Ou putes ou soumises | Causeur

Ou putes ou soumises

La cité du mâle : retour au pays de Sohane

Auteur

Cyril Bennasar

Cyril Bennasar
est menuisier.

Publié le 29 septembre 2010 / Société

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Ce soir, à 21h301, Arte diffusera La cité du Mâle, documentaire produit par Daniel Leconte à qui l’on doit entre autres Carlos, le film d’Olivier Assayas ainsi que C’est dur d’être aimé par des cons, documentaire sur les « Caricatures de Mahomet » et le procès que des associations musulmanes intentèrent à leur sujet à Charlie Hebdo – dont il est également réalisateur.

Cette fois-ci, la réalisatrice Cathy Sanchez est retournée dans la cité de Vitry sur Seine où, en 2002, Sohane, une jeune fille de 17 ans avait été brûlée vive dans un local à poubelles pour avoir éconduit un prétendant. C’est après ce crime, qui n’était pas un cas isolé, que fut créée l’association « Ni putes ni soumises » pour rassembler des filles et des garçons opposés à l’apparition, aux portes de Paris, de coutumes venues tout droit du Pakistan.

Le film commence fort. Une dame d’une soixantaine d’année qui évoque le souvenir de Sohane avec une peine sincère est interrompue par un ado qui vient lui interdire de parler « sur » son copain (le meurtrier) et la menace « d’une grande gifle » pour la faire taire. Voilà sans doute ce qu’on appelle « incivilités », ce cauchemar que vivent les habitants dans leur quartier natal, soumis à la terreur des plus jeunes et derniers arrivés.

Tolérance zéro pour tout ce qui n’est pas l’islam

Des adolescents en jogging qui, tels des gardiens de la révolution iranienne, interpellent les filles pas assez habillées.
Les mentalités séparent les femmes en deux catégories, « les filles bien qui portent le hijab, qui se respectent, qui respectent leur mari, qui rentrent à la maison après le travail », comme le confie un jeune Gaulois converti à l’islam, sans doute en mal d’intégration, et les putes, c’est-à-dire toutes les autres puisqu’il suffit pour devenir une pute de s’être fait « trouer ». Et « Sohane, c’était une pute », alors le copain a fait « une bêtise, qui ne méritait pas 25 ans de prison » d’ailleurs « la coupable de cette médiatisation qui a pesé sur la peine, c’est Fadela Amara, cette pute », nous disent Okito et Rachid.

La culture qui domine se réclame de l’islam et pousse les gens à pratiquer la tolérance zéro pour tout ce qui n’en est pas. La différence est haïe, l’homosexuel est chassé de la cité. Le mode de vie, les mœurs ont régressé, l’égalité entre les sexes, la liberté des femmes de s’habiller, d’aimer, a disparu sous la domination violente du grand frère, biologique ou symbolique.
L’honneur des garçons de la cité leur commande de frapper leurs sœurs quand l’honneur français interdit à un homme de lever la main sur une femme.

Quand ce décalage des civilisations apparaît crûment dans le reportage, les témoins – qui, sur leur territoire, se confiaient sans complexes face caméra – réalisent qu’ils ont fait une connerie et accusent l’auteur de « manipulations », lui reprochant « d’avoir donné une image caricaturale de la cité en sortant les propos de leur contexte ».

Je me demande dans quel contexte on peut remettre des phrases telles que « une fille qui s’est fait trouer, ça ne vaut rien » ou « la loi française, c’est de la merde » pour qu’elles deviennent acceptables.

Certains ne tiennent pas le même discours et le film le montre mais la norme qui régente le mode de vie m’inquiète. Est-ce cela l’islam de France ?
Derrière le discours répandu et confiant sur le multiculturalisme, la réalité d’une culture qui exclut toute les autres ne saurait être montrée.

Nabila Laïb, la « fixeuse », incontournable pour entrer dans la cité, (exigence que les rencontrent notamment à Gaza) a, dans un premier temps, obtenu d’Arte la déprogrammation du doc le 1er septembre en invoquant des menaces à son encontre en cas de diffusion, avant de revenir sur ses déclarations en proclamant qu’on lui avait volé son travail et qu’on l’avait écartée du montage2.

