Oui à la loi Hadopi
Les auteurs ont-ils des droits ?
Publié le 28 juin 2008 à 13:32 dans Économie
Mots-clés : Économie
La volée de bois vert servie aux 52 artistes qui ont lancé cette semaine un appel en faveur de la loi Hadopi sur le téléchargement illégal appelle quelques commentaires. Rassurez-vous, je ne dirai rien sur le fond de l’affaire, ou alors pas grand chose, mais bon, si, un peu quand même. Si vous êtes assez cruchon pour croire que la musique doit être gratuite, je crois que je ne peux rien pour vous. Même motif, même punition si vous pensez, comme on le lit souvent sur le web, que la déconnection d’Internet équivaut, à une “condamnation à la mort sociale”. Recevez, en prime, l’expression de toute ma compassion pour ce que doit être votre “vie sociale”.
En revanche, si vous craignez que la fameuse “riposte graduée” soit disproportionnée au délit, là, on peut échanger quelques idées. Et je crois bien que j’ai en rayon de quoi vous rassurer. Tout d’abord, comme qui dirait, la riposte est graduée : il ne s’agit pas de couper l’accès à Internet dès la première infraction, mais après le troisième avertissement ! Si on est assez benêt pour refaire trois fois la même bêtise alors qu’on sait que Big Brother vous a déjà personnellement à l’œil, est-on vraiment digne d’appartenir à la grande famille de l’intelligence virtuelle ?
Si je ne vous ai pas convaincu, tentons une autre approche. Essayez, juste pour voir, d’aller voler le dernier CD de Manu Chao à la Fnac ou chez Auchan. Dès qu’on vous aura relâché du commissariat du coin avec une bonne engueulade et peut-être, en prime, une convocation chez le juge, retournez immédiatement dans le même magasin pour vous procurer à l’œil le coffret collector de l’intégrale James Bond en quarante DVD ; imaginez la suite dès que le vigile aura exprimé son désaccord avec votre conception de l’accès libre aux biens culturels. Honnêtement, après ces deux tentatives, je ne crois vraiment pas que vous aurez envie de revenir dans le même magasin, ni d’ailleurs que vous serez libre de le faire…
Voilà pour le fond ; pour la forme, deux bricoles ont attiré mon attention. Tout d’abord, on moque beaucoup sur le net le plus célèbre de ces 52 signataires, en l’occurrence Johnny Hallyday. Que lui reproche-t-on en substance (l’avantage du résumé sur le verbatim, ce n’est pas qu’il vous permet de prendre plus rapidement connaissance des attaques anti-Johnny – surtout quand l’auteur fait des parenthèses interminables – mais qu’il vous épargne l’orthographe et la syntaxe djeunz) ? Donc, on l’accuse de vouloir, lui, gagner quelques millions en plus sur le dos de ses malheureux fans internautes. Ça, c’est vraiment pas gentil ! Et surtout, que c’est totalement faux. De tous les artistes français, Johnny est celui qui souffre le moins du téléchargement illégal. A chaque fois qu’il sort un disque, son public ne veut pas seulement écouter les chansons, il persiste à vouloir aussi acheter son CD avec sa tronche dessus. On en déduira que le vrai crime de Johnny, c’est d’être solidaire de ses collègues, qui eux, perdent leur chemise avec le téléchargement. A moins qu’en vrai, on lui en veuille d’être d’accord avec l’UMP ou avec Sarkozy, un délit que, bizarrement, la loi ne sanctionne pas, y’a pas de hasard !
L’autre bricole qui m’a amusé, c’est la signature de Diam’s en bas de ce texte. Je ne suis pas totalement sûr que les auteurs de la pétition aient eu raison de faire appel à elle. Non pas que Diam’s n’ait rien à dire sur le sujet, mais quand elle s’exprime sur la question, elle le fait souvent avec un certain manque de finesse qui risque in fine de décrédibiliser la cause ; ainsi a-t-elle comparé, à plusieurs reprises, le téléchargement illégal à un viol. A sa décharge, il semblerait que Diam’s n’ait pas toujours une vision très claire de ce qui constitue une infraction aux lois de la République (ni peut-être de ce qu’est la République elle-même). A moins que ma mémoire ne me joue des tours et que ce ne soit pas elle, mais Tino Rossi qui a chanté “Ma France à moi elle (…) se démène et vend de la merde (NB : du shit) à des bourges.” Toutes choses qu’un rappeur mal intentionné pourrait résumer ainsi : “Le MP3, t’as pas le droit, deale donc du shit, ça c’est licite.”
