Oslo, tuerie au paradis
Le paradoxe norvégien a-t-il fait 93 victimes?
Publié le 27 juillet 2011 à 9:30 dans Monde
Mots-clés : Anders Behring Breivik, Oslo

Visage du tueur d'Oslo incrusté dans le drapeau norvégien
Le massacre d’Oslo nous laisse stupéfaits. Jusqu’à ces derniers jours, la Norvège était une seconde Suisse qui décernait paisiblement les prix Nobel de la paix. Dans pareil havre de paix, difficile d’imaginer qu’un homme soit capable de traquer et d’abattre froidement des dizaines des jeunes dans une horrible partie de chasse de presque deux heures. Or, si appuyer sur la détente est le fait d’un individu isolé, à la psychologie et au parcours singuliers, le choix de telle ou telle cible exprime un malaise collectif.
Ainsi, Anders Behring Breivik a mis sa folie au service d’une cause populaire en Norvège : la peur de l’immigration qui entraîne un sentiment d’insécurité identitaire. A première vue, on peut s’étonner que ces questions touchent une terre de plein emploi aussi prospère que la Norvège. Certes, l’économie norvégienne a connu un faible niveau de croissance depuis 2009, mais le pays affiche un taux de chômage inférieur à 4% et un excédent commercial annuel oscillant entre deux et trois milliards d’euros. Serions-nous donc face à un « paradoxe norvégien » : un rejet de l’immigration sans crise économique en arrière-plan ?
Quatre semaines avant l’abominable tuerie, le quotidien norvégien Aftenposten publiait les résultats d’une enquête menée par l’Agence nationale de l’immigration. Ils étaient sans appel : plus de la moitié des personnes interrogées (53.7%) ne voulaient plus d’immigrés tandis que 80% des sondés souhaitaient l’obtention de la nationalité norvégienne à la maîtrise de la langue nationale. Dans le même temps, 48% exprimaient leur doute quant à l’efficacité de la politique d’intégration, estimant que ses résultats n’étaient pas satisfaisants. Selon les chiffres officiels de l’État norvégien, les immigrés formeraient 10% de la population (500 000 sur cinq millions de personnes), pour la plupart venus de Pologne ou d’autres pays de l’Union Européenne, et massivement attirés par la perspective de trouver facilement un emploi bien payé.
Dans la capitale Oslo, les immigrés constituent 27% de la population. Parmi eux, les migrants venus d’Afrique et d’Asie y sont surreprésentés (rassemblant 40% des immigrés de la capitale contre moins de 20% de la population immigrée à l’échelle du pays), principalement en raison de la générosité norvégienne en matière de droit d’asile. Avec 10 000 demandeurs en transit en 2010 (ils étaient 17 000 en 2009), la Norvège est en effet le pays au monde qui connaît le plus haut taux de demandeurs d’asile par habitant.
Seul problème, mais de taille : les Norvégiens « de souche » ne partagent pas la philanthropie de leur gouvernement, chose qui, en démocratie, ne va pas sans effets pervers. En toute logique, les inquiétudes des Norvégiens se traduisent par l’émergence d’un mouvement politique qui entend restreindre de l’immigration. Le Parti du Progrès, deuxième force politique du pays (qui a rassemblé 23% des suffrages aux législatives de 2009), a ainsi fait campagne en promouvant la double peine, c’est-à-dire l’expulsion des criminels étrangers dès la fin de leur séjour en prison, arguant que la majorité des détenus ne sont pas norvégiens. Face au succès du parti du Progrès, la gauche au pouvoir depuis plusieurs années a commencé à durcir sa politique migratoire mais, comme le démontre le sondage publié par Aftenposten, n’arrive toujours pas à convaincre une majorité de Norvégiens.
Au-delà son caractère exceptionnellement dramatique, cette tragédie nous pousse à nous interroger sur l’extraordinaire défi culturel, voire anthropologique -plus encore qu’économique- que nous pose la mondialisation. Dans notre monde globalisé, chacun devrait se demander comment l’individu peut encore s’articuler avec le collectif pour faire société.
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L'auteur
Gil Mihaely est historien et journaliste.
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Marie dit
@Gil
La Norvège n’est que depuis très recement un pays prospère, c’était il ya peu un des pays les moins riches de Scandinavie. Une côte découpée, une bande de terre très petite la richesse bveanit plutôt de la pêche . Un pays rude dont les habitants ont trimés pour être cette toute petite Nation prospère. Je ne parlerai pas de vrai paradis il suffit de demander aux Samis comment ils ont été traités pendant des lustres.
Le pourcentage d’émigrés à Oslo est voisin de celui de Malmö ,et les problèmes sont les m^mes, voyez cette vidéo
http://www.youtube.com/watch?v=j3CWTkF-vwc qui circule .
Il faut comprendre ce que les norvégiens ressentent et pour autant ne pas excuser le geste horrible de Anders Breivik.
