OTAN: les grandes manoeuvres | Causeur

OTAN: les grandes manoeuvres

La Russie sera-t-elle «avalée»?

Auteur

Jean-Claude Allard
est Général de division (2° S).

Publié le 17 juin 2016 / Monde

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otan poutine russie exercice

Manifestation basque anti-OTAN. Sipa. Numéro de reportage : AP21032389_000004.

La Pologne organise tous les deux ans un grand exercice militaire auquel elle a donné, cette année, avec l’appoint des Etats-Unis, une importante dimension. En 2014, le même exercice avait rassemblé 10 000 soldats polonais et seulement 800 militaires de diverses autres nations. En 2016, depuis le 7 jusqu’au 17 juin, ce sont les forces armées de 24 Nations participantes (dont 19 de l’OTAN) regroupant 31 000 soldats (12 000 Polonais, 14 000 Américains, 800 Britanniques et des représentations bien moindres des autres Nations), 3 000 véhicules, 105 avions et 12 navires, qui s’entrainent ensemble et font une démonstration de force, politique d’abord, militaire ensuite, face à la Russie. Ces troupes affrontent un pays imaginaire, « l’Union Rouge » qui développerait une stratégie agressive sous la forme de guerre hybride. Au mois de mai 2016, l’OTAN a de son côté, conduit, avec 5 000 parachutistes et l’apport de la France cette fois-ci, l’exercice annuel Swift Response avec pour objectif de démontrer la capacité des forces aéroportées de l’Alliance atlantique de se déployer en moins de 18 heures, face à une agression en Pologne et en Allemagne.

Incompréhension atlanto-russe

Pour l’OTAN, et les pays qui participent, ces exercices s’inscrivent dans une série de manœuvres militaires destinées à montrer leur détermination à assurer la défense collective de l’Europe. La forte présence américaine est vue comme une « réassurance » et se manifeste tout particulièrement en période de tension. Ainsi à l’automne 2015 déjà, l’exercice de l’OTAN Trident Juncture avait concerné 36 000 hommes, 60 navires et 200 avions, manœuvrant de façon concertée de la Norvège au Portugal. Naturellement, ces démonstrations de forces agacent la Russie qui apprécie peu la mobilisation politique et le contentieux de défiance qui les sous-tend.

Car, entre les pays de « l’occident transatlantique » et la Russie, l’incompréhension et la mésentente se creusent avec constance. L’affaire Ukraine/Crimée n’est qu’un épisode d’une dynamique contentieuse enclenchée il y a plus de 15 ans : élargissement de l’OTAN aux pays de l’est européen (1992-2009) et promesse d’accueillir aussi Géorgie et Ukraine (sommet de Bucarest – 2008) vues comme des menaces directes par Moscou ; guerres Russo-Tchétchénes (1994-1996 et 1999-2000) vertement critiquées par l’Occident ; guerre du Kosovo (1999-2016 – l’OTAN est toujours présente dans ce pays) puis reconnaissance par une centaine de pays du Kosovo comme État indépendant, ressenties comme un déni du droit international par la Russie ; « révolutions de couleurs » (Géorgie, 2003 ; Ukraine, 2004 ; Kirghizistan) attribuées au soutien américain par la Russie et enfin la création d’un bouclier anti-missile par l’OTAN (Lisbonne, 2010) pour couvrir l’Europe vue comme une menace à l’équilibre dissuasif par Moscou. Il y a donc d’abord un premier cercle de tensions géopolitiques entre « l’occident transatlantique » et la Russie en raison de ce que Moscou voit comme une ingérence dans son « étranger proche ».