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L'auteur
Marc Cohen est rédacteur en chef brèves de Causeur.
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Lorenzo dit
Tant de bavardages et pas un mot sur l’emploi de “déconnection” au lieu de “déconnexion” !
Il ne s’agit donc pas, cher David d’un “triste exemple de de juiverie capitaliste irréfléchie” mais bien d’un “complot américano-sioniste” contre la langue française !
Amicalement
Florian dit
Je propose un recueil des commentaires les plus poignants sous le titre : “Portrait du téléchargeur en Jean Moulin d’opérette”.
David Desgouilles dit
Marc Cohen a t’il déjà prêté un livre ?
Parce que l’échange de fichiers, c’est la même chose. Cela n’a rien à voir avec piquer un CD chez Auchan.
Les majors reprennent les mêmes arguments que les moines copistes qui voulaient enfermer Gutenberg et interdire l’imprimerie. Ils seront emportés par l’Histoire. En attendant, des milices privées pourront surveiller toute l’activité des internautes pour prévenir un éventuel téléchargement. La fin du secret des correspondances et du monopole public de la violence légitime : voilà le résultat de la scélérate loi Hadopi !
alaindeparis dit
Je ne comprends pas bien : l’argumentaire de Marc ressemblerait (de loin! ) à celui des méchants majors, donc il aurait forcément tort. Bizarre ce raisonnement. Pour ma part, je pense qu’en général, il en est du téléchargement comme des stations pré-réglées qu’on découvre sur l’auto-radio de la voiture de location, laissées en héritage par le locataire précédent. Un florilège, que dis-je, un festival du mauvais goût.
Ludovic-Lefebvre dit
J’ai lu le post d’Alex et il ne parle pas de juifs, il ne fait aucun cliché, il donne son point de vue sur les majors. Ce dernier post est n’importe quoi. Dans un autre domaine, je suis désolé, mais on ne peut omettre que la qualité de la chanson et du film est largement décridibilisé par justement des notions de rentabilité (tournage en deux mois par soucis d’économie, petite merde de vingt ans promue star par marketing).
Marc n’est pas bien seul dans sa pensée, quoi que je le soupçonne d’avoir envie de l’être et d’écrire à contre-pied pour cela et il a bien raison, d’autres posts vont dans son sens.
Si quelqu’un écrit sur un site public qu’il télécharge, il est un peu con tout de même, non ?
Diam’s est une ambulance accidentée effectivement, ce n’est pas une raison pour ne pas tirer dessus. C’est un peu trop facile de faire dans la médiocrité absolue et de devenir intouchable parce que “c’est trop facile” !
“Flinguons” tous les “Sniper”, Diam’s, Sinik, NTM et autres arriérés issus des classes CPPN sans hésiter !
Enfin, les américains ont eu Nirvana, les anglais ont les Stones et nous nous retrouvons avec Téléphone (ouin- ouin, je vais le dire à ma mère), il y a un problème dans la musique en France.
David dit
Mazel tov!
Encore un triste exemple de de juiverie capitaliste irréfléchie. Alex a tout dit! Ton article est vide de sens. M.Cohen défendant sans aucun argument valable les puissantes majors, voilà une attitude qui vient nourrir un antisémistisme regrétable.
Moi-même étant d’origine juive je suis peiné de voir que dans les médias, parmis lesquels la communauté juive est omniprésente (je parle en connaissance de cause), on retrouve toujours ces mêmes clichés terribles qui nourrissent la haine.
Polydamas dit
J’ajoute que de la part de Johnny, évadé fiscal, et de quelques autres de ses compères, vivant sur d’autres terres qu’en France, il est pour le moins ironique d’appeler à respecter la loi. Non pas que j’ai quelque chose contre l’évasion fiscale, bien au contraire, mais si cela doit arriver, je ne vais pas donner ensuite des leçons de civisme à la populace. Finalement, le piratage n’est il pas une autre forme d’évasion par rapport au monopole des grandes maisons de disques ?
