À quoi sert encore l’OTAN? | Causeur

À quoi sert encore l’OTAN?

Entretien avec le géostratège Bruno Tertrais

Publié le 04 avril 2015 / Monde Politique

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otan russie turquie

Bruno Tertrais collabore à la Fondation pour la recherche stratégique. On lui doit notamment L’apocalypse n’est pas pour demain. Pour en finir avec le catastrophisme (Denoël, 2011).

Causeur : Depuis la disparition de l’URSS fin 1991, l’OTAN ne cesse de se chercher une raison d’être. Aujourd’hui, le retour de la Russie comme grande puissance aux ambitions mondiales redonne-t-il à l’alliance sa légitimité du temps de la guerre froide ?

Bruno Tertrais : Je ne suis pas sûr que l’OTAN se soit longtemps cherché une raison d’être après la fin de l’URSS… Les pays de l’Alliance atlantique ont tout de suite jugé que l’Organisation pouvait être un moyen de limiter les risques de retour du nationalisme militaire en Europe. Et d’ancrer les anciens pays du Pacte de Varsovie qui le désiraient dans la sphère occidentale. Puis dès 1994, l’OTAN s’est trouvé une nouvelle mission : le maintien ou à défaut le rétablissement de la paix, d’abord dans les Balkans, ensuite en Afghanistan. Avec efficacité dans le premier cas, moins dans le second.

Face à l’agressivité de Moscou, l’heure est au recentrage sur le « cœur de métier » de l’OTAN, l’article 5 du traité de Washington (1949) : si un pays membre est attaqué, les autres doivent lui porter secours. Un pour tous, tous pour un. Cela se manifeste notamment par des déploiements de forces et des exercices militaires. Le but est double : dissuader la Russie de s’en prendre à l’Europe, et rassurer les pays membres.

Est-ce que cela marche ? Je le pense. Poutine ne s’en est jamais pris militairement à un Etat souverain membre de l’OTAN. Mais il y a deux problèmes. Le premier, c’est que Moscou agit aussi de manière masquée. Comment dissuader une cyber-attaque, ou une incursion de « petits hommes verts » ? Le second, ce sont les risques insensés que prennent aujourd’hui l’aviation et la marine russes, qui frôlent sans arrêt nos frontières.

Comment devrions-nous considérer la Russie de Vladimir Poutine ? Est-ce une ennemie, une rivale, une alliée potentielle ?

Dans les années 1990 et 2000, on hésitait. Ce n’était plus un ennemi, mais ce n’était certainement pas un allié. C’était un « partenaire ». Auquel on a beaucoup concédé d’ailleurs. Les petits télégraphistes de Moscou qui disent aujourd’hui qu’on a « humilié » la Russie ont la mémoire courte…

Aujourd’hui, même si nous avons certains intérêts communs, il est difficile de ne pas la considérer comme un adversaire. En tout cas, à l’Est de l’Europe, on ne se pose plus la question. Il est vrai que le projet « eurasiatique » consiste, entre autres, à faire de Moscou la protectrice de tous les russophones. Qu’ils soient Russes ou pas. Cela fait du monde dans l’espace européen…

Moscou, en tout cas, a choisi depuis longtemps : cela fait dix ans qu’elle dit que l’Occident est un adversaire. Pour asseoir sa légitimité, Poutine a eu recours, depuis 1999, à deux adversaires. D’abord les Tchétchènes sur le plan intérieur, ensuite les Occidentaux sur le plan extérieur. Et à chaque révolution démocratique dans l’espace ex-soviétique, la Russie se radicalise un peu plus.

Est-ce une rivale ? Pas sur le plan militaire. Elle a moins d’alliés, moins de bases, moins de capacités de projection que l’OTAN. Elle n’est l’égale des Etats-Unis que sur le plan nucléaire. Ce n’est pas pour rien que Moscou joue de cette carte. En revanche, elle se veut désormais une rivale politique et culturelle, face à un président américain « noir et musulman » (sic) et des pays européens qui autorisent le mariage du même sexe…

Les Russes dénoncent l’extension de l’OTAN vers les pays d’Europe de l’Est, voire en direction de l’Ukraine et de la Géorgie, comme un manquement à la parole donnée lors de la réunification allemande. Ont-ils complètement tort ?

