomieMonde

Mots-clés : , ,

Anegla Merkel visite une fonderie. Photo : Lawrence Berkeley National Laboratory.

Pourquoi diable l’Allemagne rigoureuse et exemplaire devrait-elle consentir à davantage d’efforts financiers pour sauver l’euro ?1 A y regarder de plus près, la situation n’est pas si simple et il est une vérité que les fourmis travailleuses allemandes peinent à admettre : c’est que les déboires européens leur ont jusque-là profité !

L’affaissement de l’euro provoqué par la crise des États périphériques a ainsi dopé les exportations de l’Allemagne, qui représentent le moteur principal de sa prospérité. Si d’aventure l’Allemagne quittait l’Union Européenne, la valeur de sa monnaie nationale retrouvée (le deutschemark) bondirait et ses exportations s’effondreraient, dégradant le niveau de vie de ses citoyens.

C’est dire si l’Allemagne est redevable à l’euro : ce pays de seulement 80 millions d’habitants paie bien ses salariés et se retrouve néanmoins second exportateur mondial ! Depuis l’avènement de l’euro, grâce à cette monnaie unique sous-évaluée (mais aussi à la qualité de leurs produits manufacturés), les Allemands ont plus que doublé leurs exportations- de 469 milliards d’Euros en 1999 à plus de mille milliards d’Euros en 2010- tandis que leur croissance économique tournait deux fois plus vite que la moyenne européenne sur la même période.

De surcroît, l’Allemagne a massivement exporté vers les nations hyper fragilisées de l’Union, qui souffrent d’une déchéance endémique de leur propre compétitivité et se retrouvent avec des importations allemandes moins chères que leurs propres produits nationaux ! Jouant sur tous les tableaux, nos voisins germains ont aussi accru leurs exportations vers le reste du monde par la grâce d’un euro affaibli parce que composé de nations comme la Grèce, le Portugal, l’Italie ou l’Espagne…

Aussi, à la différence de la Chine, l’Allemagne n’a nul besoin de manipuler sa devise pour rendre ses exportations attractives. Elle se contente d’assister à l’incendie qui ravage les PIIGS et d’en tirer bénéfice, ses entreprises se payant même le luxe d’afficher un sentiment de confiance en progression en ce mois de novembre, soit à l’acmé de la tourmente européenne.

Une étude fort intéressante et révélatrice de l’UBS conclut qu’une sortie de l’euro coûterait à l’Allemagne 20 à 25% de son P.I.B., c’est-à-dire entre 6 000 et 8 000 Euros à chacun de ses citoyens la première année puis 3 500 à 4 000 Euros les années suivantes ! La même étude indique que le citoyen allemand ne paierait au total que 1 000 Euros si l’Union Européenne devait ingérer la moitié des dettes de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal…

En d’autres termes, les Allemands ont tout intérêt à rester dans un euro maintenu à son niveau actuel. Et, puisqu’ils y gagnent, ils feront en dernier ressort tout ce qu’il y a à faire pour maintenir des nations « faibles » au sein de la zone euro…

  1. De fait, le citoyen allemand et son gouvernement refusent catégoriquement de partager une partie du fardeau des nations dans l’œil du cyclone.
envoyer par email autre réseau social

A lire aussi

La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés

96

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 

Nos offres

  • 27 November 2011 à 8h33

    Marie dit

    @skardanelli
    “Le médecin nous prescrit une diète drastique : faisons contre mauvaise fortune bon coeur et n’accusons personne d’autre que nous-mêmes.”
    C’est une évidence!

    • 27 November 2011 à 9h06

      eclair dit

      @marie
      On parle pas de diète, on parle de saignée.
      La grèce à une cure severe résultat son PIB baisse et ses recettes baissent et sa dette continuent d’augmenter .
       

  • 26 November 2011 à 17h52

    Florence dit

    Skardanelli
    je vous ai répondu mais c’est encore passé aux oubliettes !

    Je disais que je ne me comptais pas dans le lot car cela fait bien longtemps que je m’inquiète de la dette.

    Mais pour autant, ce n’est pas le moment de se désolidariser de mes compatriotes.

  • 26 November 2011 à 17h12

    skardanelli dit

    Florence, est-ce le médecin ou est-ce le patient, c’est à dire nous collectivement ? Les Allemands ont pris les mesures qui s’imposaient à temps. Je viens de terminer le dernier article de Finkie que je gardais comme une friandise : cette catastrophe n’est-elle pas la conséquence de la démocratie d’une certaine façon ? Nous avons préféré nourrir notre folle goinfrerie plutôt que de regarder la réalité en face, c’était plus facile pour nos dirigeants de ne pas nous mécontenter et plus agréable pour nous de continuer de nous goinfrer. Le médecin nous prescrit une diète drastique : faisons contre mauvaise fortune bon coeur et n’accusons personne d’autre que nous-mêmes.