Vu sous cet angle, le sujet devient tout de suite nettement moins binaire…
Geister dit
Vous semblez bien solitaire, Marc !!
Moi, je vous suis complètement à propos de Diam’s : tous les gens qui, comme elle, se font passer pour des rebelles qui nous reprochent de nous résigner à nos misérables petites existences et d’ignorer les malheurs du monde mais qui amassent leur fortune en crachant sur “le système” tout en en profitant largement devraient être brocardés. (…….. vous avez dit ….. Zazie …. oui, entre autres !)
C’est leur hypocrisie que je déplore !! Johnny Halliday ne me sermonne pas dans ses chansons ni dans chacune de ses émissions, il assume le fait d’être riche et de vouloir le rester. La preuve, il s’est même affiché avec Sarko ! Cohérent donc, qu’il demande à être payé, surtout quand il chante à la “Fête de l’Huma” : c’est ça, la droite !! Le fric, c’est chic et la musique, c’est du fric…
La réaction d’un certain nombre de contributeurs frôle aussi l’hypocrisie : les gens (Notez bien : “pas moi !!! Les autres…”) téléchargent parce que ceci… parce que cela… C’est vrai que le P2P est loin d’expliquer à lui seul l’effondrement du marché du disque mais bon, la déconnexion au troisième avertissement, ce n’est pas la mort non plus, même sociale…
J’ai un copain (non, c’est pas moi, c’est lui ! Il dit qu’il télécharge parce que c’est plutôt facile et que ça ne coûte rien) qui attend le deuxième avertissement avant de renoncer à ses funestes habitudes : pour l’instant, ça lui fait trop plaisir de télécharger du Diams pour avoir la joie orgasmique de cliquer sur “envoyer à la corbeille” dès que c’est téléchargé et de recommencer !
Ludovic-Lefebvre dit
Mais non, c’est une illustration, un complément d’information.
Le médisant dit
C’est bien gentil de laisser des liens renvoyant vers vos oeuvres qui je suis sur sont de qualité…nonobstant il me semble qu’ici on est une sur un salon de discussion et non un espace publicitaire.
Polydamas dit
Ah tiens, Marc, pour une fois, je ne suis pas d’accord avec vous. L’un des meilleurs articles à ce sujet décryptant ce qu’il est en train de se passer est ici.
Cordialement,
Ludovic-Lefebvre dit
J’ai écrit un article le plus complet possible sur Diam’s, il y a plus de trois mois qui doit rejoindre ton analyse, Marc :
http://ludovic-lefebvre.blogspot.com/2008/03/diams.html
Alex dit
Décidément cher Marc Cohen je ne me lasse pas de votre pédantisme, votre science de la tautologie n’a d’égale que la vacuité de votre argumentation, c’est dire si votre maîtrise est grande.
La musique doit-elle gratuite ? NON, bien sur que non ! Les « artistes » ne sont pas censés être des philanthropes vivant seulement pour l’art sans se soucier de choses aussi méprisantes que l’argent ; il va sans dire qu’ils doivent pouvoir récolter les fruits de leur travail.
Nonobstant le piratage bien qu’il ait son importance, il a quand même sacrément bon dos. Pour monsieur Pascal Nègre et consorts il existe une équation tout simple : tout ce qui est piraté est une perte nette car sans piratage on aurait assurément vendu ce qui a été piraté. Si on part de ce grand principe c’est certain qu’on peut estimer en milliards les pertes, seulement au delà de ce raisonnement de docteur ès sophisme, les faits sont un peu plus complexes.
Parce que si l’on estime même grossièrement le volume de ce qui est piraté de nos jours et qu’on transmute cela en ventes, on arriverait sûrement à du 1000% de ventes en plus pour l’année 2008 par rapport aux années considérées comme glorieuses par les majors. Qui peut penser sérieusement que si le piratage n’existait pas les ventes de musiques auraient explosées de 1000% dans les années 2000 par rapport aux années 80 ? Les gens étaient donc si peu mélomanes il y a une vingtaine d’années ?