La Russie n’a gagné que des victoires à la Pyrrhus

Mais il y a un deuxième cercle de tensions, plus large, plus profond, dans lequel l’Europe n’est qu’un levier, entre les États-Unis et la Russie. Il est sous-tendu d’un côté par la volonté des États-Unis de conserver la domination multiforme et sans partage qu’ils exercent sur le monde, de l’autre par la volonté du président Poutine d’instaurer une gestion « multilatérale » des relations internationales. Ce dernier reproche aux États-Unis leur aventurisme militaire en Afghanistan, en Irak, en Libye ; leur domination économique et financière ; leur refus de toute concertation dans la gestion de la stabilité mondiale et leur jeu équivoque avec les instances de l’ONU. Les États-Unis ripostent par la dénonciation du mode de gouvernance de Poutine ; l’accusation de vouloir reconstituer l’empire territorial soviétique par les annexions ; la mise en avant de l’effort militaire russe. Dans ce bras de fer, la Russie n’a gagné que des victoires à la Pyrrhus : la crise ukrainienne a été habilement refermée sur elle et l’a isolée de l’Europe aux plans des échanges économiques et technologiques ; les États-Unis sont en passe de retirer le meilleur bénéfice de l’engagement russe en Syrie ; les BRICS, sur lesquels Poutine comptait pour contrebalancer l’hubris américain sont, à part la Chine et l’Inde, en capilotade économique et politique.

L’affrontement va donc continuer, car écarter la Russie, tout au moins celle de Poutine qui lui résiste, est un objectif central de la stratégie américaine, avant le grand affrontement avec la Chine. Mais avec elle, il lui faudra savoir composer plus habilement. Il n’est pas sûr que s’être aliéné la Russie avant cette échéance majeure soit la meilleure des options. Mais, à l’égard de la Russie, un courant très fort aux États-Unis veut « finir le job » comme disait Georges Bush et les Neo-Conservateurs de l’Irak de Saddam Hussein. En tous les cas, pour l’Europe, s’éloigner de la Russie est l’option qui lui ôterait toute possibilité de jouer un rôle d’arbitre et de s’inclure elle aussi dans un ordre multilatéral du monde. Dans ce bras de fer, il vaudrait mieux être arbitre que levier.

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    • 20 Juin 2016 à 17h06

      mordor dit

      “…Mais à l’égard de la Russie, un courant très fort aux EU veut “finir le job” comme disait Georges Bush et les néoconservateurs de l’Irak de Saddam Hussein”. Sans blague, les néocons veulent en finir avec la Russie comme ils l’ont fait pour l’Irak? C’est qu’ils sont encore plus cons que ce que je croyais, parce que, si les armes de destructions massives ne se trouvaient pas en Irak, elles se trouvent en nombre et en qualité chez les russes, mais peut-être que les américains, la fin de leur hégémonie approchant, ont des envies de suicide, qui sait?

    • 19 Juin 2016 à 10h09

      Charles Lefranc dit

      La derniere phrase de l’ article resume bien le choix – de soumission unilaterale aux USA – qu’ a fait l’ UE . En nous rangeant de maniere active sous l’ OTAN et sa politique d’ encerclement de la Russie , nous nous privons du role d’ arbitre. Nous sommes reduits a n’ etre que le levier des USA: Par consequent , nous nous privons d’ un commerce fructueux avec la Russie, et nous ne pouvons rien faire d’ autre que d’ observer le renforcement de la Chine en Asie Centrale . La zone de penetration chinoise principale , pour creer la nouvelle route de la soie, passe par le Kazakstan , l’ Uzbekistan , le Turkmenistan , la mer caspienne , la Georgie , la Turquie: L’ UE joue les seconds couteaux des USA , pendant que Russie et Chine s’ allient. Ce n’ est pas le degel USA-Iran qui va bloquer cette alliance sino-russe. L’ Iran restera fermement pro-russe et pro-chine. Donc nous servons les USA et nous nous desservons en restant absent de la construction de la route de la soie. 

    • 19 Juin 2016 à 1h16

      Pepe de la Luna dit

      Depuis que les Etats-Unis s’intéressent aux affaires du monde, leur politique a toujours été de diviser l’Eurasie, véritable obsession des fondateurs de la pensée stratégique américaine : Spykman, MacKinder… Toute la politique US est donc mécaniquement tournée contre la Russie, seul pivot autour duquel peut s’intégrer l’Eurasie.
      Ce nouveau Grand jeu explique la plupart des événements de ces 25 dernières années. Si les Anglo-saxons et les Russes savent parfaitement de quoi il retourne, les Français et leurs médias sont malheureusement complètement ignorants de la chose. Et pour une fois, ce n’est pas (que) de la désinformation, c’est une réelle ignorance.