Backchich et Télérama.fr se sont empressés de reprendre ses propos mensongers – elle affirmait par exemple être co-auteur du film. Backchich s’est particulièrement illustré dans un article venimeux et d’une mauvaise foi sidérante intitulé « La « Cité du mâle » en pis » – et sous-titré « Daube en Stock ». Pour l’auteur, l’interdiction du film « est une question de justice pour ceux qui vivent là. » Ah bon, pour lesquels ? Et selon Nabila Laïb, « c’est à cause de documentaires comme ceux-là que les journalistes ont des problèmes en banlieue ». Pas ceux de Backchich, qui semblent voir le réel avec des œillères islamo-gauchistes.

Comme souvent quand on parle d’islam, intimidations, pressions et menaces ont tenté d’empêcher la diffusion, ce soir, de La cité du mâle. Cette fois, ça n’a pas marché. On pourra quand même le voir. Et à mon avis, ce n’est pas seulement une nécessité : c’est un devoir. Il faudrait même le montrer à l’école de la République.

  1. Soirée Thema, Arte 21h30 – « Femmes : pourquoi tant de haine ? » La cité du mâle, Quand le rap dérape, débat avec Malika Sorel et Serrap Cileli
  2. « Cette méthode, grossière et très peu journalistique, a pour objectif de détourner l’attention de l’information principale – la situation dégradée des jeunes femmes dans certaines cités – pour mettre en cause les journalistes. La ficelle est grosse et mériterait qu’on s’y attarde. C’est en effet une tentative nouvelle et « subtile » de censurer l’information », affirme Daniel Leconte dans un communiqué que certains journalistes ont préféré ignorer
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    • 5 Octobre 2010 à 2h05

      pirate dit

      “qu’on discute pendant des jours sur la place à accorder à des connards qui considère que la femme doit être pute ou soumise”

      ou avec des primates qui ignore de quoi il parlent sauf quand il cause avec leur gourdin.

    • 5 Octobre 2010 à 2h00

      Monsieur Rien dit

      @ Bibi (8 h 51 et 12 h 23).

      Vous avez raison au sujet de la virginité. Il y a encore 40 ou 50 ans une fille qui avait « perdu sa virginité », ou une « fille-mère » étaient très mal vues, dans tout les milieux. Il arrivait parfois que leur mère assume à son propre compte l’heureux événement, comme si les parents avaient eu un coup de folie sur le tard. Cette hypocrisie était assumée par le couple. Je ne dis pas que les crimes d’honneur n’existaient pas, mais ils étaient sans doute rarissimes car la religion majoritaire, le christianisme, réprouvait formellement le crime, avec une absolue sévérité. Et l’avortement était considéré comme un assassinat.

      Merci pour vos précisions de 22 h 09.

    • 5 Octobre 2010 à 0h50

      expat dit

      @ Fiorino : vous êtes une des raisons pour lesquelles je ne quitte pas ce site. Merci.

    • 4 Octobre 2010 à 23h49

      Fiorino dit

      @ Simone les statistiques sur l’acte médicale montrent qu’en Seine Saint Denis il y a trois fois plus de violences et viols sur les femmes c’est officiel. Vos “statistiques” sont en realité un enquête bidon de Laurent Mucchielli (des Indigènes de la République qui a tout simplement oublié de consulter les actes médicaux à l’hôpital il a seulement consideré les plainte avverée. Comme méthode scientiphique est nulle car n’importe quelle statistique sur les violences doit être intégrée avec les données des actes médicaux, car dans une cité on portera moins souvent plainte que dans un quartier houppé où souvent les gens ne conaissent même pas leur voisin et il n y a pas le côté honneur de la famille dans le quartier.

    • 4 Octobre 2010 à 23h41

      Fiorino dit

      @ bibi
      merci pour le lien

      @ odillon
      les français aiment le sexe ils ne sont pas obsedés, mais peut être vous les confondez avec les acterus x dans les nombreux pornos que vous regardez

    • 4 Octobre 2010 à 23h14

      Quad Pater dit

      Désolé Bibi, j’ai voulu faire court.