    • 27 November 2011 à 9h48

      eclair dit

      @skardanelli
      Mesure qu’on pris les allemands c’est empecher la prise de controle de leurs societés par des investiseurs étrangers. 
      Et il est fréquent qu’un lander soit dans le capital d’une entreprise allemande

      Ensuite quelles mesures? PArce que ‘allemagne n’a jamais elle non plus equilibrée un budget . Elle est sous les 3% de déficit  annuel c’est tout et mécaniquement la dette en pourcentage du PIB baisse. Là si le PIB de l’allemagne devait baisser ce qui est probable d’ailleurs vu que tout les pas européens font de la rigueur, alors dans ce cas l’allemagne sera elle aussi dans la merde.
       

  • 26 November 2011 à 16h52

    Florence dit

    Impat,
    très certainement, nous avons été globalement aveugles et inconscients, même si certains étaient très lucides et donc mis de côté pour ne pas entendre leur petite musique désagréable.

    Pour autant, ma conception de la vie est de regarder la réalité en face. Je n’arrive pas à faire confiance en ceux qui nous ont envoyés dans le mur. Je ne peux pas. Je bloque. Mon intelligence s’y refuse.

    Si je me rends compte que mon médecin m’a fait prendre un traitement qui m’a rendu malade au lieu de me guérir et qu’il s’est entêté durant des années, non seulement je change de traitement, mais je change aussi de médecin.

  • 26 November 2011 à 15h23

    Impat1 dit

    Florence,…” il ne fallait pas faire entrer la Grèce dans l’euro.”…

    Sans doute, mais ils y sont. Je pense qu’il est inutile de se battre ou de lancer des accusations. La vérité dans cette histoire de dette, c’est à mon sens que nous avons tous, tous les Etats, été soit ignorants soit complices de nos propres dépenses déraisonnables non financées, et cela depuis trois décennies.

    Quand la “cagnotte” sous Jospin fut consacrée, entre autres nouvelles dépenses, à embaucher de nouveaux fonctionnaires au lieu de commencer à rembourser la dette, qui a protesté ?

    La dette n’était pas considérée comme un problème grave. Pas plus en France qu’ailleurs. Nous étions aveugles. Et inconscients. 

    • 26 November 2011 à 16h18

      eclair dit

      @impat1
      Plusieurs erreurs,
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France
      aller aux paragraphes “évolution récente” et “déficit public et endettement”. 
      Depuis 40 ans aucun gouvernement n’a été à l’équilibre.
      La fameuse cagnotte jospin à la fin de l’année en question l’état avait fini en déficit mais en % du PIB la dette globale baissait .
      Que cela soit de droite ou de gauche aucun gouvernement n’a jamais eut l’intention de rembourser la dette c’est impossible dans le système économique actuel cela signifierais la chute du système bancaire français.
      Mais ils avaient pas trop le choix c’est le problème du système économique mondial avec la planche à billet américaine qui nécessite cela. 

  • 26 November 2011 à 14h51

    Florence dit

    Hathorique
    je vous ai écrit un commentaire où je vous adressais mes plus sincères excuses mais je ne le vois pas. Ainsi , je vous les renouvelle.

    • 26 November 2011 à 15h46

      hathorique dit

      @ Florence
      merci, même si je ne le vois pas, pour moi il ne s’est agit que d’un un emballement réciproque de claviéristes  et je prends ma part dans cette partition diatonique. 
      pour votre message il a du s’abimer dans le piège des abyssales profondeurs informatiques de Causeur.    
      bien  à vous
      j’ose le double smyley :=))

      • 26 November 2011 à 16h44

        Florence dit

        Merci Hathorique de votre réponse.

        Dans mon commentaire passé je ne sais où, je vous écrivais que j’avais été très certainement très injuste avec vous. Vous ne méritiez pas du tout mon courroux à la place de ces messieurs qui n’aiment pas beaucoup voir des femmes dans leurs domaines de jeu :-)). J’ai souvent eu l’occasion de m’en rendre compte ayant fait mes études puis ayant travaillé dans des milieux essentiellement masculins. Etant donné que je me débrouillais plutôt bien, on s’accordait à reconnaître et à louer mon intuition, la fameuse intuition féminine. Heureusement, il y avait des hommes, souvent chez les plus jeunes, qui dépassaient tous ces clichés.

        Je vous remercie de votre mansuétude.
        Bien à vous

  • 26 November 2011 à 14h19

    skardanelli dit

    Chère Florence, même si l’accroche faisait référence à vos indéniables compétences, ce sont les journalistes d’une façon générale qui sont ma cible ici.