    • 17 Juin 2016 à 22h31

      durru dit

      @Calonne
      Des qui retournent la réalité, j’en ai déjà vu par ici, mais vous êtes vachement compétitif!
      “Qui a déclaré la guerre à l’Allemagne nazie en réponse à cette attaque ?” [sur la Pologne]
      Ah ben non, bien sûr que c’est pas l’URSS, qui venait juste de signer un traité avec l’Allemagne, ce qui a permis à Hitler de sécuriser son flanc Est et à Staline d’occuper la moitié de la Pologne.
      “Qui a attaqué en mai 40 l’ouest européen : Hitler ou les soviétiques ?”
      Et qui était prêt à accueillir en libérateurs les soldats allemands en mai ’40? Ca serait pas le PCF?
      “Qui aurait empêché Hitler de conquérir toute la Pologne , si l’URSS n’avait pas bougé ?”
      Voyez plus haut. Notez aussi que la partie de la Pologne qu’Hitler n’a pas occupé en ’39 n’a plus jamais été polonaise depuis.
      “ne pas oublier que l’URSS aujourd’hui n’existe plus”
      Et heureusement. Ce qui n’a pas empêché que ce régime soit responsable des plus grands crimes jamais commis en Europe. Et porte une responsabilité directe, quoique puissent dire ses fans, au déclenchement de la 2GM.
      La propagande communiste ça va un moment, mais avec JL et RdC déjà très actifs par ici et qui ne ratent pas une occasion pour en placer une, on a certainement notre dose.

      • 18 Juin 2016 à 7h13

        Calonne dit

        ??
        En 1939 le PCF est interdit , clandestin .
        Le journal l’Humanité idem .
        Des dirigeants sont partis en URSS et pas en All. (Thorez),et militants emprisonnés.
        Franchement il faut être idiot pour ne pas admettre que “le pacte germano soviétique” n’était pas purement circonstanciel .
        Les ambitions , les projets d’Hitler étaient archi connus .
        Chacun savait qu’il ne pouvait pas blairer les communistes et qu’il attendait son heure pour les écraser .
        Son attitude interventionniste pendant la guerre d’Espagne , aux cotés déjà de Mussolini , ne laisse aucun doute.
        Ce pacte a permis de gagner du temps à l’URSS et a semé l’effroi à l’ouest : effectivement les démocraties molles ,hypocrites, qui auraient bien aimé s’entendre avec Adolf sur le dos de l’URSS , ou qu’il les oublie , nous donc , l’ont eu dans l’os .
        Hitler avait des comptes à régler à l’ouest (traité de Versailles, ses clauses , dont le couloir de Dantzig, séparant 70 % de la Prusse du Reich…)
        et à l’est : sa “croisade” contre le communisme , encouragée par les “démocraties”, dont les USA : certaines fortunes (Ford)e ont financé le parti national socialiste .
        Leur projet , leur programme était connu, écrit noir sur blanc , dans mein Kampf .
        Car c’est un raccourci que de ne parler que d’Hitler : le national socialisme était un projet idéologique , de masse, d’état fort, dictatorial , qui se promettait entre autre de mettre au pas les ouvriers , de supprimer la sociale démocratie, les syndicats, etc, etc …
        Auquel le peuple allemand a adhéré à 80 % et quasi jusqu’au bout :
        tant que l’Allemagne nazie a rencontré des succès militaires pas trop ruineux en vies allemandes .
        En Allemagne on a toujours aimé par dessus tout “l’ordre” .
        Quant à la Pologne , vivant elle aussi sur son passé aristocratique et glorieux , elle entendait tirer son épingle du jeu , rester neutre ,soutenue diplomatiquement par les démocraties , mais sans plus .
        Manque de chance : elle se retrouve bordée de deux blocs incompatibles

        • 18 Juin 2016 à 13h39

          durru dit

          Parce que le programme de Staline n’était pas connu, pas écrit noir sur blanc?
          Et c’est aussi un raccourci que de ne parler que de Staline, il s’agit de tout le régime soviétique, qui concurrence largement les horreurs des nazis.
          La Pologne est toujours en vie, les nazis et les soviétiques non. Et je sens que ça vous chagrine. Mais c’est comme ça.

