Il aurait été de bonne guerre que la racaille judéophobe et salafisante finisse sa manifestation pro-palestinienne du 14 juillet sous les fenêtres de l’ambassade israélienne en hurlant « Israël assassin » comme au bon vieux temps de Stéphane Hessel. Au lieu des indignés menaçants, nous avons vu des casseurs armés et enragés, qui auraient pu figurer dans un clip du groupe de rap Sexion d’assaut, attaquer la synagogue de la rue de la Roquette au cocktail Molotov.

J’étais déjà affligé par l’émergence de ce salafisme des banlieues qu’annonçait Askolovitch, à la française : charia modérée, jihad spirituel et respect de la loi, revendications françaises et barbes sur tuniques identiques à d’autres portées par ceux qui nous promettent mille morts et mettent leur monde à feu et à sang, et le nôtre parfois. La réalité dépasse toutes nos désespérances. Un salafisme nouveau, combattant et décomplexé me fait regretter l’obscurantisme d’Asko. Enfin celui décrit par Askolovitch, vous l’aurez compris. De nouveaux Mohamed Merah ou Mehdi Nemmouche sont à craindre. Les spécialistes n’expriment que des inquiétudes et les rares bonnes nouvelles en cachent de bien mauvaises : les centaines de jeunes ou de familles qui ont quitté la France sans indemnités de départ pour combattre en Syrie pourraient bien revenir, armés de mauvaises intentions et de recettes explosives.

Nous avons un problème. Même ceux qui hier, craignaient surtout l’amalgamisme, ceux qui dénonçaient l’islamophobie, les fantasmes et la paranoïa concèdent que nous avons un problème, et une question brûlante : qu’allons-nous en faire ? Qu’allons-nous faire de cette jeunesse française qui rejette son pays et rejoint idéologiquement ou physiquement nos ennemis déclarés ? Voulons-nous, avec le ministre de l’Intérieur, demander l’aide des familles et nous entendre répondre par Abderrahmane Dahmane, qui préside l’association Conseil des démocrates musulmans de France, « Il n’y a pas d’indicateur dans la communauté. La police n’a qu’à faire son travail »? Voulons-nous vraiment récupérer ceux qui nous ont pourri la vie par la délinquance et qui la menacent à présent par le terrorisme ?

En attendant qu’une majorité de Français puisse répondre « non » à toutes ces questions, j’ai réfléchi à des réponses et à des solutions concrètes. Je suis prêt, si le chef de l’état m’appelait pour me demander quoi faire, à mettre mes propositions au service de la France. Je commencerai par financer une filière jihadiste à destination de la Syrie, au départ de mon département (j’habite à deux pas de Brétigny où les blessés et les secouristes se font dépouiller par les autochtones quand les trains déraillent), car j’ai à cœur d’expurger mon environnement proche des délinquants qui y pullulent. Evidemment, comme je suis philanthrope, je ne les lâcherai pas en pleine nature mais les livrerai dès leur arrivée, aux amis de Bachar (quand j’écris son nom, je vois un éléphant, à cause du nom ou des oreilles, va savoir) qui ne les recevront pas en grande pompe mais avec des fusils à pompe, ce qui est mieux que rien.

Pour en faire venir d’autres, j’écrirai à leurs nombreux cousins de fausses lettres que je ferai traduire en français racaille par un survivant de l’expédition en le torturant (on ne fait pas d’omelette sans arracher des couilles), pour les inviter à venir prendre part à la guerre sainte, par le viol et le meurtre d’infidèles. « Eh Mouloud, ici, ça déchire trop sa race, les sœurs sucent comme sur Canal +, on a des guns de oufs et on peut niquer tous les koufars qu’on veut,  (Je reprends le français littéraire qui revient au galop) sans être embarrassés par les tracasseries administratives de l’institution judiciaire française ». « Ne m’en parle pas Rachid, mon frère a encore son bracelet électronique et moi, j’ai eu deux rappels à la loi le mois dernier. La France crève de sa paperasse, je le disais encore hier à l’assistante sociale : pas moyen de toucher une allocation sans remplir un formulaire, alors qu’on sait tout juste écrire « mort aux juifs ». Si ce n’est pas de la discrimination, je me demande ce que c’est. J’appelle le défenseur des droits et je fais ma valise. Il fait beau ? Je prends mon bermuda ?»

En réalité, une mise de départ suffira à amorcer la pompe à racailles islamisées et sanguinaires. Les lettres truquées des uns, morts, attireront les autres aussi sûrement que le joueur de flûte de Hamelin dans le conte des frères Grimm. Et des informateurs appointés n’auront plus qu’à mettre en relation ces engagés dans les brigades internationales de l’Oumma avec les autorités du pays d’accueil pour réduire chez nous la pénurie de logements, le déficit de l’assurance maladie, la courbe du chômage, l’encombrement de la justice, la surpopulation carcérale, les chiffres de la criminalité, la montée de l’antisémitisme, l’effondrement du niveau scolaire et j’en passe. Les disparitions massives finiront par inquiéter ceux de nos compatriotes qui se soucient du sort de leurs coreligionnaires et nous verrons peut être les Indigènes de la République ou les amis des Frères musulmans envoyer des observateurs qui ne manqueront pas de subir le même sort que ces jeunes stigmatisés et discriminés chez nous et éliminés là-bas. Ainsi, un cercle vertueux pourra se mettre à tourner pour nous débarrasser de ceux qui se déclarent nos ennemis sans que nos belles âmes n’aient à se salir les mains. On peut toujours rêver.

Mais mon plan comporte une faille, et de taille. Seul, je ne pourrai vider le pays de tous ces indésirables. Il faudra rendre l’opération « financement de filières djihadistes » accessible  à tous les citoyens volontaires, et déductible des impôts car d’intérêt général. Un petit obstacle d’ordre juridique devra être réglé. Je crois savoir que la loi permet la déchéance de la nationalité pour les auteurs d’actes terroristes mais empêche les Etats de laisser des individus dans des statuts d’apatrides. Il faudra alors reprendre des relations diplomatiques avec le régime de Bachar (sans trompe) et prier son gouvernement de bien vouloir élever nos ressortissants indésirables et expulsés au rang de citoyens syriens pour qu’ils soient accueillis et redirigés vers les vierges d’Allah qu’ils méritent. Je suis volontaire pour  composer leur oraison funèbre. Qu’on ne me remercie pas, c’est de bon cœur. Après tout, ils sont Français. Comme vous et moi.

*Photo : SEVGI/SIPA. 00688396_000008. 

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Cyril Bennasar
est menuisier.
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