OPA non gouvernementale sur la diplomatie
L’humanitaire n’est pas une politique
Publié le 01 juillet 2010 à 20:00 dans Monde

Quand la géopolitique est une affaire de touché-coulé.
Après La Poste, le Quai d’Orsay ? La privatisation atteint aujourd’hui ce ministère régalien lui-même, menacé non pas par des néo-cons ultralibéraux, mais plutôt par des gens qui verraient très probablement d’un bon œil la nationalisation des banques voire d’autres secteurs d’activité. Car les initiatives récentes d’ONG de forcer le blocus israélien sur Gaza sont tout simplement les signes précurseurs d’une privatisation de la politique étrangère française.
[...]
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 24Juin 2010

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L'auteur
Gil Mihaely est historien et journaliste.
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L'Ours dit
Que font les humanitaires quand ils vont qui dans un pays africain en guerre, qui en Afghanistan, qui en Algérie, lorsqu’ils se retrouvent devant des rebelles armés ou l’armée régulière en ordre de bataille?
Ils baissent la tête, font profil bas, et ne disent pas un mot plus haut que l’autre.
Agir autrement risquerait de leur faire subir une exécution sommaire séance tenante et, par delà cet aspect, décrédibiliserait et mettrait en péril le travail de fond des ONG.
On est loin de tout cela avec la “flottille”!
Cet article, Gil Mihaely, analyse finement les dérives d’une instrumentalisation de médias à la fois naïfs et ravis, par un politiquement correct au-dessus d’une politique officiellement reconnue par l’électeur.
laborie dit
On ne peut mieux dire….
Amerotke dit
Addis..
Plus grand que moi a dit un jour: lorsque tu fais le bien, que ta main droite ignore ce que fait ta main gauche.
Sinon ce ne sont que postures démagogiques.
fatback dit
Impat1,
“There is no such thing as public opinion. There is only published opinion.”
Celle là ?
fatback dit
Gil,
La diplomatie est un droit régalien, vous avez entièrement raison. Seul l’état est habilité à représenter le peuple français à l’étranger (Ségo, si tu nous entends…).
Pour autant, la liberté d’association – et ce – pour quelque cause que ce soit est une liberté civile fondamentale.
La distinction est très simple : ils ne représentent que leurs membres et en aucune manière le peuple français.
Evidemment, cela ne peut être vrai que si ses associations sont financées par des fonds privés : le moindre centime de subvention publiques équivaut à les soutenir explicitement au nom du peuple français.
fatback dit
Gil,
néo-cons ou ultralibéraux ?
Addis dit
C’est très juste, ce que vous dites. Mais qui va applaudir lorsque vous “faites le bien” dans l’obscurité et l’anonymat du quotidien ?
Au-delà de l’OPA de l’humanitaire sur la diplomatie, je trouve d’une façon plus générale que les mouvements personnels de compassion ont été préemptés par moultes associations et collectifs qui tendent à systématiser les secours, à les médiatiser, et sans doute à mieux les organiser, mais dans lesquels le rapport direct de charité d’un individu à l’autre se dissout.
redrackam dit
En fait, cette privatisation de l’action gouvernementale a commencé depuis longtemps.
Bob Denard commandait une vaillante flottille humanitaire aux Comores.
redrackam dit
Mais beaucoup moins drôle.
Impat1 dit
Une phrase plus judicieuse que celle-là !
redrackam dit
Impat,
“no sport”?
Impat1 dit
…”Encore faudrait-il que nos dirigeants soient capables de résister à l’émotion, en clair qu’ils cessent de gouverner pour les médias.”…
C’est bien là toute la question. Les médias ne réagissent qu’à l’émotion, ce qui est certes dommage mais s’explique puisque c’est l’émotion qui fait vendre. Et les politiques, eux, réagissent aux médias. Ce qui est également bien dommage mais s’explique puisque les médias constituent un puissant levier sur l’opinion, donc sur le vote.
Ainsi fonctionne la démocratie, mais n’oublions pas la célèbre phrase de Churchill…