      • 18 Juin 2016 à 8h50

        silco dit

        Durru

        “…la partie de la Pologne” précision: occupée par la Pologne est le terme exact, et cela s’appelle l’Ukraine, à moins que niez à ce pays d’être indépendant?

        • 18 Juin 2016 à 9h27

          expz dit

          Oups ,si vous abordez le cas Ukrainiens pendant cette période,sachant qu’ils ont accueillis les Allemands les bras ouverts et ont dénoncé , fourni la “main d’œuvre” aux “einsatzruppen” nazis en Biélorussie et en Ukraine,au point que les Russes en ont gardé une “certaine rancune”(comme le Serbes avec les Bosniaques:de “brillants” SS d’après Himmler )on n’a pas fini…

        • 18 Juin 2016 à 10h33

          silco dit

          Vous devriez être plus précis: les Ukrainiens de l’oUEST partie récupérée par l’Urss avec le pacte Ribbentrop Molotov, en ont tellement baver avec les soviétiques en moins d’une année, qu’ils ont accueillis d’autant mieux les Allemands qui leur disaient les délivrer des communistes, que cette partie de l’Ukraine avait connue la période Austro Hongroise jusqu’en 1918. Maltraitée par les Polonais de 1918 à 1939; puis par les soviétiques, permettez moi de vous rappeler que les Français ont collaborer bien plus alors qu’ils n’avaient pas eu affaire avec les Allemands depuis 1918. Quand aux Russes, vous avez oublié de citer l’armée Wrangel, général soviétique devenu général allemand, alors pour ce qui est des mauvais souvenirs des Russes, vous pouvez repasser.

        • 18 Juin 2016 à 13h36

          durru dit

          Oui, Silco. Le nationaliste Ukrainien de service, bas de front comme pas possible. Racontez-nous encore. Lwow, ville ukrainienne, en 1939? Wilna, ukrainienne? Brest ou Pinsk, aussi? N’importe nawak.

        • 19 Juin 2016 à 9h21

          expz dit

          Silco:et alors? Cela n’empêche pas.Mon propos étant d’expliquer que les peuples ont une mémoire -subjective j’en conviens- qui ressurgit bien plus tard(sélective ou non…). Il n’y a pas de “gentils” d’un côté et de “méchants” de l’autre…

    • 17 Juin 2016 à 22h15

      Cardinal dit

      La Russie avalée ? C’est quand même une très grosse bouchée à digérer.
      De plus la politique US semble curieuse, la Chine visiblement veut être la puissance dominante en Asie sur le Pacifique, pousser la Russie dans le camp chinois devrait compliquer leur problème plutôt que l’aider.
      La Russie a aussi une frontière sur le Pacifique qui n’est pas très loin de l’Alaska ?

    • 17 Juin 2016 à 19h37

      expz dit

      L’objectif de Mr Poutine est identique à celui des Soviétiques autrefois: “Finlandiser”l’Europe en la divisant. Aujourd’hui, les armes sont diversifiées: subventions de partis politiques (vassaux si élus) par exemple…

      • 17 Juin 2016 à 22h11

        Pepe de la Luna dit

        Vous confondez Russie et Etats-Unis, mais à part ça, votre constat est bon.

        • 17 Juin 2016 à 22h32

          durru dit

          Ce n’est pas une confusion, il s’agit juste d’un oubli. La Russie et les Etats-Unis.

        • 18 Juin 2016 à 9h19

          expz dit

          Alors là j’ai plus de mal à comprendre…D’un côté on nous explique que Jean Monnet était financé par la Cia,mais pour vous les USA souhaiteraient la division de l’Europe?
          Et que dire de l’intervention d’Obama qui “menace” l’Angleterre en cas de Bréxit?

