Paris la mixte, mon cul! | Causeur

Paris la mixte, mon cul!

Des Noirs et des Blancs mais rarement en même temps

Auteur

Régis de Castelnau

Régis de Castelnau
est avocat.

Publié le 09 juin 2017 / Société

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Le Diner en blanc du 1er juin 2017 à Paris. SIPA: 00809466_000005

Anne Hidalgo nous a rappelé avec force un des principes qui guident son action : « Paris est une ville mixte et je continuerai à veiller que cela reste le cas dans les lieux publics ». Non mais ! L’esplanade de l’Hôtel de Ville en est une preuve. On y voit des blancs, et on y voit aussi des noirs. Mais attention, pas en même temps.

J’avais été un peu gêné par la polémique sur le festival au cours duquel étaient organisés des ateliers « non mixtes » réservés aux femmes noires, sans homme, ni blanc (femmes comprises). Gêné par la personnalité des organisateurs et de ceux qui les soutenaient – le PIR, Rokhaya Diallo, Houria Bouteldja – le genre de casting qui dit clairement quelles sont les détestables intentions.

Mais en même temps, c’était une vraie question. J’ai pensé qu’il fallait cependant dire les choses, parce que les ateliers non mixtes ça existe. Descendant du TGV il y a quelques jours, je croisais une équipe d’une trentaine de personnes attendant sur le quai pour pouvoir se précipiter dans le train et le nettoyer. Je l’ai clairement vu l’atelier non mixte, il n’y avait que des femmes, noires. Comme ces matins d’hiver où je promène (très tôt) mon chien, et où je croise, sur le froid sombre des trottoirs, sortant de la Gare de Lyon, tous ces fantômes en boubous qui trottinent vers les grands immeubles, pour que les cadres des sociétés et les fonctionnaires du ministère des Finances trouvent, bureau propre et corbeille vidée en arrivant. Que des femmes, noires là aussi.

Paris en noir et blanc

Et c’est à ces occasions que saute aux yeux le système, dont d’ailleurs les défenseurs du festival n’ont pas dit un mot, celui de ces habitants des grandes métropoles connectées qui élisent scrupuleusement Anne Hidalgo et Sadiq Khan, en profitant grassement de la mondialisation et acclamant Emmanuel Macron. Qui sont généreux, humanistes, pas racistes pour deux sous, mais trouvent parfaitement normal que leurs domestiques, les nounous, les femmes de ménage, les plongeurs, les chauffeurs, les caissières soient parqués dans des banlieues pourries, et viennent les servir dans les centres-villes, en circulant de préférence sous la terre.

Tôt le matin pour les femmes de ménage, et tard le soir pour les plongeurs, quand les « insiders » repus sortent des restaurants branchés où ils ont passé la soirée. Et surtout pas en voiture. En auraient-il qui n’ont pas été brûlées par les racailles dans leur quartier, la circulation est volontairement rendue insupportable, et les voies rapides confisquées pour la promenade de quelques-uns, et la valorisation du patrimoine immobilier de tous les autres.

Une photo significative a été publiée dans la presse, et a circulé sur les réseaux. On y voyait un groupe de femmes noires manifestant devant l’Hôtel de Ville de Paris. Bel atelier non mixte, puisqu’il s’agissait des femmes de ménage de la Ville qui, soutenues par la CGT, exprimaient leur volonté de voir améliorer leurs conditions de travail dont on imagine facilement qu’elles ne doivent pas être folichonnes.

La « start-up nation » prend place

Une autre photo lui succède ce matin, celle du « dîner en blanc », qui a eu lieu cette année sur… le même esplanade de l’Hôtel de Ville. Le « dîner en blanc » est ce «flash-mob» inventé il y a une trentaine d’années, c’est-à-dire bien avant Facebook, au cours duquel les grands, moyens, et petits-bourgeois de Paris, se rassemblent par centaines, voire par milliers, à un endroit connu au dernier moment pour y dîner, de pied en cap habillés de blanc. Investissant sans autorisation préfectorale, en plein état d’urgence, et avec une arrogance ingénue, l’espace public, ces gens-là festoient sans mesurer l’indécence de cette prétention à signifier que la règle commune ne leur est pas applicable. Autre façon de dire qu’ils sont les maîtres puisque les autorités laissent faire. Cette année, c’était sous les fenêtres d’Anne Hidalgo.