De plus quand l’on quand l’on parle de piratage de plus en massif, il faut bien se rendre compte que ce sont toujours les mêmes en gros qui piratent intensivement. Si il y a plus de téléchargement qu’avant c’est simplement que la technologie progressant, on peut désormais télécharger beaucoup plus de données, beaucoup plus vite.
L’internaute lambda, comme par exemple ma chère mère qui utilise internet pour ses mail, consulter ses comptes bancaires ou passer des commandes en ligne elle serait bien incapable de télécharger de manière illégale un cd ou un film et cela vaut pour nombre des mes amis également et qui pourtant eux ont la vingtaine ; car si le téléchargement illégal n’a rien de complexe pour des utilisateurs un tant soit peu confirmés, cela nécessite quand même l’installation et l’utilisation de certains logiciels, de savoir où et comment chercher etc…Il ne suffit pas de taper « dernier album de X téléchargement » sur Google.
Le pourcentage d’internautes maitrisant l’outil informatique assez bien pour profiter du téléchargement illégale doit à peine être proche des 5% (il suffit d’enquêter auprès de techniciens dans l’informatique ou de visiter des fora d’aide aux utilisateurs pour voir combien le pékin moyen n’y connaît que ninni). Ces 5% ce sont les mêmes qui déjà, copiait les CD, branchait des chaines Hi-Fi sur les TV pour faire des enregistrements à partir de MCM/MTV, copiaient les VHS à l’aide deux magnétoscopes etc…et tout ça circulais dans les cours d’école et autres aussi.
Le piratage est-il le seul et unique responsable de la baisse des ventes ? N’y-a-t-il pas d’autres facteurs qui entre eux aussi compte et très largement même ? Ca ce sont les questions qu’on ne pose jamais et pourtant on pourrait écrire des pages là-dessus.
Qu’a-t-elle fait l’industrie pour suivre la révolution informatique et la dématérialisation des supports ? Qui de nos jours à encore envie d’utiliser une chaine Hi-Fi standard et devoir charger ses CDs plutôt que d’avoir accès en 2 clicks de souris à l’intégralité de sa bibliothèque musicale sous iTunes et pouvoir organiser ses playlists pour la semaine etc… ? Qui a envie de trimballer des CDs dans sa voiture ou en voyage alors qu’un iPod tient dans la poche ? Et quand enfin certains de ces messieurs ont commencé à comprendre que le monde changeait, ils n’ont rien trouvé de mieux que de bourrer leurs morceaux de musiques/films de protections diverses (qui sont toutes cassées par les pirates…sans exception) qui sont un casse tête sans fin pour le grand public, car tout n’est pas compatible avec tout les appareils, il faut utiliser des logiciels propriétaires, on ne peut transférer facilement ses fichiers ni autant de fois que l’on veut et j’en passe. Tout ça les pirates s’en amusent, eux ils savent se débrouiller, Monsieur Michu lui si il change d’ordinateur et qu’il n’a aucune idée sur comment il va faire pour récupérer sa musique acheter légalement, il rigole beaucoup moins.
Alors que la musique pirate récupérée via l’ami qui s’y connaît un peu ou le petit neveu et bien elle est compatible avec tout les matériels, tout les logiciels et on peut la mettre sur tout les baladeurs de la famille. Alors forcément quand ce qui est pirate est plus pratique que les offres légales, le public ça ne lui donne pas envie…
Idem pour la VOD (vidéo à la demande), comme je suis adhérent et bon client lorsque la Fnac à lancé son service ils m’ont cordialement invité à le tester gratuitement, beau geste commercial ; seulement voilà moi j’ai un Mac et la VOD made in Fnac fonctionne avec des DRM propriétaires à Windows, résultat impossible pour moi et les utilisateurs du matériel de la marque à la pomme de pouvoir user de ce service, il en va de même bien sur pour tout ceux qui utilisent des systèmes d’exploitation sur base linux.
Conclusion : vous voulez l’offre légal, vous devez changez de matériel…c’est sur que ça motive.