        • 18 Juin 2016 à 12h03

          Pepe de la Luna dit

          Les Etats-Unis ont poussé à la construction européenne afin de la noyauter et mettre la main sur le Vieux continent, ce dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Des archives déclassifiées sont maintenant disponibles et des historiens américains travaillent dessus (évidemment, silence radio dans les médias européens).
          Je ne saisis pas bien ce qui vous interpelle là-dedans, expz…

          Vous faites le constat erroné du grand méchant Poutine qui veut mettre l’Europe à feu et à sang, alors que celle-ci l’est par les menées états-uniennes visant à la couper coûte que coûte de la Russie.

        • 18 Juin 2016 à 21h37

          durru dit

          Expz, la présence du Royaume-Uni dans l’UE est la meilleure garantie pour les US d’une UE sans vraie convergence. La position d’Obama est la seule envisageable.
          Pepe, la Russie de Poutine n’est pas neutre non plus envers l’UE. Divide et impera, c’est le même principe que Poutine essaie d’appliquer.
          La seule chance pour l’Europe est d’arriver à se définir une position commune, sans se mettre en opposition frontale ni aux US, ni à la Russie. Et c’est très mal barré.

        • 19 Juin 2016 à 1h11

          Pepe de la Luna dit

          L’Europe n’a pas à se chercher une position commune qui n’existe de toute façon pas. Les pays européens doivent simplement défendre LEURS intérêts et non les intérêts US en Europe, ce qu’ils font depuis maintenant 40 ans.

        • 19 Juin 2016 à 9h48

          expz dit

          Pepe:que les Usa aient aidé la reconstruction d’une Europe détruite depuis la 2eGM ,favorisant un bloc politique homogène et de même obédience face à une probable invasion Soviétique c’est incontestable.
          Reste que les peuples Européens ont toujours préféré le système capitaliste dans ses votes (et pourtant ils ont toujours eu le choix),nul besoin de les “Finlandiser”. Exemple:la 2e guerre d’Irak,peu ou pas suivie par la vieille Europe.
          Je n’ai jamais affirmé que Poutine voulait mettre “à feu et à sang”(aurai-je touché-maladroitement- une corde sensible en mettant en doute votre “idole”…?),et ne crois pas un instant dans votre thèse complotiste onusienne. Par contre, neutraliser l’Europe (en la partitionnant) pour satisfaire un nationalisme et,surtout,favoriser des débouchés stables en pétrole et en gaz (par exclusivité,leur permettant-en même temps-ainsi de faire le même chantage qu’ils avaient fait aux Ukrainiens il y a quelques années) me semble beaucoup plus logique.

    • 17 Juin 2016 à 14h38

      Pepe de la Luna dit

      Cela s’appelle le Grand jeu, où l’UE et l’OTAN ne sont que des armes parmi d’autres. Pour poser le cadre de cet affrontement titanesque : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/06/le-grand-jeu-cadre-theorique.html

    • 17 Juin 2016 à 14h10

      steed59 dit

      “les États-Unis sont en passe de retirer le meilleur bénéfice de l’engagement russe en Syrie ”

      qu’est-ce que l’auteur sous-entend dans cette phrase ?

      • 17 Juin 2016 à 22h08

        Cardinal dit

        Parce que pendant que Poutine s’occupe de Daesh en Syrie, même si limité, mais en coupant les trafics entre Daesh/Syrie et la Turquie, Daesh dont la “capitale du Califat” Raqqa est en Syrie ne peut plus concentrer toutes ses forces en Iraq.
        Les USA tranquilles de ce coté là peuvent lancer les Iraqis contre Daesh en Iraq sans avoir le risque de voir ces mêmes Iraqis détaler devant Daesh comme il y a deux ans.