      En fait je trouve navrant qu’en 2010 on ait régressé au point de se re-poser des questions sur le financement des lieux de culte, qu’on discute pendant des jours sur la place à accorder à des connards qui considère que la femme doit être pute ou soumise, qu’on se pose des questions sur le retour du blasphème, qu’on cite le Coran à longueur de journée, etc…

      Pour moi c’est non à tout. Le croyant en France a pour moi tous les droits à son domicile, mais il doit quitter la préhistoire dès qu’il sort de chez lui. Pas de sacrifices humains, pas de soi-disant livre saint ni de déguisement dans la rue, pas d’horaires spéciaux dans les piscines, pas de rues bouchées par des culs dressés vers Allah…

      C’est triste de constater que jamais on n’a été emmerdés à ce point par les cathos ni les bouddhistes ; il va falloir expliquer aux nouveaux-venus des années 70 ce qu’est la laïcité et ce que signifient ‘respect des lois’ et ‘respect d’autrui’ dans une démocratie.

      Je vous l’accorde, encore faudrait-il que cette dernière sache défendre son existence. Ce n’est certes pas gagné.

    • 4 Octobre 2010 à 22h09

      Bibi dit

      @Monsieur Rien,

      Enderlin: Tout ce qui a été montré à la Cour (les “rushes”) est disponible sur le net. La chaine/le reporter n’a pas cru bon de faire part à la Cour, en réponse à sa demande explicite, de la totalité de son matériel. D’après des témoins qui ont vu les parties omises, il s’agit de scènettes où les “jeunes” jouent à la guerre et aux blessures fictives encore plus flagrantes que celles que la chaine publique a, à contre-cœur, consenti d’autoriser la vision.

    • 4 Octobre 2010 à 21h45

      Bibi dit

      @Quad pater,

      On ne s’en fout pas. Je préfère des locaux de culte établis aux prières dans la rue.
      Ce sont plutôt les locaux de prière aménagés dans et par les entreprises qui me laissent perplexe.

    • 4 Octobre 2010 à 20h35

      Quad Pater dit

      Claudine dit :

      La question à laquelle on ne fait jamais référence ce sont les mosquées.

      On se fout des mosquées : c’est une excellente raison de ne pas y faire référence.

    • 4 Octobre 2010 à 20h30

      Claudine dit

      @ Pirate
      Bien sûr aujourd’hui les modérés et demain le reste, vu qu’ils convertissent à tour de bras en 3mn même des gosses qui n’ont aucune idée de ce qu’ils répètent bêtement…
      Ravie que les miens n’aient pas l’âge de se faire avoir…
      Pour les mosquées le financement des salafistes n’est pas le seul financement , nous finançons aussi. Le Petit bonhomme de mousse est plutôt celui de Moussaoui…
      S’il avait été plus avisé il n’aurait pas créé ces deux instances fourrées aux salafistes.

    • 4 Octobre 2010 à 20h24

      Claudine dit

      Je viens d’entendre qu’un homme en Alsace a brûlé un Coran, on va voir si on se fait une idée ou s’il y a bien des fanatiques en France. Je trouve ça idiot, mais bon ce type n’est pas de mes amis, alors je n’y suis pour rien.

    • 4 Octobre 2010 à 20h00

      Guenièvre dit

      @ Monsieur Rien,

      Merci d’avoir rectifié ce que dit simone 9:06.
      Et une pensée aussi pour Samira Bellil qui, si elle vivait encore aujourd’hui, serait très heureuse d’apprendre que “les tournantes n’existent pas”

    • 4 Octobre 2010 à 19h51

      pirate dit

      Que les salafistes se payent une conduite en finançant avec la zakhat des mosquée c’est pas une nouveauté, et mieux une nouveauté assez peu apprécié des musulmans de ma connaissance (et si je les crois pas seulement d’eux vu l’ambiguité du régime saoudien). Oui on peut prier n’importe où du moment que c’est dans la bonne direction. mais ce n’est pas l’islmisation de la France qui est visée, vous vous gourrez totalement là dessus, c’est la salafisation de l’islam qui est visé, une question de pouvoir et de cooptation de l’islam lui-même, les chiites qui sont de l’avis même des musulmans bien plus ouvert à la discussion sur l’adaptation de l’islam n’ont pas cette ambition particulière. Quand au petit bonhomme en mousse, je parle de Bling Bling 1er

    • 4 Octobre 2010 à 19h46

      Monsieur Rien dit

      @ simone (9:06), suite 2.