Et encore je ne parle pas (bon finalement si) du fait qu’ils ne sont même pas foutu de proposer la VO dans les différentes offres de VOD alors que les versions piratées arrivent à proposer le dual-audio et le sous titrage en plusieurs langues, c’est quand même un comble de payer une offre légale de moindre qualité qu’une version pirate…
On pourrait parler aussi de l’étendue de l’offre légale, parce que si l’on trouve facilement les derniers chefs-d’œuvre de la création Française du style « N’aie pas peur de m’aimer, il reste du pain dans la cuisine » ou le dernier album de la Star Academy , si l’on cherche des films coréens ou des albums de groupes scandinaves (derniers bastions du rock et de la pop depuis que même la vieille Albion sombre dans la soupe Rap/R’n’B) ça devient tout de suite moins évident.
Et quid du développement des nouvelles technologies qui ont créé de nouvelles dépenses ? Il y a 20 ans personne ne payait d’abonnement Internet ou téléphone portable. Quand ça n’existait pas cet argent là, il était dépensé autrement…et pitié ne venez pas me dire qu’en 2008 on peut se passer d’Internet ou du téléphone portable parce qu’avant on s’en passait et blablabla ; avant on s’est aussi passé de l’eau courante, de l’électricité ou de chaussures, allez expliquer que vous pouvez bien vous en passer aujourd’hui aussi !
Il faudrait évoquer aussi aujourd’hui l’essor de l’industrie du jeu vidéo qui de nos jours réalise un plus gros chiffre d’affaire que celle du cinéma ; ce qui était un passe-temps de collégiens et lycéens il y a encore seulement une décade est devenu un véritable mass-market. Aujourd’hui la moyenne d’âge des joueurs est de 25 ans, le public se féminise de plus en plus et c’est une industrie encore en pleine expansion. Encore une fois cela représente une nouvelle dépense du public qui était quasiment nulle auparavant, l’argent réservé aux CDs et films est maintenant partagé aussi avec ce nouveau média.
Quand je lis les jérémiades d’une bande de millionnaires qui expliquent que l’industrie de la musique et du cinéma est en train de crever ça me fait doucement sourire. Combien d’années de salaire moyen d’un français (ou même du salaire d’un chirurgien) représente ce que ces gens gagnent sur année ? Est-ce que gagner 200K/€ de moins sur année c’est vraiment grave si l’on considère le montant de leurs revenus ? C’est un peu l’hôpital qui se fou de la charité. Ah ça pour essayer de jouer les malheureux en parlant des petites mains de l’industrie, des techniciens, secrétaires, des personnels d’entretien, des enfants de toutes ces personnes etc.… qui à cause de la crise du disque risque de se retrouver sans rien…ça oui il y a du monde. Par contre ces braves de chez Universal & Co est-ce qu’il y en déjà un qui s’est dit : si je ne demandais que 10 OOO€ de moins on pourrait verser des primes aux petits salarié ; je ne crois pas.
Quant à l’argument du « mais sans nous il n’y aurait pas de création » là encore j’ai envie de dire de qui se moque-t-on ? Depuis quand les majors lancent-t-elle encore des artistes ? Je veux dire autres que ceux de la Nouvelle Star ? Une fois qu’un artiste à percé via le travail d’un petit label et du bouche à oreille autour des concerts ou sur Internet et qu’elles sont sur que ça va être rentable, elles sont là pour financer la création mais pas avant ; c’est le personnel des labels indépendant qui écument les petites salles de concerts à la recherche des prochains Smiths pas celui d’EMI.
Si l’industrie du disque et du cinéma sont moins rentables qu’avant, la faute est loin d’être uniquement le fait du piratage et tout cas ces deux industries sont très très loin de mourir.
Malgré le piratage, le public lui ne change pas tant que ça ; les adolescentes en fleur qui mouillent leurs dessous lors des concerts de Tokio Hotel, elles faisaient de même pour les boys band dans les années 90 ; et elles veulent toujours acheter tout ce qui est en rapport avec leurs idoles, CD, DVD, livres, magazines, posters etc… tout comme le fan d’un petit groupe indie aura à cœur d’acheter leurs EPs et d’en parler autour de lui, comme le collectionneur voudra avoir l’édition collector, les rééditions et ainsi de suite ; bref faut arrêter de croire que plus personne n’a va rien acheter à cause du piratage c’est complètement stupide comme raisonnement.