        • 18 Juin 2016 à 9h32

          democit dit

          En effet de plus en Syrie même l’offensive russo syrienne vers Alep avec la fermeture de la frontière turque représentait une réelle menace pour EI, ajoutons y un effort contre les convois de pétrole. Remarquez que c’est a partir de octobre 2015 que la coalition occidentale intensifie ses actions (l’arrivée des avions français étant un épiphénomène). A partir de ce moment le dialogue politique reprend. La Russie a sorti par deux fois les USA d’un mauvais pas septembre 2013 et septembre 2015.

    • 17 Juin 2016 à 14h01

      Calonne dit

      “La Russie n’a gagné que des victoires à la Pyrrhus”

      Ah bon ?
      J’ai le souvenir qu’en 1945 ce sont les Russes qui ont écrasé l’est de l’Allemagne nazie , prussien et militariste , détruisant dans les ruines de Berlin , et par des combats acharnés, les derniers combattants fascistes et S.S , allemands et étrangers dont la division française das Reich, et quelques irréductibles hauts dignitaires fascistes retranchés dans le Reichstag …
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Berlin
      Après avoir découvert et “libéré” quelques camps d’extermination .

      Curieux comme certains ont la mémoire courte …
      Quant aux véritables victoires à la Pyrrhus , permettez moi de ricaner sur certains faits d’armes étrangers à cette guerre , et dont se glorifient certains pays …
      Il est vrai qu’à partir de mai 45 il y a eu un très rapide retournement de situation…
      Pffuit !
      Nos alliés russes sont redevenus quasi du jour au lendemain les méchants et les à peine vaincus victimes des nazis naturellement , les gentils , qu’il fallait bichonner , car faisant allégeance aux USA et à leur système économique ,USA qui n’ont pas connu sur leur sol les destructions et les atrocités de cette guerre “totale” à l’est , contre les “sous hommes” j’insiste …

      La suite on la connait :
      La Grande Allemagne s’est reconstituée et impose aujourd’hui sa vision politique et économique sur l’UE , avec sa modestie et son doigté bien placé si je puis dire, coutumiers …

      • 17 Juin 2016 à 19h31

        expz dit

        je ne suis pas certain que l’Allemagne “impose”, en réalité c’est un gouvernement de coalition qui s’accommode de la situation actuelle.
        Contre-exemple: la violente polémique draghi-Straubble sur la politique monétaire actuelle de la BCE.
        Pour la 1ere partie de votre commentaire: le “sovietiki” fut émerveillé en 1945 par les richesses de l’Allemagne qu’il pillait. Cela n’a pas conforté les discours Staliniens d’avant 41…Certs ce n’est pas alors une “victoire à la Pyrrhus”, mais ça a contribué à l’agonie d’un système qui ne pouvait “fonctionner “qu’à la condition qu’il soit mondial et sans “concurrence”.
        Non , les soviets ne sont pas devenus les “méchants”du jour au lendemain.
        Contre-exemple: l’état d’impréparation totale des USA face à la Corée du Nord en Aout 1950.

      • 17 Juin 2016 à 20h18

        silco dit

        Vous avez la mémoire sélective, vous oubliez que les soviétiques on participer au dépecage de la Pologne avec les nazis, vous oubliez Katyn,vous oubliez les communistes allemands renvoyés à Hitler comme signe de bonnes volonté après le pacte Ribentroppe Molotov, vous oubliez tout le matériel américain envoyé aux soviétique avant leur avancée sur Berlin. Enfin en contre point au bataillon ss français, vous oubliez tous les “partisans”de la deuxième heure en France qui prenaient leurs ordres à Moscou

        • 17 Juin 2016 à 21h13

          Calonne dit

          Je n’oublie rien mais n’ai pas le temps d’ argumenter sur des faits cent fois débattus et poussés en avant éternellement par l’extrême droite …
          Exemple : la Pologne , sacré sujet!
          Et bien sur le net tu as la possibilité de te faire une idée un peu moins formatée .
          Salut !