      Vous terminez :
      « on sait aujourhui que les tournantes n’existent pas, une tournante c’est un viol, et les statistiques sont la: ya pas plus de viols en cite qu’en quartier paisibles, les filles des beaux quartiers, elles aussi mettent toutes de jeauns et pas de jupes…la cite du mal est donc une prophétie auto-realisée ou du moins en instance de realisation. »

      Les statistiques n’enregistrent que les plaintes : les femmes qui subissent des agressions sont nombreuses à ne rien dire, surtout dans un milieu traditionaliste qui les rejettera. Votre analyse est donc d’une grande naïveté. Par ailleurs, les filles des beaux quartiers sont souvent en jeans parce qu’elle le veulent bien. Quand elles en ont envie elles portent une robe, une jupe ou une mini-jupe : elles ont le libre choix,

      Encore une fois, ayons une pensée pour Sohane, qui a subi le martyre que lui a infligé une racaille.

    • 4 Octobre 2010 à 19h42

      Monsieur Rien dit

      @ simone (9:06), suite 1.

      Vous ajoutez :
      « l’association ni putes ni soumises. une asso au but apparemment louable […] dans la realite que voit on? une asso rejetee en bloc par l’ensemble des filles prétendument victime du « mâle » de la cité […] un discours incoherent de quelques excitées ».
      <bApparemment louable ? Discours incohérent ? Quelques excitées ? 
      Ni putes ni soumises est une association courageuse, qui prend de gros risques, son action est généreuse, tolérante et utile, son ex-présidente Fadela Amara est une des personnalités politiques les plus respectables et honnêtes. NPNS est-elle une association rejetée par l’ensemble des filles victimes du mâle ? L’ensemble, sûrement pas, mais par beaucoup de gourdasses traditionnelles et soumises, c’est malheureusement possible. Elles se mettent elles-mêmes dans les embrouilles.

      Vous continuez :
      « enfin dire que les femmes se font cramer dans les cites en france est une grave erreur de propagande, le fait divers meme criminel ne saurait etre un fait de societe »

      Rappelons que l’an dernier ou cette année, une comédienne mettant en scène une pièce en rapport avec l’Islam a été agressée au vitriol par des racailles dans un quartier parisien où les islamistes sont nombreux. Elle a eu de la chance : son visage n’a pas été atteint, mais ce n’était pas le but de l’opération.

      à suivre …/…

    • 4 Octobre 2010 à 19h38

      Monsieur Rien dit

      @ simone (9:06)

      Vous dîtes que l’article de Backchich est « très complet et extrêmement bien documenté ».

      J’ai consulté ce site, cet article doit être payant. Le site semble très racoleur et orienté vers une clientèle bobo de gauche altermondialiste. Leur publicité pour le n° 40 (1er-7 oct. 2010) annonce cet article :
      « Proche-Orient : Charles Enderlin face à la calomnie »
      On ne connaît pas le fin fond de l’histoire palestinienne car toutes les bandes n’ont pas été montrées, mais il s’agit d’un éventuel bidonnage ! Ça rend Backchich un peu fragile pour critiquer le bidonnage chez les autres, quand un reportage ne leur plaît pas.

      On voit aussi cette info : « Jérusalem, pilleurs de tombes » (les pilleurs sont juifs, les tombes sont musulmanes).
      Ces deux articles laissent croire que les sémites sont un thème récurrent, commode pour remplir la copie.

      À la décharge de Backchich, on y trouve tout de même cette information sur une comédienne-humoriste musulmane, dans « L’humour halal existe-t’il ? » :
      « Cette liberté de ton, [elle] l’a pourtant payée cher. Menacée de mort et même agressée, il lui est arrivé de se produire sur scène aux côtés d’un garde du corps. »

      à suivre …/…

    • 4 Octobre 2010 à 19h22

      Claudine dit

      A propos les deux minettes en burqa, absolument ridicules, à mon sens.