Au final cette loi Hadopi n’est que de l’esbroufe, au lieu de chercher à faire peur au public (parce que tout ceux qui ont ne serait-ce que de maigres connaissances sur le fonctionnement du réseau savent très bien qu’aucun contrôle ne sera possible, il y a aura toujours un moyen de masquer les données ; le seul moyen et encore… serait de faire du monitoring sur chaque ordinateur existant via une solution technique qui serait installé au cœur de la machine et qui se déclencherait à la moindre utilisation suspecte mais là on serait en plein 1984), on ferait mieux de réfléchir à des systèmes qui prennent en compte l’évolution de la technologie comme l’instauration d’une licence globale ou ce que proposent déjà certains fournisseurs d’accès Internet à savoir l’accès à certains catalogues de titres en échange d’un petit forfait mensuel etc…bref il y a nombre d’idées qui pourraient être envisagées contre les effets du piratage.
Il faut seulement que l’industrie sorte de son obscurantisme et arrête de raconter des sornettes du genre : le jour ou il y aura une licence globale, plus personne n’achètera plus rien.
Enfin et je terminerais avec ça, votre lazzi sur Diam’s ne vous grandit pas, c’est dégradant de tirer sur les ambulances (à vaincre sans péril on triomphe sans gloire écrivait mieux que moi Corneille).
Léo dit
Grésille a raison : les artistes n’ont pas à gagner leur vie. Regardez Pavarotti : il n’aurait pas eu tant de succès qu’il aurait pesé cent kilos de moins.
Poètes, vos papiers ! Artistes, au pain sec et à l’eau !
Grésille dit
C’est une vision très occidentale et très contemporaine que de croire que la musique est faite pour gagner de l’argent. Les musiciens les plus célèbres n’ont bien vécu de leur musique que depuis environ 50ans et ce uniquement dans les pays occidentaux (Europe de l’Ouest + Etats Unis). Or il me semble que la musique existe sur bien d’autres régions du monde et ce sur plus de temps que simplement les 50 dernières années. Allez voir dans les Balkans ou en Afrique si les musiciens vivent bien de leur musique. ..et pourtant il me semble que la qualité de leur musique est sans doute beaucoup plus remarquable que bon nombre de musiques occidentales commerciales…mais bon leur musique à eux vient de l’âme et non du portefeuille…C’est ne pas voir plus loin que le bout de de son petit nez occidental et capitaliste que de croire que la musique est faite pour gagner de l’argent.
il sorpasso dit
Mais est-ce licite de dépouiller un dealer de tout son shit ?
Florian dit
Comme je suis d’accord avec vous, Cher Marc… Le téléchargement idéal est un sujet de choix : d’un côté, les z’internautes qui entonnent l’éternel refrain des rebelles persécutés par les méchantes majors au couteau entre les dents, de l’autre le législateur qui vous assure qu’il va lutter pour sauver la Culture, l’Art et la Beauté (le rapport Olivennes était de ce point de vue un chef d’oeuvre de lyrisme digne d’une copie de seconde littéraire…). Qu’on aime à les entendre et les lire, quand il se mettent à jouer leur partition de la sorte… Vraiment, j’espère que jamais, jamais, on ne trouvera le moindre début de commencement de solution pour concilier le désir des uns (ne pas dépenser une thune) et le besoin des autres (en amasser le plus possible), car rien n’est plus triste que de perdre une occasion de voir les grandiloquents de ce monde se donner la réplique.
Ludovic-Lefebvre dit
Marc va sortir un disque ?
Je pense pareil du téléchargement, à un détail prêt, si le prix du disque n’a pas trop augmenté ces dernières années, la séance de cinéma est devenue beaucoup trop chère pour beaucoup de consommateurs donc incite à déserter les salles. Les dvds, tu passes les louer à 23 h, tu t’installe tranquille devant le canapé et tu dois ta rhabiller pour aller les reporter trois heures plus tard sinon, ils te coûtent quatre fois plus .
Je ne reproche pas à ces gens d’être millionnaires, mais parfois qu’ils ne me laissent pas l’être, (les vieux sont en forme plus longtemps, la place se conserve plus longtemps). Ce sont plutôt les réseaux intermédiaires qui se gavent au maximum sur la laine des créatifs comme des acheteurs qui est préjudiciable, anormal.