        • 17 Juin 2016 à 21h36

          silco dit

          Calonne

          …pas le temps d’argumenter? Vous avez des raccourcis pour le moins sujet à caution et je ne vois pas ce que vient faire l’extrême droite sauf à considerer qu’elle dit toujours des vérités historiques face aux falsifications de circonstances

        • 17 Juin 2016 à 21h55

          Calonne dit

          Je réponds tout de même un peu …
          Qui et quand a été décidé “le couloir de Dantzig” coupant la Prusse en deux ?
          Qui a attaqué la Pologne en 1939 , après la “trahison” de Munich ,laissant l’Allemagne nazie annexer la Tchécoslovaquie , avec ses usines d’armement , sa population contrairement aux engagements des “alliés”, déclenchant les hostilités de la seconde guerre mondiale ?
          40 millions de victimes tout de même …
          L’Allemagne nazie ou l’URSS ?
          Qui a déclaré la guerre à l’Allemagne nazie en réponse à cette attaque ?
          Les démocraties occidentales : l’Angleterre et la France…ou l’URSS ?
          Qui a attendu tranquillement derrière la ligne Maginot, l’arme au pied ,un an que Varsovie et la Pologne soient mis à terre , ce qu’on a appelé “la drôle de guerre”, pour ne pas ombrager Hitler , contrarier ses projets à l’est et nous éviter la pâtée parce qu’”avec Hitler on pouvait s’entendre mais pas avec les communistes” ?
          Qui a observé l’immense hypocrisie des occidentaux incapables de tenir leurs engagements et leurs promesses ?
          Qui a attaqué en mai 40 l’ouest européen : Hitler ou les soviétiques ?
          Et on pourrait ré ouvrir le dossier de la guerre d’Espagne , où toujours ces démocraties ont laissé Franco faire son putsch , avec Hitler et Mussolini le soutenant activement , sans broncher , pour abattre un gouvernement démocratiquement élu …?
          Quel pays représentait un danger absolu pour l’URSS sur ses frontières ?
          Danger rapporté d’ailleurs dans “mein Kampf”, le bréviaire de qui vous savez …
          Qui aurait empêché Hitler de conquérir toute la Pologne , si l’URSS n’avait pas bougé ?

          Etc, etc …

          PS: merci en outre de ne pas oublier que l’URSS aujourd’hui n’existe plus .
          Alors les nostalgiques de la guerre froide et ceux qui ressassent toujours que les bolcheviques attendent toujours le couteau entre les dents leur revanche pour garer leurs chars entre Paris et Dunkerque !!!

        • 18 Juin 2016 à 9h13

          expz dit

          Vaste sujet que vous ouvrez!
          Une hypothèse qui-à mon sens-est crédible:Staline conclu le pacte de 39 dans l’espoir que les Allemands/alliés s’épuisent dans une longue guerre genre 14/18,pour ensuite tirer les “marrons du feu”et envahir l’Allemagne.Évidemment,ce scénario ne se réalisa pas et Hitler avait parfaitement compris les intentions soviétiques.Juin 40 fut alors une bataille courte et violente comme il l’avait voulu.
          Dès 33,les communistes allemands (sur ordre de Staline lui-même)
          se sont associés aux nazis pour faire chuter la démocratie:intimidations des leaders,assemblées perturbées…etc…:l’objectif étant d’y créer le chaos avec l’arrivée des nazis pour ensuite prendre le pouvoir plus facilement.
          Le seul et vrai objectif des soviétiques a toujours été d’étendre la révolution Marxiste sur le monde (pas de concurrents),seules les méthodes diffèrent avec les Trotskystes.

        • 18 Juin 2016 à 12h08

          Pepe de la Luna dit

          Calonne, un coup d’oeil sur la chronologie vous ferait le plus grand bien car, si vous avancez certains arguments séduisants, il y en a d’autres qui relèvent de la clownerie.
          Deux dates :
          mai 40 : l’Allemagne envahit l’Europe de l’ouest.
          juin 41 : l’Allemagne envahit l’URSS.
          Vous demandez qui a tranquillement attendu que l’Allemagne envahisse l’autre. Oui, je vous le demande : qui a attendu ? Ne serait-ce pas le petit père Staline ?