Ils ont tort à 99%. Ce mythe vient d’une réunion entre les ministres des Affaires étrangères allemand, américain et russe qui s’est  tenue en février 1990. MM. Baker et Genscher avaient promis que l’OTAN « n’avancerait pas d’un pouce vers l’Est ». La discussion portait sur le statut des territoires est-allemands dans l’OTAN après l’unification. Les Américains tirent parole : le traité « 4+2 » stipula qu’aucune force étrangère ne serait présente sur ces territoires. Il faut se souvenir qu’à l’époque, l’URSS existait encore, le Pacte de Varsovie aussi, et personne n’envisageait leur disparition à brève échéance ; l’ouverture de l’OTAN aux pays de l’Est n’était pas à l’ordre du jour. Et pense-t-on sérieusement que si l’OTAN avait promis de ne pas accueillir de nouveaux membres, l’URSS n’aurait pas insisté pour qu’elle soit couchée sur le papier ? Il faut aussi rappeler qu’en 1997, l’OTAN a promis à Moscou (sans rien demander en échange) qu’elle limiterait considérablement sa présence militaire sur le territoire des nouveaux membres. La promesse a été tenue.

Sur l’Ukraine et à la Géorgie, les choses sont plus complexes. Dans les années 2000, il n’existait pas de consensus entre les Etats membres pour accueillir ces deux pays. Résultat : en 2008, on leur dit « non pour l’instant », tout en leur laissant entrevoir cette possibilité pour l’avenir. Mais au moment où elles ont été envahies, soit en 2008 et 2013, ni la Géorgie ni l’Ukraine n’étaient sur le point d’entrer dans l’OTAN.

Voyez-vous dans la situation internationale – une Russie ambitieuse et des Etats-Unis qui se tournent vers l’Asie pacifique – une occasion d’un changement profond et radical de l’orientation géostratégique française ? 

Non – et de mon point de vue c’est tant mieux, car je suis en phase avec l’orientation actuelle de la stratégie française. En 2012, François Hollande abordait ce domaine avec précaution, et je suis sûr qu’il se demande parfois « que ferait Mitterrand ? ». Mais contrairement à son prédécesseur immédiat, il n’a jamais été séduit par les régimes autoritaires, et n’a pas fait de pari diplomatique hasardeux. Il est bien entouré et bien conseillé, il est lucide face à Moscou et résolu face à Daech ou à l’Iran. Sur le plan géostratégique, il est parti pour faire un sans-faute ou presque. Et c’est souvent de cela dont l’Histoire se souvient vingt ou trente ans plus tard…

Le problème auquel la France fait face peut être résumé par l’équation suivante : d’un côté, les menaces à l’Est et au Sud se rapprochent, et l’état de nos finances ne nous donne plus de marge budgétaire ; de l’autre, les Américains veulent s’intéresser davantage à l’Asie, et les Européens sont atones ou absents. C’est inquiétant. La seule note d’optimisme, c’est justement le réveil de l’OTAN.

À l’Est, la Turquie d’Erdogan est-elle toujours un membre fiable de l’Alliance ?   Tandis que certains membres de l’OTAN se battent contre l’EI, l’approche d’Ankara est beaucoup moins claire…

La Turquie est ambivalente sur Daech. Elle considère cette organisation comme une menace mais hésite à affronter une force anti-Assad. Vous avez raison de singulariser ce pays car c’est le seul de l’Alliance, avec la Hongrie, qui connaisse un recul démocratique. Au temps de la Guerre froide, on pouvait comprendre que des Etats tels que la Grèce et la Turquie, qui n’étaient pas exactement des parangons de vertu démocratique, fassent partie de l’OTAN. Il s’agissait de protéger ce que l’on appelait le « Flanc Sud ». Mais aujourd’hui ? Sa trajectoire politique l’éloigne de plus en plus de l’Europe. De même que l’on a pu se demander « fallait-il accepter la Grèce dans la zone euro ? » on peut se poser la question : « si la Turquie était aujourd’hui candidate à l’adhésion l’OTAN, serait-elle acceptée ? » Poser la question, c’est y répondre. Mais c’est de la rhétorique, car la Turquie d’Erdogan, justement, ne serait pas sans doute pas candidate à l’adhésion… Ajoutons que la Turquie empêche le reste de l’OTAN – car l’Alliance procède par consensus – de débattre en profondeur de la question iranienne, alors que les missiles de Téhéran ont désormais la capacité de toucher l’Europe. Les relations avec Israël sont aussi un tabou. Cela fait beaucoup.

Mais la Turquie ne veut pas quitter l’Alliance. Depuis 1990, elle se voit comme la nouvelle ligne de front. Rassurons les Turcs : on n’a jamais expulsé un pays membre de l’OTAN.

Au Moyen-Orient et dans le Golfe persique, la stratégie de l’OTAN est-elle l’otage d’Ankara ?

En tant qu’organisation militaire, oui, dans une certaine mesure, comme elle a toujours été tributaire du consensus de ses membres. Mais l’Organisation elle-même a peu de pouvoir. Elle n’est que la somme de ses parties. Le blocage de l’un de ses membres ne l’empêche que d’agir en son nom propre, par exemple en utilisant des moyens de commandement communs. Mais il n’affecte pas la liberté d’action de chacun des Etats. Qui peuvent d’ailleurs aussi agir en coalition hors de l’OTAN.