Rapprochement absolument meurtrier, que de voir cet autre atelier non-mixte, où cette multitude de personnes blanches de peau et de tenue occupent illégalement l’espace commun. On imagine en plus que beaucoup d’entre eux protestent hautement (à juste titre et comme moi) contre les prières de rue. Sans mesurer qu’il y a quand même un petit problème et qu’ils ne sont pas idéalement placés.

Les organisateurs, sûrs d’eux, nous annoncent encore plus grand pour le 30e anniversaire l’année prochaine. Rappelez-moi le score d’Emmanuel Macron à Paris le 7 mai. 89,69 % ?

La « start-up nation », je crois que je vais avoir du mal.

 

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 13 Juin 2017 à 13h03

      Moira dit

      J’ai une dame de ménage des Balkans impossible de trouver une française
      j’aimerais bien mais non .. les Françaises d’origine , à tort ou à raison , il n’y en a pas -A une époque c’était les Portugaises et les Espagnoles, ces dernières se sont intégrées en 2 générations ..
      on souhaite la même chose aux africaines ..

      les Musulmanes -elles -refusent l’intégration
      (enfin leurs c**de maris machos )

      pour avoir des diplômes et espérer travailler plus agréablement il faut parler français .. les Africaines le parleront plus vite grâce à leurs contacts , une vie plus sociale ..
      les Musulmanes ( une majorité) refusent tout : parler français , s’intégrer être indépendantes et c’est bien sûr encore la faute des Français qui n’acceptent pas de s’intégrer à leur culture parce que le fond de l’histoire c’est bien ça :
      imposer à la longue leur culture en rêvant qu’un jour ILS auront des femmes de ménages … françaises d’origine !

    • 12 Juin 2017 à 23h03

      Moshé_007 dit

      Les français n’ont pas encore compris qu’ils ne sortiront pas de siècles de soumissions sans transformer la quintessence de leur culture, certes, ils ont fait des révolutions, mais c’était pour retomber dans les mêmes schémas que ceux qu’ils avaient abolis, c’est bien de jeter le bébé avec l’eau du bain, mais ensuite il est préférable de remplacer les anciens égarement par des structures sociétales solides, la France ne semble pas avoir avancé d’une longueur depuis l’abolition de la monarchie, ça, Macron l’a bien compris !

    • 12 Juin 2017 à 20h15

      Tonio dit

      “.. occupent illégalement l’espace commun…” et alors ?

      A qui appartient l’espace dit public; à tout le monde ?
      Qu’est-il interdit de faire ou de ne pas faire dans la rue ?

      L’avocat R. de C. pourrait-il nous en dire plus ?

      Et les “boteillones” permis ou non ?
      Que dit la loi ? Elle interdit l’ébriété sur la voie publique, mais il faut d’abord le prouver …

      La puissance publique ne peut plus grand chose aujourd’hui, si elle n’emploie la force pour contraindre; et vous voudriez, avec gaz et matraques, contraindre des dîneurs à dîner ailleurs que dans la rue, mais où donc ?

    • 12 Juin 2017 à 17h38

      Alex Z dit

      C’est marrant que vous parliez des femmes de ménage qui seraient toutes femmes, et noires. Les rappeurs milliardaires eux sont tous hommes, et noirs.
      Mais je n’y vois aucun rapport.

      • 12 Juin 2017 à 19h10

        plouc dit

        il ne faut pas oublier non plus les footballeurs à très grande majorité noirs et maghrébins et aussi tous milliardaires !!!!!

    • 12 Juin 2017 à 17h27

      alcestine dit

      Merci,Régis de Castelnau, de mettre si bien en lumière les injustices et aberrations de notre société, en particulier l’arrogance choquante et même intolrable de ces dîneurs en blanc. Elle m’a toujours révoltée.
      Alcestine

    • 12 Juin 2017 à 14h31

      castor27 dit

      “Que des femmes, noires là aussi.” eh oui,normal, parce que les femmes musulmanes sont emburquanées chez elle par leur très démocrate mari, sauf exceptions bien sûr.

      • 13 Juin 2017 à 12h56

        Moira dit

        Tout à fait !

        On peut regretter que les dames de ménages soient noires ( les blanches ne voulant plus faire le travail…) mais elles au moins gagnent un peu leur vie , sortent, apprennent le français et donc peuvent espérer progresser et s’affranchir .. Elles s’intégreront plus vite c’est ce qu’on leur souhaite !
        Pire en effet est le statut de la musulmane qui ne peut même pas être femme de ménage mais ça on n’en parle pas !