Les norvégiens ont subis l’occupation allemande et sont donc plus compatissants avec les exilés mais dans une certaine mesure. Je vous livre ce qui est écrit sur une stèle longtemps érigée au Cap Nord et que nous avons eu la surprise de découvrir”A la mémoire du passage de Louis Philippe contre la barbarie nazie”
http://claude.rouget.org/tromso/louis-philippe.html
Les scandinaves sont aussi accueillants si ce n’est plus que dans des pays plus au sud , mais il faut pour cela se plier aux us et coutumes des habitants.
sausage dit
Saintex,
Nous nous sommes mal compris. J’ai bien employé le terme « effectif » (et non affectif), et c’était pour rebondir sur le cas Polanski et votre dernière phrase en particulier. J’ai trouvé votre conclusion limitée. A travers ce que vous avez écrit, j’ai le sentiment que vous jugez d’un phénomène en fonction de ses répercussions visibles (le « visible » a son importance), c’est-à-dire ce que j’appelle l’effectif.
Or, j’ai une approche bien différente puisque je considère que les vérités de notre monde n’appartiennent pas à la réalité sensible mais au monde des Idées et c’est uniquement d’après ces Idées que l’on saurait bien appréhender les phénomènes.
Pirate, par exemple, n’a pas du tout la même approche puisque pour lui, tout est chaos, tout n’est que sens. Ce qui fait de lui quelqu’un de très intéressant par ailleurs car profondément curieux et sensible aux infinies voluptés de la vie. Il n’empêche qu’il est sacrément bordélique et que la discussion avec lui n’est pas aisée. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé votre « détachant » pour discuter avec lui. C’est bien vrai ! Un détachant qui préserve la vivacité des couleurs (de la discussion), cela va sans dire.
pirate dit
Bon eh la saucisse c’est pas le tout de me tresser une courrone que je ne mérite d’ailleurs pas. On s’est fait gâcher notre rencontre par un con, quand est-ce qu’on boit un coup ensemble ?
sausage dit
Vous allez bien nous trouver un petit troquet sympa ! Demandez à Sophie sur facebook, elle vous filera mon mail.
Adios, pour le dej c’est Thaï avec les gonzesses achat.
pirate dit
Sophie est en vacance jeune homme et elle ne passe pas sa vie à boire des jus d’orange dans les mc do de Bergerac. je vais demander à causeur.
saintex dit
Exact, je n’ai pas compris. Parce que le mot effectif n’a eu dans ma tête qu’un seul écho arithmétique, j’ai supposé une faute de frappe.
Maintenant que je comprends votre propos, je me demande comment il arrive ici.
Dans l’affaire Polanski, je ne peux pas considérer un effectif ou une réalité sensible. Je vais le dire autrement.
Il n’y a pas d’affaire Polanski parce qu’il n’y a aujourd’hui pas de victime, pas de bourreau. Il y a certes une loi avec une majorité sexuelle et un chiffre en face. Ce chiffre vaut comme tous les chiffres.
On n’est pas grand si on mesure, disons à partir de 1.75 m et petit en-dessous.
Parce que 1.745 m et 1.75 m c’est proche.
Parce que ce sont d’autres valeurs pour un Inuit ou un viking, une femme ou un homme…
Alors si la femme au centre du débat dit que non seulement elle se fout du chiffre de la loi, mais qu’en plus elle souhaite qu’on ne lui en parle plus, il faut respecter sa volonté.
Et ne pas supposer qu’elle souhaite qu’on ne lui en parle plus pour effacer le traumatisme d’une relation seuelle à 13 ans. Un tel traumatisme n’est pas lié à cet âge nubile qui dans d’autres contrées est naturel. Il est lié à l’entourage qui lui dit, tu es traumatisée.
Mais surtout, rien ne nous permet d’affirmer qu’un tel traumatisme existe et qu’elle ne veut pas simplement échapper à celui provoqué par la judiciarisation, la médiatisation et la pression morale qui en découlent.
Nous ne sommes pas dans sa tête et devons nous en tenir à son souhait. Alors je laisse le procureur indélicat (pour le moins) dans la catégorie malfaiteurs.
pirate dit
je mettrais bien un article que j’avais écrit là dessus, mais c’est vraiment du hors sujet pour le coup.
sausage dit
Saintex, votre propos consiste à dire que tout est relatif, le mien est justement de dire l’inverse.
Rien n’est relatif, tout est différent, et de tout ce fatras on peut extraire une vérité, indivisible.
Pirate, z’avez qu’à aller sur facebook et trouver un gars qui n’a pas de tof de profil et qui commente les conneries qu’écrit Sophie sur sa page.
saintex dit
Mon propos consiste à dire
d’une part qu’il faut laisser à chacun son libre-arbitre et la direction de sa vie
d’autre part que si les mêmes causes peuvent produire les mêmes effets, le contraire est totalement faux. Deux évènements factuellement identiques peuvent avoir des sources radicalement opposées.
Bien sur vous pouvez ne pas être d’accord. Et ça m’amène à me demander, donc à vous demander, quel fonctionnement, quelle pensée, quelle ligne directrice peut nier cela. Quoique je ne suis pas sur de comprendre en quelques échanges.
pirate dit
ayé saucisse