*Photo : wikicommons.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 15 Avril 2015 à 12h50

      mikib95 dit

      la “Fondation pour la recherche stratégique” est un think-tank qui a eu pour directeur François Heisbourg, actuellement président de l’International Institute for Strategic Studies (IISS), basé à Londres.
      Il a accessoirement publié un rapport sur l’Irak en 2002 dans lequel il affirmait « les armes biologiques et chimiques existent bel et bien » …
      Cela situe bien la partialité et l’expertise de cet institut dont on sent bien la grand neutralité …

    • 15 Avril 2015 à 12h38

      mikib95 dit

      Le Pacte de Varsovie aussi disait qu’il avait été créé pour défendre le peuple … Mais nul n’ignorait quels intérêts il servait.
      Idem pour l’OTAN, nul ne peut être dupe qu’il sert exclusivement l’intérêt des Anglo-saxons. Les réseaux stay behind à l’origine d’attaques terroristes sur notre propre sol en sont hélas la preuve.
      François Mitterrand l’a dit clairement sur son lit de mort en guise de testament politique. Il est temps de nous libérer de cette occupation mortifère. Mais pas sûr que les anglo-saxons soient aussi bon-joueurs que l’ont été finalement les Russes en 1989 …

    • 13 Avril 2015 à 0h16

      patrick1228 dit

      “Si un pays membre est attaqué, les autres doivent lui porter secours” (Article 5, OTAN). L’Article n’a pas pourtant prévu ce qu’il faut faire en cas de FALSIFICATION des preuves par un membre pour entrainer tous les autres dans des guerres sordides ayant pour seuls buts de s’accaparer PAR LA FORCE des ressources minières et énergétiques des peuples opprimés. Concernant par exemple la guerre en Afghanistan, l’ancien chancelier allemand monsieur H. Schmidt avait affirmé qu’ils n’existaient pas de preuves justifiant l’application de l’article 5 en Afghanistan. Pour tant ILS SONT TOUS ALLÉS EN GUERRE EN AFGHANISTAN (la cerise sur le gâteau: contre un ennemi qu’ils ont eux-même crée). Le nombre de civils INNOCENTS tués en Afghanistan ne se compte de minutes en minutes aujourd’hui encore. Faut-il encore parler de l’Irak, Libye etc etc etc?. Repéter plusieurs fois la même chose, et espérer un résultat différent est une forme de folie. Les médias mainstream, les pseudo-intellectuels ainsi de suite n’y changeront rien. 

    • 7 Avril 2015 à 19h08

      golvan dit

      J’arrive bien tard sur ce fil mais je voudrais vous soumettre ce court texte d’un ancien ambassadeur de France, Gabriel Robin: ” L’Otan pollue le paysage international dans toutes les dimensions. Elle complique la construction de l’Europe. Elle complique les rapports avec l’OSCE (mais ça n’est pas le plus important. Elle complique les rapports avec la Russie, ce qui n’est pas négligeable. Elle complique même le fonctionnement du système international parce que, incapable de signer une convention renonçant au droit d’utiliser la force, l’Otan ne se conforme pas au droit international.
      Le non recours à la force est impossible à l’Otan car elle est précisément faite pour recourir à la force quand bon lui semble. Elle ne s’en est d’ailleurs pas privée, sans consulter le Conseil de sécurité des Nations Unies. Par conséquent je ne vois pas très bien ce qu’un pays comme la France peut espérer de l’Otan, une organisation inutile et nuisible, sinon qu’elle disparaisse; “ 
      Tout est dit 

    • 6 Avril 2015 à 23h13

      José Marie Montagne dit

      Pendant que l’UE et les USA font les andouilles en Ukraine, Poutine est en train de négocier l’installation d’une base navale en Grèce. Bravo et bien joué !!!

      • 6 Avril 2015 à 23h17

        José Marie Montagne dit

        En Grèce ou à Chypre ou les Russes ont de gros intérêts !

    • 6 Avril 2015 à 22h22

      radagast dit

      Je n’y avais pas pris garde mais la réponse à la question “A quoi l’OTAN sert elle ?” se trouve dans le dernier paragraphe , “l’organisation elle même a peu de pouvoir Elle n’est que la somme de ses parties ”
      On parle je crois d’émergence quand de l’alliance de deux propriétés en apparaît une nouvelle que la simple addition des deux premières n’aurait pu rendre prévisible.
      Cette alliance trouvait toute sa crédibilité lorsqu’existait un bloc soviétique puissant , menaçant et prétendant à être le modèle universel ,de nombreux états de ce qu’on appelait alors le tiers monde en ont fait la cruelle expérience sans que l’OTAN ni les Etas Unis ne fassent .
      Cela a déjà été dit et redit ici ,mais cet aveux de Mr Tertrais confirme que l’OTAN n’a jamais été qu’un alibi pour permettre aux Etats Unis d’entretenir des bases militaires sur le sol européen et y servir les intérêts américains , rien de plus , rien de moins.