Diam’s dit comme tout le monde : vous pouvez léser les autres, mais pas ma pomme.
La grande différence avec le piratage virtuel et notre affreux mange-disque rouge vif d’antan relié à un magnétophone pour faire des cassettes est qu’une personne achetait le disque avant de le refiler à tout le quartier; de nos jours, une personne achète le disque ou le film quand il ne l’a pas déjà obtenu à la source et le refile à la terre entière.
Le seul atout que je trouve à cette spoliation sauvage est qu’elle fait tomber le statut de prince des gens du spectacle, ils ne sont plus respectés, le public est de moins en moins idolâtre et c’est tant mieux, cela va les obliger à nouveau à devenir plus qualitatif.
Merci d’être compatissant pour ma vie sociale, on voit que tu ne vis pas en Lorraine, ces gens ne pensent qu’à travailler et manger de la choucroute, leur vie sociale est inexistante, (nostalgie de Paris), gratitude à internet donc !
saphir dit
Vous ne semblez pas comprendre que le problème c’est Big Brother justement.
fred dit
Malheureusement vous n’avez rien en rayon pour nous rassurer, car le rayon des majors du disque dont vous reprenez le discours est vide d’argument pour défendre ce projet de loi. La seule chose rassurante c’est que vous ignorez manifestement le détail de la loi dont vous parlez, comme l’ignorent les artistes qui ont signé cet appel, et qu’au moins comme eux on peut espérer que vous n’êtes pas assez idiot pour la défendre en connaissance de cause. Cela ne les exonèrent pas et vous non plus d’apporter leur soutien à un texte qu’ils n’ont pas lu.
La riposte graduée n’a de graduée que le nom: il est très facile d’usurper l’identité de quelqu’un sur internet en utilisant sa connexion, et donc personne n’est à l’abri de recevoir les message d’avertissements sans avoir jamais utilisé un logiciel p2p. De plus les droits de la défense ne sont pas garantis par la loi, ce pourquoi les mesures prévues sont précisément disproportionnées, d’autant qu’elles accordent à des organismes privés le droit de mener des enquêtes de police.
La comparaison du téléchargement avec un vol à la fnac est ridicule car elle sous entend que tout ce qui est téléchargé aurait été acheté, amalgame qui en dit long sur l’ignorance d’une pratique qu’on prétend par ailleurs vouloir réguler. Autre amalgame: les utilisateurs du p2p seraient des partisans du tout gratuit alors que dans leur immense majorité ils veulent que les artistes soient rémunérés pour leur travail.
Et j’en arrive précisément à ce dont vous ne parlez pas du tout curieusement, c’est à dire ce qui est censé être la finalité de ce projet de loi, garantir le financement à venir de la création. Le plus absurde est précisément que cette loi serait totalement inefficace au regard des objectifs qu’elle affiche. Car en admettant que l’utilisation du p2p baisse cela ne fera pas remonter la vente des disques, d’autant plus qu’il y a une multitudes d’autres moyens en pleine expansion pour échanger des fichiers sur internet (comme les hébergeurs de fichiers type rapidshare) qui ne sont absolument pas visés par ce projet de loi. En fait les artistes seront les premiers perdants de cette nouvelle législation.
Pour l’information de vos lecteurs ce projet de loi est contesté par la cnil, l’arcep, l’isoc, l’asic, le parlement européen, les FAI et la quasi totalité des acteurs du monde numérique et des associations d’internautes et de consommateurs. Pourtant elle était présentée par son inspirateur, Dennis Olivennes comme le résultat d’un accord historique à l’issu d’un débat ayant réuni tout les acteurs concernés. Tout cela est très rassurant manifestement. Mais si vous vous rassurez à si bon compte et si vous voulez rassurer les artistes de cette façon, vous n’êtes pas leur meilleur ami.
Si vous voulez « échanger quelques idées » alors commencez par nous donner des arguments un peu sérieux. Cette loi n’a pas besoin de Diam’s pour se décrédibiliser, elle est en elle-même suffisamment ridicule.