    • 26 November 2011 à 14h33

      Florence dit

      Cher Skardannelli
      les journalistes ne sont pas tous du même acabit.

      Cela fait bien longtemps que JM Aphatie, RTL, ( que je n’apprécie pas plus que ça par ailleurs) essaie de réveiller l’opinion et les politiques sur le problème de la dette. Que de quolibets n’a-t-il pas entendus !
      Ceux qui parlaient de tout ça étaient affublés du doux nom de “déclinistes” entre autres et ridiculisés.
      Il n’y a pas que les marchés financiers qui sont routiniers, les journalistes aussi. Ceux qui sortent des clous se font sortir du jeu médiatique.
      Pas seulement en économie. Regardez comme EL a eu du mal pour se faire entendre. N’a-t-elle pas été inscrite sur une liste qu’il fallait brûler ?

  • 26 November 2011 à 13h20

    skardanelli dit

    Travailler sur les marchés financiers ne donne en rien une clairvoyance particulière sur la justesse des décisions économiques, la preuve dirais-je. Ceci étant nous négligeons bien trop souvent les aspects techniques de l’économie et je trouve que nous avons perdu un contributeur talentueux avec Georges Kaplan même si ces positions sont parfois horripilantes. Très souvent les interventions de Thalcave, Ylx et d’autres, sont plus intéressantes que les articles qu’ils commentent, c’est ce qui rend ce site si précieux et attachant. Ces prolégomènes pour dire que si je suis heureux de parfaire mes connaissances en économie et avoir l’avis d’experts, je me refuse à fonder mon jugement sur leurs seules opinions car eux-mêmes ne savent pas toujours quels sont les préjugés qui les motivent. Il arrive toujours un moment où nous sommes confrontés à nos propres convictions , à nos propres doutes : nous devons pourtant prendre une décision qui, si modeste soit-elle, est essentielle à la démocratie, nous devons mettre un bulletin dans l’urne. Les grecs, enfin leurs glorieux ancêtres, choisissaient leur général en chef au hasard parmi les meilleurs d’entre eux, se disant que finalement il valait mieux faire confiance à celui que la fortune favorisait, nous ne faisons pas autrement d’une certaine façon. Ce qui me semble plus discutable est le poids de la corporation des journalistes dans le jeu démocratique, tout au moins son manque de déontologie. Je voudrais prendre pour exemple la charge contre les agences de notation qui atteint des sommets de bêtise. Il est invraisemblable que l’on accuse les agences de notation de manipuler les démocraties en imposant des gouvernements de techniciens austères alors que leur immense faute est justement d’avoir tirer le signal d’alarme beaucoup trop tard, on s’aperçoit de la malhonnêteté de cette accusation quand Gil Mihaely rapporte l’absurde accusation d’un ministre turc : si l’agence Fitch a abaissé la perspective de l’économie turc c’est parce qu’elle est majoritairement contrôlée par des français. Comment peut-on avaler de telles imbécilités ? Celles que l’on nous fait avaler dans notre beau pays ne sont pas moins grotesques et nous évitent de nous poser la vraie question : comment se fait-il que ni les dites agences de notation, ni nos journalistes n’ont alerté l’opinion sur la folie de notre endettement ? Comment se fait-il, comme le rappelait Thalcave que Le Monde, notre journal de référence, dénonçait la cagnotte de Jospin, trouvant honteux que l’on veuille utiliser la manne de la croissance mondiale pour assainir nos finances ? Ce sont les mêmes qui dénoncent aujourd’hui les agences de notation, l’Allemagne, l’Euro et que sais-je encore. Tant d’inconséquence me conforte dans l’idée qu’il serait vraiment dangereux d’abandonner l’Euro et refuser de faire les efforts douloureux mais nécessaires pour nettoyer les écuries d’Augias que sont devenues nos finances.

    • 26 November 2011 à 14h12

      Florence dit

      Je ne dénonce en aucune façon les agences de notations.
      Ces agences de notation ont bien des défauts mais elles font tout de même grosso modo leur boulot. Les agences de notation ne sont pour rien dans l”incurie des gouvernements européens .
      Michel Barnier, commissaire européen, a eu sur ces agences de notation un discours totalement inepte.
      L’Europe est aux mains de gens du même acabit que Michel Barnier. Ceux qui ont fait entrer la Grèce et les autres dans l’euro sont toujours aux manettes.

      Je n’ai pas la moindre confiance dans tous ces technocrates qui nous ont fichus dedans.

      Le traité de Maastricht est l’oeuvre de Mitterrand. Je n’ai jamais eu la moindre confiance en ce type et rien pour l’instant ne vient infirmer ma défiance.