    • 6 Avril 2015 à 19h26

      mordor dit

      Bruno Tertrais est un atlantiste primaire, rien de ce qu’il dit n’est vrai, il serait donc trop long de relever les erreurs, il n’y a que ça.

    • 6 Avril 2015 à 17h05

      Michka dit

      Les USA n’ont d’amis que pour les pays à lui soumis. Poutine a redonné la fierté à son peuple, on ne peut en dire autant d’Obama que je me traite in petto de nouille. Les USA vont se mordre les doigts quand vacillera le dieu dollar et qu’il s’apercevront que pas grand monde ne les aime.

    • 6 Avril 2015 à 11h52

      salaison dit

      euh…. “À quoi sert encore l’OTAN?”…..

      à caser des militaires pour terminer “glorieusement”(???????) leur carrière….
      à rien d’autre!

    • 6 Avril 2015 à 10h44

      mistouf dit

      Quand à préférer pousser les Russes à considérer d’autres cieux plus cléments, ils sont très exactement en train de la faire, par obligation.

      Penser pouvoir revenir sur la marché russe aussi simplement qu’au retour d’une promenade, c’est tout bonnement puéril.
      Ca s’appelle même ce tirer une balle dans le pied ! Et nous l’avons fait. Une preuve ? le mistral, qu’il nous faudra bien rembourser avec des

      intérêts, Madame. Et ce n’est pas Mc Cain qui paiera…

      Mieux, on pousse les Russes vers les Chinois alors même que la doctrine US se tourne vers l’Asie…
      Les Russes vont commercer en monnaies locales avec les Iraniens (fruits & légumes etc.), les Chinois (contrat gazier, armement et à peu près tout

      !!!), avec les Turcs (fruits, légumes ET hub gazier) etc.
      Donc DEDOLARISATION des échanges et là, on casse rien moins que le pétro dollar, la fameuse planche à billet US !
      Pour rappel, TOTAL s’est vu infliger une amende énorme pour avoir fait payer un contrat avec l’Iran sous sanction seulement parcequ’il était

      libellé en dollars US…

      Autre bastion US, le FMI et la Banque Mondiale, les BRICS ont récemment crée une banque publique d’investissement. Anécdotique ? Pas tant que

      cela, Allemagne, France, Royaune-Uni etc ont dit vouloir participer à cette banque au grand dam des USA (que dis-je à la fureur des USA. Dernier

      en date, l’Australie, le Japon refuse toujours d’y adhérer.
      L’avantage pour les Russes, trouver de l’argent pour financer de gros projets…

      Ca nous promet un beau 21ème siècle !

      Alors, elle est pas belle la vie ???

    • 6 Avril 2015 à 10h43

      mistouf dit

      La suite :
      Quand à préférer pousser les Russes à considérer d’autres cieux plus cléments, ils sont très exactement en train de la faire, par obligation. Penser pouvoir revenir sur la marché russe aussi simplement qu’au retour d’une promenade, c’est tout bonnement puéril.
      Ca s’appelle même ce tirer une balle dans le pied ! Et nous l’avons fait.
      Une preuve ? le mistral, qu’il nous faudra bien rembourser avec des intérêts, Madame. Et ce n’est pas Mc Cain qui paiera…

      Mieux, on pousse les Russes vers les Chinois alors même que la doctrine US se tourne vers l’Asie…
      Les Russes vont commercer en monnaies locales avec les Iraniens (fruits & légumes etc.), les Chinois (contrat gazier, armement et à peu près tout !!!), avec les Turcs (fruits, légumes ET hub gazier) etc.

      Donc DEDOLARISATION des échanges et là, on casse rien moins que le pétro dollar, la fameuse planche à billet US !
      Pour rappel, TOTAL s’est vu infliger une amende énorme pour avoir fait payer un contrat avec l’Iran sous sanction seulement parcequ’il était libellé en dollars US…

      Autre bastion US, le FMI et la Banque Mondiale, les BRICS ont récemment crée une banque publique d’investissement. Anécdotique ? Pas tant que cela, Allemagne, France, Royaune-Uni etc ont dit vouloir participer à cette banque au grand dam des USA (que dis-je à la fureur des USA. Dernier en date, l’Australie, le Japon refuse toujours d’y adhérer.
      L’avantage pour les Russes, trouver de l’argent pour financer de gros projets…
      Bien sûr, cela ne se fera pas en un jour mais tout cela est en train de se faire, pour de bon.

      Alors, l’Ukraine, les pays baltes et la Pologne, ça nous promet un beau 21ème siècle !

      Alors, elle est pas belle la vie ???